la poésie au 20ème siècle - Français - Première ES

la poésie au 20ème siècle - Français - Première ES

Digischool Bac ES met à votre disposition aujourd'hui un cours de français sur la poésie au 20ème siècle. Ce cours rédigé par notre professeur s'adresse spécialement à la section première ES.

Après une courte présentation de la poésie du 20ème siècle, vous étudierez la fin du symbolisme suivi de l'unanisme et de la notion d'esprit nouveau. Ensuite, vous étudierez ce qu'est le dadaïsme, le surréalisme et la poésie engagée. Pour conclure, nous vous donnons quelques conseils pour réussir votre examen de français.

Vous pouvez télécharger ce cours de français sur la poésie au 20ème siècle de 1ère ES gratuitement ci-dessous.

la poésie au 20ème siècle - Français - Première ES

Le contenu du document

Présentation : La poésie du 19ème siècle s’est donné un souffle nouveau en se libérant du classicisme. Celle du 20ème va confirmer cette volonté de bouleverser et le fond et la forme des thèmes traités tout en étant grandement influencée par la psychanalyse et deux guerres mondiales terrifiantes pour l’humanité.  On constatera dans cet exposé que les courants poétiques se sont succédés rapidement pendant cette période. Pouvait-il en être autrement à travers un siècle ayant drainé autant d’horreur et d’absurdité ? 

I. LA FIN DU SYMBOLISME

Le symbolisme dont les représentants sont Rimbaud (1854-1891), Verlaine (1844-1896) et Mallarmé (1842-1898) s’essouffle en ce début de 20ème siècle. Certes on retrouve son influence dans les poèmes de Henri de Régnier (1864-1936) ou encore de Paul Fort (1872-1960), mais son ésotérisme, son hermétisme et sa volonté de s’éloigner du monde ordinaire ont fait leur temps. Il tente pourtant de survivre, de se réinventer, avec la revue Phalange créée par Jean Royère (1871-1956) et à laquelle participe un nouveau poète qui se fait appeler Guillaume Apollinaire (1980-1918). Ce dernier revendique l’héritage de Rimbaud, de Mallarmé et pratique le collage dans la poésie. En d’autres termes, s’inspirant du cubisme (Picasso et Braque), il insert des fragments, des corps étrangers, des dessins, ne limitant plus la poésie à une forme exclusivement écrite. Si Apollinaire va encore s’illustrer et briller ça ne sera pas dans à travers le mouvement symboliste qui meurt définitivement.

II. L’UNANISME

Nous sommes en 1908.Un groupe de poètes emmené par Jules Romain (1885-1972) et Georges Duhamel (1884-1966) revendique l’unanisme c’est-à-dire un positionnement du poète dans l’expression de la vie unanime et collective. Sa mission : transcrire l’individu uniquement dans ses rapports à l’autre, dans ses relations sociales. Ce mouvement refuse la prépondérance de la forme promulguée par le symbolisme. Trop dogmatique et trop intolérant, il meurt sans avoir donné de résultats probants.

Notons que parallèlement des poètes, qu’on qualifiera d’indépendants, font parler d’eux : Charles Péguy, Paul Claudel, Paul Valéry et à nouveau Apollinaire. Et puisqu’on parle d’Apollinaire…

III. L’ESPRIT NOUVEAU

Inventions scientifiques, bouleversements technologiques, le 20ème siècle est un monde nouveau. Les artistes en sont conscients et veulent accompagner cette rupture avec le passé. Une volonté exprimée par le mouvement cubiste dans le domaine de la peinture. Des poètes comme Apollinaire, Pierre Reverdy ou encore Max Jacob, férus d’art pictural, sont en accord avec l’approche des cubistes et leur volonté de tout déstructurer pour tout réinventer. Que cela soit dans le fond comme dans la forme. En 1917, Apollinaire donne une conférence appelée « l’Esprit nouveau et les poètes ». Et c’est ainsi qu’on gardera l’appellation « Esprit nouveau » pour qualifier ce mouvement poétique. Mais la tendance existe déjà depuis plusieurs années. Ainsi Apollinaire en 1913 a publié les Méditations esthétiques, les peintres cubistes, un ouvrage qui fait l’apologie de la révolution picturale et artistique des cubistes. C’est également en 1913 qu’il édite son recueil Alcools et rencontre la notoriété. 

Zone

A la fin tu es las de ce monde ancien

Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin

Tu en as assez de vivre dans l'antiquité grecque et romaine

Ici même les automobiles ont l'air d'être anciennes

La religion seule est restée toute neuve la religion

Est restée simple comme les hangars de Port-Aviation

Il s’agit ici des premiers vers du poème Zone extrait du recueil Alcools. Avez-vous remarqué quelques choses dans sa forme ? Il n’y a pas de ponctuation, des vers sont indépendants, d’autres en strophe et l’emploi de mots modernes sont légion. La nouvelle poésie veut intégrer la modernité, parler de la ville, des journaux, de la technologie, aborder des thèmes actuels et réinventer la forme poétique.  Car « tu en as assez de vivre dans l’antiquité grecque et romaine » … 

Un autre poète de cette époque traduit également ce changement, cette nouvelle forme dans l’écriture. C’est Blaise Cendras (1887-1961). Voici un extrait de son poème le plus connu, paru en 1913 : Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France :

« Or, un vendredi matin, ce fut enfin mon tour

On était en décembre

Et je partis moi aussi pour accompagner le voyageur en bijouterie qui se rendait à Kharbine

Nous avions deux coupés dans l’express et 34 coffres de joaillerie de Pforzheim

De la camelote allemande “Made in Germany”

Revenons à Apollinaire. En 1914, paraît Lettres-Océan », le premier calligramme :

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Ici le poète se donne toutes les libertés avec la forme du poème. Notons qu’un calligramme consiste à donner au poème une forme d’objet qui accompagne la signification de l’écrit. 
Mais la guerre éclate. Apollinaire va s’engager et reviendra blessé en 1916. Il mourra deux ans plus tard, en 1918. Son dernier ouvrage publié peu de temps avant sa disparition se nomme Calligrammes. Un recueil de poésies qui, comme son nom l’indique, comporte de nombreux calligrammes et a pour sous-titre : Poèmes de la paix et de la guerre 1913-1916.
Le paysage artistique se renouvèle et de nouvelles plumes s’expriment : André Breton, Louis Aragon… Un nouveau mouvement, né en Suisse en 1916, fait parler de lui : le dadaïsme (ou le mouvement dada). 

IV. LE DADAÏSME

Ce mouvement, lui, remet tout en cause. Adieu les conventions, les idéologies, les règles esthétiques, les idées politiques. Tristan Zara (1896-1963), son représentant écrit en 1924 dans Sept manifestes dada : 
« Pour faire un poème dadaïste
Prenez un journal
Prenez des ciseaux
Choisissez dans ce journal un article ayant la longueur que vous comptez donner à votre poème.
Découpez l'article.
Découpez ensuite avec soin chacun des mots qui forment cet article et mettez-les dans un sac.
Agitez doucement.
Sortez ensuite chaque coupure l'une après l'autre dans l'ordre où elles ont quitté le sac.
Copiez consciencieusement.
Le poème vous ressemblera.
Et vous voici un écrivain infiniment original et d'une sensibilité charmante, encore qu'incomprise du vulgaire ».
Le mouvement prône l’absurde, la rupture, la révolte et veut bousculer les bienpensants. Un telle initiative, par définition, ne peut durer longtemps. Surtout qu’il y a parmi les artistes se revendiquant du dadaïsme de nombreuses disputes. Certains prennent pour nom : les surréalistes. L’un d’eux, André Breton (1996-1966), jeune poète français, fait paraître en 1924, le Manifeste du surréalisme. Un nouveau mouvement prend officiellement vie. Le mouvement dada, lui, ne survit pas.

V. LE SURREALISME

Le surréalisme n’est pas un mouvement exclusivement littéraire. On y trouve toutes les expressions artistiques : musicale (Erik Satie…), picturale (Max Ernst, Tanguy, Picabia, Dali…), cinématographique (Luis Buñuel). Dans la littérature et la poésie en particulier on retiendra : André Breton, Paul Eluard (1895-1952), Louis Aragon (1897-1982) et Robert Desnos (1900-1945). Un certain Jacques Prévert (1900-1977) fait partie du mouvement.
Si le surréalisme peut être considéré comme l’héritier direct du dadaïsme (on retrouve la révolte, le rejet provocateur de toutes les règles), ses représentants ajoutent les apports de la psychanalyse, la discipline inventée par Freud à la fin du 19ème siècle et qui ne se cesse de se diffuser dans tout le monde occidental.
Ainsi on veut explorer les profondeurs de la conscience et donc de l’inconnu. Comment y parvenir ? En libérant, en sollicitant l’inconscient. Qu’entend-on par inconscient ? On dira que l’inconscient recouvre les fonctionnements d’ordre psychique qui ne sont pas captés par la conscience et donc hors de son contrôle. C’est une trouvaille de Freud. Sur cette base on comprendra mieux la définition qu’André Breton donne du surréalisme dans Manifeste du surréalisme : « SURREALISME, n. m. Automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de tout autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale."
Ainsi les poètes veulent transcrire les manifestations de l’inconscient, créer un monde merveilleux, procurer du plaisir sans pour autant chercher à expliquer le résultat obtenu. Ils veulent solliciter la pensée spontanée et envisage la poésie comme un vecteur permettant de faire émerger l’inconscient du poète.
Il est important ici de se rappeler que ce mouvement est né après les horreurs de la première guerre mondiale. Le monde n’a plus véritablement de sens après tant d’atrocités. On comprendra alors que le rationnel ne soit plus à l’ordre du jour et qu’on ait besoin d’aller chercher l’inspiration dans l’inconnu. Faisons également un parallèle avec le symbolisme du 19ème siècle et son côté spirituel, ésotérique et mystique. D’ailleurs le surréalisme revendique un héritage dans l’œuvre de Rimbaud, Mallarmé ou Nerval, un poète romantique à tendance mystique. Apollinaire, avec ses calligrammes, est également pour eux un poète qu’on peut qualifier de surréaliste.
Mais une question doit-être posé : comment exprimer son inconscient ? La réponse par « l’écriture automatique ». Il s’agit ici d’écrire le plus rapidement possible, sans souci de cohérence ni de respect de la syntaxe. L’idée est de créer sans faire appel à la conscience et à la volonté. Ainsi on peut obtenir des conjugaisons étranges de mots, des chocs entre deux réalités :
La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s’entendre
Ce poème de Paul Eluard est extrait de L’Amour la poésie. 
« La terre est bleue comme une orange » …voilà peut-être le vers qui résume le mieux l’esprit du surréalisme et l’écriture automatique. A retenir impérativement.
Cette volonté de solliciter l’inconscient amènera les surréalistes à tenter tout type d’expérience : hypnose, prise de drogue, lâcher-prise, création de jeu comme le cadavre exquis où chaque participant doit écrire à tour de rôle un morceau de phrase sans avoir pris connaissance de ce qui a été écrit précédemment. Le premier jeu donna : « Le cadavre – exquis – boira – le vin – nouveau ». Et c’est de là que vient l’appellation.
Des poètes comme Max Jacob (1876-1944) ou encore Jean Cocteau (1889-1963) s’intéresseront au surréalisme, sans pour autant appartenir au mouvement.
Mais le surréalisme n’ira pas au-delà des années 30. Encore une fois la guerre (39-45) ramène l’homme à une sombre réalité. 

VI. LA POESIE ENGAGEE

Avec la guerre, la décolonisation, les idéologies politiques (communisme...) la poésie s’engage, prend position, défend des idées, des convictions, des idéaux. On retrouve alors des thèmes universels comme la liberté, la paix ou encore l’égalité entre les races.
La poésie dite engagée pendant le seconde guerre mondiale a plusieurs représentants en France : Paul Eluard (auteur de Les Yeux d’Elsa) dont le poème Liberté sera parachuté en milliers d’exemplaires par la Royal Air Force au-dessus de la France occupée de 1942 pour redonner espoir à la population, Louis Aragon qui composera de nombreux poèmes pendant l’occupation puis consacrera son art à la défense du communisme ou encore René Char (1907-1988) (Le manteau sans maître) qui se battra contre l’extrême-droite et s’engagera dans la résistance…
Vous ne connaissez pas le poème Liberté de Paul Eluard ? Rappelez-vous, la troupe des enfoirés l’a mis en musique en 2016 : https://www.youtube.com/watch?v=osk5BI-snio
Mais l’engagement ne concerne pas que la guerre mondiale. Le monde change et la décolonisation devient inévitable. On découvre alors les poètes de la négritude, comme Léopold Sédar Senghor(1906-2001) (Éthiopiques, 1956) ou encore Aimé Césaire(1913-2008) (Cahier d’un retour au pays natal, 1939) qui s’interroge sur la condition et l’identité des noirs et en particulier les antillais.
Ainsi la poésie engagée défend des idées, des idées sociales, politiques, philosophiques, idéologiques. Mais n’était-ce pas l’ambition du Hugo et de Lamartine, au début du 19ème siècle. La poésie veut donc à nouveau participer au progrès social.

VII. CONCLUSION 

Que peut-on conclure sur la poésie du 20ème siècle ? Peut-être que ce qui ressort le plus c’est une poésie de l’idée : idée du langage avec l’esprit nouveau et le surréalisme, mais aussi, comme on l’a vu avec la poésie engagée, idée pour témoigner du monde et le faire évoluer…

VIII. CONSEILS POUR LES EXAMENS

Si bien sûr il est important que vous ayez une vision globale de la poésie, de ses mouvements, de ses changements pendant le siècle, vous devez impérativement avoir une connaissance plus poussée sur Guillaume Apollinaire, sur le surréalisme et sur la poésie engagée. Il vous faudra aussi être en mesure de situer ces trois sujets par rapport à leur contexte, au monde qui les entoure.
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