Correction Histoire Géographie - Bac ES 2017 Washington

Correction Histoire Géographie - Bac ES 2017 Washington

Voici le corrigé d'Histoire Géographie du Bac ES 2017 de Washington (Amérique du Nord).
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Cette proposition de corrigé essaie d'être la plus complète possible en termes d'exemples que vous pouviez utiliser. Vous pouvez avoir une bonne note sans avoir autant illustré votre copie. Pour rappel, le sujet portait sur les chapitres d'Histoire "Gouverner la France depuis 1946", "Les États-Unis et le monde depuis les "14 points Wilson"" et le chapitre de Géographie "États-Unis Brésil : rôle mondial, dynamiques territoriales".

Téléchargez gratuitement ci-dessous le corrigé d'Histoire Géo du Bac ES d'Amérique du Nord 2017 !

Correction Histoire Géographie - Bac ES 2017 Washington

Le contenu du document


PREMIERE PARTIE

SUJET 1 : GOUVERNER LA FRANCE DEPUIS 1946 : HERITAGES ET EVOLUTIONS

Thème concerné : Les échelles de gouvernement dans le monde depuis 1945

Chapitre concerné : Gouverner la France depuis 1946

Niveau global du sujet : complexe.

Le chapitre vu en classe porte sur Gouverner la France depuis 1946. Le sujet précise bien « héritages et évolutions ». Dans ce cas, il va falloir insister, dans votre copie, sur deux aspects : l’histoire de la notion étatique en France et sur l’évolution permanent de cet Etat depuis 1946.


L'État-nation est un modèle d'organisation politique, produit d'une longue construction historique qui commence avec l'apparition de l'État moderne en France et en Angleterre entre le XIIIe et le XVe siècle. Il faut cependant attendre le XIXe siècle pour que l'État en Europe dispose des moyens nécessaires pour forger l'unité nationale. L'idée de nation en France ne prend son sens contemporain que lors de la Révolution française : celle d'une communauté politique, liée à un État et à un territoire donné, fondée sur la conscience de caractéristiques communes et sur la volonté de vivre ensemble, et dont la défense est assurée par une armée nationale issue en grande partie de la conscription. Comment gouverner une France en pleine transformation depuis 1946 ?

Depuis les années 1970-1980, les fondements de l’État-nation ont été remis en cause par la crise de l'État-providence et par l'érosion du pouvoir de l'État dans le contexte de la mondialisation et de la régionalisation du monde. La transformation des menaces a obligé l’État à globaliser son action de défense en faisant disparaître la séparation entre sécurité intérieure et sécurité extérieure. Les évolutions sociales ont aussi contribué à transformer l'idée de nation.


En 1943 est fondé le Conseil National de la Résistance (CNR) avec pour charge d’unir la Résistance en France. Le CNR se dote d’un programme ambitieux, dès 1944, visant à la restauration d’un État fort et protecteur, le retour à une république débarrassée des défauts et lourdeurs de la IIIe République. Au centre de ce programme figurait l’instauration d’une sécurité sociale étendue, mais aussi l’ouverture du vote aux femmes. Mais, le général de Gaulle a, en réalité, l'ambition de fournir à la France une nouvelle Constitution selon ses propres idées, à commencer par un exécutif renforcé.

Le Gouvernement Provisoire de la République Française (GPRF) met en place en 1944 le droit de vote pour les femmes. Puis une Sécurité sociale est mise en place en 1945, créant une protection contre la maladie, la vieillesse et le chômage. Enfin, c’est l’ensemble du système judiciaire qui est remis en place, notamment pour mettre fin aux épurations sauvages. Le GPRF a le soutien de tous les partis politiques, ainsi que d’une très large partie de la population. En octobre 1945, les Français décident à 96 % de rejeter la IIIe République et de se doter de nouvelles institutions. Pour cela, une Assemblée dite constituante est élue.

Les députés des trois partis élisent unanimement de Gaulle à la tête du gouvernement. De Gaulle entre en opposition avec l’Assemblée sur la répartition des pouvoirs : il veut un exécutif fort, alors que les députés veulent un parlement renforcé. De Gaulle démissionne en janvier 1946. Une nouvelle Constitution est acceptée par référendum en octobre 1946 avec un régime bicamériste. C’est la naissance officielle de la IVème République.

La IVème République se révèle vite instable. Le Président est responsable devant l’Assemblée, son pouvoir est donc limité. Le mode de scrutin, à la proportionnelle, permet la représentation de toutes les tendances politiques à l’Assemblée, mais en contre-partie, cela empêche la formation de majorités stables et entraîne l’instabilité ministérielle.

La double investiture du Président du Conseil amplifie l’instabilité du régime : il est désigné par le Président de la République, mais doit être investi par l’Assemblée, et réinvesti après la formation de son gouvernement : les tensions sont fréquentes et inévitables. Les coalitions gouvernementales sont éphémères (6 mois en moyenne) et les mêmes hommes reviennent. De Gaulle parle du « régime des partis », pour signifier leur mépris de l’intérêt général du pays au profit de leurs propres intérêts particuliers.

Trois gouvernements, de 1946 à 1958, peuvent être considérés comme les plus importants : d'abord, celui d'Antoine Pinay (1952), rétablit la situation financière du pays et le système monétaire. Il instaure le SMIG (Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti). Ensuite, celui de Pierre Mendès-France (1954), qui ouvre alors la voie à la décolonisation avec le retrait de l’Indochine, puis prépare l’indépendance de la Tunisie. Enfin, celui de Guy Mollet (1956-57) qui poursuit le conflit avec le FLN. Il est aussi discrédité par l'échec de l’expédition de Suez en 1956. Cependant, les mesures sociales sont son fer de lance : 3e semaine de congés payés, vignette automobile pour financer l’aide aux personnes âgées, et développement de la Sécurité sociale. Par ailleurs il permet la relance décisive de la construction européenne avec la signature du traité de Rome en 1957. Il prépare enfin l’indépendance de l’Afrique Noire française, pacifiquement.

A partir de 1956, la guerre en Algérie pèse de plus en plus sur la vie politique, et sur les finances du pays. 4 généraux organisent un putsch à Alger le 13 mai 1958, et les partisans de l’ « Algérie française » se rebellent contre le gouvernement légal. La crise politique est profonde. Appelé au secours lors de manifestations, de Gaulle déclare en mai être « prêt à assumer les pouvoirs de la République », à la condition sine qua non de changer de régime, donc de pouvoir modifier les institutions. Il est investi par l’Assemblée le 1er juin 1958 comme Président du Conseil avec les pleins pouvoirs constituants. Le 4 juin, il se rend à Alger pour montrer qu’il contrôle la situation («Je vous ai compris»). Ces derniers événements discréditent encore plus le régime parlementaire et ouvrent la voie à un exécutif plus fort entre les mains du Président de la République, comme le voulait de Gaulle.

De Gaulle s’occupe personnellement du dossier algérien et souhaite l’indépendance. Les partisans de l’Algérie française tentent un putsch militaire à Alger en avril 1961 : de Gaulle en profite alors pour utiliser l’article 16 lui conférant les pleins pouvoirs. Il parvient aux accords d’Evian établissant un cessez-le-feu en mars 1962, et l’indépendance en juillet. De Gaulle échappe à deux tentatives d’assassinat organisées par des membres de l’OAS en 1961 et 1962.

De Gaulle en profite pour tenter d’empêcher tout retour à un régime parlementaire. En octobre 1962, il propose l’adoption par référendum de l’élection du président au SUD Puis, il dissout l’Assemblée. Le peuple doit voter par référendum en octobre pour l’élection du président, puis en novembre pour une nouvelle Assemblée. Les deux votes sont un triomphe pour de Gaulle. Désormais on parle d’un régime présidentiel, car le président concentre un immense pouvoir, dirige la politique intérieure avec le chef du gouvernement, et mène seul la politique étrangère.

La France connaît une période de croissance économique forte, les « Trente Glorieuses »  et le premier ministre Pompidou modernise le pays. La France est dégagée des problèmes liés à la décolonisation : les objectifs peuvent se recentrer sur le repositionnement du pays comme puissance de premier rang, notamment face aux EU. Mais, de Gaulle considère la politique étrangère comme son « domaine réservé », et néglige les problèmes de politique intérieure.

Lors de la première élection au SUD du président en décembre 1965, de Gaulle subit une déconvenue car il n’obtient au 1er tour que 44,6% des voix et doit affronter François Mitterrand au second tour. De Gaulle l’emporte mais son prestige est atteint. La société est bloquée, soumise aux règles imposées par l’État, l’Église et l’École, représentant chacun une partie de l’autorité.

La crise de mai 1968 éclate dans ce contexte, débutant par des affrontements entre la police et les étudiants dans le Quartier Latin à Paris. La répression sévère entraîne l’entrée en scène des syndicats : le conflit s’étend. Une grève générale a lieu le 13 mai dans la France entière : grévistes et étudiants sont liés contre le régime gaulliste. Pompidou met un terme à mai 68 en signant les accords de Grenelle avec syndicats et patronat (augmentation des salaires). De Gaulle dissout à nouveau l'AN et remporte la majorité absolue aux élections. De Gaulle veut retrouver la confiance des français. Il organise un nouveau référendum sur la décentralisation et sur la réforme du Sénat : il en fait un plébiscite et met sa démission dans la balance. Les réformes proposées sont mal comprises et le 27 avril 1969, c’est le « non » qui l’emporte (53,2%) : de Gaulle démissionne le 28 avril 1969.

En 1969, Pompidou est élu président. Pompidou poursuit la politique d’indépendance nationale, mais accepte l’entrée du RU dans la CEE. Malade, il meurt en avril 1974.

Le 19 mai, Valéry Giscard d’Estaing, soutenu par l’ensemble de la droite et des centristes, l’emporte face à Mitterrand. Il se veut moderne et modernisateur de la société. Il prend un certain nombre de mesures visant à changer les mœurs : Abaissement de la majorité de 21 à 18 ans en 1974 ; Loi Veil sur l’IVG  et loi sur le divorce par consentement mutuel en 1975. Cependant, la crise économique se poursuit et l’inflation augmente aussi rapidement que le chômage (750 000 chômeurs en 1974 et 1,7 million en 1981). Ni Chirac, ni Barre (politique impopulaire d’austérité) ne parviennent à relancer l’économie qui connaît une nouvelle crise en 1979 avec le second choc pétrolier.

Mitterrand emporte les présidentielles en mai 1981 : c’est la première alternance du pouvoir après 23 ans de gouvernement à droite. Il dissout l’AN et la « vague rose » se poursuit avec la victoire aux législatives de juin 1981. Plusieurs réformes sont menées : abolition de la peine de mort ; nationalisations de groupes industriels et bancaires, impôts sur les grandes fortunes ; augmentation du SMIC, semaine de 39 heures, 5e semaine de congés payés, retraite à 60 ans...

En 1982, la loi-cadre Defferre permet la décentralisation des compétences de l’État, qui voit ses capacités d’actions diminuer en apparence : les collectivités territoriales sont plus autonomes, et gèrent leur propre budget. Cependant la mise en place d’administrations propres à chaque échelle (Conseil régional, conseil général, etc.) crée un « mille-feuille administratif » entrainant lourdeurs et gestion difficile des projets : l’État conserve donc une place évidente de conseil et contrôle. Aux législatives de 1986, la droite l’emporte. C'est la première cohabitation. C’est la première fois de l’histoire de la Ve que le président et l’Assemblée Nationale ne sont pas du même bord. Mitterrand prouve la flexibilité des institutions de la Ve en choisissant de rester au pouvoir. Mais il nomme un 1er ministre de droite : Chirac. L’exécutif est partagé entre gauche et droite : Mitterrand fait de la politique étrangère et de la défense son « domaine réservé » et laisse à Chirac la politique intérieure. Mais le chômage augmente et un krach boursier survient en 1987. Mitterrand refait sa popularité en critiquant la politique de son 1er ministre et est réélu en mai 1988. La situation économique ne s’améliore pas, les «affaires» rattrapent le PS (sang contaminé, financement illégal), et la droite  triomphe aux législatives de 1993 : c’est une deuxième cohabitation, Balladur est nommé 1er ministre. Mitterrand est alors affaibli par la maladie et laisse Balladur gérer la politique intérieure. Les deux septennats et les cohabitations révèlent d’une part la capacité de la gauche à gouverner le pays et à se maintenir au pouvoir, et d’autre part les facultés d’adaptation de la Constitution.

Chirac remporte les présidentielles en mai 1995, et nomme Juppé 1er ministre. Pour la première fois depuis de Gaulle, tous les pouvoirs sont à droite. Mais Chirac espère obtenir une majorité absolue à l’AN et la dissout en 1997. C’est un échec et la gauche obtient la majorité. Jospin devient 1er ministre d’une nouvelle cohabitation. Jospin fait adopter une réforme constitutionnelle en septembre 2000 : désormais le président de la République sera élu pour un quinquennat, renouvelable une fois.

D’un autre côté, l’État poursuit sa politique de décentralisation par la réforme constitutionnelle de 2003 prévoyant de nouveaux transferts de compétences : désormais l’article 1 de la Constitution de la Ve République comporte la mention : « l’organisation de la République est décentralisée ». L’intercommunalité est encouragée par la création des EPCI (Établissement Public de coopération intercommunale). Face aux territoires d’outre-mer, l’État privilégie aujourd’hui la concession d’une plus large autonomie : les DROM ont vu leur autonomie interne largement accrue. La Corse dispose d’une Assemblée de Corse et d’un Conseil exécutif.


Le chef de l’État dispose de pouvoirs accrus : dissolution de l'AN ; consultation du peuple par référendum. De Gaulle a fait un usage permanent du référendum qu’il utilisait comme plébiscite de sa politique et de sa personne. Ses successeurs hésiteront toujours à en user aussi largement : 5 référendums sous de Gaulle (1958-69), et 5 autres depuis (1972-2005). Il peut suspendre les libertés publiques et prendre des pouvoirs exceptionnels en cas de situation grave (article 16). Le chef de l’État est également chef des armées et il est compétent aussi bien à ordonner la politique intérieure qu'étrangère.

Avec la Constitution de 1958, le président devient la clé de voûte des institutions. Il devient une figure active de la vie publique. De Gaulle dessine les contours de la fonction à sa propre mesure et en dicte les comportements. Ses successeurs continuent toujours en partie de se réclamer de telle ou telle façon gaullienne d’agir.

De Gaulle s’était constitué son domaine réservé en politique étrangère pour y exprimer la politique de grandeur qu’il envisageait pour la France. De Gaulle utilise les médias et parcourt la France pour prendre des « bains de foule ». Il organise des conférences de presse régulières et impose sa stature au monde des médias, notamment à la télé. De Gaulle dominait enfin les hommes politiques de son époque, car ils étaient jeunes, peu expérimentés et redevables envers lui.

L’image que laisse le Président est fondamentale, tout autant que son résultat politique et ses actions économiques : De Gaulle a vu son image ternie par les événements de mai 1968 . Pompidou s’est donné l’image d’un modernisateur, amateur d’art contemporain, initiateur de grand urbanisme mais aussi proche des milieux ruraux. VGE s’est donné quant à lui l’image d’un jeune président (48 ans à son élection, soit le plus jeune président jamais élu), proche des français et du petit peuple. Mitterrand a choisi pour portrait officiel la bibliothèque de l’Élysée, se donnant à voir comme amateur et défenseur de la culture française. Enfin, depuis Pompidou, une tradition présidentielle a semblé s’instaurer de laisser à la postérité une œuvre architecturale importante (Beaubourg pour Pompidou ; Orsay pour Giscard ; Louvre, BNF, Bastille pour Mitterrand ; Quai Branly pour Chirac).

En 1945, la majeure partie du personnel politique est issue de la résistance. Dès l’émergence de la IVe République une nouvelle classe politique s’impose. Peu de politiciens d’avant-guerre poursuivent leur carrière après 1945. La classe politique française s’appuie désormais sur des techniciens de l’État, juristes et économistes confirmés, capables de s’adapter à n’importe quel portefeuille ministériel : ce sont les « technocrates ». Certains sont issus de la nouvelle école créée en 1945 par le GPRF : l’ENA  qui constitue un vivier permanent de dirigeants. Les énarques constituent donc un personnel non élu qui accède à des fonctions dans 3 domaines : haute fonction publique (Cour des comptes, inspections des finances, corps préfectoral, corps diplomatique...), monde de l’entreprise publique ou privée (SNCF, Air France), et enfin politique. De très nombreux énarques ont eu une carrière politique riche (Giscard, Chirac, Hollande, de Villepin, Jospin ...).

Par ailleurs, un certain nombre de hauts fonctionnaires sont issus d’autres grandes écoles (IEP Paris, HEC ou ESSEC, Polytechnique, les Mines, ENS). Les classes dirigeantes françaises sont longtemps restées réservées aux catégories bourgeoises de la société : cela a été dénoncé dès les années 1960 par le sociologue Pierre Bourdieu dans Les Héritiers (1964). Enfin, une autre critique récurrente à l’égard des énarques vient du fait que l’ENA est toujours dotée du monopole du recrutement et de la formation des hauts fonctionnaires.

La France connaît un système politique bipolaire depuis 1945. Les partis de droite et de centre-droit se développent sous l’influence de de Gaulle et de ses héritiers, les gaullistes. Ainsi, apparaissent le RPF de de Gaulle, puis l’UNR et enfin l’UDF de Giscard d’Estaing et le RPR fondé par Jacques Chirac en 1976. Les partis de droite se rassemblent sous l’impulsion de Chirac, en 2002, pour emporter les élections présidentielles : c’est l’UMP, Union pour la Majorité Présidentielle qui devient, après la victoire de Chirac, Union pour un Mouvement Populaire. Nicolas Sarkozy trouve appui sur cette force dont il est le président pour emporter les élections de 2007. En 2015, l'UMP se transforme en Les Républicains.

Sous l’ère de Gaulle, les partis de gauche déclinent. Il faut attendre le début des années 1970 pour que Mitterrand redonne vigueur au PS (nouveau nom de la SFIO en 1969) : lors du congrès d’Épinay en 1971, il réalise l’union des mouvements socialistes, est élu Premier secrétaire et devient le candidat unique et officiel de la gauche pour les élections de 1974, puis de 1981. Le PS est devenu le parti majeur à gauche. Le début des années 2000 a vu l’explosion de l’offre politique. De très nombreuses personnes font acte de candidature, notamment lors des présidentielles, pour se retirer au dernier moment, mais il s’agit avant tout de faire connaître partis et idées. A gauche (Les Verts, Front de Gauche), au centre (Modem, Nouveau Centre) et à droite (Front National), le nombre de partis ou de micro-partis a augmenté, obligeant les partis traditionnels à faire des systèmes d'alliance, tant un niveau local que national, pour obtenir et garder le pouvoir.

Une autre caractéristique du visage politique français est le maintien, sur plusieurs décennies, des mêmes personnalités : Mitterrand et Chirac se présentent 3 fois aux présidentielles, Jean-Marie Le Pen (FN) cinq fois. Cette continuité est rendue possible par la pérennité de partis politiques solides. Mais, elle est critiquable et critiquée : le manque de renouvellement et la faible place accordée aux jeunes et aux femmes sont aussi des facteurs qui détournent les Français des élections.

Dans l’ombre de la vie politique et institutionnelle se croise une multitude d’experts au sein des ministères : ils sont les conseillers des décideurs politiques et accèdent parfois à la lumière. Ainsi des personnalités comme Jacques Attali, diplômé de l’IEP de Paris, puis de Polytechnique (1963) et énarque (promotion 1970), professeur d’économie, qui devient conseiller spécial de François Mitterrand de 1981 à 1990. De nombreux chefs d’entreprises publiques ou privées sont aussi le relais de l’action de l’État dans le domaine économique : leurs compétences sont mises au service des ambitions modernisatrices du pouvoir : ce sont souvent les mêmes personnages qui sont nommés à la tête de diverses grandes entreprises. 


Au niveau économique, l’État se donne les moyens de contrôler réellement l’ensemble des secteurs de l’économie par une série de nationalisations, dès 1946, dans divers secteurs : automobile, banques, transports, énergie. Cependant  la majeure partie de l’économie reste aux mains des entreprises privées.

A la fin des Trente glorieuses, dans une conjoncture économique difficile autour des chocs pétroliers, les politiques menées sont changeantes et les résultats peu éclatants. Ainsi, la gauche, arrivée au pouvoir en 1981, répond à sa promesse de nationaliser : la vague de nationalisations de 1982 concerne tous les domaines : banques Paribas, CIC ; industries Usinor, Thomson, etc. Mais elle se désengage aussi rapidement et privatise ensuite en 1986-87 et en 1993. Les politiques de rigueur sont mises en place pour enrayer le déficit commercial : le Franc est dévalué à de nombreuses reprises, les prix et salaires sont bloqués en 1982-83 pour lutter contre l’inflation. Si les entreprises françaises se redressent, si la balance commerciale sort du déficit, c’est au prix d’une explosion du nombre de chômeurs, ainsi que celle de l’emploi précaire.

L’État a un rôle social important et c’est lui-même qui garantit une protection financée par un système de cotisations généralisées. Ainsi naît l’État-providence, qui assure la redistribution des revenus, pour augmenter le niveau de vie, soutenir la consommation, donc la croissance économique. Le symbole de l'Etat-providence est la Sécurité sociale.

Mais avec l’explosion du nombre de chômeurs dès les années 1980 (3 millions en 1988), le vieillissement de la population et la réduction de l’âge de départ à la retraite en 1981 (60 ans), la protection sociale et le financement des retraites restent les principaux problèmes pour l’endettement public. Malgré cela, les gouvernements de droite comme de gauche poursuivent des politiques de réduction des dépenses et l’État joue de moins en moins son rôle de protecteur. Pourtant, en 1988, le gouvernement de gauche met en place le RMI et en 1997 est créée la CMU. La droite met en place le RSA en 2009. La volonté de ne pas se mettre à dos les électeurs est un réel frein en France aux transformations profondes nécessaires et attendues.

L’action de l’État a été déterminante dans le champ énergétique. Après la Seconde GM, de Gaulle souhaite marquer l’indépendance du pays face aux deux grands blocs. Il signe le décret de création du CEA (Commissariat à l’énergie atomique) qui doit œuvrer aussi bien dans le domaine civil que militaire. La France acquiert sa première bombe atomique en 1960. Dès 1964 est mise en place une force de dissuasion nucléaire par air et mer. Dans le domaine du nucléaire civil, c’est en 1956 que sont ouverts les réacteurs expérimentaux, puis l’État confie à EDF la construction de 6 réacteurs à partir de 1966.

Le nombre de réacteurs s’est largement développé dans les années 1970 du fait des chocs pétroliers et de la volonté affichée par les différents gouvernements de voir la France indépendante au niveau énergétique. Si aujourd’hui la France compte 58 réacteurs et dispose des meilleures technologies depuis l’extraction et l’enrichissement jusqu’au retraitement des déchets, et si l’État est parvenu dès les années 1970 à assurer une grande indépendance énergétique au pays, deux facteurs viennent perturber le tableau : les risques pour l’homme et la nature sont pris avec plus de gravité ; la concurrence oblige EDF à ouvrir son réseau aux opérateurs étrangers et n’a plus les moyens de gérer seule le parc nucléaire.

L’État demeure jusqu’à aujourd’hui le principal acteur de l’aménagement du territoire. Il le fait dans le cadre des « politiques de la ville ». Dès 1963 il met en place la DATAR : le but est de réduire les inégalités régionales notamment entre Paris/IDF et le reste du pays, de même qu’il s’agit d’accentuer le développement des agglomérations (métropoles d'équilibre).

Face au développement de la société de loisirs, les grands aménagement touristiques décidés par l’État se mettent en place et font de la France aujourd’hui la 1ère destination touristique au monde (82 millions de visiteurs/an). De Gaulle décide au début des années 1960 l’aménagement du littoral méditerranéen, autour de grandes stations balnéaires (Grande Motte), mais c’est aussi l’époque de la construction de nouvelles stations de sports d’hiver (Avoriaz) sur des terrains qui jusque-là étaient impropres à toute activité (montagnes escarpées ou littoraux marécageux).

Par ailleurs, durant les Trente glorieuses qui voient par le baby-boom et l’appel à l’immigration, la population française croît essentiellement en milieu urbain : l’État doit désengorger Paris et les métropoles régionales. Se développe rapidement autour de Paris un boulevard périphérique, ainsi qu’un vaste réseau de RER. Mais, les autres métropoles françaises ne bénéficient pas des mêmes avantages et les politiques de transport qui y sont menées sont lentes et mal développées. Par ailleurs, l’ensemble de ces réseaux est rapidement arrivé à saturation.

L’État délègue de plus en plus ses compétences en matière de transport aux collectivités locales et régionales. Mais, il reste le décideur principal de tout grand réseau, autoroutier ou ferré, par le biais de son ministère des transports. C’est l’État qui prend en charge la construction d’autoroutes dès 1946 (11000 km). L’État est parvenu à ce résultat par le principe de la concession à des entreprises privées qui se remboursent par les péages. En matière de train à grande vitesse,  la SNCF travaille sur les LGV tout au long des années 1970 pour enfin mettre en service le 1er TGV français en 1981 (2000 km de voies, 4e réseau au monde).

Enfin, en ce qui concerne le transport aérien, deux politiques de l’État vont tenter d’intégrer la France aux réseaux d’échanges mondiaux : la construction de plateformes aéroportuaires multimodales (Roissy, 6e aéroport mondial, relié aux autoroutes et LGV). Seconde politique aéronautique menée par l’État, celle du transport civil à grande vitesse, dont l’emblème fût le Concorde (avion supersonique, réussite technique et technologique mais semi-échec commercial).


Enfin, l’État participe à la diffusion de la culture en cherchant à en faciliter l’accès. De Gaulle confie ainsi le ministère des Affaires culturelles à l’écrivain André Malraux. Ce dernier donne une sérieuse impulsion au développement culturel en France. Il met en place les « Maisons de la culture » en 1966 pour développer les arts modernes.

Ce projet s’inscrit dans une société française en mutation, qui connaît une massification culturelle et scolaire. L’enseignement secondaire se démocratise, les études sont plus longues, le niveau général de l’éducation augmente, le pourcentage des bacheliers d’une classe d’âge ne cesse d’augmenter, les effectifs de l’enseignement supérieur sont multipliés par 20 entre 1950 et 2000.

L’État finance théâtres et productions cinématographiques (TNP de Paris décentralisé à Villeurbanne en 1972). L’État développe ses subventions accordées aux associations culturelles et la France entreprend de mettre largement en valeur son patrimoine architectural et naturel (ouverture des Parcs nationaux dès 1963).

Lorsque Mitterrand arrive au pouvoir en 1981, il nomme Jack Lang ministre de la culture : le budget du ministère double dès 1982 puis ne cesse de croître, ce qui lui permet d’intervenir dans de nombreux domaines ; défense et protection du patrimoine (restaurations, ...), financement de musées et associations (création des Musées Nationaux), appels à des créateurs par des commandes d’État (Soulage, Buren, ...), construction de salles de spectacles (les Zéniths), création de manifestations culturelles (Fête de la musique en 1982, Journées du Patrimoine en 1984, Fête du Cinéma en 1985). Du côté des supports médiatiques, Mitterrand autorise les radios libres.

Par ailleurs face à l’établissement de grands groupes culturels privés qui envahissent le marché (FNAC notamment), un prix unique du livre est institué pour permettre aux librairies indépendantes de résister, considérant que la culture n’est pas un bien de consommation comme un autre.


SUJET 2 : LES ETATS-UNIS ET LE MONDE DEPUIS LES « 14 POINTS DU PRESIDENT WILSON » (1918)

Thème concerné : Puissances et tensions dans le monde de la fin de la Première Guerre Mondiale à nos jours.

Chapitre : Les Etats-Unis et le monde depuis 1918.

Niveau global du sujet : complexe.

L’enjeu clair de ce sujet, est de présenter la maîtrise que vous avez de ce chapitre en se basant obligatoirement sur l’étude des « 14 points de Wilson ». Ne pas mentionner cet acte fondateur de la sécurité collective sera très sévèrement sanctionné !


Se considérant investis d’une mission, tout du moins d’une destinée qui consiste à défendre et diffuser l’idéal démocratique, les Américains depuis le début du XXe siècle étendent leur influence dans le monde. La géopolitique américaine est tournée vers l’exercice d’un leadership, mais sans cesse hésitante entre isolationnisme et interventionnisme jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Comment s'affirme et se caractérise la puissance américaine dans le monde depuis 1918?

Par la suite, Les États-Unis (EU) assument leur superpuissance et l’affirment pendant la Guerre froide en utilisant toute la force de leur industrie, de leurs finances, leur diplomatie influente et présente dans le monde entier, mais surtout en se basant sur la capacité de projection de leurs armées, partout où leurs intérêts sont en jeu à plus ou moins long terme. 

Le Nouvel ordre mondial qu’ils souhaitent imposer après 1991, soutenu par la diffusion de la culture et du mode de vie libéral et attractif, fait d’eux une hyperpuissance : médias, historiens, cinéma, réseaux de communications divers se font le relais de cette puissance extraordinaire. Pourtant depuis le début des années 2000, les États-Unis paraissent fragilisés et l’ordre remis en cause, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, sans jamais amener la superpuissance vers son déclin.


En 1914 les EU deviennent la 1ère économie du monde et défendent la politique de la Porte ouverte : ils exigent le droit pour tout pays de commercer librement avec les colonies, quelle que soit leur métropole. En revanche, ils se tiennent à l’écart de toute intervention en Europe, de même qu’ils refusent toute ingérence européenne sur l’ensemble du continent américain : c’est la doctrine Monroe. Il s’agit là d’une politique isolationniste en théorie, car dans la réalité, les EU, sous couvert de protection des républiques latino-américaines mènent une politique interventionniste. Donc les EU sont isolationnistes vis-à-vis de l’Europe, mais pas du reste du monde. Cette politique est ancrée dans l’opinion publique, d’autant que le président américain élu en 1912 (Wilson) est un pacifiste : il est réélu en 1916 sur un slogan isolationniste.

Ce n’est que parce que les Allemands menacent ouvertement les EU, avec la volonté de couler leurs navires de commerce et de soulever le Mexique contre eux, qu’ils se décident à entrer en guerre en avril 1917 comme simples « associés » et non comme alliés : en effet, Wilson tient avant tout à rétablir la paix et à assurer la sécurité collective. Ils envoient plus de 2 millions de soldats, la population est mobilisée par le biais de la conscription (service obligatoire) et par une intense propagande. Ils pèsent largement sur la victoire contre l’Allemagne, et sur le règlement de la guerre, notamment parce que l’État fédéral mobilise largement l’économie.

En 1918, le président Wilson développe un projet idéaliste de nouvel ordre mondial affirmant des valeurs qu’il souhaite universelles : les « 14 points », texte qui sera inclus au traité de Versailles. En janvier 1919, il est le premier président à se rendre en Europe, pour diriger la conférence des vainqueurs : le traité est signé en juin 1919 et l’Allemagne doit le suivre sans conditions (Diktat).

Il parvient pourtant à faire inclure à ce règlement de conflit quelques éléments majeurs : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, la solidarité entre États et la nécessité d’une sécurité collective (maintien de la paix par l’arbitrage et le droit et non plus par les alliances militaires) : le point 14 de son programme est essentiel car il propose directement la création d’une SDN destinée à régler les litiges entre États : il obtient en 1919 le prix Nobel de la paix.

En 1920, le Sénat américain, refuse de ratifier le traité de Versailles et donc refuse la participation à une SDN. En effet, les républicains préfèrent le retour à l’isolationnisme et craignent que la souveraineté des EU ne soit limitée par la future SDN. De 1921 à 1933, les républicains reprennent l'isolationnisme et restreignent les flux migratoires. C’est aussi le début de la Prohibition et le  retour au nativisme pour défendre les « valeurs américaines » (idéologie Wasp). C’est une politique nationaliste de repli, illustrée par le slogan « America first » (quotas d’immigration, mesures protectionnistes).

Mais la spéculation boursière qui provoque le grand krach de Wall Street en octobre 1929 détruit en partie l’édifice. Les investissements américains, les capitaux des banques et des entreprises sont rapatriés et cela plonge aussitôt tous les pays européens dans la crise. Ils ne peuvent plus rembourser leurs dettes et leurs emprunts : le système économique mondial basé sur le rôle prépondérant des EU s’effondre.

Le pays se replie sur lui-même : l’opinion publique américaine a peur d’une nouvelle guerre en Europe car la situation est tendue : économies ruinées, partis nationalistes et fascistes qui arrivent au pouvoir (Italie en 1925 et Allemagne en 1933). Face à cela, le Congrès fait voter des lois de neutralité entre 1935 et 1937 : les États-Unis refuseront de vendre des armes à des pays en guerre, de faire des prêts et crédits et d’exporter quoi que ce soir vers ces pays.

Depuis 1933, Franklin Roosevelt suit l’opinion isolationniste et mène une grande politique de restructuration économique : le New Deal qui se base sur un fort protectionnisme douanier et une politique de grands travaux publics. Roosevelt va finalement parvenir à atténuer cette politique en permettant dès 1939 la vente d’armes à la France et à l’Angleterre à la condition que ces pays achètent comptant et viennent chercher les armes (loi Cash and Carry). Pendant les années 30, le modèle culturel fonctionne très bien : le cinéma naissant (Charlie Chaplin, Buster Keaton), la littérature avec ses prix Nobel (Sinclair Lewis), la musique (jazz, blues)...

Réélu en 1940, Roosevelt comprend que les EU ne pourront rester longtemps à l’écart du conflit qui débute en Europe et que leur devoir est de soutenir les démocraties face aux totalitarismes, qu’il s’agisse du fascisme et du nazisme, mais aussi du communisme. Après la défaite de la France en juin 1940, l’opinion publique américaine, jusqu’alors pacifiste, se retourne. Il parvient à convaincre le Congrès et annonce en décembre 1940 que les EU doivent devenir « l’arsenal des démocraties ». Le président peut prêter des armes à tout pays dont la défense présente un intérêt majeur à la sécurité des EU : loi prêt-bail de 1941.  Roosevelt signe avec Churchill, en août 1941, la Charte de l’Atlantique : une coopération économique mondiale est nécessaire pour assurer la paix et écraser la tyrannie des régimes totalitaires. Il s’agit là de la première pierre de ce qui deviendra Bretton Woods en 1944 et l’ONU en 1945.

L'attaque japonaise surprise sur Pearl Harbor, le 7 décembre 1941 est un tournant décisif. Dès le lendemain, les EU entrent en guerre contre le Japon et l’Axe : la Grande Alliance est créée (EU, URSS, RU). À partir de là, les États-Unis vont fournir un effort de guerre considérable car l’Allemagne est alors la première armée du monde. Roosevelt lance le Victory Program en janvier 1942. Toute l’économie est mobilisée avec des rythmes de production très élevés : l’industrie américaine fabrique à la chaîne des navires de transport de troupes en un temps record : les « Liberty ships » et les « Victory ships » qui permettent aux EU d’apporter une aide matérielle déterminante dans le conflit.

Par ailleurs, 12 millions de G.I. sont mobilisés et pour les débarquements en Afrique du Nord et en Europe entre 1942 et août 1944. Les EU se battent sur deux fronts : en Europe contre l’Allemagne et l’Italie, et dans le Pacifique contre le Japon. Ce sont finalement les bombes atomiques lancées sur Hiroshima le 6 août 1945 et Nagasaki le 9 août qui amènent le Japon à la capitulation sans conditions qui est signée le 2 septembre 1945.

Si Roosevelt est mort en avril 1945 au début de son 4e mandat, il est remplacé par son vice-président Harry Truman qui va réussir à imposer le pays comme superpuissance sans égale : en effet, sur le plan militaire (seule nation atomique), économique (2/3 du stock d’or mondial et territoire intact), diplomatique (siège de l’ONU à NY et FMI à Washington) ils dominent sans contestation. Ils vont désormais jouer un rôle international à la hauteur de leur statut.


A Yalta, en février 1945, puis à Potsdam, en août 1945, se concrétise la division de l’Allemagne en 4 zones. Churchill décrit alors à Fulton, en 1946, ce qui paraît  évident pour certains : la mise en place d’un « rideau de fer » entre 2 mondes. L’Europe est le cœur de cette séparation, et en particulier l’Allemagne et Berlin. Dès la fin de la guerre s’est en effet dessiné un monde divisé en 2 blocs que tout sépare, politique, économie, modes de vie, idéologie.

C’est à travers deux conférences que cette situation prend forme et que les EU s’affirment en leader. La conférence de Bretton Woods, en juillet 1944, confirme la domination économique des EU : FMI et Banque Mondiale sont installés à Washington, le dollar devient une référence (étalon or). Les EU veulent imposer leur modèle économique au plus grand nombre par le biais d’institutions destinées à financer la reconstruction des pays ruinés.

De février à juin 1945 a lieu la conférence de San Francisco. L’URSS y participe car il s’agit de la domination politique du monde. La sécurité collective passe par la nécessaire association de toutes les puissances. Le 26 juin 1945 est signée la Charte des Nations Unies qui crée l’ONU dont le siège est cette fois à New York, preuve du basculement de la puissance mondiale de l’Europe aux EU. Les vainqueurs s’attribuent cependant une place de choix au Conseil de Sécurité avec le droit de veto (États-Unis, URSS, France, RU et Chine).

Truman  assume entièrement la situation de tension entre les EU et leurs alliés et l'URSS et ses alliés. On nomme désormais Guerre Froide cette opposition totale, mais sans conflit militaire direct. En Europe, le Plan Marshall est mis en place. Il faut aider les pays ruinés et pauvres pour éviter que les populations frustrées ne se rallient en désespoir de cause au communisme. Ce plan est proposé à tous les pays, URSS compris, mais seuls 16 pays l’acceptent en Europe, tous à l'Ouest du rideau de fer. Les États-Unis ont su soumettre économiquement une Europe dépendante. Les grandes puissances coloniales sont désormais des puissances secondaires.

Les États-Unis renforcent leur sécurité face au communisme à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières : en 1947 est créé le NSC (Conseil National de Sécurité), puis la CIA (services secrets extérieurs). Puis, une chasse aux sorcières est organisée par le sénateur Joseph McCarthy entre 1950 et 1954 : il s’agit de traquer d’éventuels agents du communisme sur le territoire américain.

Dans le monde, les États-Unis développent une véritable « pactomanie ». Le but est de contourner l’ONU paralysée par les vetos des membres permanents des deux Grands.

 Les États-Unis développent alors un multilatéralisme nécessaire : OEA, 1946 : tous les États du continent américain sauf Cuba exclu en 1962 ; OTAN, 1949 : la plus puissante organisation militaire aujourd’hui toujours et héritage le plus visible de la GF ; OTASE, 1954-1977 : Pakistan, Thaïlande, Philippines, Australie, NZ ; Pacte de Bagdad, 1955-1979 : Turquie, Irak, Iran, Pakistan, RU ; ANZUS, 1951 : Australie et NZ ; Traités bilatéraux avec l’Arabie Saoudite en 1945, le Japon en 1951, la Corée du Sud en 1953, Taïwan en 1954, Israël en 1962.

Les États-Unis mènent une politique anti-communiste, mais elle s’amplifie dès lors que l’URSS, puis la Chine, obtiennent la bombe : les dangers sont plus grands et l’équilibre de la terreur se met en place. Ainsi, Truman lance la politique de Containment (endiguement) dès 1947, poursuivie par Eisenhower par une politique plus dure encore dite de Roll Back (reflux) : la mise en place du bloc occidental autour de ces politiques est un système aux dimensions militaire, politique, idéologique, économique et même culturel.

La place des pays dits du « Tiers monde » est évidente : les pays nouvellement décolonisés souhaitent rester neutres et « non alignés » sur les blocs (Conférences de Bandung en 1955, puis de Belgrade en 1961). Ces pays peuvent dans la réalité difficilement résister à des prises de parti en faveur de l’un ou l’autre des supergrands, des rapprochements sont réguliers.

C’est au niveau culturel et social que la puissance des EU s’affirme au monde dans les années 1950 et 60 : c’est l’époque du triomphe du modèle américain, de la diffusion à grande échelle de l’American Way of life et de l’American Dream. Le modèle économique s’internationalise avec l’extension du libre-échange, alors que les pays occidentaux connaissent les Trente Glorieuses. C’est la grande époque du taylorisme/fordisme triomphant qui atteint son apogée. La consommation des ménages croît rapidement car il faut s’équiper en biens de consommation : voiture, électroménager. La richesse globale des EU quadruple sur la période et le commerce extérieur et largement bénéficiaire et connaît une forte croissance. Hormis le domaine spatial dans lequel l’URSS se démarque par deux coups d’éclat (1957 : Spoutnik et 1961 : Gagarine), l’influence des États-Unis dans le monde ne cesse de grandir et le pays attire savants et intellectuels, étudiants du monde entier. Ce mode de vie est ouvert à tous, les migrants y ont toute possibilité, et le pays peut accueillir chacun, sans distinction : c’est l’image du melting pot. Ce mythe de la réussite est largement relayé à travers le pays, puis à travers le monde, par la publicité, les films, et par certaines vedettes issues de milieux modestes (Marilyn Monroe). Des produits comme Coca- Cola symbolise de la mondialisation. Cependant la puissance s’érode.

Le président démocrate J.F. Kennedy est assassiné en novembre 1963 à Dallas. C'est l'effondrement d'un mythe américain. Lyndon Johnson devient le nouveau président et tente de poursuivre la politique sociale de Kennedy, notamment contre la ségrégation. Mais c’est lui qui engage le pays dans la guerre du Vietnam en 1963. Les médias américains révèlent vite l’ampleur et la nature de cette guerre à partir de 1965. L’incompréhension est nette, car intervenir massivement et avec grande violence à 12000 km de leurs frontières et dans un pays où ils n’ont pas d’intérêts vitaux est mal perçu.

Dans le pays, les droits de l’homme sont bafoués largement par le système de ségrégation qui persiste, et la misère qui représente 25 % de la population. En effet, la discrimination raciale se maintien partout, dans les lieux publics et écoles réservés aux blancs, les listes électorales leur sont difficilement accessible : les noirs sont tenus à l’écart de la promotion scolaire et du pouvoir par la société WASP. Près du quart de la population américaine en 1960 est considérée comme pauvre (soit environ 40 millions de personnes). Les secteurs industriels touchés par le chômage entretiennent cette pauvreté, car les indemnités sont très faibles.

En 1954, la Cour Suprême déclare illégale la ségrégation. Cette déclaration n’est pas suivie d’effets notoires. C’est alors que le combat pour l’égalité des droits est lancé dès 1955 par le pasteur Martin Luther King : il fait l’apologie de la non-violence et utilise le boycott et organise des marches pour la liberté. Mais de nombreux États poursuivent une politique de discrimination, ou alors laissent faire. JFK impose la nomination de noirs à des postes importants et prépare un projet de loi interdisant toute ségrégation. Lyndon Johnson la fait voter en 1964 : loi sur l’égalité civile (« Civil rights act »), puis sur l’égalité politique en 1965. C’est l’État fédéral qui impose cela et qui contrôle leur application dans les États récalcitrants.

Le mouvement noir se radicalise avec la multiplication d’émeutes dans les ghettos entre 1965 et 1968 : des mouvements violents comme les Black Panthers se forment et certains revendiquent un pouvoir noir (Black Power) fondé sur un racisme anti blanc. Des leaders plus radicaux prennent le dessus, tels Malcolm X (assassiné en 1965).En 1968, ML King est assassiné à son tour à Memphis, mais la prise de conscience de la population américaine est plus nette et les réformes commencent à porter quelques fruits.

Au niveau économique, les déficits s’accumulent et les dépenses augmentent, notamment pour la Guerre du Vietnam. Le président Richard Nixon annonce donc en août 1971 la fin du système de Bretton Woods : l’affaiblissement du dollar et le ralentissement de la croissance l’amènent à supprimer la convertibilité du dollar en or, puis à dévaluer, entraînant un désordre monétaire international. Les années 1970 sont celles des deux chocs pétroliers de 1973 et de 1979 qui entrainent l’explosion des prix du pétrole, la baisse de compétitivité et de la production industrielle. Le chômage explose à son tour pour atteindre près de 10% de la population active au début des années 1980.


Ronald Reagan fonde sa campagne présidentielle sur le slogan « America is Back », défendant une politique conservatrice, et souhaitant tout mettre en œuvre pour que les EU réaffirment leur puissance. Une politique axée principalement sur le règlement des problèmes économiques et sur la supériorité militaire, au détriment du social.

Au niveau économique, il adopte les thèses néolibérales et rejette toute intervention de l’État. C’est la fin de l’État-Providence (Welfare state). Il faut réduire les dépenses sociales, et relancer l’offre plutôt que la demande. En effet, l’économie repart et le chômage finit par diminuer à partir de 1984, mais les emplois proposés sont bien plus précaires et mal payés parfois. Ce modèle est adopté par l’Angleterre de Margaret Thatcher. Le modèle semble fonctionner et de nouveaux immigrants s’installent aux EU (Chinois, vietnamiens, latinos surtout).

Au niveau international, Reagan s’affirme comme un anti-communiste virulent : l’URSS devient l’ « empire du mal » et il faut le combattre avec toutes les armes possibles. Reagan relance la course aux armements et à l’espace. Réélu en 1984, Reagan poursuit sa politique frontale, jusqu’à l’arrivée en URSS de Gorbatchev avec lequel une détente nouvelle semble possible : les dernières années de son mandat sont placées sous le signe d'une ouverture relative.

En 1991, les EU apparaissent comme les vainqueurs de la Guerre froide, d’autant plus que les anciens pays communistes sont attirés par le modèle occidental (démocratie, capitalisme et société de consommation). On parle même d’hyperpuissance pour désigner les EU.

Cette supériorité est d’abord militaire. Elle repose sur des dépenses militaires élevées, leur offrant la capacité de garantir la paix et de protéger leurs intérêts par la force (hard power), partout dans le monde. Les EU sont aussi une puissance économique et financière : 20% du PNB mondial, dollar monnaie d’échange internationale. Enfin, les Etats-Unis disposent d’une influence culturelle sans rivale (soft power), culture copiée dans le monde entier.

Les années 1990 sont celles du triomphe du modèle libéral dans le monde en raison de l’effondrement soviétique et de l’accélération de la mondialisation. Les deux seuls bastions du communisme qui subsistent dans les années 1990-2000 sont Cuba et la Corée du Nord, dont les leaders s’appuient sur la violence d’État et le culte de la personnalité. Enfin, on constate un progrès général de la démocratie et des droits de l’homme sur l’ensemble de la planète durant la décennie 90. En Afrique, en Amérique latine et en Aise, la plupart des États adoptent le multipartisme, et les élections permettent le renouvellement des classes dirigeantes dans certains pays . Seuls les pays du Moyen-Orient restent majoritairement des régimes autoritaires, sous apparence de démocratie pour certains (Arabie Saoudite des al-Saoud, Tunisie de Ben Ali, Egypte de Moubarak...)

Sous les deux mandats de George Bush Jr (2000-2008), le modèle est largement contesté, à la fois à l’extérieur et à l’intérieur. Ni Clinton, ni Bush ne parviennent à redresser réellement le pays et à lui donner une place de puissance incontestée. La société américaine reste une des plus inégalitaires au monde : la pauvreté subsiste, le racisme n’a pas disparu. La crise économique mondiale majeure qui débute fin 2007 du fait des graves erreurs du marché américain amène de nombreux pays à contester plus durement encore le modèle capitaliste libéral imposé.

Sur le plan extérieur, les EU n’ont jamais été aussi contestés : leur volonté d’imposer leur modèle démocratique hors des frontières, au détriment des cultures et civilisations locales se révèle aujourd’hui toujours un échec. L’après-guerre froide laisse ainsi plutôt l’idée d’un monde qui devient peu à peu multipolaire.

Le 11 septembre 2001, des attentats-suicide touchent New York, provoquant plus de 3000 morts. Le choc psychologique est considérable. L’administration américaine désigne le suspect principal : Oussama Ben Laden, chef du réseau terroriste international Al-Qaïda. Ce réseau n’est pas nouveau puisqu’il opère depuis plus d’une décennie contre les intérêts américains à travers le monde : la plupart de ses membres sont d’anciens talibans armés dans les années 1980 par les EU en Afghanistan durant la guerre contre l’URSS.

L’Axe du mal désigne depuis 2002 les pays soupçonnés de vouloir se procurer des armes de destruction massive et de soutenir le terrorisme international : Irak, Iran, Afghanistan, Corée du Nord, Soudan, Libye, Syrie. George Bush lance son pays dans une véritable croisade contre l’Axe du mal, donnant à cette lutte antiterroriste une tonalité messianique (théorie du « choc des civilisations »). Cette vision caricaturale a été très critiquée par la suite, accusée d’engendrer elle-même ce qu’elle annonce, c’est-à-dire une lutte entre Occident et civilisation islamique.

La première phase de cette guerre est l’invasion de l’Afghanistan en 2001, État dirigé par des fondamentalistes musulmans (talibans). Le pays est accusé de fournir refuge à Ben Laden. Une coalition internationale, avec l'aval de l'ONU, défait rapidement le régime.

Dans le même temps, les EU accusent Saddam Hussein d’entretenir des liens avec Al-Qaïda et de détenir des armes de destruction massive. Ces arguments ne convainquent pas l'ONU et son Conseil de sécurité (véto de la France). Ce n’est que des années plus tard, alors que prend fin le second mandat de George Bush, que le Sénat américain révèle officiellement que les accusations n’étaient pas fondées et que les « preuves » étaient fausses.

Les EU ont tout de même décidé d’envahir l’Irak en mars 2003. La victoire est rapide et l’ONU accepte alors d’aider à réorganiser le pays. Les États-Unis ont alors voulu établir des institutions démocratiques dans le pays. Mais de nombreuses critiques se sont élevées considérant qu’il s’agissait d’imposer des valeurs strictement occidentales à des peuples et dans des régions où les traditions sont autres, et au mépris de ces mêmes traditions. Les critiques sont d’autant plus vives que le pétrole irakien passe directement sous contrôle des armées américaine et britannique.

Les prisonniers d’Afghanistan et d’Irak ont pour certains été enfermés dans des prisons spéciales, en Irak à Abu Ghraib, et à Cuba dans la prison de Guantanamo : les tortures qu’ils y ont subies ont été rapidement révélées au public, discréditant d’autant plus les États-Unis dans leur défense de la démocratie et des droits de l’Homme. Ces deux guerres ont été imposées par la vision des « faucons », groupe de conseillers néo-conservateurs, œuvrant à un leadership global des EU sur le reste du monde, tout en négligeant les principes et les institutions internationales.

Elu en 2008, Obama inaugure une nouvelle politique extérieure. Il amorce le désengagement des troupes en Irak (2012) et renoue avec les instances internationales (ONU, G20), accordant plus d’importance à la question du développement durable et à la gouvernance économique mondiale. En 2011 et 2013, les EU laissent la France et le Royaume-Uni résoudre seuls les questions libyenne puis malienne.

 

Au début des années 2000, les ménages américains sont de plus en plus endettés et recourent toujours plus au crédit : pour faire face à la demande toujours plus forte, et sans le contrôle de l’État, les banques vont librement inventer des solutions complexes et dangereuses pour financer les crédits qu’elles accordent aux particuliers (crise des subprimes : crédits immobiliers). Et en 2006, les prix de l’immobilier se tassent ce qui met en danger les banques qui ont trop prêté d’argent. En 2007, les banques américaines et occidentales qui ont joué le même jeu sont en grande difficulté et lorsqu’en septembre 2008, la deuxième plus grande banque américaine fait faillite, c’est tout le système qui s’effondre et qui est remis en cause. 

La reprise n’est entamée que depuis le milieu de 2009, mais le système financier est bien loin d’être assaini, et les règles d’encadrement promises par les États ne sont pas encore en place : les banques continuent de spéculer librement et les traders en tirent toujours des revenus énormes. Dans le même temps, les puissances publiques qui ont financé l’aide, sont dans des situations d’endettement sans précédent. De plus, les positions du nouveau président Donald Trump mettent le doute sur la direction que vont prendre les EU dans un futur proche…


DEUXIEME PARTIE

ETUDE CRITIQUE DE DEUX DOCUMENTS EN GEOGRAPHIE

Thème concerné : Les dynamiques de la Mondialisation

Chapitre concerné : Les territoires dans la mondialisation

Niveau global du sujet : complexe.

Consigne : « Les villes sont des territoires de la mondialisation ». Commentez cette affirmation à partir d’une étude critique des deux documents.

L’enjeu du sujet est la ville. En effet, dans le cadre du chapitre les territoires dans la mondialisation, vous avez vu plusieurs types de territoires, mais là il s’agit d’une étude portant uniquement sur la ville. Des termes tels que : métropole, mégapole, mégalopoles sont à utiliser dans votre copie, en complément des documents.


La mondialisation est un phénomène planétaire, touchant toutes les régions et toutes les populations du monde. Cependant, son impact est variable en fonction des espaces et des sociétés.

La mondialisation valorise un ensemble de territoires, à différentes échelles. A l’inverse, d’autres espaces sont marginalisés par la mondialisation. La nouvelle hiérarchie des territoires établie par la mondialisation met particulièrement en avant les espaces maritimes.


Depuis la Première Révolution Industrielle, les activités et les populations se sont concentrées dans et autour des villes, à travers le phénomène de métropolisation. Les deux documents proposés dans le cadre de cette étude sont de nature différentes. Le document 1 est un classement schématique des « villes mondiales » selon des critères établis par le cabinet JLL, un cabinet spécialisé dans l’immobilier d’entreprise. Le document 2 est un extrait d’article écrit par Lise Bourdeau-Lepage, « Un monde polycentrique et métropolisé » parut dans la documentation française (N°60) en 2013 (mars-avril). Dans cette article, l’auteur s’attache à définir les points communs des métropoles globales.


Pour elle (doc 2), certaines grandes métropoles concentrent, tout particulièrement, des fonctions de commandement : politique (sièges gouvernementaux et d’organisations internationales), économique (sièges sociaux de transnationales, bourses et marchés financiers), scientifique (grandes universités ou laboratoires de recherche) et culturelle (lieu d’activité et de résidence des catégories les plus riches, ville cosmopolite, création artistique, direction des grands médias, accueil de congrès internationaux, musées renommés et lieux de manifestations sportives très médiatisés). Ces principes sont repris aussi par le document 1, au travers des critères choisis pour le schéma : 

- Quantité de centre d’affaires spécialisés (principes politiques et économiques)

- Fréquentation touristique (principe culturel)

- Présence d’université (principe scientifique) 


De plus, ces villes mondiales constituent les lieux les plus accessibles de la planète en raison de la qualité de leurs infrastructures de transport (30 aéroports polarisent 70 % du trafic aérien mondial) ce qui leur permet de capter, filtrer et redistribuer aussi bien les flux humains que ceux de capitaux et de marchandises. On retrouve ce critère aussi dans le doc. 1 : infrastructures portuaires et aéroportuaires. Au final, une trentaine de villes répondent à ces différents critères à la tête desquelles se trouvent les villes de New York, Tokyo, Londres et Paris que l’on nomme parfois les villes globales (classement doc 1). Les autres villes mondiales disposent de moins d’influence ou se spécialisent dans certains domaines (banque à Zurich, cinéma à Los Angeles, commerce et tourisme à Dubaï).

 

Les villes mondiales sont environnées d’autres villes de taille variée formant ainsi des régions urbanisées pouvant être, parfois, des mégalopoles : c’est-à-dire de vastes ensembles urbains concentrant des services de haut niveau, un important appareil industriel et un marché à très haut niveau de vie (doc 2). Les mégalopoles rassemblent une pluralité de pôles fonctionnels diversifiés et complémentaires qui renforcent la puissance de la ville mondiale (Megalopolis autour de New York, mégalopole japonaise autour de Tokyo, mégalopole européenne autour de Londres). Les mégalopoles sont alimentées en matières premières agricoles et industrielles par de puissantes façades maritimes qui les relient au monde.


L’importance des relations entre villes mondiales conduit à la formation d’un réseau urbain : l’archipel métropolitain ou mégalopolitain mondial rassemblant les villes importantes du monde (villes mondiales, mégalopoles, métropoles régionales, régions urbaines) qui concourt à la direction du système-monde (doc 2.). Ce réseau est hiérarchisé : les métropoles du Nord dominent encore malgré l’émergence de nouvelles villes mondiales (Singapour, Shanghai, Hong Kong) ou de métropoles régionales (Mumbai, Johannesburg) dans les pays émergents du Sud. L’intensité des relations entre ces villes limite, parfois, les relations avec les propres territoires nationaux de ces villes. Par exemple, les métropoles des pays émergents polarisent les activités modernes conduisant à l’accumulation d’oppositions sociales et de dysfonctionnements entre elles et le reste de leur territoire national.


A l’échelle locale, les aires métropolitaines s’étendent et ne s’organisent pas autour d’un centre unique : le centre historique, dont l’influence était forte auparavant, doit faire face à l’attraction de nouveaux espaces se développant et se diversifiant en périphérie avec la constitution de pôles d’emplois spécifiques, de technopôle, de quartiers d’affaires (CBD – Central Business District) ou de plates-formes logistiques. Toutes les villes mondiales offrent une même uniformité architecturale avec la présence de gratte-ciels qui constituent les marqueurs paysagers de cette centralité fonctionnelle. A l’inverse, la concentration de pouvoir et de richesses dans ces espaces provoque l’exclusion croissante d’autres espaces. La présence de poches de pauvreté et d’inégalités est de plus en plus visible.

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