Correction Français - Bac ES Liban 2017

Correction Français - Bac ES Liban 2017

Retrouvez la correction de l'épreuve de Français Bac ES du Liban 2017 !

Le thème de cette épreuve était : "Écriture poétique et quête du sens, du Moyen Âge à nos jours". Le corpus traitait des textes suivants : Victor hugo, Charles Baudelaire, Pierre Reverdy et Jacques Prévert. Ensuite, vous aviez le choix entre le commentaire de texte de Jacques Prévert OU la dissertation "La poésie n'a-t-elle vocation qu'à célébrer les joies de la vie ?", OU l'écriture d'invention.

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Correction Français - Bac ES Liban 2017

Le contenu du document


QUESTION DE CORPUS 

 

Points de méthode :

* définir quelques thématiques centrales, communes aux différents textes du corpus. 

* réaliser une introduction qui présente les textes et les thématiques rencontrées. 

* citer les textes entre parenthèses. 

* analyser et ne pas simplement reporter ce que disent les textes. 

 

Voici quelques pistes pour répondre à la question de corpus :

 

Les différents textes du corpus présentent la fête de façon à ce que cette dernière soit envisagée sous deux angles : elle a ses côtés mélioratifs et ses côtés négatifs. Liée à l'instantanéité, au mouvement et à l'ivresse, elle peut rapidement bousculer dans la mauvaise expérience. C'est précisément ce qui peut faire la réussite d'une fête qui peut aussi, pour d'autres personnes ou en d'autres situations, signifier son échec. C'est cette ambiguïté que l'on retrouve dans le corpus étudié au sein de diverses thématiques, mises en contrastes, comme : la solitude et le peuplement, l'abondance et la misère, la féérie et la réalité, la nuit et le jour...

 

Le texte C et le texte A nous montrent que la fête n'est que temporaire. Il s'agit d'une mise en mouvement joyeuse (la danse (texte A et C), texte C : « s'évapore », « vole »), qui est liée à la nuit, mais qui, une fois le matin revenu (texte A : « l'aube était revenue »), a disparu (texte A : « aux yeux brillants les yeux éteints », texte C : « tourbillon du naufrage »). Ces deux textes font aussi référence à une effusion de personnes, à une foule, aux couples mais ce sont les poèmes D et B, qui nous intéressent plus particulièrement quant à cette thématique car ils mettent en jeu à la fois les thèmes de la solitude et de la multiplicité.

 

Au sein du texte B, on remarque que le misérable, qui ne peut profiter de la fête est d'autant plus plongé dans une condition misérable de par le fait qu'il est entouré de personnes qui ne sont que trop différents de lui, à la fois par leur bonheur et leur pouvoir économique. Ils achètent, ils mangent, ils célèbrent pendant que lui attend sur le sol. Liée à la consommation et à un état d'esprit de joie, la fête n'est pas accessible à tous. D'ailleurs, à cette figure du misérable seul (du texte B), il faut opposer celle di singe du texte D, qui est aussi seul que la lune. En effet, bien que dans le texte A (particulièrement), c'est le jour qui est lié à de la joie, il faut aussi considérer que pour d'autres c'est la solitude noire de la nuit qui plonge dans la mélancolie. Le poème D présente aussi cette dualité de la fête de façon différente quant à ses actants. En effet, outre le fait qu'il explique que certains sont seuls pendant que d'autres rient à plusieurs, il met en valeur, par le recours au cirque, que ce qui fait rire les uns, cause de la souffrance aux autres. La fête est liée au spectacle, quel qu’il soit. Ici, après que les humains se sont amusés grâce aux animaux, ce sont les lions qui se rient du couple de dompteurs qui se déchire.

 

La pratique festive est assez exceptionnelle. Peu de personnes font la fête tous les jours. Comme les poèmes le démontrent, elle est liée à une situation exceptionnelle, qui se déroule le plus souvent dans la nuit. La nuit est l'occasion d'oublier le caractère raisonnable du jour. Elle est l'occasion de se mélanger, de consommer, de s'oublier. Or, la triste réalité est toujours bien présente, au sein même de la fête via la misère et la solitude, ou attendant le petit matin pour faire son apparition.

COMMENTAIRE 

 

Vous commenterez le poème de Jacques Prévert, « La fête à Neuilly » (Texte D).

 

Points de méthode :

* citer le texte. 

* ne pas faire de la paraphrase. 

* introduire les enjeux du texte, ses ambiguïtés, ses particularités dans une introduction. 

* ne pas se répéter au sein des différentes parties. 

* conclure sans répéter ce qu'on a dit dans les parties mais en faisant un bilan = reprendre de façon différente ce qui a été dit en y ajoutant un dernier commentaire.

 

Introduction

 

Ce poème prend des allures de récit. Il s'ouvre sur le début de la nuit et se termine sur sa fin. On a alors l'impression d'assister à un monde secret, qui s'éveille. Il s'agit des coulisses de la fête foraine qui, au lendemain, aura déjà disparu, reprenant sa route itinérante. La thématique de la fête foraine est intéressante car il s'agit d'une fête de jour alors que souvent la pratique festive est liée à la nuit. A partir de cet aspect étonnant reposant sur une sorte de contradiction, nous nous demanderons comment et pourquoi le poème de Jacques Prévert est caractérisé par la dualité.

 

Les différences

On remarque que le texte s'organise de façon à faire ressortir des éléments de par leur caractère contradictoire. Premièrement, il y a un jeu d'antithèse qui permet de faire comprendre la relativité des éléments qui nous entourent. Pour certains, la nuit représente du repos alors que pour d'autres il s'agit d'un moment d'orage.

 

Un jeu d'antithèse

« Adorable soleil des enfants endormis » (ligne 3).

 La lune : antithèse : soleil du sommeil :

Pour certains, la lune est synonyme de nuit et du fait de dormir. Notamment, c'est le cas pour les enfants qui sont endormis sous ce soleil de la nuit, qui va éclairer un monde qui reste en action pendant qu'un autre dort : celui des animaux du cirque. Ce monde que la lune éclaire c'est celui du sommeil, c'est celui du rêve. Et, la petite histoire qu'on nous raconte pourrait d'ailleurs être une rêverie.

Dans ce monde du cirque, « les lions sont les spectateurs. » Ils assistent à une querelle entre leurs maîtres. Ici encore, nous sommes face à un propos quelque peu antithétique car, bien qu'en cage et donc soumis, les lions ne sont pas ceux qui servent de distraction, comme on a l'habitude que ce soit le cas. Le monde de la nuit a inversé la dynamique de la fête foraine.

Une telle antithèse ouvre le propos en annonçant que nous allons entrer dans un univers où les codes sont renversés mais dictés par des oppositions, qui vont de pair avec celle de la nuit au jour. 

 

Un jeu d'oppositions

Les humains / les animaux. 

Les couples / les solitaires.

Les libres (l'oiseau : image littéraire stéréotypée de la liberté) / les emprisonnées (reste des animaux : le singe et les lions).

Les dormeurs / les éveillés.

Les spectateurs / les acteurs.

 

Ce jeu d'opposition un peu schématique va de pair avec celui des antithèses : tout le poème est organisé autour de l'opposition entre jour et nuit. Le monde de la fête foraine, supposément rempli des rires des enfants, a laissé place à une autre ambiance : la foule a fait place à la solitude de certains et les rires d'enfants se sont dérobés pour laisser s'installer les cris des adultes.  Ces oppositions schématiques ont une visée quelque peu comique et ironique. En effet, normalement ce sont les animaux qui réalisent un spectacle à leurs dépens mais ici ce sont bien les humains que l'on observe. L'effet comique réside dans le fait que la fête nocturne n'est pas celle des humains mais celle des animaux.

En outre, ces oppositions permettent de dresser rapidement le portrait d'un monde dont le fonctionnement a l'air particulièrement simple : soit l'on souffre de la nuit ; soit l'on en profite. Les lions en profitent pour être prêts de leurs lionceaux alors que le singe, délaissé de ses maîtres, est triste. Comme dans tout récit de fête, celui qui est seul ne peut profiter de la fête autant que ceux qui sont accompagnés.

 

Conclusion  

Placé sous le signe du sommeil de l'enfant, ce spectateur du cirque de la foire pendant la journée, le poème semble se dessiner tel un rêve. Un rêve d'enfant qui, tel l'imagination de ce dernier, est simple mais très créatif. Petit à petit, on a l'impression d'assister à une comptine. 

 

Les similitudes

 

Répétition de sons et de mots

Ligne 10 : « ménage » / « ménagerie ».

Lignes 20 et 21 : « baignant de ses eaux claires »

Ligne 3 et 15 : « déchire », « déchirure », « déchirée ».

Ligne 16 et 18 « singe (…) seul », « lune seule ».

 

Le fait de répéter les mots a deux effets :

- donner un ton léger au propos. On a l'impression qu'on est face à un discours d'enfant qui répète les mots plusieurs fois. 

- réaliser des parallèles entre divers éléments. La répétition de « seul(e) » permet d'établir une comparaison plus forte entre le singe et la lune.

 

Un effet de boucle

- Le premier vers de la première strophe et le premier vers de la dernière strophe commencent de la même façon en évoquant les coups de l'horloge : « Une horloge sonne » douze coups puis six coups.

Le denier vers de la première strophe et le dernier de la dernière strophe s'opposent mais se complètent en ce que l'un est lié à l'arrivée de la lune et l'autre à son départ. 

Un monde s'était ouvert, celui de la nuit au cirque. Il s'est refermé tout aussi vite. Tel un rêve d'enfants, on semble avoir assisté à un mirage, tellement ce décor a eu peu de temps de s'installer dans le réel.

 

Conclusion :  

Dans ce poème, la dualité est à la fois liée aux thèmes de ce dernier mais aussi à sa structure dans la mesure où deux strophes (la première et la dernière) sont mises en miroir par le récit (principal) de ce qui se déroule durant la nuit.  Une telle structure nous permet de réaliser que le monde de la nuit (du poème) est lié à l'enfance, placé sous le signe de rêve (enfantin) dont la lune est garante. Une fois que le jour est revenu, la foire qui attire les enfants a disparu. Or, ce qui est intéressant, c'est que de par sa créativité, ce rêve d'enfants a fait pointer la cruauté de ce monde festif de la foire. Entre la solitude, les disputes et les cages, ce mirage itinérant qui se déplace de ville en ville ne donne pas envie d'en rêver. 

 

DISSERTATION :

 

La poésie n’a-t-elle vocation qu’à célébrer les joies de la vie ? Vous répondrez à cette question en vous fondant sur les textes du corpus, sur les textes et les œuvres que vous avez lus et étudiés en classe, ainsi que sur vos connaissances personnelles.

 

Points de méthode 

Il s'agit ici d'une question assez vaste sur la poésie. La restriction en ne … que est à étudier de façon primordiale car elle oriente le sujet. On sait qu'il difficile de dire que la littérature (et notamment la poésie), en général, comme beaucoup d'autres choses d'ailleurs, n'a qu'un seul but. On comprend donc directement que le travail que nous allons devoir réaliser n'est pas de trouver uniquement des exemples qui permettent de dire oui la poésie n'a qu'une vocation mais aussi des contre-exemples à cette possible affirmation. Il va falloir trouver toutes sortes d'autres vocations de la poésie. Nous pouvons alors proposer de retravailler la problématique du sujet, sans pour autant la dénaturer. Il peut paraître facile et judicieux de retourner un peu le problème et, plutôt que de se demander si la poésie n'a qu'une vocation (celle de célébrer la joie de la vie), se demander si elle en a d'autres. On peut alors formuler des problématiques telles que celles-ci :

La poésie a-t-elle des vocations multiples ?

La poésie a-t-elle d'autres vocations que celle de célébrer les joies de la vie ?

Quelles sont les vocations de la poésie ? …

 

Introduction :

 

Pour éviter de donner l'impression au correcteur de réaliser un hors-sujet, il faut toujours définir les termes que nous étudions afin de donner une analyse (plus ou moins) personnelle de ces derniers et donner le ton de notre travail global :

Les joies de la vie : tout événement considéré comme positif, à la fois par la société (et ses mœurs) mais aussi par l'individu, en ce qu'il lui procure de la joie, c'est-à-dire un sentiment (court ou prolongé) de bonheur, de félicité, d'amusement …

Célébrer : rendre hommage, mettre à l'honneur, donner une vision positive. 

Vocation : but, destinée première, visée, dessein.

Voici quelques pistes qui pouvaient être utilisées pour entrer en matière, avec votre introduction :

 

Pour bien des élèves et des lecteurs, la poésie est un genre littéraire qui peut déconcerter dans la mesure où il est parfois difficile de lui donner une définition. Alors que le genre romanesque est, le plus souvent lié à la figure du narrateur, que le genre théâtral est lié à la représentation et à un texte double, que le genre de l'essai est lié à la réflexion et à la prise de position, force est de constater que le genre poétique s'attaque à tant de thématiques et possède tant de formes qu'il peut paraître compliqué de le restreindre à quelques aspects définitoires. On pourrait néanmoins considérer que la poésie est liée au travail de la forme, à la beauté de la langue et à la célébration de l'esprit humain, capable de s'exprimer via les belles lettres. Exposer un beau discours est, à priori lié, à la fois à une langue élégante mais aussi à des thématiques positives, allant de paire avec la forme. En effet, si la poésie est liée à la musicalité, de par ses répétitions de rimes aux airs de chanson, on est en droit de se demander s'il pourrait être possible d'aborder des sujets graves à l'aide de vers dont la forme est entraînante. On pourrait considérer que les sujets plus sérieux et graves sont liés à des genres tels que l'essai. Mais, une étude de l'Histoire littéraire semble pouvoir donner tort à une telle restriction de la poésie lorsqu'on la définit. Nous allons alors étudier en quoi la poésie, bien qu'elle soit liée à la musicalité, n'est pas forcément uniquement liée à la célébration des joies de la vie.

+ Annonce de plan.

 

Célébrer les joies de la vie : un but du poète ? 

 

Des thématiques de célébration (positive). 

Voici deux pistes qui pouvaient être explorées :

* les origines de la poésie : célébration des hauts-faits. 

* les sujets de la poésie : des beaux sujets.

 

La poésie a longtemps choisi pour thématiques des sujets liés à la joie, à la célébration. Quand elle prend naissance au sein du Moyen-Âge, son but est d'ailleurs de chanter et célébrer les hauts faits des chevaliers. La poésie naît de ces récits, qui racontent les exploits moraux et physiques des chevaliers, accompagnés de musique. En outre, à ces récits d'exploits guerriers s'ajoutent rapidement la thématique de l'amour, en tant que beau et noble sentiment. On constate alors que la poésie est bien liée à la célébration des joies de la vie. 

Nous sommes aussi avertis quant au fait que le mot d'ordre de la poésie a longtemps été : une belle forme pour un beau sujet. Il s'agit, en effet, pour de nombreux poètes de s'attarder sur les beautés du monde. Ainsi, Pierre Ronsard, dans ses Amours célèbre la beauté de l'objet aimé. Les romantiques célèbreront la nature et sa beauté.

 

Célébration de la langue et langue qui célèbre.

 

Voici deux pistes qui pouvaient être explorées :

* une langue festive : le rythme (poésie en vers). 

* une langue élégante (poésie en vers et en prose).

 

Pour célébrer d'autant plus la condition humaine et les thématiques qui y sont liés, le poète peut avoir recours à une langue festive. Par exemple, la langue poétique a parfois un rythme tel qu'il est semblable à celui d'une chanson. La musicalité du vers et la structure rythmique du poème peuvent alors inviter, comme une chanson entraînante, à célébrer quelque chose. On peut alors évoquer la ballade (composée de trois strophes suivi d'un envoi (une demi-strophe) et dont chaque strophe se termine par un refrain).

Outre le rythme de la poésie, qui n'est pas l'unique caractéristique de ce genre, force est de constater que, par exemple, dans la prose, la langue est parfois aussi travaillée que lorsque le poète s'efforce à faire des vers mélodieux. Le poète peut explorer alors la langue dans toute sa richesse, cherchant le mot juste en ayant, par exemple, recours à des néologismes et à des synonymes. En travaillant particulièrement la langue (car tel est la démarche du poète), il est à la fois capable de célébrer la vie avec nuances mais aussi de célébrer son travail de poète. Trouver le mot juste, c'est rendre hommage au monde. La forme doit, en effet, être aussi belle que le fond.

Mais …

 

Célébrer les joies de la vie : LA vocation poétique ?

Le but ici est de se servir de la dernière sous-partie de notre première partie pour élargir notre propos, l'étendre à autre chose qu'à la thématique de la célébration de la vie. Nous allons, en guise de transition, montrer qu'il ne paraît pas judicieux de restreindre la poésie et son étude à une seule problématique. Une fois cette sous-partie terminée, il sera alors facile d'aborder le deuxième axe majeur de notre propos. On donnera l'impression à notre correcteur que notre exposé s'enchaîne de façon fluide et donc est pertinent. Voici deux pistes possibles pour réaliser cette transition :

 

Si les joies de la vie sont liées à des thématiques positives, cela voudrait dire que la poésie ne pourrait pas s'attarder à des sujets plus péjoratifs ou pessimistes. Or, on sait que des poètes ont (très tôt) usé de la forme poétique pour parler de la guerre (dans Les Tragiques, Aggripa d'Aubigné parle de la guerre civile qui déchire la France au XVI è siècle) mais aussi d'autres maux du monde, comme l'exploitation infantile dans le travail (Melancholia, Victor Hugo) et d'autres sujets de société aussi graves et peu festifs que ces derniers. 

En outre, sans parler spécifiquement de malheurs, nous savons aussi que certains poètes se sont attardés à parler du quotidien, tout aussi banal et parfois morose qu'il soit. La poésie ne touche alors absolument pas à des thématiques particulièrement festives liées à la célébration. Ainsi, par exemple, Rimbaud et Verlaine s'attaquent à des sujets prosaïques, telle que le portrait de la ville minière de Charleroi (Charleroi, Paul Verlaine) ou de ce qu'on y mange (les tartines au jambon de Rimbaud dans Au Cabaret Vert, cinq heures du soir).

 

Pistes pour une conclusion de partie :

 

Il faudrait faire ressortir le fait que la poésie, quand elle s'attaque aux diverses thématiques dont on vient de parler, se concentre majoritairement sur les sentiments. Ainsi, elle permet de faire ressortir parfois le caractère pathétique du quotidien ou de la guerre ou de célébrer avec enthousiasme la beauté d'une femme (par exemple). On remarque alors que si l'on venait à définir la poésie, il faudrait à la fois parler de sa forme particulière mais aussi de son fond, qui peut être très varié. La poésie est liée aux sentiments et, au vu de la multiplicité des sentiments et sensations qu'il existe dans le monde, elle peut s'étendre à de nombreuses approches et nombreux textes. Nous allons alors nous intéresser à cela.

 

La poésie : de sentiments multiples à vocations innombrables.

Multiplicité des sentiments : multiplicité des vocations.

 

appréhender le monde.

Voici quelques pistes pour parler de cela :

Appréhender le monde, ici, il faut l'entendre comme dire le réel mais aussi l'imiter.

 

Dire le réel peut être particulièrement possible via la poésie, qui peut être en prose ou en vers. En effet, la poésie n'a pas pour visée d'arriver à un but narratif, c'est -à-dire d'exposer une intrigue qui se conclut par un dénouement. Les mots sont réellement là pour ne rien faire, c'est-à-dire pour exister uniquement en tant que mots et décrire les sentiments, le monde, les individus... La prose permet notamment de s'étendre de façon plus large et plus longue sur cette description alors que le vers, plus concis, peut permettre de gagner en efficacité et en virtuosité quant à l'expression d'une idée. 

La poésie permet aussi d'imiter le réel. En effet, de par son travail sur la forme, elle imite parfois les sons de la vie réelle. On parle alors d'harmonie imitative avec l'allitération et l'assonance. Ainsi, l'allitération en t  qui imite les bottines à talons d'une jeune passante dans On est pas sérieux quand on a dix-sept ans de Baudelaire permet de démultiplier les sensations liées à l'éveil du désir. Aussi, de par les rejets, contre-rejets et enjambements, on peut parfois comprendre que le poème met en jeu un trop plein d'émotions qui débordent jusqu'au vers suivant. La poésie permet d'imiter le réel, dans sa perception, ses sensations et sentiments.

 

atteindre un idéal.

 

Voici quelques pistes pour parler de cela :

La poésie peut être engagée. Elle a alors comme visée de critiquer et dénoncer le monde ainsi que de proposer des alternatives. Les sujets sont alors divers et correspondent à une vraie prise de parti. Prévert dans Tant de forêts critique de façon indubitable la déforestation.

La poésie peut aussi vouloir atteindre un idéal langagier. Certains poètes écrivent de la poésie pour théoriser la langue française quant à sa diversité (ex : Du Bellay) ; d'autres (de façon directe ou non) quant à sa ponctuation (Apollinaire).

 

se détacher du réel.

 

Voici quelques pistes pour parler de cela :

 

La poésie permet de jouer en général, avec les mots, avec les formes. Ainsi, elle permet de développer de nouvelles pratiques. Les surréalistes se détachent du réel qui les a déçus en écrivant de la poésie (sous drogue) ou en réalisant des cadavres exquis. 

Les symbolistes veulent construire un nouveau langage. Ils se dérobent alors de la convention sociale, comme Éluard lorsqu'il écrit que La terre est bleue comme une orange.

La poésie permet de s'intéresser à son moi intérieur et à ses sentiments et se dérober ainsi du monde matériel. Encore une fois les surréalistes sont un bon exemple car ils veulent toucher aux limites de l'inconscient et utiliser la poésie pour atteindre ce qui n'est pas relatif à la conscience du réel (ils s'intéressent aux théories de Freud). Si ce n'est pour parler du moi intérieur, la poésie est mise à profit pour exalter les sens, pour se concentrer sur la volupté des formes d'une femme, sur la chaleur des rayons du soleil ou le froid de la mort (Ex : Dormeur du val, Rimbaud). Elle n'est donc pas toujours liée à la réalité en tant que description d'une société mais en tant que la façon dont on la perçoit via nos sentiments. Dans le texte D du corpus de Prévert, bien que ce soit le monde de la fête foraine qui soit décrit, le sentiment que nous avons face à son exposition est plutôt lié à la mélancolie.

 

Pistes de conclusion de cette partie :

En fait, bien que la poésie s'attaque à divers domaines et donc non uniquement à la célébration des joies de la vie, il faut s'attarder sur le fait qu'elle aborde ces différentes thématiques via le filtre des sentiments, qui rend ses visées et vocations multiples ainsi qu'universelles. Le but est de toucher le lecteur et cela se fait de façon (plus ou moins) différente pour tout à chacun. L'interprétation d'un poème est plurielle et donc ses vocations aussi.

 

Conclusion :

Pistes de conclusion :

 Si l'on peut parler de vocation dans le cadre de la poésie, et si l'on veut le faire au singulier, il faudrait alors restreindre cette dernière au fait de toucher une sensibilité. Il s'agit de faire découvrir aux lecteurs des sentiments, qui sont les siens ou celui de l'auteur. C'est à partir de cette exaltation des sentiments que l'auteur tente de délivrer un message. Il va imprégner le lecteur de son message et non simplement le lui exposer, comme dans une dissertation. Certes, comme nous l'avons vu, la poésie est une célébration, qui elle-même est multiple : célébration de la vie et célébration langagière. Mais, la poésie ne se restreint pas à un tel horizon, elle en explore d'autres. Et, dans cette ouverture de ses vocations et de ses thématiques, on remarque qu'il est difficile de restreindre la poésie à une vocation liée à une seule thématique. En fait, la poésie touche à l'existence, qui touche elle-même les individus, à qui la poésie s'adresse.

 

INVENTION 

 

Méthode :

* travailler la langue (effets sonores, langue soutenue, vivante). 

* parler des émotions ressenties. 

* tenter de faire des parallèles entre le monde qui vous entour et les émotions ressenties. Elles influent sur vous.

* à priori : utiliser le je.

Voici une esquisse de ce qui peut être réalisé :

 

La foule se déroule, tel une nuée de poussières, que le vent fait danser. Un pas en avant, un autre en arrière. Il souffle. Non pas le vent, mais le rythme. Non pas de la musique mais lu temps. Ce temps qui se déroule, comme la foule, qui va vient et vient au vent de la nuit. Musique de pas, néons de lune, le brouhaha m'importune. Des volants de jupes aux formes volantes, j'observe la valse de ces étoiles filantes. Ce sont des jeunes filles, à qui l'ivresse donne des airs de prêtresse. J'observe et j'observe encore, cherchant les yeux d'une femme, à qui la musique paraîtrait aussi infâme. Mais mes yeux n'ont de vie que pour s'humidifier. Dans ce nuage d'amantes, à la frivolité débordante, je suis seul et me lamente.

Fin de l'extrait

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