Sujet Bac Blanc Français - Bac ES

Sujet Bac Blanc Français - Bac ES

Consultez gratuitement ce sujet de Bac Blanc de Français, réalisé par notre professeur. Si vous êtes en Première ES, profitez de ce Bac Blanc de Français pour vous entraîner !

L'objet d'étude de ce Bac Blanc de Français est "La question de l'Homme dans les genres de l'argumentation". Comme l'épreuve officielle, vous trouverez un corpus de texte compsé de 4 documents, et vous devrez répondre tout d'abord à une question de corpus, puis vous aurez à choisir un des travaux d'écriture parmis la dissertation, le commentaire et l'écriture d'invetion.

RDV le 13 Mars pour le corrigé écrit et le 14 Mars pour le corrigé vidéo en live avec notre professeur sur YouTube, l'occasion de poser toutes vos questions !

Sujet Bac Blanc Français - Bac ES

Le contenu du document


Durée de l’épreuve : 4 heures

Coefficient : 2


Aucun document ou matériel autorisé.


Objet d’étude :

La question de l'homme dans les genres de l'argumentation


Le sujet comprend :

Document A – Frédéric Beigbeder, incipit, 99 francs, 2000.

Document B – « L'homme pressé », 666.667, Noir Désir, 1996.

Document C – Victor Hugo, Discours sur la misère, 9 juillet 1849.

Document D – Mary Shelley, « Chapitre 16 », Frankenstein, 1818.


DOCUMENT A : Incipit, 99 francs, Frédéric Beigbeder, 2000.

Frédéric Beigbeder est un auteur, critique littéraire et réalisateur français contemporain. Ayant travaillé dans le domaine de la publicité, il écrit 99 francs, un roman satirique dépeignant, de façon polémique, ce secteur professionnel. Le livre a été adapté au cinéma en 2007. Son acteur principal étant alors Jean Dujardin.


[...] Dans ma profession, personne ne souhaite votre bonheur, parce que les gens heureux ne consomment pas.

Votre souffrance dope le commerce. Dans notre jargon, on l'a baptisée « la déception post-achat ». Il vous faut d'urgence un produit, mais dès que vous le possédez, il vous en faut un autre. [...] « Je dépense donc je suis. » Mais pour créer des besoins, il faut attiser la jalousie, la douleur, l'inassouvissement : telles sont mes munitions. Et ma cible, c'est vous.

[...] Je vous interdis de vous ennuyer. Je vous empêche de penser. Le terrorisme de la nouveauté me sert à vendre du vide. [...] Je décrète ce qui est Vrai, ce qui est Beau, ce qui est Bien. [...] À force de les placarder, vous les baptisez top-models ; mes jeunes filles traumatiseront toute femme qui a plus de quatorze ans. Vous idolâtrez mes choix. [...]   Plus je joue avec votre subconscient, plus vous m'obéissez. Si je vante un yaourt sur les murs de votre ville, je vous garantis que vous allez l'acheter. Vous croyez que vous avez votre libre arbitre, mais un jour ou l'autre, vous allez reconnaître mon produit dans le rayonnage d'un supermarché, et vous l'achèterez, comme ça, juste pour goûter, croyez-moi, je connais mon boulot.

Mmm, c'est si bon de pénétrer votre cerveau. Je jouis dans votre hémisphère droit. Votre désir ne vous appartient plus : je vous impose le mien. Je vous défends de désirer au hasard. Votre désir est le résultat d'un investissement qui se chiffre en milliards d'euros. C'est moi qui décide aujourd'hui ce que vous allez vouloir demain. [...] 

Tout cela ne me rend probablement pas très sympathique à vos yeux. En général, quand on commence un livre, il faut tâcher d'être attachant et tout, mais je ne veux pas travestir la vérité : je ne suis pas un gentil narrateur. [...] 

Vous me dégoûtez, minables esclaves soumis à mes moindres caprices. Pourquoi m'avez-vous laissé devenir le roi du monde ? Je voudrais percer ce mystère : comment, au sommet d'une époque cynique, la publicité fut couronnée Impératrice. Jamais crétin irresponsable n'a été aussi puissant que moi depuis deux mille ans.


DOCUMENT B : « L'homme pressé », 666.667, Noir Désir, 1996

Avec cette chanson au style punk-rock, Noir désir, un groupe de rock français (formé dans les années 80 et dissous en 2010) aborde certains thèmes sociétaux selon le point de vue d'un « homme pressé ».

 [...] 

Je suis l'homme médiatique 

Je suis plus que politique 

Je vais vite très vite 

Je suis une comète humaine universelle 

Je traverse le temps 

Je suis une référence 

Je suis omniprésent 

Je deviens omniscient 

J'ai envahi le monde 

Que je ne connais pas 

Peu importe j'en parle 

Peu importe je sais 

J'ai les hommes à mes pieds 

Huit milliards potentiels 

De crétins asservis 

A part certains de mes amis 

Du même monde que moi 

Vous n'imaginez pas 

Ce qu'ils sont gais 

Qui veut de moi 

Et des miettes de mon cerveau 

Qui veut entrer 

dans la toile de mon réseau 


Militant quotidien 

De l'inhumanité 

Des profits immédiats 

Des faveurs des médias 

Moi je suis riche très riche 

je fais dans l'immobilier 

je sais faire des affaires 

Y'en a qui peuvent payer 

[...] 


Les cordons de la bourse 

Se relâchent pour moi 

Il n'y a plus de secrets 

Je suis le Roi des rois 

Explosé l'audimat 

Pulvérisée l'audience 

Et qu'est-ce que vous croyez 

C'est ma voie c'est ma chance 

J'adore les émissions 

A la télévision 

Pas le temps d'regarder 

Mais c'est moi qui les fais 


On crache la nourriture 

A ces yeux affamés 

Vous voyez qu'ils demandent 

Nous les savons avides 

De notre pourriture 

Mieux que d'la confiture 

A des cochons 


Qui veut de moi 

Et des miettes de mon cerveau 

Qui veut entrer 

Dans la toile de mon réseau 

Vous savez que je suis: 

Un homme pressé 

[...] 


Love Love Love 

Dit-on en Amérique 

Lioubov 

Russie ex-soviétique 

Amour 

Aux quatre coins de la France


DOCUMENT C : Discours sur la misère, Victor Hugo, 9 juillet 1849

En 1849, alors Paire de France (activité politique), Victor Hugo prononce un discours faisant état de la condition misérable de certains individus, notamment résidant à Paris. Reconnu comme étant un grand moment d'oration, le discours mêle figures de style et faits.

[...] 

Je ne suis pas, Messieurs, de ceux qui croient qu’on peut supprimer la souffrance en ce monde, la souffrance est une loi divine, mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère. 

Remarquez-le bien, Messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire.  La misère est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain ; la misère peut disparaître comme la lèpre a disparu.  Détruire la misère ! Oui, cela est possible ! Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n’est pas le fait, le devoir n’est pas rempli. 

La misère, Messieurs, j’aborde ici le vif de la question, voulez-vous savoir où elle en est, la misère ? Voulez-vous savoir jusqu’où elle peut aller, jusqu’où elle va, je ne dis pas en Irlande, je ne dis pas au moyen-âge, je dis en France, je dis à Paris, et au temps où nous vivons ? Voulez-vous des faits ?

Il y a dans Paris. 

Mon Dieu, je n’hésite pas à les citer, ces faits. Ils sont tristes, mais nécessaires à révéler ; et tenez, s’il faut dire toute ma pensée, je voudrais qu’il sortît de cette assemblée, et au besoin j’en ferai la proposition formelle, une grande et solennelle enquête sur la situation vraie des classes laborieuses et souffrantes en France. Je voudrais que tous les faits éclatassent au grand jour. Comment veut-on guérir le mal si l’on ne sonde pas les plaies ? 

Voici donc ces faits :

Il y a dans Paris, dans ces faubourgs de Paris que le vent de l’émeute soulevait naguère si aisément, il y a des rues, des maisons, des cloaques, où des familles, des familles entières, vivent pêle-mêle, hommes, femmes, jeunes filles, enfants, n’ayant pour lits, n’ayant pour couvertures, j’ai presque dit pour vêtements, que des monceaux infects de chiffons en fermentation, ramassés dans la fange du coin des bornes, espèce de fumier des villes, où des créatures humaines s’enfouissent toutes vivantes pour échapper au froid de l’hiver.

[...] 

Eh bien, messieurs, je dis que ce sont là des choses qui ne doivent pas être ; je dis que la société doit dépenser toute sa force, toute sa sollicitude, toute son intelligence, toute sa volonté, pour que de telles choses ne soient pas ! je dis que de tels faits, dans un pays civilisé, engagent la conscience de la société toute entière ; que je m’en sens, moi qui parle, complice et solidaire, et que de tels faits ne sont pas seulement des torts envers l’homme, que ce sont des crimes envers Dieu ! 


DOCUMENT D : « Chapitre 16 », Frankenstein, Mary Shelley, 1818

Victor Frankenstein a donné vie à une créature réalisée à partir de parties du corps de personnes décédées. Lors de la naissance de sa création qu'il qualifiera de monstre, Victor fuit devant l'horreur physique de ce dernier ; le laissant ainsi orphelin. La créature survit et s'éduque seule, force est de constater que l'humanité la rejettera sans cesse de par son apparence. Ci-dessous, alors qu'elle réalise un acte d'empathie, elle se voit encore punie de sa bonté.

 

Je continuai à marcher à travers les sentiers de la forêt jusqu'à en atteindre la lisière où coulait une rivière profonde et rapide. De nombreux arbres, à présent en fleurs, y plongeaient leurs branches. Je m'étais arrêté là, ne sachant trop quel sentier il me fallait suivre, lorsque j'entendis des bruits de voix qui m'incitèrent à me dissimuler à l'ombre d'un cyprès. J'y étais à peine caché qu'une fillette surgit en courant et en riant comme si quelqu'un lui venait sur les talons. Elle poursuivit sa course le long des berges abruptes de la rivière. Soudain ; son pied glissa et elle chuta au milieu du rapide courant. Je me précipitai hors de ma cachette et, au prix d'un effort extrême, je parvins à la saisir et à le sortir de l'eau. Elle était sans connaissance et, avec tous les moyens dont je disposais, j'entrepris de la ranimer, quand je fus tout à coup interrompu par l'arrivée d'un paysan, sans doute la personne que fuyait la fillette. En m'apercevant, il se rua sur moi, m'arracha la fille des mains et se précipita vers la partie la plus sombre de la forêt. Je le suivis à toute vitesse, sans savoir pourquoi. Dès que l'homme vit que je m'approchais, il s'empara de son fusil, le pointa vers mon corps et tira. Je tombai sur le sol. Redoublant de vélocité, mon agresseur s'échappa au milieu de la forêt.

 « Voilà comment on me remerciait pour ma bienveillance ! J'avais sauvé un être humain de la mort et, pour toute récompense, je recevais une blessure qui me faisait tordre de douleur. Les sentiments de bonté et de tendresse auxquels je m'étais aban- donné un peu plus tôt, firent place à une rage démoniaque et je me mis à grincer des dents. Excité par la souffrance, je vouai une haine et une vengeance éternelles à l'humanité tout entière.


QUESTION DE CORPUS

Pourquoi et comment les locuteurs des textes du corpus expriment-ils des sentiments de dégoût et/ou de révolte vis-à-vis de l'humanité et sa condition ?


DISSERTATION

Dans quelle mesure peut-on affirmer que l'art et plus particulièrement la littérature est une incitation à la révolte ?


COMMENTAIRE : TEXTE C


ÉCRITURE D'INVENTION

Au sein du texte A (99 francs, Frédéric Beigbeder), le narrateur exprime :

 « Tout cela ne me rend probablement pas très sympathique à vos yeux. En général, quand on commence un livre, il faut tâcher d'être attachant et tout, mais je ne veux pas travestir la vérité : je ne suis pas un gentil narrateur. [...] L'idéal serait que vous commenciez par me détester ».


En vous inspirant du texte A, vous écrirez (et narrez) un incipit de roman, qui instaure le cadre de l'intrigue de ce dernier tout en adoptant une posture qui invite le lecteur à vous détester en tant que narrateur.

Fin de l'extrait

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