Lettre 12 - Les Lettres Persanes - Commentaire de Texte en Français

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Cours

Par Antoine

Mise à jour le 03-01-2012

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Retrouvez ci-dessous le commentaire de texte de la Lettre XII des Lettres Persanes de Montesquieu(1717). Il s'agit d'un commentaire de texte complet et entièrement gratuit que vous pouvez également télécharger via le bouton rouge en fin de page.

Un shéma récapitulatif des Lettres Persanes est présent dans le document à télécharger, profitez-en !

 

 

Introduction de la Lettre 12 - Les lettres persanes

(Phrase d'accroche) Le XVIIIème siècle marque un tournant dans l'histoire de l'Europe, notamment du point de vue philosophique. (Développement) A cette époque, les contestations se font de plus en plus vives, vis-à-vis des systèmes politiques et des conditions de vie des peuples. En France, Montesquieu est un des acteurs de la philosophie des Lumières qui apparait au XVIIIème siècle. Celle-ci s'engage - malgré la censure - à défendre des idées qui permettront d'améliorer le fonctionnement des sociétés. (Contexte de l'œuvre) C'est dans ce contexte de changement que Montesquieu écrit Les lettres persanes. Il s'agit d'un roman épistolaire qui retranscrit les échanges d'Usbek et Rica avec leurs correspondants perses, notamment par comparaison des sociétés découvertes avec la Perse. Par ces lettres, les protagonistes transmettent leurs découvertes (culturelles, idéologiques, politiques...) sur les sociétés qu'ils fréquentent. Toutefois, cet échange, en réalité fictif, est pour Montesquieu, un outil qui lui permet d'exposer et de critiquer anonymement les éléments instables de la société française.

 

(Bref résumé du texte) La lettre XII - d'Usbek à Mirza - présente la naissance et le fonctionnement de la nouvelle société des Troglodytes : leur origine, leurs principes, leurs valeurs et leurs croyances.(Questionnement par rapport à ce texte) Cette société peut-elle exister réellement ? Quels liens peuvent exister avec la société française ? Comment interpréter ce texte face au contexte de l'œuvre ?

 

(Présentation du plan) Dans un premier temps, nous présenterons les éléments fondamentaux qui se réfèrent à la société Troglodyte. Et dans un second temps, nous observerons la relation qui semble exister entre les idées de ce texte et celles de Montesquieu.

 

 

 

I. Les Lettres persanes - Une société : Les Troglodytes

 

A) Des Valeurs

 

> Idée 1 : Valeurs qui régissent la société des Troglodytes

(Idée 1) Dans un premier temps, Usbek met l'accent sur les valeurs qui régissent la société des Troglodytes. Cette communauté particulière possède tout d'abord des valeurs morales fortement ancrées. Celles-ci régissent la vie des Troglodytes. (Citation/Justification par la forme) En effet, dans cette lettre XII, le terme (ou dérivés de) « vertu » est mentionné sept fois. (Explication) Cette répétition rend compte de l'importance qu'éprouve l'auteur de la lettre en ce qui concerne les valeurs morales telle que la vertu. (Citation/Justification par la forme) De plus, Usbek/Montesquieu utilise dans sa lettre le champ lexical de la morale : « humanité, vertu, pitié, sollicitude, charité, mœurs ». (Explication) Ce vocabulaire, qui se veut insistant dans l'intégralité de la lettre, traduit la nécessité des valeurs morales dans une société. En effet, il semble qu'Usbek/Montesquieu, partage l'idée qu'une société dont les valeurs morales ne sont pas suivies, voire, qui n'existent pas, ne peut rester juste et stable.

 

> Idée 2 : Troglodytes : Valeurs relatives au milieu naturel

(Idée 2) Dans un deuxième temps, la société troglodyte, accède à des valeurs relatives au milieu naturel.(Citation/Justification par la forme) En effet, l'auteur utilise le champ lexical de la nature : « terre, cultivée, élever, nature, fleurs, frugalité, nature naïve, abondance, troupeaux, prairies, bœufs, charrues, frugal, champêtre ». En outre, le registre de cette lettre est proche du lyrisme, avec notamment la présence de sentiments exacerbés (valeurs morales, douceur et joie de vivre) et de l'importance donnée à la nature. Enfin, la personnification (de la nature) dans cette phrase : « C'était dans ces assemblées que parlait la nature naïve » renforce les idées précédentes. (Explication) On constate que la nature, et en quelque sorte, la vérité, sont des éléments importants dans la vie de la société troglodyte ainsi que dans n'importe quelle autre société. Cette vérité contribue à la fois à l'égalité, la rationalité, ainsi qu'à la tolérance entre individus.

 

> Idée 3 : Joie et bonheur, des principes nécessaires

(Idée 3) Dans un troisième temps, la joie et le bonheur semblent être, eux aussi, des principes nécessaires et essentiels à cette société troglodyte. (Citation/Justification par la forme) L'auteur utilise en effet, le champ lexical du bonheur : « douce, tendre, heureuse, tranquille, tendrement, consolation, heureux, bonheur, fêtes, célébraient, musique champêtre, joie, festins, recevoir, vie, félicité» ainsi que celui de l'amour « cœur, amitié, aimaient, chéris, touchant, mariages, union, bonheur, adoucir, cœur, fidèle, désirer, l'amour, délices, désirs ». (Explication) Ce vocabulaire traduit un univers où l'on n'observe pas de problème, ni d'intolérance et où l'on constate une entente durable et agréable.

Cette sensation est accentuée par l'utilisation conjointe du champ lexical du malheur : « périrent, méchanceté, victimes, injustices, malheurs, corruption, désolation générale, différends, séparés, indignes, se perdre, exercice pénible, s'affaiblir, craindre, inévitable, colère, chagrins ». En outre, le texte contient une multitude d'antithèses telles que : « la droiture de leur cœur [que] par la corruption de celui des autres », «différends que ceux d'une douce et tendre amitié faisait naître », « séparés de leurs compatriotes indignes de leur présence», «de s'affaiblir dans la multitude, fut fortifiée ». (Citation/Justification par la forme) Ces oppositions lexicales appuient le fait que les Troglodytes, malgré leur sombre destinée ont réussi à se sortir de leur fatalité. Leur espoir en une vie meilleure s'est basé sur des fondements solides, tels que le bonheur, la vertu, la rationalité et la douceur de la nature.

 

 

B) Des croyances, leur religion

 

> Idée 1 : Le relations spirituelles des Troglodytes

(Idée 1) Tout d'abord, Usbek présente, dans cette lettre les relations spirituelles qu'entretiennent les Troglodytes. (Citation/ Justification par la forme) En effet, ces individus croient en plusieurs dieux, ils sont polythéistes : « en l'honneur des dieux ». L'utilisation du champ lexical de la religion rend compte de leurs activités spirituelles : « dieux, religion, célébraient, temple, faveurs de dieux, souhaits, autels, sacrifices, implorent, croyait ». En outre, l'emploi de termes hyperboliques relatifs aux dieux (« honneur, faveur, grandeur des dieux »), manifeste une croyance forte et qui structure leur vie. (Explication) Les Troglodytes sont polythéistes et la présence forte du thème religieux dans ce texte rend compte d'une spiritualité solide. De manière plus synthétique, d'après l'auteur, les Troglodytes sont « chéris des dieux » car ils sont justes et constituent une collectivité saine, par conséquent ils méritent cette spiritualité et cet appui mystique.

 

> Idée 2 : Les éléments du culte des Troglodytes

(Idée 2) Ensuite, Usbek fait part à Mirza des éléments du culte des Troglodytes. (Citation/ Justification par la forme) Ce culte est partagé entre fêtes et danses en l'honneur des dieux et prières au sein de structures religieuses tels que le temple et l'autel. (Explication) La structuration de leur religion est semblable aux religions présentes dans l'Antiquité (polythéisme, relation avec leur environnement). (Citation/ Justification par la forme) De plus, l'auteur relate que dans ces réunions spirituelles relatives au culte, les questions de mariages sont étudiées. (Explication) La spiritualité permet donc, de la même façon, d'ordonner la société et se situe comme entièrement liée à cette collectivité.

 

> Idée 3 : Les liens entre les Troglodytes et leur religion

(Idée 3) Pour terminer, Usbek retranscrit les liens existants entre les individus de la société des Troglodytes et leur religion. (Citation/ Justification par la forme) En effet, il s'agit d'une religion polythéiste qui ne présente pas de lien entre les Hommes et les dieux. Par conséquent, il n'existe pas d'intermédiaire et donc pas de hiérarchie religieuse. De plus, cette religion régit la vie des Troglodytes. Les dieux sont en quelque sorte, les garants de l'ordre dans leur société : « ils chantaient ensuite les grandeurs des dieux, leurs faveurs toujours présentes aux hommes qui les implorent, et leur colère inévitable à ceux qui ne les craignent pas ». Cette antithèse montre que les dieux troglodytes amènent les individus à suivre une morale établie par leur croyance. En outre, les Troglodytes ont un usage « modeste » de la religion. En effet, ils n'implorent les dieux, simplement pour des souhaits, des vœux, et non des demandes particulières, relatives à leur enrichissement personnel. (Explication) La religion des Troglodytes est intégrée à leur société, et leur permet d'évoluer dans leur vie sans jamais se rapporter à un épanouissement non collectif.

 

 

C) Des principes gouvernementaux

 

> Idée 1 : Les principes gouvernementaux des Troglodytes

(Idée 1) Comme toutes les sociétés, les Troglodytes ont structuré leur collectivité avec des principes gouvernementaux. Un des principaux fondements se rapporte à la notion de droiture et de loyauté.(Citation/ Justification par la forme) En effet, l'auteur utilise de façon prégnante le champ lexical de la justice : « victimes, injustices, justice, droiture, intérêt commun, exemples, si juste, instituèrent, aveu surpris/confirmé, consentement, grâce, innocence, peine ». De plus, on note une allégorie relative à la probité : « autant liés par la droiture de leur cœur que par la corruption des autres ». (Explication) D'après les termes employés et cette allégorie, l'auteur traduit l'importance de la justice et du respect des règles justes au sein de n'importe quelle société. D'ailleurs, cette notion de justice entre les individus semble être un élément essentiel qui conduit directement au bonheur, à la joie et à la stabilité de la société troglodyte.

 

> Idée 2 : L'absence de hiérarchie politico-sociale chez les Troglodytes

(Idée 2) Ensuite, un autre principe apparait aussi dans ce texte, et se situe au même niveau que le premier. Il s'agit de l'absence de hiérarchie politico-sociale. (Citation/ Justification par la forme) En effet, on constate que l'auteur emploie des pronoms de type masculin pluriel : « Ils eurent [...] Ils instituèrent [...] Ils n'étaient... ». (Explication) Ce choix montre que dans cette société il n'y a pas de distinction entre les individus. Ce caractère social particulier semble être un des piliers de la stabilité collective : il n'y a pas d'autre autorité supérieure en dehors des dieux. (Citation/ Justification par la forme) De plus, l'auteur teinte ses propos du registre onirique, lyrique, comme vu précédemment. Il mentionne aussi des termes faisant référence à l'union, à l'entente : « union, famille, mariage » (« l'union » est un terme en répétition).(Explication) Ces procédés stylistiques manifestent la stabilité des relations entre Troglodytes et leur entente durable. En outre la comparaison : « Le peuple troglodyte se regardait comme une seule famille » explicite cette situation.

 

> Idée 3 : Le fondement du partage et de la collaboration en collectivité

(Idée 3) Enfin, le troisième fondement qui parait essentiel à l'auteur, est le partage, la collaboration en collectivité. (Citation/ Justification par la forme) En effet, l'auteur emploie à de nombreuses reprises les formules de négation semblables à : « ne [...] pas ». Ceci crée de façon répétitive des litotes telles que : « La nature ne fournissait pas moins à leurs désirs qu'à leurs besoins. ». (Explication) Ceci amène à une atténuation des propos, pressentis comme négatifs (exemple des désirs par rapport aux besoins), et par conséquent accentue le caractère bon et respecté des idées énoncées (le fait que la nature réponde aux besoins des Troglodytes est mis en valeur). (Citation/ Justification par la forme) De plus, la répétition des idées dans « [ils] travaillaient avec une sollicitude commune pour l'intérêt commun » et « ils leur faisaient surtout sentir que l'intérêt des particuliers se trouve toujours dans l'intérêt commun » montre l'importance que portent les Troglodytes envers le travail communautaire et la mise en commun. En outre, l'expression : « la cupidité étrangère » et l'accent mis sur la frugalité et la recherche de l'assouvissement des besoins de base (et non à la recherche du luxe), traduisent de la simplicité de cette société.

Cela contribue aussi à l'entente durable, il n'apparait aucun enrichissement matériel. De plus, les phrases : « On allait au temple pour demander la faveur des dieux : ce n'était pas les richesses et une onéreuse abondance ; de pareils souhaits étaient indignes des heureux Troglodytes ; ils ne savaient les désirer que pour leurs compatriotes » et « la joie ne régnait pas moins que la frugalité » mettent en avant cette idée de partage et d'épanouissement.
(Explication) D'après Montesquieu, la société troglodyte, sans hiérarchie, fonctionne grâce au respect de la justice et au travail relatif à l'intérêt commun. Ceci permet l'absence de mésentente et l'union collective stable. Les Troglodytes ne recherchent qu'à vivre en toute simplicité et à assouvir leurs besoins primaires.

 

 

 

II. Une société utopique, qui rend compte des idées de Montesquieu

 

A) Un média au service des idées de Montesquieu

 

> Idée 1 : Une société plus ou moins utopique

(Idée 1) Tout d'abord, il semble que la société décrite par Usbek, soit plus ou moins utopique. (Citation/ Justification par la forme) En effet, cette lettre rappelle l'univers du conte, du merveilleux, de l'imaginaire. Cette sensation est produite par un univers naïf comportant des éléments de la nature (champ lexical cf. I, a) idée 2) et du bonheur à toute épreuve. Ensuite, la formule liminaire employée (« Il y avait dans ce pays... ») est relative au genre du conte. De plus, l'auteur emploie un système de conjugaison imparfait/passé simple : « Un peuple si juste devait être chéri des dieux. Dès qu'il ouvrit les yeux... », caractéristique du récit et non de la lettre.

(Explication) Ces procédés stylistiques mettent à distance, les propos de l'auteur et renvoie le texte dans un passé imprécis et difficile à situer. De plus, peu d'indicateurs nous révèlent l'époque où ont vécu les Troglodytes, même si ceux-ci ont réellement existé. Ce flou littéraire renvoie au conte et rend compte d'une société relativement utopique car irréelle. Enfin, le portrait de cette société ne semble pas rendre compte des déviances de la nature humaine, qui amènent souvent aux troubles des sociétés (corruption, enrichissement personnel...). Toutefois dans les premières phrases, Usbek mentionne la vie tumultueuse (comprenant les déviances de la nature humaine) des « anciens » Troglodytes ce qui montrent que les « nouveaux » Troglodytes, s'en sont affranchis.

 

> Idée 2 : Une société qui correspond à la renaissance d'un peuple

(Idée 2) Ensuite, cette société, qui parait utopique, correspond à la renaissance d'un peuple. (Citation/ Justification par la forme) En effet, l'auteur emploie des termes relevant du champ lexical de la naissance : « naître, élever, pères, enfants, le jeune peuple, les jeunes filles, les jeunes garçons, mères, renaissante, famille ». Ce vocabulaire renforce l'idée de renouveau qui se dégage des phrases suivantes : «De tant de familles, il n'en resta que deux qui échappèrent aux malheurs de la nation », « c'était le motif d'une union nouvelle», « le jeune peuple qui s'éleva sous leurs yeux s'accrut par d'heureux mariages : le nombre augmenta », «dès qu'il ouvrit les yeux pour les connaître », « la vertu renaissante avec un nouveau peuple ». (Explication) Ces phrases de même tonalité, illustrent les pensées de l'auteur et ramènent aux sentiments de renaissance, de recommencement et de nouveau départ. De plus, le contraste qui apparait entre les deux premières phrases et le reste de la lettre, montre à quel point les Troglodytes ont su apprendre des erreurs de leurs compatriotes. Leur « union nouvelle » et stable en résulte.

 

Idée 3 : La présence de Montesquieu dans la description de la société

(Idée 3) A travers la description de cette société utopique et en perpétuel renaissance on perçoit la présence de Montesquieu. (Citation/ Justification par la forme) En effet, l'auteur emploie dans la première phrase les pronoms « tu, mon » relatifs au type de texte qu'est la lettre. Cependant, par la suite, l'auteur n'utilisent que « ils, nous, leur... », ce qui crée un effet d'omniscience de l'auteur. De plus, la situation n'est plus ancrée dans l'énonciation, puisque l'auteur utilise des termes non déictiques tels que : « bientôt, Dès que, Le soir... ». Enfin, lorsque l'auteur explique l'importance de la vertu (deuxième paragraphe : « Ils aimaient [...] une charité pour nous. »), il emploie les pronoms personnels « on, nous », à la place de « eux », qui intègrent à la fois les locuteurs (Usbek et Mirza), mais aussi le lecteur et Montesquieu lui-même.(Explication) Par conséquent, le texte devient plus narratif et argumentatif qu'épistolaire. Montesquieu semble se cacher derrière Usbek afin de rendre compte de ses idées de réforme sociale. En outre, cet éloge (par le vocabulaire et les idées) d'une société vertueuse à la collaboration affirmée et à la religion polythéiste, va à l'encontre de certaines idées d'Usbek, notamment en matière de religion (il est musulman, donc monothéiste). Cette « anomalie », en quelque sorte, trahie la présence de Montesquieu.

 

 

B) Les idées des Lumières, reprises par Montesquieu

 

> Idée 1 : Usbek comme intermédiaire de Montesquieu

(Idée 1) Comme nous l'avons vu précédemment, il semble qu'Usbek soit l'intermédiaire de Montesquieu. A travers ses propos, celui-ci présente ses idées philosophiques, qui pour lui, permettrait à la société française (notamment) d'évoluer avec moins d'inégalités et d'injustices. Montesquieu, faisant partie des philosophes des Lumières, partage leurs idées de tolérance, de raison, de justice, de liberté... Il met un point d'honneur à la séparation des pouvoirs. (Citation/ Justification par la forme) En effet, dans la description de la société troglodyte, l'auteur ne mentionne pas de hiérarchie (aucun terme ne renvoie à cette notion) : il n'y a pas de « chef ». Il ne parle que de deux Troglodytes qui forment une nouvelle collectivité.

On peut imaginer que ce soit les Troglodytes les plus âgés, donc les plus vertueux qui fassent autorité (sur certains choix de la société). En ce qui concerne le principe de tolérance, seuls les dieux semblent juger les Hommes : « leurs faveurs toujours présentes aux hommes qui les implorent, et leur colère inévitable à ceux qui ne les craignent pas », sous-entendu : le mauvais comportement d'un Troglodyte est sanctionné par ses malheurs. Ces principes entrainent nécessairement celui de l'égalité entre individus, car la jalousie et l'enrichissement personnel semblent inexistants. (Explication) Du point de vue de la justice, ce texte rend compte des idées des Lumières que partage Montesquieu : tolérance, justice et égalité. Ces principes sont développés à travers le travail, la religion, et les valeurs morales des Troglodytes.

 

> Idée 2 : L'humain au premier plan (Les lumières)

(Idée 2) Ensuite, l'être humain est au premier plan. Les Lumières sont à la recherche d'un idéal humain.(Citation/ Justification par la forme) En effet, la liberté de l'homme est un principe très affirmé dans la philosophie des Lumières. Dans cette lettre, la liberté de l'homme se traduit par sa vie proche de la nature. Dans ce contexte, rien n'entrave sa liberté. Un seul terme relatif au travail est mentionné (« travaillaient ») et pourtant les Troglodytes, se nourrissent du travail de leurs terres, comme si l'agriculture était un plaisir plus qu'une obligation. De plus, l'emploi du pronom personnel : « ils » dans toute la description montre que tous les individus concourent à la vie de la collectivité.

En outre la phrase « C'était dans ces assemblées que parlait la nature naïve [...] douce et fidèle.», associe l'Homme à la nature, donc par extension, à la liberté. De plus, dans cette phrase on note que des «assemblées » permettent de discuter de certaines questions humaines, tels que le mariage ou les sentiments. Enfin, par l'intermédiaire de la description de la religion des Troglodytes (religion qui ne renvoie à aucun écrit), Montesquieu fait part de son « déisme » (type de croyance), et donc de son rejet de la religion catholique monothéiste, bien souvent corrompue et « obscurcissante » à cette époque (obscurantisme religieux au XVIIIème siècle). (Explication) Il s'agit pour Montesquieu de présenter des principes simples qu'il conçoit comme novateurs et nécessaires à la réforme sociale et à la vie du peuple. Il considère que l'Homme doit avoir sa liberté à la fois mentale et religieuse.

 

> Idée 3 : Idées de Montesquieu quant à l'économie

(Idée 3) Enfin, dans ce texte on observe les idées relatives à l'économie, que défend Montesquieu.(Citation/ Justification par la forme) En effet, l'effet de renouveau et de renaissance observé précédemment, rend compte du progrès des Hommes qui ont la capacité d'apprendre de leurs erreurs. De plus, la société troglodyte, telle qu'elle est décrite, semble relever du modèle économique libéral. En effet, la production agricole parait être leur seule source de richesse et chaque individu travaille pour l'intérêt collectif. (Explication) Montesquieu, qui défendait le système de libéralisme économique, l'intègre ainsi dans la société à laquelle, peut-être, il aspire. Dans un contexte de liberté, de proximité avec la nature, et de collaboration sans mésentente, leur système économique relatif au travail commun semble en adéquation avec les principes des Troglodytes. Montesquieu à travers ce portrait semble montrer son désir d'intégrer quelques principes troglodytes à la société française.

 

 

 

Conclusion de la Lettre 12 des Lettres Persanes

 

[Bref rappel des découvertes](Ce qui marque le plus dans le texte) Cette lettre est un des exemples le plus parlant qui permet de décrire l'étendue et les objectifs des Lettres persanes. (Les effets produits pour le spectateur) A travers un récit onirique et anodin, Montesquieu transmet ses valeurs, ou tout du moins cherche à faire réfléchir le lecteur sur sa situation. Cela est le contexte de l'œuvre qui permet de comprendre son sens implicite. Toutefois, le sens explicite est intéressant sur différents points telle que la réflexion sur les erreurs qu'ont pu commettre les Troglodytes afin de créer une société nouvelle.

(Apport culturel - ouverture) Et bien que Montesquieu ne mentionne pas les limites (les déviances de la nature humaine) de sa société, on peut penser qu'il a choisi de « mentionner le plus pour avoir le moins ».

 

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Margot DUCRET

 

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