Sujet de Français - Bac ES Pondichéry 2016

Sujet de Français - Bac ES Pondichéry 2016

digiSchool Bac ES vous propose le sujet de Français du Bac ES de Pondichéry 2016.

L'épreuve écrite de Français de Pondichéry 2016 est consacrée à l'objet d'étude "Ecriture poétique et quête du sens, du Moyen-Âge à nos jours". Le corpus est composé de 4 textes : Jean-Baptiste Clément "Le temps des cerises, Chansons", Les nourrituresx terrestres"", André Gide "La ronde des grenades", Francis Ponge "L'orange, Le parti pris des choses", et Jacques Prévert "Promenade de Picasso, Paroles". Après avoir répondu aux questions du corpus, les élèves de Première ES ont du choisir entre 3 sujets : un commentaire du texte d'André Gide, une dissertation sur "En quoi la poésie permet-elle de porter un regard renouvelé sur le monde qui nous entoure ?", et une écriture d'invention sur l'éloge poétique en prose ou en vers d'un objet du quotidien.

Téléchargez gratuitement ci-dessous le sujet de Français du Bac ES de Pondichéry 2016 !
Consultez le corrigé de Français du Bac ES de Pondichéry 2016

Sujet de Français - Bac ES Pondichéry 2016

Le contenu du document


Objet d’étude : Écriture poétique et quête du sens, du Moyen Âge à nos jours.

Le sujet comprend :

Texte A : Jean-Baptiste CLÉMENT, « Le temps des cerises », Chansons, 1882.

Texte B : André GIDE, « La ronde des grenades », Les Nourritures terrestres, livre IV, 1897.

Texte C : Francis PONGE, « L’orange », Le Parti pris des choses, 1942.

Texte D : Jacques PRÉVERT, « Promenade de Picasso », Paroles, 1949.


Texte A : « Le temps des cerises », Chansons, Jean-Baptiste CLÉMENT, 1882.

Ce poème fut composé en 1866 puis repris comme chant populaire lors des journées révolutionnaires de la Commune de Paris au printemps 1871.

À la vaillante citoyenne Louise,

l’ambulancière de la rue Fontaine-au-Roi,

le dimanche 28 mai 1871.


Quand nous en serons au temps des cerises,

Et gai rossignol et merle moqueur

Seront tous en fête.

Les belles auront la folie en tête

Et les amoureux du soleil au cœur.

Quand nous en serons au temps des cerises,

Sifflera bien mieux le merle moqueur.

Mais il est bien court le temps des cerises,

Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant

Des pendants d'oreilles1,

Cerises d'amour aux robes pareilles

Tombant sous la feuille en gouttes de sang.

Mais il est bien court le temps des cerises,

Pendants de corail qu'on cueille en rêvant.

Quand vous en serez au temps des cerises,

Si vous avez peur des chagrins d'amour

Évitez les belles.

Moi qui ne crains pas les peines cruelles,

Je ne vivrais pas sans souffrir un jour.

Quand vous en serez au temps des cerises,

Vous aurez aussi des chagrins d'amour.

J'aimerai toujours le temps des cerises :

C'est de ce temps-là que je garde au cœur

Une plaie ouverte,

Et dame Fortune, en m'étant offerte,

Ne saurait jamais calmer ma douleur.

J'aimerai toujours le temps des cerises

Et le souvenir que je garde au cœur.

Paris-Montmartre, 1866.


1 Pendants d’oreilles : cerises portées en boucles d’oreilles.


Texte B : « La ronde des grenades », Les Nourritures terrestres, livre IV (extrait), André GIDE, 1897.

Le récit poétique en prose, Les Nourritures terrestres, adressé au jeune Nathanaël, comporte des passages versifiés comme « La ronde des grenades ». Dans cet extrait, Hylas s’adresse à Nathanaël puis passe la parole à la jeune Simiane.

Nathanaël, te parlerai-je des grenades1 ?

On les vendait pour quelques sous, à cette foire orientale,

Sur des claies2 de roseaux où elles s’étaient éboulées.

On en voyait qui roulaient dans la poussière

Et que des enfants nus ramassaient.

Leur jus est aigrelet comme celui des framboises pas mûres.

Leur fleur semble faite de cire ;

Elle est de la couleur du fruit.

Trésor gardé, cloisons de ruches,

Abondance de la saveur,

Architecture pentagonale.

L’écorce se fend ; les grains tombent,

Grains de sang dans des coupes d’azur ;

Et d’autres, gouttes d’or, dans des plats de bronze émaillé.

— Chante à présent la figue, Simiane3,

Parce que ses amours sont cachées.

— Je chante la figue, dit-elle,

Dont les belles amours sont cachées,

Sa floraison est repliée.

Chambre close où se célèbrent des noces ;

Aucun parfum ne les conte au-dehors.

Comme rien ne s’en évapore,

Tout le parfum devient succulence et saveur.

Fleur sans beauté ; fruit de délices ;

Fruit qui n’est que sa fleur mûrie.

J’ai chanté la figue, dit-elle,

Chante à présent toutes les fleurs.

 

1 Grenades : fruits du grenadier, de la grosseur d'une pomme, dont l'intérieur cloisonné renferme des grains

rouges.

2 Claies : support tressé utilisé pour sécher les fruits.

3 Simiane : prénom féminin.


Texte C : « L’orange », Le Parti pris des choses, Francis PONGE, 1942.

L’ORANGE

Comme dans l'éponge il y a dans l'orange une aspiration à reprendre contenance après avoir subi l'épreuve de l'expression1. Mais où l'éponge réussit toujours, l'orange jamais : car ses cellules ont éclaté, ses tissus se sont déchirés. Tandis que l'écorce seule se rétablit mollement dans sa forme grâce à son élasticité, un liquide d'ambre s'est répandu, accompagné de rafraîchissement, de parfums suaves, certes, – mais souvent aussi de la conscience amère d'une expulsion prématurée de pépins.

Faut-il prendre parti entre ces deux manières de mal supporter l'oppression ? – L'éponge n'est que muscle et se remplit de vent, d'eau propre ou d'eau sale selon : cette gymnastique est ignoble. L'orange a meilleur goût, mais elle est trop passive, – et ce sacrifice odorant... c'est faire à l'oppresseur trop bon compte vraiment.

Mais ce n'est pas assez avoir dit de l'orange que d'avoir rappelé sa façon particulière de parfumer l'air et de réjouir son bourreau. Il faut mettre l'accent sur la coloration glorieuse du liquide qui en résulte, et qui, mieux que le jus de citron, oblige le larynx à s'ouvrir largement pour la prononciation du mot comme pour l'ingestion du liquide, sans aucune moue appréhensive2 de l'avant-bouche dont il ne fait pas se hérisser les papilles.

Et l'on demeure au reste sans paroles pour avouer l'admiration que mérite l'enveloppe du tendre, fragile et rose ballon ovale dans cet épais tampon-buvard humide dont l'épiderme extrêmement mince mais très pigmenté, acerbement sapide3, est juste assez rugueux pour accrocher dignement la lumière sur la parfaite forme du fruit.

Mais à la fin d'une trop courte étude, menée aussi rondement que possible, – il faut en venir au pépin. Ce grain, de la forme d'un minuscule citron, offre à l'extérieur la couleur du bois blanc de citronnier, à l'intérieur un vert de pois ou de germe tendre. C'est en lui que se retrouvent, après l'explosion sensationnelle de la lanterne vénitienne4 de saveurs, couleurs et parfums que constitue le ballon fruité luimême, – la dureté relative et la verdeur (non d'ailleurs entièrement insipide5) du bois, de la branche, de la feuille : somme toute petite quoique avec certitude la raison d'être du fruit.


1 Expression : action de presser et d’exprimer.

2 Sans aucune moue appréhensive : sans aucune grimace craintive au contact du jus.

3 Acerbement sapide : d’une saveur agressive.

4 Lanterne vénitienne : lanterne multicolore.

5 Insipide : sans saveur.


Texte D : « Promenade de Picasso », Paroles, Jacques PRÉVERT, 1949.

PROMENADE DE PICASSO

Sur une assiette bien ronde en porcelaine réelle

une pomme pose

face à face avec elle

un peintre de la réalité

essaie vainement de peindre

la pomme telle qu'elle est

mais

elle ne se laisse pas faire

la pomme

elle a son mot à dire

et plusieurs tours dans son sac de pomme

la pomme

et la voilà qui tourne

dans son assiette réelle

sournoisement sur elle-même

doucement sans bouger

et comme un duc de Guise qui se déguise en bec de gaz1

parce qu'on veut malgré lui lui tirer le portrait

la pomme se déguise en beau fruit déguisé2

et c'est alors

que le peintre de la réalité

commence à réaliser

que toutes les apparences de la pomme sont contre lui

et

comme le malheureux indigent3

comme le pauvre nécessiteux qui se trouve soudain à la merci de n'importe quelle

association bienfaisante et charitable et redoutable de bienfaisance de charité

et de redoutabilité

le malheureux peintre de la réalité

se trouve soudain alors être la triste proie

d'une innombrable foule d'associations d'idées4

Et la pomme en tournant évoque le pommier

le Paradis terrestre et Ève et puis Adam

l'arrosoir l'espalier Parmentier l'escalier

le Canada les Hespérides la Normandie la Reinette et l'Api

le serpent du Jeu de Paume le serment du Jus de Pomme

et le péché originel

et les origines de l'art

et la Suisse avec Guillaume Tell

et même Isaac Newton

plusieurs fois primé à l'Exposition de la Gravitation Universelle

et le peintre étourdi perd de vue son modèle

et s'endort

C'est alors que Picasso

qui passait par là comme il passe partout

chaque jour comme chez lui

voit la pomme et l'assiette et le peintre endormi

Quelle idée de peindre une pomme

dit Picasso

et Picasso mange la pomme

et la pomme lui dit Merci

et Picasso casse l'assiette

et s'en va en souriant

et le peintre arraché à ses songes

comme une dent

se retrouve tout seul devant sa toile inachevée

avec au beau milieu de sa vaisselle brisée

les terrifiants pépins de la réalité.

1 Bec de gaz : ancien éclairage de rue, fonctionnant au gaz.

2 Beau fruit déguisé : un fruit déguisé est une confiserie.

3 Indigent : personne dans le besoin.

4 Associations d’idées : succession de références historiques et culturelles, développées dans les vers 32 à 41.



ÉCRITURE

I- Après avoir lu les textes du corpus, vous répondrez d’abord à la question suivante (4 points) :

En quoi ces quatre textes révèlent-ils les richesses poétiques des fruits ?


II- Vous traiterez ensuite, au choix, l’un des sujets suivants (16 points) :

1. Commentaire :

Vous ferez le commentaire du texte d’André Gide (texte B).

2. Dissertation :

En quoi la poésie permet-elle de porter un regard renouvelé sur le monde qui nous entoure ?

Vous répondrez à cette question en vous fondant sur les textes du corpus ainsi que sur les textes et œuvres que vous avez étudiés ou lus.

3. Invention :

Vous ferez l’éloge poétique en prose ou en vers (libres ou réguliers) d’un objet du quotidien de votre choix. Vous devrez prendre appui sur des procédés d’écriture que vous aurez repérés dans le corpus.

Votre poème comportera au moins trente lignes.

Fin de l'extrait

Vous devez être connecté pour pouvoir lire la suite

Télécharger ce document gratuitement

Donne ton avis !

Rédige ton avis

Votre commentaire est en attente de validation. Il s'affichera dès qu'un membre de Bac ES le validera.
Attention, les commentaires doivent avoir un minimum de 50 caractères !
Vous devez donner une note pour valider votre avis.

Nos infos récentes du Bac ES

Communauté au top !

Vous devez être membre de digiSchool bac ES

Pas encore inscrit ?

Ou identifiez-vous :

Mot de passe oublié ?