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TRIER PAR
MATIÈRE
Antoine
Bac +4 ES
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Le conflit social est un affrontement ouvert d'acteurs individuels ou collectifs qui ont des divergences d'intérêts sur une même situation qui agissent pour les modifier à leur avantage. On distingue 3 types de conflits : les conflits microsociologiques : qui concernent directement des individus entre eux (ex: les salariés et la direction d'une entreprise à l'occasion de la suppression d'emploi). les conflits mésociaux : entre groupes sociaux (ex: manifestation des sans-abris qui revendiquent le droit au logement auprès des pouvoirs publics). les conflits macrosociaux : entre pays, nations, ethnies... Depuis le XIXème siècle, les conflits sociaux ont été liés aux transformations du travail et de l'emploi.
A_ La classe ouvrière: acteur central des conflits sociaux.
Dans les sociétés industrielles, les conflits sociaux étaient principalement des conflits du travail, dont l'acteur central était la classe ouvrière.
A cette époque, l'essentiel des travailleurs sont des exécutants, des ouvriers. Les conditions de travail sont extrêmement difficiles, ainsi que les conditions de vie. L'identité ouvrière s'est donc construite autour de valeurs de solidarité face à ces problèmes majeurs. Le mouvement ouvrier va s'appuyer sur cette identité pour s'organiser dans une logique d'opposition au patronat et plus largement à la société capitaliste. La lutte des classes est donc au coeur de cette identité et de ce mouvement ouvrier.
Les ouvriers revendiquent :
Le mouvement ouvrier à joué 4 rôles importants dans la transformation de la société industrielle :
_ il a participé à la formation d'une communauté de vie : il a fait émerger une prise de conscience collective chez les ouvriers, en dévoilant une certaine homogénéité sociale.
_ il a constitué un projet politique structuré pour légitimer ses revendications, par une mise en place de structures, ou d'institutions (ex : syndicats, partis politiques, associations).
_ il a contribué à la construction de droits sociaux, au développement de l'Etat-Providence, et à l'institutionnalisation des conflits.
B_ La théorie fondatrice de Karl Marx.
Selon la théorie développé par Marx, au 19ème siècle, l'explication des conflits sociaux reposait sur l'opposition entre deux classes sociales : la bourgeoisie et le prolétariat. Ce conflit trouve ses racines dans les rapports de production. En effet, dans le mode de production capitaliste, il y a deux catégories d'individus aux intérêts divergents : les capitalistes qui détiennent les moyens de production et les prolétaires qui vendent leur force de travail. Ainsi, de ces rapports de production vont déboucher des rapports de classe conflictuels et ont pour conséquence de constituer des classes pour soi (qui s'opposent aux classes en soi), c'est-à-dire que les prolétaires vont prendre conscience qu'ils ont les mêmes conditions de vie (il y a alors sentiment d'appartenance à un groupe) et qu'il faut défendre collectivement ses intérêts.
fait, cette approche théorique insiste sur l'existence d'une identité ouvrière forte, caractérisée par un sentiment d'appartenance de classe et la lutte des classes. Notons enfin que pour Marx, la lutte des classes est au coeur du changement social.
Mais cette analyse marxiste des conflits sociaux a trouvé quelques limites aujourd'hui dans la mesure où d'abord, de nombreux « ouvriers » ont disparu depuis une trentaine d'années avec les fermetures massives d'entreprises textiles, sidérurgiques ou minières. De plus, le phénomène de moyennisation a conduit à une relative disparition du sentiment d'appartenance à la classe ouvrière, avec l'émergence de salariés plus qualifiés ayant des intérêts divergents. La catégorie des ouvriers est désormais plus fragmentée et le sentiment d'appartenance collective est en net recul. Ainsi, les conflits de classe qui s'appuient sur un sentiment d'appartenance fort développé, auraient disparu.
Cette vision est à relativiser dans la mesure où pour certains auteurs, on assisterait à un retour des classes sociales, en particulier une classe populaire traversée par des intérêts communs mais qui a beaucoup plus de mal à se mobiliser collectivement vu
les effets croissants de la précarité sur les statuts d'emploi.
C_ La reconnaissance syndicale et l'institutionnalisation des conflits.
Face à la multiplication des conflits, les sociétés industrielles ont mis en place des processus de régulation des conflits. Elles ont institutionnalisé les conflits : les relations sociales conflictuelles sont peu à peu organisées, structurées, réglementées, afin de leur donner un caractère prévisible et apaisé. Cette régulation va se faire progressive, depuis le XIXème siècle :
_ on va favoriser la protection de salariés par la reconnaissance des syndicats (1864).
_ on autorise et oblige la présence de délégués syndicaux dans les entreprises (1868).
_ on met en place progressivement une législation du travail permettant de fixer un cadre aux conditions d'emploi, de salaire, et de travail.
_ on va reconnaître la participation des salariés à la vie d'entreprise (ex: création des comités d'entreprise)
_ on va permettre la participation des salariés au conseil des Prud'hommes.
Les syndicats sont des associations professionnelles dont l'objet est la représentation et la défense des droits et des intérêts de ses membres.
Le rôle des syndicats :
_ la force des syndicats est de renforcer les moyens humains et materiels nécessaires à l'action collectives. (ex: moyens humains : adhérents, délégués syndicaux; au niveau matèriel les syndicats peuvent financer les coûts des actions collectives car ils bénéficient des cotisations des adhérents, de dons privés, de subventions publiques)
_ ils constituent un cadre institutionnel qui permet de faire émerger les revendications, mener les négociations et prendre les décisions nécessaires s'il fait mener un conflit.
_ ils permettent de maintenir le conflit social dans des formes socialement acceptables, dans un cadre pacifique. Ils sont amenés à discuter, à négocier, et à s'entendre avec les autres partenaires sociaux et l'Etat pour éviter de futurs conflits.
A_ Des conflits en baisse, des classes sociales qui s'effacent ?
Constats :
_ baisse du nombre de journées de grève
_ baisse du taux de syndicalisation (ex: Pour la France, le taux de syndicalisation aurait diminué de moitié entre 1970 et 1990, passant de 20% des actifs à seulement 10%)
Donc : _ baisse de la conflictualité.
Causes :
_ La dés-industrialisation, accompagnée par une régression des catégories ouvrières, réduit le nombre des adhérents aux syndicats. De plus le développement de la société post-industrielle, a engendré tertiairisation et féminisation.
_ le chômage, les formes atypiques d'emploi (intérim, temps partiel, CDD), ne poussent guère les salariés à la syndicalisation, dans la mesure où le lien avec l'entreprise n'est pas suffisamment durable pour que les travailleurs puissent s'investir dans l'action syndicale.
_ les syndicats sont perçus comme des appareils bureaucratiques sans véritable rapports avec les problèmes rencontrés par les salariés sur les terrains de l'exercice professionnel.
_ les individus, en ayant effectué un calcul rationnel, se
comporte en passager clandestin (free rider), c'est-à-dire qu'ils ne s'investissent pas dans la mobilisation syndicale et bénéficient tout de même des éventuelles retombées positives liées à celle-ci.
_ les salariés pensent que les syndicats n'apportent guère de propositions face aux problèmes sociaux (chômage, exclusion sociale, problèmes de banlieues...).
On peut parler de crise du syndicalisme :
_ à cause de la détérioration de la situation économique : croissance ralentie et chômage
_ à cause de la peur du chômage qui assagirait les salariés : on ne peut pas licencier une personne syndiquer mais faire pression sur elle.
_ car les salariés ne sont pas sûrs d'obtenir gains de cause par des grèves, donc ils ne se syndiquent pas.
_ car rejoindre un syndicat est coûteux
_ à cause d'une solidarité entre les travailleurs qui disparaît de plus en plus. Les syndicats ont besoin de cette solidarité pour mener un mouvement.
_ car la crise touche les industries traditionnelles où le taux de syndicalisation était particulièrement élevé. Des emplois en moins, ce sont des adhérents aux syndicats en moins. De plus, il y a de plus en plus de PME, ainsi il y a plus de dialogue au sein de l'entreprise permettant de régler les conflits, et les salariés par peur de se faire étiqueter ne veulent pas se syndiquer.
_ car la plus grande flexibilité du travail empêche la syndicalisation. L'augmentation es travailleurs Intérimaires, ou précaires rend plus difficile l'expression des liens de solidarité. De plus il y une individualisation de plus en plus grande, qui pousse les salariés à négocier individuellement, directement sans passer par les syndicats.
_ car les salariés pensent que les syndicats ne les défendent plus.
B_ Un renouvellement des conflits sociaux.
Aujourd'hui, le conflit peut prendre différentes formes :
_débrayage (ex: arrêt de travail 1h)
_ grève perlée, qui consiste à ralentir les cadences pour ralentir la production
_grève du zèle, qui consiste à appliquer toutes les règles de travail avec précision dans le but de ralentir la production
_ refus d'heures supplémentaires
_ manifestation
_ pétition.
Aujourd'hui, les conflits sont plus locaux à l'échelle d'un établissement, mais plus radicaux et plus médiatisés. D'autant plus radicaux quand il s'agit de perte d'emploi massive ou encore de fermeture d'établissement. Nous avons à faire actuellement à différentes formes de mesures radicales, telles que :
_ séquestration de personnel
_ menaces de destruction d'usine
_ menaces de pollution
_ destruction d'infrastructures publiques pour montrer son mécontentement à l'État
_ blocage, et blocus.
Aujourd'hui, beaucoup plus de conflits sont réglés individuellement par le biais de la justice, par les Prud'hommes.
Le contexte économique actuel et les transformations du marché du travail, ainsi que la montée de l'individualisme ont détourné de nombreux individus de l'action collective traditionnelle. On distingue 2 définitions du terme « action collective » :
_ agrégation de comportements individuels sans intention de coordination (ex: embouteillage).
_ mouvement unissant des groupes ou des individus dans un objectif commun de défense d'intérêts ou de défense d'un idéal. (ex: opération escargot).
Ainsi les sociologues sont amenés à parler de « mouvements sociaux » (= action collective concertée, intentionnelle et revendicatrice cherchant à modifier l'ordre social face à un adversaire désigné).
Un mouvement social se caractérise par 3 principes :
_ un principe d'identité : le mouvement à conscience de ses caractéristiques particulières.
_ un principe d'opposition : le modèle culturel dominant est remis en question, le conflit fait exister l'adversaire.
_ un principe de totalité : proposition d'un contre-projet, d'une alternative.
Les NMS luttent pour différents types d'enjeux :
_ des enjeux sociaux : rejet commun de situation jugées préjudiciables aux intérêts de tous, ils permettent de lutter contre les inégalités et pour l'intégration sociale. (ex: revendications pour la préservation de l'environnement, pour la solidarité, contre la « mal bouffe »...)
_ des enjeux identitaires qui portent sur une vision de l'individu dans la société, référence à la citoyenneté, à l'individualisme au sens d'émancipation, ils permettent la revendication d'un droit à la différence. (ex: droit au logement pour les SDF, droits de l'homme, revendication féministe...).
Il y a aujourd'hui, de nouveaux acteurs qui sont caractérisés par des identités (= ensemble des répertoires d'action de langue et de culture qui permettent à une personne de reconnaître son appartenance à un groupe social et de s'identifier à lui).
Les nouveaux acteurs :
_ceux qui sont victimes d'une exclusion sociale : ils manifestent de nouveaux mouvements tels que : « sans papiers », « sans emploi », « sans logement »...)
_ ceux qui sont victimes d'exclusion culturelle : ils manifestent de nouveaux mouvements tels que les mouvements féministes, régionaux, homosexuels, écologistes...
Les NMS rassemblent 3 types de population :
_ les personnes en situation de souffrance pour lesquelles s'organise la cause mobilisatrice
_ les militants et les dirigeants d'associations
_ des « personnes ressources » requis pour leurs compétences individuelles (scientifiques, intellectuelles) ou de ce qu'ils représentent (artistes, sportifs...).
Les NMS mettent en place de nouvelles formes d'action :
_ pétitions publiques
_campagnes médiatiques
_ port de badges
_ journées banalisées (ex: 8 Mars : journée de la femme)
_ concert (ex: Enfoirés)
_ appels soutenus par des stars
_ lobbying : groupe de pression
_ occupation de locaux publics
_ chaîne humaine
_ poursuites judiciaires, etc.
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