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TRIER PAR
MATIÈRE
Antoine
Bac +4 ES
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Les conflits du travail ont subi des mutations ces dernières décennies. Il existe des explications à la fois structurelles et conjoncturelles de ces changements. Il convient par ailleurs de souligner les modifications du rôle et de la place des syndicats.
Notions essentielles et complémentaires
Classes sociales, syndicats, rapports sociaux, lutte des classes.
Mécanismes à savoir expliquer
Le débat sur la fin de la classe ouvrière
Les différences entre catégorie sociale, groupe social et classe sociale
Le rôle des syndicats dans la construction du droit social et la régulation des conflits
La diversité des enjeux et formes des conflits du travail
Les difficultés et paradoxes de la mobilisation collective
Conflit social selon Marx
Selon la théorie développé par Marx, au 19ème siècle, l'explication des conflits sociaux reposait sur l'opposition entre deux classes sociales : la bourgeoisie et le prolétariat.
Ce conflit trouve ses racines dans les rapports de production, en effet, dans le mode de production capitaliste, il y a deux catégories d'individus aux intérêts divergents : les capitalistes qui détiennent les moyens de production et les prolétaires qui vendent leur force de travail.
Appartenance à une classe sociale
Ainsi, de ces rapports de production vont déboucher des rapports de classe conflictuels et ont pour conséquence de constituer des classes pour soi (qui s'opposent aux classes en soi), c'est-à-dire l'émergence d'une conscience de classe autrement dit un sentiment d'appartenance à un groupe et la volonté affichée de défendre collectivement ses intérêts.
Identité ouvrière
De fait, cette approche théorique insiste sur l'existence d'une identité ouvrière forte, caractérisée par un sentiment d'appartenance de classe et la lutte des classes.
Notons enfin que pour Marx, la lutte des classes est au cœur du changement social. Dans la construction de l'identité collective, les syndicats jouent un rôle évident.
La fin de la classe sociale ouvrière
Cette analyse marxiste des conflits sociaux a trouvé quelques limites aujourd'hui dans la mesure où d'abord, de nombreux « bastions ouvriers » ont disparu depuis une trentaine d'années avec les fermetures massives d'entreprises textiles, sidérurgiques ou minières.
De plus, le phénomène de moyennisation évoqué dans un chapitre précédent a conduit à une relative disparition du sentiment d'appartenance à la classe ouvrière, avec l'émergence de salariés plus qualifiés ayant des intérêts divergents.
La catégorie des ouvriers est désormais plus fragmentée et le sentiment d'appartenance collective est en net recul.
Le retour des classes sociales populaires
Ainsi, les conflits de classe qui s'appuient sur un sentiment d'appartenance fort développé, auraient disparu.
Cette vision est à relativiser dans la mesure où pour certains auteurs, on assisterait à un retour des classes sociales, en particulier une classe populaire traversée par des intérêts communs mais qui a beaucoup plus de mal à se mobiliser collectivement vu les effets croissants de la précarité sur les statuts d'emploi.
Les syndicats au 20ème siècle
Au cours du 20ème siècle, les syndicats ouvriers ont vu leur rôle reconnu, comme interlocuteur de l'Etat et des syndicats d'employeurs.
Les syndicats de salariés, au-delà de leur rôle de défense de droits et des intérêts des salariés, ou encore de revendication et d'organisation des actions collectives, se sont vus confier un rôle au sein d'organismes paritaires.
Le rôle des syndicats aujourd'hui
Désormais, les syndicats participent à la gestion de l'UNEDIC ou encore sont associés aux décisions dans le cadre des comités d'entreprise et au sein des tribunaux de Prudhommes.
Ils sont aussi au cœur de la négociation collective et cela a contribué à une certaine institutionnalisation des conflits dans la mesure où les conflits sont régulés et encadrés par des règles et des procédures.
Dès lors, les conflits violents voire sanglants (comme celui de Fourmies) de la fin du 19ème siècle sont rendus moins probables.
La conséquence de ce mouvement a aussi débouché sur une moindre conflictualité. L'activité syndicale a permis de faire émerger de nouveaux droits pour les salariés, consolidant ainsi le statut salarial tout au long du 20ème siècle (congés payés, réduction du temps de travail, conditions de travail).
Diminution adhesions aux syndicats
Depuis quelques décennies, l'institutionnalisation du rôle des syndicats conjuguée à la progression relative des formes d'emplois précaires (des salariés qui vivent des situations plus instables sont moins syndiqués) ont eu pour conséquence à la fois la diminution des adhésions aux syndicats, leur baisse d'audience auprès des salariés (en témoigne les taux de participation aux élections prudhommales) ainsi que la diminution des conflits du travail.
Conflits localisés
Cependant, ces évolutions ont vu émerger dans le même temps des conflits plus localisés, moins encadrés par les syndicats cherchant la médiatisation voire débouchant sur des actions violentes (séquestrations, ..) et menaces (bombe, pollution...) traduisant un désarroi de salariés qui, en partie, ne se reconnaissent plus dans les actions syndicales traditionnelles.
Théorie de Mancur Olson
Par ailleurs, la théorie de Mancur Olson, quant au « paradoxe de l'action collective » peut aussi éclairer les évolutions récentes du syndicalisme.
En effet, pour lui, les individus effectuent un calcul coût/avantage à adhérer à un syndicat ou à s'investir dans une mobilisation collective.
Ses conclusions aboutissent à l'idée que les individus, en ayant effectué un calcul rationnel, ont intérêt à se comporter en passager clandestin (free rider), c'est-à-dire ne pas s'investir dans la mobilisation et bénéficier tout de même des éventuelles retombées positives liées à celle-ci.
Ne pas confondre :
La PCS des ouvriers et la classe ouvrière
Les conflits du travail et la lutte des classes
La classe en soi et la classe pour soi
Sujet possible pour ce chapitre sur la mutation du travail et conflits sociaux :
1/ Peut-on analyser les conflits du travail en termes d'opposition de classes sociales ?
2/ Après avoir expliqué les évolutions du syndicalisme, vous montrerez que les syndicats restent des acteurs importants de l'action collective.
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