Sujet Français - Bac ES Polynésie 2016

Sujet Français - Bac ES Polynésie 2016

Voici le sujet de Français du Bac ES de Polynésie 2016.

"Ecriture poétique et quête du sens, du Moyen-Âge à nos jours" est l'objet d'étude de cette épreuve. Le corpus est composé de 3 textes : Le jeu de Paume d'André Chénier, Les Châtiments de Victor Hugo, et Le Fou d'Elsa de Louis Aragon. Vous devrez donc répondre à la question de corpus "Pour quelles raisons les trois poètes du corpus accordent-ils une place importante au futur ?", puis choisir un des travaux d'écriture suivants : un commentaire du texte de Louis Aragon, Une dissertation sur la question "Pour interpeller la société, pour éveiller la conscience humaine, que gagne l'écrivain à s'exprimer dans une forme poétique ?", et une écriture d'invention où il vous est demandé d'écrire la préface d'un recueil de poèmes.

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Sujet Français - Bac ES Polynésie  2016

Le contenu du document

 

Objet d’étude :

Écriture poétique et quête du sens, du Moyen Âge à nos jours.

Le sujet comprend :

TEXTE A : André CHÉNIER, Le Jeu de Paume, strophes XXI-XXII (extrait), 1833, édition posthume.

TEXTE B : Victor HUGO, Les Châtiments, « Lux » (extrait), édition de 1870. TEXTE C : Louis ARAGON, Le Fou d’Elsa, « Fable du navigateur et du poète » (extrait), 1963.

 

TEXTE A : Le Jeu de Paume, strophes XXI-XXII (extrait), André CHÉNIER, 1833, édition posthume.

XXI.

[...]

Et vous, usurpateurs du monde,

Rois, colosses d’orgueil, en délices noyés, Ouvrez les yeux : hâtez-vous. Vous voyez

Quel tourbillon divin de vengeances prochaines S’avance vers vous. Croyez-moi,

Prévenez l’ouragan et vos chutes certaines. Aux nations déguisez-mieux vos chaînes :

Allégez-leur le poids d’un roi. Effacez de leur sein les livides blessures,

Traces de vos pieds oppresseurs.

Le ciel parle dans leurs murmures.

Si l’aspect d’un bon roi peut adoucir vos mœurs ; Ou si le glaive1 ami, sauveur de l’esclavage,

Sur vos fronts suspendu, peut éclairer vos cœurs

D’un effroi salutaire et sage :

XXII.

Apprenez la justice ; apprenez que vos droits Ne sont point votre vain caprice,

Si votre sceptre impie2 ose frapper les lois ; Parricides3, tremblez ; tremblez, indignes rois.

La liberté législatrice,

La sainte liberté, fille du sol français,

Pour venger l’homme et punir les forfaits, Va parcourir la terre en arbitre suprême.

Tremblez ! ses yeux lancent l’éclair.

Il faudra comparaître et répondre vous-mêmes ;

Nus, sans flatteurs, sans cour, sans diadêmes4, Sans gardes hérissés de fer.

La nécessité traîne, inflexible et puissante, À ce tribunal souverain,

Votre majesté chancelante :

Là seront recueillis les pleurs du genre humain : Là, juge incorruptible, et la main sur sa foudre, Elle entendra le peuple, et les sceptres d’airain5

Disparaîtront, réduits en poudre.

1 Glaive : épée.

2 Impie : qui ne respecte pas les valeurs sacrées. 3 Parricides : meurtriers de leurs parents.

4 Diadêmes : orthographe de l’édition originale. On écrit aujourd’hui « diadèmes ». 5 Airain : métal dur (bronze).

 

TEXTE B : « Lux1 » (extrait), Les Châtiments, Victor HUGO, édition de 1870.

Victor Hugo (1802-1885), en réaction au coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte en 1851, s’est exilé à Jersey. Le recueil Les Châtiments est l’expression de sa révolte politique.

Bannis ! bannis ! bannis ! c'est là la destinée. Ce qu'apporte le flux sera dans la journée

Repris par le reflux.

Les jours mauvais fuiront sans qu'on sache leur nombre,

Et les peuples joyeux et se penchant sur l'ombre Diront : cela n'est plus !

Les temps heureux luiront, non pour la seule France, Mais pour tous. On verra, dans cette délivrance,

Funeste au seul passé,

Toute l'humanité chanter, de fleurs couverte,

Comme un maître qui rentre en sa maison déserte, Dont on l'avait chassé.

Les tyrans s'éteindront comme des météores.

Et, comme s'il naissait de la nuit deux aurores

Dans le même ciel bleu,

Nous vous verrons sortir de ce gouffre où nous sommes, Mêlant vos deux rayons, fraternité des hommes,

Paternité de Dieu !

Oui, je vous le déclare, oui, je vous le répète, 

Car le clairon redit ce que dit la trompette,

Tout sera paix et jour !

Liberté ! plus de serf et plus de prolétaire ! Ô sourire d'en haut ! ô du ciel pour la terre

Majestueux amour !

L'arbre saint du Progrès, autrefois chimérique, Croîtra, couvrant l'Europe et couvrant l'Amérique,

Sur le passé détruit,

Et, laissant l'éther2 pur luire à travers ses branches, Le jour, apparaîtra plein de colombes blanches,

Plein d'étoiles, la nuit.

Et nous qui serons morts, morts dans l'exil peut-être, Martyrs saignants, pendant que les hommes, sans maître,

Vivront, plus fiers, plus beaux,

Sous ce grand arbre, amour des cieux qu'il avoisine, Nous nous réveillerons pour baiser sa racine

Au fond de nos tombeaux ! Jersey, septembre 1853.

1 Lux : « lumière », en latin.

2 Ether : espaces célestes.

 

TEXTE C : « Fable du navigateur et du poète » (extrait), Le Fou d’Elsa, Louis ARAGON, 1963.

[...]

Tout ce que l’homme fut de grand et de sublime 

Sa protestation ses chants et ses héros

Au-dessus de ce corps et contre ses bourreaux À Grenade aujourd’hui surgit devant le crime

Et cette bouche absente et Lorca qui s’est tu

Emplissant tout à coup l’univers de silence 

Contre les violents tournent la violence

Dieu le fracas que fait un poète qu’on tue

Ah je désespérais de mes frères sauvages Je voyais je voyais l’avenir à genoux

La Bête triomphante et la pierre sur nous

Et le feu des soldats porté sur nos rivages

Quoi toujours ce serait par atroce marché

Un partage incessant que se font de la terre

Entre eux ces assassins que craignent les panthères Et dont tremble un poignard quand leur main l’a touché

Quoi toujours ce serait la guerre la querelle Des manières de rois et des fronts prosternés Et l’enfant de la femme inutilement né

Les blés déchiquetés toujours des sauterelles

Quoi les bagnes toujours et la chair sous la roue

Le massacre toujours justifié d’idoles

Aux cadavres jeté ce manteau de paroles

Le bâillon pour la bouche et pour la main le clou

Un jour pourtant un jour viendra couleur d’orange

Un jour de palme un jour de feuillages au front 

Un jour d’épaule nue où les gens s’aimeront

Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche

Et le plus simplement du monde il y aura

La jeunesse d’aimer et les yeux des pervenches8

Des parfums plus profonds et des aubes plus blanches

Et le tendre infini dont m’entourent tes bras ..........................................................................

Où t’en vas-tu mon cœur à cette heure des larmes

 8 Pervenche : fleur de couleur bleue.

 

ÉCRITURE

I- Après avoir lu les textes du corpus, vous répondrez d’abord à la question suivante (4 points) :

Pour quelles raisons les trois poètes du corpus accordent-ils une place importante au futur ?

II- Vous traiterez ensuite, au choix, l’un des sujets suivants (16 points) : 1. Commentaire :

Vous ferez le commentaire du texte de Louis Aragon (texte C).

2. Dissertation :

Pour interpeller la société, pour éveiller la conscience humaine, que gagne l’écrivain à s’exprimer dans une forme poétique ?

Vous répondrez à cette question en vous fondant sur les textes du corpus ainsi que sur les œuvres poétiques que vous avez étudiées et lues.

3. Invention :

Une anthologie poétique paraît, intitulée Les poètes inventent l’avenir. Vous écrirez la préface qui présente ce recueil de poèmes, où figurent notamment les trois textes du corpus. Vous pourrez également faire référence aux poèmes étudiés en classe et à vos lectures personnelles.

Votre préface comportera au moins une soixantaine de lignes.

Fin de l'extrait

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