Sujet Bac Blanc Français - Bac ES Décembre 2017

Sujet Bac Blanc Français - Bac ES Décembre 2017

Voici le sujet du Bac Blanc de Français de 1ère ES par digiSchool, réalisé par notre professeur.

L'objet d'étude ici est "La question de l'Homme dans les genres de l'argumentation du XVIème siècle à nos jours". Vous devrez tout d'abord répondre à la question de corpus qui vous demande quelles sont les caractéristiques communes dans les 4 textes proposés. Puis vous devrez choisir un des sujets d'écriture entre le commentaire composé de L'abbaye de Thélème de Rabelais, la dissertation "L'argumentation indirecte vous paraît-elle une forme d'argumentation efficace ?" ou l'écriture d'invention où vous devrez rédiger une lettre à un(e) ami(e) en décrivant le monde utopique que vous avez vu en rêve.

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Sujet Bac Blanc Français - Bac ES Décembre 2017

Le contenu du document



Objet d’étude : La question de l’Homme dans les genres de l’argumentation du XVIe siècle à nos jours. 

TEXTE A : Gargantua, Rabelais, chap.57 « L’abbaye de Thélème » (orthographe modernisée selon l’édition de la Pléiade, 1978), 1534.

TEXTE B : Odyssée, Homère, Chant VII, trad. Victor Bérard. VIIIe s. av. J.-C.

TEXTE C : Utopia, Thomas More, Livre II, 1516.

TEXTE D : Les Travaux et les Jours, Hésiode, VIIIe s. av. J.-C.


ECRITURE

I. Vous répondrez tout d’abord à la question suivante.

Quelles caractéristiques communes retrouve-t-on dans ces quatre documents ? 


II. Vous traiterez ensuite, au choix, l’un des sujets suivants. 

1. Commentaire 

Vous commenterez le texte A, L’abbaye de Thélème de Rabelais. 

2. Dissertation

L’argumentation indirecte vous paraît-elle une forme d’argumentation efficace ?

3. Sujet d’invention

Vous rédigez une lettre à votre ami(e) en décrivant le monde utopique que vous avez vu en rêve. 


Conseils méthodologiques : 

La question de corpus vous amène à trouver les points communs entre chaque document, il est donc exclu d'en relever les différences. Cependant, vous pouvez noter que ces textes témoignent d'une évolution à travers les siècles. N'oubliez pas de justifier votre réponse en analysant les procédés d'écriture et de parler de chaque texte (ne pas faire un paragraphe par texte). 

Le commentaire est assez simple, il ne faut pas passer à côté de la thématique critique, ici l'auteur décrit un monde idéal pour mieux critiquer la société de son temps. 

Le sujet d'invention doit respecter les codes de la lettre et la description du monde utopique doit être pertinente. 

Quant à la dissertation, bien définir ce qu'est une argumentation indirecte. Illustrez vos propos par des exemples venant de vos lectures personnelles. 


TEXTE A : Gargantua, Rabelais, chap.57 « L’abbaye de Thélème » (orthographe modernisée selon l’édition de la Pléiade, 1978), 1534.

Rabelais raconte comment Grandgousier, le père de Gargantua, remercie Frère Jean d’avoir combattu à ses côtés contre Picrochole, en lui offrant une abbaye originale : Thélème1, « abbaye du bon vouloir » selon l’étymologie grecque.

Toute leur vie était employée non par lois, statuts ou règles, mais selon leur vouloir et franc arbitre. Se levaient du lit quand bon leur semblait, buvaient, mangeaient, travaillaient, dormaient quand le désir leur venait ; nul ne les éveillait, nul ne les forçait ni à boire, ni à manger, ni à faire chose autre quelconque. Ainsi l’avait établi Gargantua. En leur règle2 n’était que cette clause : Fais ce que voudras, parce que gens libères3, bien nés, bien instruits, conversant en compagnie honnête, ont par nature un instinct et aiguillon, qui toujours les pousse à faits vertueux et retire de vice, lequel ils nommaient honneur. Iceux4, quand par vile sujétion et contrainte se sont déprimées5 et asservis détournent la noble affection6, par laquelle à vertu franchement7 tendaient, à8 déposer et enfreindre ce joug de servitude ; car nous entreprenons toujours choses défendues et convoitons ce qui nous est dénié. 

Par cette liberté entrèrent en louable émulation de faire tout ce qu’à un seul voyaient plaire. Si quelqu’un ou quelqu’une disait : « Buvons », tous buvaient ; si disait : « Jouons », tous jouaient ; si disait : « Allons à l’ébat aux champs », tous y allaient. Si c’était pour voler9, ou chasser, les dames, montées sur belles hacquenées10 avec leur palefroi gourrier10, sur le poing, mignonnement engantelé, portaient chacune ou un épervier, ou un laneret, ou un émerillon. Les hommes portaient les autres oiseaux. 

Tant noblement étaient appris11 qu’il n’était entre eux celui ni celle qui ne sut lire, écrire, chanter, jouer d’instruments harmonieux, parler de cinq ou six langages, et en iceux composer tant en carme, qu’en oraison solue12. Jamais ne furent vus chevaliers tant preux, tant galants, tant dextres13 à pied et à cheval, plus vers, mieux remuant, mieux maniant tous bâtons14, que là étaient, jamais ne furent vues dames tant propres15, tant mignonnes, moins fâcheuses, plus doctes16 à la main, à l’aiguille, à tout acte mulièbre17 honnête et libère, que là étaient. 

Par cette raison, quand le temps venu était que aucun d’icelle abbaye, ou à la requête de ses parents, ou autres causes, voulut issir hors18, avec soi emmenait une des dames, celle laquelle l’aurait pris pour son dévot19, et étaient ensembles mariés ; et si bien avaient vécu à Thélème en dévotion et amitié, encore mieux la continuaient-ils en mariage : d’autant se entr’aimaient-ils à la fin de leurs jours comme le premier de leurs noces. 


1. "Thélème", en grec, signifie "libre volonté"

2. Règle : statuts imposés à un ordre religieux.

3. Libères, bien nés : libres, nés avec de bonnes dispositions.

4. Iceux : ceux-ci.

5. Déprimés : écrasés.

6. Affection : passion.

7. Franchement : librement.

8. à : pour

9. Voler : chasser au vol avec un rapace.

10. Haquenées, palefroi gourrier : chevaux de promenades pour dames, élégamment harnachés.

11. Appris : instruits.

12. Tant en vers chantés qu'en discours en prose.

13. Dextres : habiles

14. Bâtons : armes.

15. Propres : soignées.

16. Doctes : savantes

17. Mulièbre : de femme.

18. Issir hors : sortir

19. Dévot : amant dévoué, amoureux.


TEXTE B : Odyssée, Homère, Chant VII, trad. Victor Bérard. VIIIe s. av. J.-C.

Ulysse allait rentrer dans la noble demeure du roi Alkinoos ; il fit halte un instant. Que de trouble en son cœur devant le seuil de bronze ! car, sous les hauts plafonds du fier Alkinoos, c’était comme un éclat de soleil et de lune ! Du seuil jusques au fond, deux murailles de bronze s’en allaient, déroulant leur frise d’émail bleu. Des portes d’or s’ouvraient dans l’épaisse muraille : les montants, sur le seuil de bronze, étaient d’argent ; sous le linteau d’argent, le corbeau était d’or et d’argent. 

Aux murs, des deux côtés, s’adossaient les fauteuils en ligne continue, du seuil jusques au fond ; sur eux, étaient jetés de fons voiles tissés par la main des servantes. C’était là que siégeaient les doges Phéaciens, mangeant, buvant ayant toute l’année de quoi. […]

Aux côtés de la cour, on voit un grand jardin, avec ses quatre arpents enclos dans une enceinte. C’est d’abord un verger dont les hautes ramures, poiriers et grenadiers et pommiers aux fruits d’or et puissants oliviers et figuiers domestiques, portent, sans se lasser ni s’arrêter, leurs fruits ; l’hiver comme l’été, toute l’année, ils donnent ; l’haleine du Zéphir, qui souffle sans relâche, fait bourgeonner les uns, et les autres donner la jeune poire auprès de la poire vieillie, la pomme sur la pomme, la grappe sur la grappe, la figue sur la figue. Plus loin, chargé de fruit, c’est un carré de vignes, dont la moitié, sans ombre, au soleil se rôtit, et déjà l’on vendange et l’on foule les grappes ; mais dans l’autre moitié, les grappes encore vertes laissent tomber la fleur ou ne font que rougir. […]

Tels étaient les présents magnifiques des dieux au roi Alkinos. 


TEXTE C : Utopia, Thomas More, Livre II, 1516.

La ville est reliée à la rive opposée par un pont qui n’est pas soutenu par des piliers ou des pilotis, mais par un ouvrage en pierre d’une fort belle courbe. Il se trouve dans la partie de la ville qui est la plus éloignée de la mer, afin de ne pas gêner les vaisseaux qui longent les rives. Une autre rivière, peu importante mais paisible et agréable à voir, a ses sources sur la hauteur même où est située Amaurote, la traverse en épousant la pente et même ses eaux, à celles de l'Anydre. Cette source, qui est quelque peu en dehors de la cité, les gens d’Amaurote l’ont entouré de remparts et incorporée à la forteresse, afin qu’en cas d’invasion elle ne puisse être ni coupée ni empoisonnée. De là, des canaux en terre cuite amènent ces eaux dans les différentes parties de la ville basse. Partout où le terrain les empêche d’arriver, de vastes citernes recueillent l’eau de pluie et rendent le même service.

Un rempart haut et large ferme l‘enceinte, coupé de tourelles et de boulevards ; un fossé sec mais profond et large, rendu impraticable par une ceinture de buissons épineux, entoure l’ouvrage de trois côtés ; le fleuve occupe le quatrième. Les rues ont été bien dessinées, à la fois pour servir le trafic et pour faire obstacle aux vents. Les constructions ont bonne apparence. Elles forment deux rangs continus, constitués par les façades qui se font vis-à-vis, bordant une chaussée de vingt pieds de large. Derrière les maisons, sur toute la longueur de la rue, se trouve un vaste jardin, borné de tous côtés par les façades postérieures. Chaque maison a deux portes, celle de devant donnant sur la rue, celle de derrière sur le jardin. Elles s'ouvrent d'une poussée de main, et se referment de même, laissant entrer le premier venu. Il n’est rien là qui constitue le domaine privé. Ces maisons en effet changent d’habitants, par tirage au sort, tous les dix ans. Les Utopiens entretiennent admirablement leurs jardins, où ils cultivent des plants de vigne, des fruits, des légumes et des fleurs d’un tel éclat, d’une telle beauté que nulle part ailleurs je n’ai vu pareille abondance, pareille harmonie. 


TEXTE D : Les Travaux et les Jours, Hésiode, VIIIe s. av. J.-C.

D’or fut la première race d’hommes périssables que créèrent les Immortels, habitants de l’Olympe. C’était aux temps de Cronos, quand il régnait encore au ciel. Ils vivaient comme des dieux, le cœur libre de soucis, à l’écart et à l’abri des peines et des misères : la vieillesse misérable sur eux ne pesait pas ; mais, bras et jarrets toujours jeunes, ils s’égayaient dans les festins, loin de tous les maux. Ils mouraient comme en s’abandonnant au sommeil. Tous les biens étaient à eux : le sol fécond produisait de lui-même une abondante et généreuse récolte, et eux, dans la joie et la paix, vivaient de leurs champs, au milieu de biens sans nombre. Depuis que le sol a recouvert ceux de cette race, ils sont, par le vouloir de Zeus tout-puissant, les bons génies de la terre, gardiens des mortels, dispensateurs de la richesse.

Fin de l'extrait

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