Correction Français - Bac ES 2017 Pondichéry

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Notre professeur vous propose sa correction détaillée de la question de corpus, mais aussi des 3 sujets de la seconde partie de l'épreuve, à savoir le commentaire composé, la dissertation et l'écriture d'invention. Pour rappel, l'objet d'étude était L'Homme dans les genres de l'argumentation du XVIème siècle à nos jours.

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VOUS REPONDREZ D’ABORD A LA QUESTION SUIVANTE

Comment les auteurs mettent-ils en évidence les caractéristiques qu’ils attribuent à la jeunesse ?

Remarque : la question appelle une analyse de forme qui devra amener à une analyse de fond. En effet, il est clairement demandé de travailler sur la manière « comment » dont les auteurs mettent en évidence les caractéristiques qu’ils attribuent à la jeunesse.

Par ailleurs, on pensera à présenter avec clarté et concision les quatre textes du corpus.

 

REPONSE

Le corpus dont l’étude nous est proposée comporte quatre textes qui n’ont de commun ni le genre, ni l’époque ni même leurs auteurs. En revanche, chacun des extraits est traversé par un thème identique, celui de la jeunesse. Une utopie, tout d’abord, de Savinien Cyrano de Bergerac, un libertin du XVIIème siècle, l’Autre monde : les Etats et Empires de la lune, nous propose une inversion des considérations admises généralement dans toutes nos sociétés humaines : avec la vieillesse vient la sagesse ; de Bergerac prend le contrepied de cette croyance et met en scène un narrateur qui visite un lieu étrange, la lune où des Sélénites vont lui expliquer « qu'il vaut mieux que les jeunes gens soient pourvus du gouvernement des familles que les vieillards ». En effet, par cette inversion, la sagesse de l’âge devient sénilité : « un infirme sexagénaire ». Cet extrait fait l’apologie de la jeunesse non pour la porter au pouvoir mais pour montrer l’inanité du système dans lequel vit de Bergerac au Grand Siècle qui sera gouverné par des vieillards parfois séniles.

L’Art poétique de Boileau est un poème didactique dans lequel ce théoricien va poser les bases des règles du classicisme. Dans cet extrait, Boileau passe en revue les trois âges et leurs défauts : la jeunesse est folle « dans ses plaisirs » et excessive. L’âge mûr, « inspire un air plus sage » et fait de l’homme celui qui « dans le présent regarde l’avenir », le rendant presque devin. Le vieillard « toujours plaint le présent et vante le passé ». L’on constate combien seul l’homme d’âge moyen semble trouver grâce aux yeux de l’auteur attestant de son classicisme et de son goût pour la pondération et la mesure en toute chose. Boileau conclut sans appel en un conseil aux dramaturges : « Ne faites point parler vos Acteurs au hasard,/Un vieillard en jeune homme, un jeune homme en vieillard », mettant en évidence les antagonismes qui existent entre ces deux états de la vie humaine. Il insiste donc sur la folie de la jeunesse « vain ; volage ; rétif ; fou », gradation qui souligne la vitalité violente de cette jeunesse sur laquelle on ne peut s’appuyer : « Un jeune homme toujours bouillant dans ses caprices/Est prompt à recevoir l'impression des vices », présent de vérité générale qui rend indiscutable cette affirmation. Boileau ne se montre guère favorable à la jeunesse en ce qu’elle rompt selon lui l’ordre, la modération et l’équilibre qui permet au monde et à l’art de fonctionner. 

Le 14 décembre 1897, alors que l’affaire Dreyfus déchire une France partagée entre antisémitisme et ouverture, Emile Zola publie une lettre ouverte parue en brochure, la « Lettre à la jeunesse ». Son ouverture est claire : apostrophée à deux reprises, la « jeunesse » doit se révolter du sort réservé au capitaine juif qui sera condamné sur la foi de faux témoignages, dégradé et exilé. Son innocence sera prouvée. Trop tard. Zola joue fortement sur une registre pathétique en usant d’un vocabulaire affectif et frappant : « peine effroyable ; notre cœur révolté s’en brise d’angoisse ; châtiment (…) démesuré ; la poitrine se serre ». Des hyperboles traversent le texte, mettant en évidence l’urgence et l’abomination de la situation dans laquelle se trouve Dreyfus : « peine effroyable ». Bien plus, Zola fait référence aux luttes passées qui ont permis à la jeunesse d’être libre : « souviens-toi des souffrances que tes pères ont endurées », usant d’un argument d’autorité en ce sens que cette Révolution Française qui n’a qu’un siècle au moment de la publication de cette lettre ouverte permit la naissance de la République et donc de la liberté. Zola place en la jeunesse l’espoir qu’elle poursuivra l’œuvre de ses ancêtres et militera pour les valeurs de la République : les questions rhétoriques des lignes 25 à 30 admonestent et encouragent la jeunesse. Qu’elle se lèvre, qu’elle lutte, qu’elle porte haut « l’humanité, (…) la vérité, (…) la justice ». 

Enfin, André Gide nous livre dans son Journal, en décembre 1921 ses considérations (presque) autobiographiques et dont la forme rappelle les Essais de Montaigne par l’énonciation à la première personne et l’écriture d’une pensée très personnelle fondée sur une introspection. Il évoque la fuite de ce temps qui le rend vieux « la jeunesse m’attire », affirme-t-il, « plus encore que la beauté ». Pour Gide, la jeunesse n’est pas un état, elle est un élan ; ainsi emprunte-t-il cet aphorisme à Vigny : « Une belle vie, c'est une pensée de la jeunesse réalisée dans l'âge mûr. » Pour Gide, la jeunesse est trahie par ceux qui changent.

Chacun des auteurs aborde et met en évidence les caractéristiques de la jeunesse de manière différente : De Bergerac use Pour Boileau, il s’agit d’un discours poétisé dans lequel il met en évidence les états différents de la vie de l’homme et la manière dont il faut les mettre en scène : « Un vieillard en jeune homme, un jeune homme en vieillard » n’a pas d’autre sens que celui de mettre en évidence ces différences. La jeunesse est mise en valeur par son contraire. 

 

COMMENTAIRE LITTERAIRE, LETTRE A LA JEUNESSE, EMILE ZOLA

Nous donnons ici une analyse dite linéaire de cet extrait, analyse dont nous donnons le plan détaillé. L’introduction sera intégralement rédigée. Pour mémoire, la conclusion doit reprendre un rappel de la problématique, reprendre le plan de façon succincte et proposer une ouverture.

 

« Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage/Traversé çà et là par de brillants orages ;/ Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,/Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils », écrivait Baudelaire dans « l’Ennemi ». Le poète distillait cette idée répandue que la jeunesse est un âge et un état regrettables en ce sens que la vieillesse, si elle apporte la sagesse, est aussi synonyme de finitude. A l’instar de l’auteur du Spleen de Paris, Zola voit dans la jeunesse un âge sur lequel une société doit fonder ses espoirs et ses principes ; ainsi, dans La Lettre à la jeunesse, le chef de file des réalistes en appelle-t-il à cette jeunesse qu’il convoque à réagir avec virulence à l’injustice subie par le capitaine Dreyfus. S’il rappelle d’abord à la jeunesse ce qu’elle doit à ses aïeux et au passé, faisant de ces temps une époque sacrée, il fonde par après un idéal citoyen de justice dont la jeunesse se doit d’être la garante. Il finit par s’adresser à son cœur qui doit battre pour les valeurs de la liberté et de la justice. 

 

Une référence au passé, une révolution sacrée

- Chaque paragraphe s’ouvre sur la répétition du terme « jeunesse », en un rythme binaire, qui rappelle un chant. La jeunesse est convoquée, ainsi qu’en témoigne la ponctuation : « jeunesse, jeunesse ! ». De plus, idée de collectivité et non d’individu qui renvoie aux valeurs de la République. Référence au passé : « tes pères », repris deux fois, insistant sur la notion d’héritage à défendre.

- Le jeu des pronoms : opposition entre « ils » et « tu » et « ils ont endurées » au passé et « tu jouis », au présent, deux verbes désignant les souffrances au passé et les plaisirs au présent, soulignant que ce dont jouit la jeunesse aujourd’hui descend de ses pères.

- Champ lexical de la tyrannie : « tyrannie ; la botte d’un maître sur la poitrine ; sabre du dictateur ; poids faux du mauvais juge ». 

- Accumulation : « le crime d’acclamer le mensonge, de faire campagne avec la force brutale, l’intolérance des fanatiques et la voracité des ambitieux » précédée d’un impératif négatif : « ne commets pas » ; injonction faire à la jeunesse de résister à la tyrannie. 

 

L’affirmation d’un idéal citoyen, celui de la justice

- Ouverture second paragraphe sur la répétition de « jeunesse, jeunesse ! », suivie d’un impératif, mode verbal de l’ordre. « sois », verbe d’état qui renvoie à une existence à consacrer à un idéal.

- Développement de l’idéal d’une justice supérieure : « la justice, celle qui pose en principe que tout jugement des hommes est faillible et qui admet l’innocence possible d’un condamné ». Zola affirme ici la précellence des principes qui fondent une société de droit. Il appelle la jeunesse à être la garante de l’idéal « sois toujours », l’adverbe soulignant ici l’obligation de durée.

- Thème de la passion : « enflammée passion » ; questions rhétoriques, L.15 à 19 ; tutoiement de proximité pour une transmission plus efficace et universelle du message. 

- Opposition entre le monde des anciens, compromis dans des luttes qui les empêchent d’être clairvoyants et des jeunes vierges de tous préjugés : « toi qui n’es pas dans nos luttes d’intérêts et de personnes, qui n’es encore engagée ni compromise dans aucune affaire louche, qui peux parler haut, en toute pureté et en toute bonne foi ».

 

Un registre pathétique : argumenter pour persuader

- Zola cherche à persuader et non à démontrer. Il s’adresse au cœur et non à la raison : « sois humaine, sois généreuse », champ lexical de la bonté opposé au champ lexical de la souffrance : « peine effroyable, misère, pitié ; martyre ; les larmes coulent des yeux » et de l’injustice : « garde-chiourmes restent insensibles ; succombant sous la haine ; notre cœur révolté ».

- « jeunesse, jeunesse », répété à nouveau et auquel fait écho le pronom « toi, toi » est convoquée à la passion de la justice et surtout à sa tendresse : « qui dois être acquise à toutes les misères, à toutes les pitiés », le verbe « devoir » soulignant l’obligation d’ordre moral qu’a la jeunesse de se révolter. 

- Questions rhétoriques moralisatrices : « n’es-tu pas honteuse », Zola cherche à réveiller chez les jeunes, par opposition aux « vieux, qui se passionnent » une forme de honte de ne pas faire ce devoir qui leur incombe en ce qu’ils sont jeunes : « Comment ne fais-tu pas ce rêve chevaleresque, de défendre [un martyr] sa cause et de le délivrer ? »

Fermeture du texte sur la répétition d’une question symbolique : « où allez-vous ». Cette destination, insérée dans un dialogue fictif est « l’humanité, la vérité, la justice », faisant de ces idéaux des lieux, leur donnant de fait une existence réelle.

 

DISSERTATION : DANS QUELLE MESURE LA LITTERATURE PEUT-ELLE CONDUIRE UNE GENERATION A AGIR ?

Vous appuierez votre réflexion sur les textes du corpus, sur ceux que vous avez étudiés et sur vos lectures personnelles. Vous pourrez avoir recours à tous les genres de l’argumentation.

 

Nous donnons ici des éléments de réflexion qui doivent permettre d’aboutir à une problématique que nous ne traiterons pas de façon complète.

 

- Le sujet induit que la littérature, de fait, conduit une génération, donc des gens pris dans une histoire, un contexte ou un événement majeur à agir ; implicitement, il faut agir SUR le monde. Il fallait donc éviter à tout prix de discuter le fait de savoir si oui ou non la littérature conduit à agir. De toute façon, oui, elle conduit à l’action. La question est : « dans quelle mesure », c’est-à-dire, « dans quelles proportions » et « comment » ?

- La notion de génération nous conduit indubitablement à comprendre que notre réflexion doit se placer en regard de contextes historico-littéraires. En d’autres termes, nous devrons réfléchir à la notion d’engagement de l’écrivain, d’une part, et d’engagement du lecteur, d’autre part. Donc définir en questionnant le statut de l’écrivain, certes, mais aussi du lecteur.

- « L’agir » est à distinguer du « subir ». En effet, on dit souvent du théâtre : castigat ridendo mores, qu’il corrige les mœurs par le rire. Dans cette perspective, le spectateur, le lecteur sont passifs en ce sens qu’ils reçoivent une leçon. Dans notre sujet, il est attendu que nous interrogions la notion même de : qu’est-ce qu’agir ? 

PROBLEMATIQUE : nous nous demanderons dans quelle mesure, c’est-à-dire comment la littérature peut conduire une société à agir sur le monde qui l’entoure. La littérature est-elle levier de l’action ?

 

Les textes et auteurs à mobiliser : (nous rappelons qu’il s’agit bien d’une génération et non d’individus. On évitera donc les exemples où un homme réalise telle ou telle chose à la lecture d’une œuvre et réagit à sa façon : Rousseau écrivant les Confessions suite au pamphlet que lui adresse Voltaire.)

- Zola, J’accuse et Lettre ouverte à la jeunesse.

- Le déserteur, Boris Vian.

- Je trahirai demain, Marianne Cohn.

- Le chant des Partisans, Kessel, Druon et chanté par Anna Marly.

- La littérature du XVIIIème siècle, telle que L’île aux esclaves, Marivaux ; Jacques le Fataliste, Diderot qui questionnent le rapport entre le maître et le valet et à leur mesure conduiront aux notions d’égalité de la Révolution Française.

- Les textes écrits en registre épique : la Chanson de Roland cherche à fédérer un peuple, à une époque donnée autour de valeurs communes. 

 

INVENTION

Le journal du lycée propose une tribune ouverte à partir de l’affirmation présente dans le texte de Cyrano de Bergerac : « la jeunesse seule est propre à l'action ».

Vous rédigerez un article rendant compte de la réflexion que vous inspire ce point de vue.

Votre texte comportera au moins une soixantaine de lignes.

Vous ne signerez pas votre article.

Nous proposons ici un article mais rappelons que ce n’est qu’une proposition parmi tant d’autres. La forme journalistique, en revanche, doit être respectée pour que le sujet soit traité correctement. 

 

Chers lecteurs, chers camarades de classe,

Nous autres, élèves de Première, avons abordé en cours de lettres un texte écrit par un libertin, Savinien de Cyrano de Bergerac ; s’il avait un nez de taille respectable, du moins n’est-il pas resté dans les mémoires pour cette seule raison. Il a laissé à la postérité l’une des plus belles utopies dans laquelle il a su avec malice questionner la société de son temps : L’Autre Monde : les États et Empires de la Lune.

Si l’œuvre en elle-même m’a plu, si ce grand auteur a su me parler, une phrase tout particulièrement a retenu mon attention : « la jeunesse seule est propre à l'action ». 

Cet homme du grand siècle, bien longtemps avant nous a su comprendre qu’une société était bâtie sur des forces différentes : des hommes et des femmes matures, qui font, éduquent et guident les enfants, des vieillards, qui offrent, quand ils le peuvent, leur sagesse et leurs connaissances aux générations qui les suivent et une jeunesse, une force vitale, un élan d’impétuosité qu’il faut savoir canaliser mais que l’on doit laisser s’exprimer.

Trouvez-vous que notre société nous laisse nous exprimer ? Trouvez-vous que sont écoutées nos voix ? Trouvez-vous que nos forces sont utilisées par ce monde ou plutôt brimées par un carcan de préjugés qui empêchent de s’exprimer des créateurs, des artistes, des entrepreneurs, des sages, peut-être. Oui ! Vous avez bien lu. Des sages. Est-il donc besoin d’avoir la tête blanchie pour comprendre ce monde qui nous entoure ? Les mystères de l’amour, de la mort sont-ils plus compréhensibles aux vieillards qu’aux adolescents ?

Je ne le crois pas. Et cette force qui nous habite. Quand allons-nous pouvoir la laisser exploser ailleurs que sur un terrain de sport ? Mens sana in corpore sano disait Montaigne. Soit mais la force physique qui nous rend propres à l’action, plus que nos parents, infiniment plus que nos grands-parents, cette force, vous dis-je me fait l’effet de la formidable énergie gratuite et inépuisable que représente le soleil et que l’humanité n’utilise presque pas.

Alors, anciens, parents, pères et mères, quand allez-vous accepter que nous pourrions, non pas après vous, mais avec vous grandir ce monde, le rendre plus beau, plus fort, plus naïf, pourquoi pas ? Quand puiserez-vous à cette intarissable source de vitalité qu’est la jeunesse ? Quand verrez-vous de la créativité ou trop de gens voient de l’impétuosité ? 

Laissez venir à vous, parents, ces enfants qui vous rendent cette vie que vous leur avez donnée. 

Laissez venir à vous, parents, ces jeunes qui ne vous remplaceront mais veulent vous porter.

Laissez venir à vous, parents, ces jeunes qui sont l’avenir de vos vieux jours. 

Fin de l'extrait

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bouleQuiChamboule
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tro bi1

par - le 11/01/2018

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