La Chine depuis le mouvement du 4 mai 1919

La Chine depuis le mouvement du 4 mai 1919

Cette fiche de révision porte sur le cours La Chine depuis le mouvement du 4 mai 1919 dans la séquence des chemins de la puissance au programme de la terminale et du Bac ES. Notre professeur vous propose de revoir gratuitement toutes les notions importantes de cette leçon et pensez à répondre au quiz pour vérifier que vous avez bien tout retenu !

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L'ouvrage Quand la Chine s'éveillera... le monde tremblera d'Alain Peyrefitte en 1973 est réellement précurseur à l'émergence de la Chine depuis quelques décennies. La fin du premier conflit mondial marque le début d'une évolution menant à la situation actuelle, une sorte de bipolarisation mondiale partagée entre l'hyperpuissance américaine et la puissance émergente de la Chine. Le mouvement étudiant et nationaliste du 4 Mai 1919 marque le début d'une conscience patriotique principalement menée à l'encontre de l'empire japonais, et surtout configure le pays à l'arrivée des communistes, dont le parti est créé en 1921. La montée en puissance de la Chine dans les années 1980 représente un bouleversement important dans l'organisation mondiale et surtout dans les rapports entre les puissances posant ainsi la question d'un possible « déclin » de la puissance américaine. Le pays a connu une évolution originale, passant d'un sous-développement économique avec une mise sous tutelle politique, à une position mondiale économique et politique. Il faut distinguer trois étapes de cette montée en puissance.
La première moitié du XXème siècle est marquée par la domination étrangère et par des guerres civiles, situation de moins en moins acceptée par la population. Ensuite, avec 1949 débute l'ère Mao et la construction d'un Etat communiste totalitaire et une quête de puissance pourtant anéantis par cette même politique maoïste. Enfin, la mort du dirigeant communiste en 1976 marque le début d'une ère nouvelle, celle de la puissance économique et financière mondiale.
Peut-on dire que la Chine, à l'issue d'un parcours totalement différent de celui des Etats Unis, incarne désormais cette notion de puissance ?

I - La quête de l'indépendance (1919-1949)

1 - Affirmation et division du nationalisme

1 - Le contexte avant la Première Guerre Mondiale

A la fin du XIXème siècle, la Chine n'est pas colonisée mais est divisée en zones d'influence économique. Les « traités inégaux » accordent des concessions aux européens et aux japonais. Néanmoins, une partie de la population chinoise souhaite pouvoir accéder à l'indépendance tout en modernisant le pays. Suite à la révolution chinoise de 1911 menée par Sun Yat-Sen, ce dernier proclame la République Chinoise en janvier 1912 puis fonde le Guomindang (parti nationaliste) le 25 Août 1912. Cependant, il n'a pas de soutien populaire et doit céder le pouvoir au général Yuan Shikai qui établit un pouvoir dictatorial et tente de restaurer l'empire avant de mourir en 1916.

2 - L'effervescence urbaine

A la mort de Yuan Shikai, la Chine est divisée politiquement entre les « seigneurs de la guerre » (1300 seigneurs et 130 guerres recensées) : armée privée, trafic d'opium, exploitation des paysans, banditisme. Pendant la guerre, les japonais profitent de l'absence des européens pour s'imposer. Dans ce contexte, la Chine littorale connait un boom économique (1917-1922) : développement industriel (textile, tabac), réévaluation de la monnaie chinoise, Shanghai devient le centre de la renaissance littorale (tramway, publicités, électricité...). Parallèlement, une modernisation culturelle s'opère avec l'Appel à la jeunesse de Chen Duxiu (fondateur de la revue Nouvelle Jeunesse) : abandon de la culture traditionnelle, modernisation d'urgence en opposition aux modernisateurs qui pensent pouvoir concilier culture chinoise et technologies occidentales.

3 - Le mouvement du 4 Mai 1919

En 1917, la Chine est entrée en guerre avec les Alliés pour espérer récupérer le Shandong (domination allemande). En 1919 à la conférence de la paix, les européens préfèrent pourtant satisfaire les japonais en échange d'un prêt. Le 4 mai 1919, 3000 étudiants menés par Chen Duxiu se réunissent devant la porte de Tian'anmen : 1 mort et 32 arrestations, slogans modernistes (« A bas Confucius et compagnie ») grèves à Pékin et Shanghai, boycott des produits japonais. Les grèves se généralisent et les ouvriers, la bourgeoisie commerçante et industrielle rejoignent le mouvement. Le gouvernement démissionne, la Chine refuse de ratifier le traité de Versailles, et récupère le Shandong en 1922.
En 1920, Sun Yat-Sen fonde à nouveau le Guomindang tandis que Chen Duxiu créé en 1921 le parti communiste chinois (PCC) et un syndicalisme révolutionnaire, en lien avec le Komintern. Les deux partis s'unissent en 1923. Après la mort de Sun Yat-Sen en 1925, la gauche se divise (comme en Allemagne) entre communistes et nationalistes. Ces derniers sont représentés par Jiang Jieshi qui s'écarte du communisme et combat les seigneurs de la guerre. Le 12 Avril 1927 il fait éliminer 5000 communistes et rompt avec l'URSS.

2 - Guerre civile et menace japonaise : 1927-1937

1 - La guerre civile

En 1927, la guerre civile empêche la Chine de s'affirmer dans le monde. Tchang Kai-Chek devient le leader du gouvernement nationaliste en 1928 tandis que Mao Zedong prend la tête du PCC en 1935. Le Guomindang, épuré des communistes et de ses membres de gauche, devient un parti de militaires, de policiers et de fonctionnaires carriéristes. Les paysans sont frappés par une fiscalité arbitraire, une crise agricole et la famine. Les communistes se retirent à l'intérieur des terres et l'Armée rouge (200000 soldats), organisée par Mao résiste par la guérilla aux « campagnes d'anéantissement » lancées chaque année par le Guomindang. Cependant, en 1934, la 5ème campagne d'anéantissement est plus efficace et oblige les communistes à fuir vers le nord : c'est l'épisode de la Longue Marche (1934-1935), un parcours de 12000km, qui permet à Mao de prendre la tête incontestée du mouvement communiste.

2 - L'opposition au Japon

En 1931, le Japon se lance dans une politique d'agression et de mise sous tutelle de la Chine, favorisée par son avance technologique et militaire. La Mandchourie est détachée de la Chine est renommée Mandchoukouo, un état fantoche sous protectorat japonais. En 1937, l'attaque japonaise est violente : l'unité 731 (expérimentations médicales) fait des ravages chez les prisonniers et les massacres de Nankin font près de 100000 morts.

3 - Guerre sino-japonaise et nouvelle guerre civile (1937-1949)

1 - Conflit avec le Japon, 1927-1945

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, toute la Chine littorale est touchée : malgré son infériorité numérique l'armée japonaise est supérieure grâce à sa force motorisée et aérienne. Pékin, Shanghai et Nankin sont rapidement conquises. La Chine se divise en trois : à l'Est la Chine occupée (« utile ») avec des gouvernements collaborateurs ; au Sud-Ouest la Chine libre qui perçoit une aide américaine mais la corruption est forte, les paysans meurent à cause des corvées et de la famine (2-3 millions), l'armée est mal commandée et ravitaillée (4 millions de pertes et 8 millions de déserteurs sur 16 millions) ; au Nord, la Chine Rouge où Mao lutte contre les japonais en éliminant ses opposants et prône la révolution paysanne.

2 - La guerre civile, 1945-1949

Dès 1945, la guerre civile reprend entre le PCC et les nationalistes soutenus par les américains. En 1946-1947, les nationalistes remportent quelques batailles en Mandchourie mais échouent à la récupération des régions reconquises : régions reprises aux communistes et retour des grands propriétaires s'accompagnent de violences rapprochant les paysans de l'Armée Populaire de Libération (APL). En Automne 1947, l'APL refoule les nationalistes et le 1 er Octobre 1949, Mao proclame la République Populaire de Chine sur la place Tian'anmen : il se pose ainsi en héritier de ceux qui voulaient moderniser l'état en 1919. Les nationalistes se réfugient à Taiwan et sont toujours reconnus par les américains. A l'ONU, ce sont donc les nationalistes qui occupent le siège au Conseil de sécurité : en protestation, l'URSS se retire du Conseil.

II - La Chine communiste (1949-1978)

1 - L'alliance avec l'URSS

1 - L'arme de l'URSS en Asie

La politique soviétique en Asie est relayée par la Chine qui intervient au nom du bloc de l'Est. En 1950, lors de la guerre de Corée, la Chine envoie des milliers de « volontaires » dans une offensive sur le Yalou. Elle soutient également le Vietminh au Vietnam dans la guerre d'Indochine contre la France. De plus, la Chine prend le contrôle du Tibet qu'elle occupe militairement en 1950. Néanmoins, Mao n'arrive pas à mettre fin à la présence étrangère et ne souhaite pas (n'ose pas) risquer une confrontation avec les Etats Unis. Ainsi, Hong Kong reste britannique et Macao portugaise, aucune opération militaire n'est tentée contre Taiwan.

2 - Un modèle pour les pays en développement

L'URSS utilise également la Chine comme un « cheval de Troie » dans le Tiers-monde. Elle est présente à la conférence de Bandung en 1955 qui réunit pour la première fois les dirigeants asiatiques et africains des pays du Tiers-monde. Son développement autocentré est présenté comme le modèle d'un socialisme adapté aux pays en voie de développement.

2 - Le rayonnement maoïste

1 - La rupture avec l'URSS

Mao s'oppose au mouvement de déstalinisation lancé en URSS dès 1956. Il souhaite continuer en suivant une ligne politique plus dure et rompt dont le traité avec l'Union Soviétique en 1960. La Chine développe alors une voie communiste indépendante qui affirme ses ambitions mondiales. En 1969, des tensions apparaissent à la frontière sino-soviétique.

2 - L'influence maoïste

Ce modèle est fondé sur l'autonomie de communes révolutionnaires et sur des opérations économiques et politiques. En 1960, le « Grand Bond en avant » sensé industrialiser le pays rapidement est un échec. En 1968n la « Révolution culturelle » est un vaste mouvement d'application radicale du communiste s'appuyant sur les Gardes Rouges.

3 - La Chine de retour sur la scène internationale

1 - Le grand jeu de la guerre froide

La Chine souhaite utiliser le contexte de la guerre froide pour revenir sur la scène internationale et cela passe par l'acquisition de la bombe atomique en 1964 ainsi qu'un discours très radical contre le capitalisme. Néanmoins, elle développe également une politique pragmatique en négociant un accord avec les Etats Unis en 1971. Les américains profitent de la division du bloc de l'Est et en échange, la République populaire remplace Taiwan au Conseil de sécurité de l'ONU.

2 - Un rayonnement maoïste limité ?

Dans certains pays en développement, le modèle chinois est adopté, comme en Tanzanie ou au Cambodge en 1975 où les Khmers rouges prennent le pouvoir. Beaucoup de pays africains passent des accords économiques avec la Chine mais ne suivent pas nécessairement la voie du communisme. En occident, les étudiants maoïstes sont nombreux lors du mouvement de Mai 1968, le Petit Livre Rouge de Mao se répand. Néanmoins, le succès reste limité puisqu'au Cambodge la politique des Khmers rouges se solde par un génocide et les vietnamiens prosoviétiques envahissent le pays en 1979 pour mettre fin au régime. Chez les intellectuels, la vague maoïste s'essouffle rapidement.

III - L'émergence d'une grande puissance depuis 1978

1 - Ouverture économique

En 1976, le successeur de Mao Deng Xiaoping adopte une politique plus modérée mise en place à partir de 1978. Cette nouvelle voie passe par la priorité donnée à l'économie : de nouvelles zones économiques spéciales sont créées comme à Shenzhen, afin de permettre des échanges commerciaux avec le monde capitaliste et surtout pour créer une production de masse à bas coût.
Le pays reste une dictature communiste dirigée par un parti unique qui réprime violemment la rébellion des tibétains. En 1989, un mouvement animé par des étudiants demande plus de libertés sur le modèle des démocraties populaires européennes où les régimes communistes sont renversés. Le 4 Juin 1989, une nouvelle manifestation sur la place Tian'anmen est très violemment réprimée.

2 - L'affirmation géopolitique

A l'échelle régionale, la Chine s'affirme. Elle revendique encore un certain nombre d'îles de la mer de Chine (Spratly ou Paracels par exemple). Elle poursuit également sa politique de fermeté envers Taiwan et soutient le régime de Corée du Nord. De par ses actions, elle contribue à entretenir un climat de guerre froide (après la fin de celle-ci) en Asie orientale. Elle obtient aussi la rétrocession de Hong Kong en 1997 et de Macao en 1999 où un statut plus libéral est maintenu.
A l'échelle mondiale, la Chine a réussi à faire sa place en intégrant l'OMC en 2001 et le G20 en 2008. Son PIB est le deuxième du monde faisant du pays un acteur indispensable de la mondialisation. Les investissements chinois sont de plus en plus nombreux en Afrique mais aussi dans l'espace Caribéen, ce qui lui permet d'investir dans le secteur clé des matières premières.

3 - Les limites de la puissance

Sa présence dans le monde relève surtout du hard power : son armée (deuxième du monde) lui permet d'éviter les sanctions internationales pour ses actions de répressions des opposants au régime comme les tibétains. Le soft power chinois reste encore très limité bien que la diaspora chinoise de par le monde contribue de plus en plus au rayonnement du pays. Les JO de Pékin ont aussi contribué à une certaine ouverture (bien que relative du pays)
Néanmoins, son influence en Asie n'est pas négligeable. La Chine est encore un pays en voie de développement mais est actuellement une puissance incontournable dans un contexte mondial multipolaire.
Conclusion
Actuellement, la puissance chinoise effraie et est accusée d'être un paradis pour la contrefaçon et la corruption ainsi qu'un concurrent déloyal et responsable de la désindustrialisation des pays développés. Néanmoins, la nouvelle puissance asiatique comporte certaines faiblesses : vieillissement, contestations sociales, minorités contestataires, soft power modeste, croissance à l'impact important sur la dégradation de l'environnement.
Fin de l'extrait

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Les avis sur ce document

claire2509
5 5 0
20/20

Bonjour,

En effet cette fiche n'est plus au programme, c'est celle-ci qu'il vous faut consulter :

https://www.bac-es.net/document/histoire-geo/la-chine-et-le-monde-depuis-1949-histoire-geographie-terminale-es-3402.html

Bonnes révisions !

par - le 04/04/2017
lucecrpt
2 5 0
8/20

Je trouve que c'est un bon résumé que certains éléments mériteraient d'être mentionné plus en détail , la politique des 4 modernisations de Deng Xiaoping ou encore les problèmes Chinois liés à la population: politique de l'enfant unique, gradient de richesse etc.

par - le 13/06/2016
Nexus969
5 5 0
20/20

Merci, mais seuls le II et le III sont toujours dans le programme.

par - le 12/06/2014
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