L'Afrique et les défis de développement

L'Afrique et les défis de développement

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Cette fiche présente le continent africain. Après avoir étudié le Sahara dans un premier temps, cette fiche permet de faire une mise en perspective et de présenter le développement inégal du continent.

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Le contenu du document

Cette étude est incluse dans le 2e chapitre sur le thème « Dynamiques des grandes aires continentales ».

PRÉREQUIS

Avant d’aborder cette fiche, il faut avoir lu celle sur le Sahara qui permet d’introduire des notions importantes sur cet espace. Ainsi, la fiche sur le Sahara a permis de montrer que l’Afrique est un continent en développement économique et qui est de plus en plus intégré dans la mondialisation. 

Néanmoins, cette intégration est inégale en fonction des espaces : ainsi l’intérieur des terres est en marge. Par ailleurs, les populations ne profitent pas toujours de cet essor économique.  

OBJECTIFS

Après la lecture de cette fiche, il faut avoir en tête que l'Afrique, si elle a connu de nombreux progrès en termes de développement économique et de développement humain, ainsi que d'intégration dans la mondialisation, connaît de fortes disparités. 

Les espaces les mieux intégrés à la mondialisation sont ceux qui ont des infrastructures routières et portuaires développées (pays du Nord et Afrique du Sud). Les États qui connaissent un enclavement sont en marge de la mondialisation. 

De plus, l'Afrique subsaharienne est marquée par des problèmes de développement, liés aux différents conflits, à des problèmes politiques mais aussi à la transition démographique qui commence à toucher les populations.

Les notions suivantes sont à maîtriser : mondialisation, développement humain, diaspora, fracture numérique, économie informelle, espace de transit, paradis fiscal, migration, remise, IDE, clandestin, économie de rente, pays émergent, PMA, transition démographique, sous-nutrition, autosuffisance alimentaire, P.A.S.

Introduction

L’Afrique est un continent composé de 54 pays (y compris les îles africaines de l’océan Indien). D’une superficie de 30 millions de km2, il s’agit d’un continent bordé au nord par la mer Méditerranée, à l’ouest par l’océan Atlantique et à l’est par la mer Rouge et l’océan Indien. 

C’est le 2e continent le plus peuplé du monde : il accueille 1,225 milliard d’habitants (plus de 16% de la population mondiale).

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Cet espace est marqué par une grande diversité, qu’il s’agisse des langues parlées, des peuples qui y habitent, des climats, mais également des paysages. 

Longtemps marginalisée (le géographe René Dumont affirmait ainsi que “l’Afrique est mal partie…” en 1962), l’Afrique s’intègre de plus en plus dans la mondialisation.

DÉFINITION : Mondialisation. Interdépendance de tous les espaces et de toutes les économies mondiales par une intensification des échanges. Ceci permet une multiplication des flux de biens, de capitaux, d’informations et de personnes.

Ainsi, son intégration récente modifie rapidement les territoires et les sociétés. Cependant, le développement économique ne permet pas à toutes les populations d’accéder à un développement humain.

DÉFINITION : Développement. Le développement est marqué par le passage d’une économie agricole avec une pauvreté généralisée, à une économie urbaine avec une pauvreté minoritaire.

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Problématiques :

  • Existe-t-il un lien entre les disparités de développement en Afrique et l’inégale intégration dans la mondialisation ?

I. UN CONTINENT INÉGALEMENT INTÉGRÉ À LA MONDIALISATION

A. Une intégration récente à la mondialisation

1.  Afrique et mondialisation économique

Si de nos jours le continent pèse encore peu dans les échanges mondiaux officiels (3% en 2012), les signes d’ouverture, voire d’intégration, se multiplient. 

Ainsi, l’Afrique attire, depuis le début des années 2000, autant d’investissements privés que la Chine, à savoir 50 milliards de dollars par an. D’ailleurs, les investissements chinois sont massifs aujourd’hui, au point que l’on parle parfois de « Chinafrique ». 

En effet, en 2012, près de 750 000 Chinois travaillent en Afrique, dans différents secteurs : grandes sociétés, petites entreprises et commerces, agriculture, secteur informel (marché noir, trafic, petits boulots, ventes illégales).

En outre, le continent a signé des accords commerciaux privilégiés avec l’Europe et les États-Unis : « Tout sauf les armes ! » et « African Growth Opportunity Act ».

De plus, si l’Afrique reste encore à l’écart des grandes routes maritimes et aériennes mondiales. Elle semble intégrer désormais la révolution des télécommunications et a connu une progression fulgurante de la téléphonie mobile. 

La connexion à internet progresse, grâce à la concurrence des opérateurs, malgré l’insuffisance d’infrastructures collectives (câbles, cybercafés) et privées (ordinateurs) passant de 7,7 millions d’internautes en 2001, à 50,4 millions en 2008 et plus de 700 millions en 2013. Cette meilleure connectivité permet ainsi de resserrer les liens avec les Africains de la diaspora, voire de faciliter les transferts d’argent au pays.

DÉFINITION : Diaspora. Une diaspora est la dispersion d’une communauté à travers le monde. 

Ainsi, cet usage d’internet ou de la téléphonie témoigne de la situation paradoxale de l’Afrique : continent qui reste ouvert à la nouveauté et au progrès mais qui ne possède pas les infrastructures suffisantes. 

Une grande part des Africains utilisent ainsi internet dans un cadre informel à cause de la pauvreté qui pousse à la mutualisation des outils (revente de carte de téléphone). 

Malgré tout, l’Afrique branchée ne concerne pas tout le continent et certains restent encore à l’écart des réseaux, la fracture numérique est particulièrement forte entre les villes et les zones rurales.

DÉFINITION : Fracture numérique. La fracture numérique désigne la disparité d’accès aux technologies informatiques, dont Internet.

2.  Afrique et mondialisation sauvage

L’intégration de l’Afrique à la mondialisation semble aussi être une intégration par défaut dans le cadre de l’économie informelle et des différents trafics qui permettent d’insérer certains territoires dans des échanges mondiaux, difficile à comptabiliser.

DÉFINITION : Économie informelle. L’économie informelle désigne l’ensemble des activités économiques qui échappent à la régulation de l’État. Elle est familièrement appelée « travail au noir ».

Ainsi, à partir des années 1990, l’Afrique, à la faveur de la faiblesse des États et en lien avec son urbanisation, est devenue un espace privilégié pour recycler l’argent des trafics effectués en Occident. 

Sa proximité géographique avec l’Europe a fait de certains de ses territoires des espaces de transit et de plus en plus, de production de drogue (Maroc, laboratoire de méthamphétamines à Lagos au Nigeria) en lien avec l’Amérique Latine, mais également de divers trafics tels les armes, organes, pierres précieuses, êtres humains, à destination des pays riches de l’Europe…

DÉFINITION : Espace de transit. Un espace de transit est un espace marqué par le passage d’un produit, mais qui ne bénéficie pas à l’économie locale. 

Récemment, s’y sont développés les pavillons de complaisance et de nouveaux paradis fiscaux.

DÉFINITION : Paradis fiscal. Un paradis fiscal est un pays dans lequel la règlementation monétaire et la fiscalité sont plus favorables que dans le reste du monde.  

Depuis les années 2000, la piraterie illustre la situation de l’Afrique (côte swahili et Corne de l’Afrique notamment) qui voit passer les flux de la mondialisation, sans pouvoir y prendre part, si ce n’est en les court-circuitant de manière illégale.

3. Afrique et mondialisation migratoire

L’Afrique est également une terre de circulations migratoires : la grande majorité d’entre-eux migre au sein du continent, le reste tentant sa chance en Europe essentiellement, mais également vers le monde arabe ou l’océan Indien.

Les raisons économiques et politiques sont les premières causes de ces migrations, en particulier vers l’Europe. Définitives ou temporaires, elles constituent une forme d’intégration de l’Afrique à la mondialisation car elles génèrent des flux, les remises, qui représentent une forme d’investissements plus importants que les IDE.

DÉFINITION : Migration. Changement de pays de résidence pour des raisons économiques, politiques ou climatiques.

DÉFINITION : Remise. Transfert d’argent par un émigré vers son pays d’origine. 

DÉFINITION : IDE. Investissement Direct à l’Étranger. Somme d’argent investie par des entreprises étrangères sur un territoire.

Les migrations s'expliquent d'abord par la quête d'un travail. Les destinations sont en priorité africaines : par exemple l’Afrique du Sud, seule puissance émergente du continent. 

Vers l’étranger, les pays du Golfe persique attirent des migrants qui viennent travailler dans les grands chantiers pétrochimiques ou du bâtiment. L’Eldorado européen n’est le choix que d’une minorité, en grande partie des Africains du Maghreb puis de l’Afrique noire (Nigérians, Somaliens, Mauritaniens, Cap-verdiens ou Ghanéens). 

Souvent clandestins, nombre d’entre eux issus des communautés de pêcheurs en déshérence tentent l’aventure périlleuse par la mer au mépris de graves dangers.

DÉFINITION : Clandestin. Personne qui entre illégalement dans un pays.

Les migrations forcées, pour des raisons politiques ou militaires, constituent la deuxième source de départ des Africains. Ces migrants sont accueillis en grande partie par d’autres pays africains. Les 800 000 Rwandais qui ont quitté précipitamment leur pays pour le Zaïre voisins en 1994 constituent un exemple. 

Les pays de l’est et du centre de l’Afrique génèrent le plus de migrants : Soudan, Somalie, Érythrée, Rwanda, Congo, Burundi…

Enfin, la migration des cerveaux existe également en Afrique et s’opère essentiellement à destination des pays développés, sur les autres continents : Europe et États-Unis. Ils sont ingénieurs, médecins, informaticiens…

B. Une Afrique convoitée et marquée par des conflits

L’Afrique est souvent perçue comme une périphérie, voire une marge de la mondialisation, comme sa participation aux échanges mondiaux (3%) en témoigne. Néanmoins, la plupart des pays africains vivent d’une économie extravertie ou de rentes.

DÉFINITION : Économie de rente. Économie dépendante d’une ressource naturelle, qui concentre les investissements au détriment du développement économique et social.

Ainsi, les États africains ont fondé leur économie sur l'extraction des ressources naturelles qu'ils possèdent : minerais, hydrocarbures, terres arables. Le continent détiendrait ainsi 12% des réserves mondiales de pétrole, 60% des réserves de terres cultivables, le 2ème massif forestier et 80% des réserves de coltan (minerai utilisé dans la fabrication des téléphones portables).

Récemment, la montée des pays émergents, notamment asiatiques, très consommateurs d’énergie et de matières premières, a fait de l’Afrique un espace de plus en plus convoité. 

L’Europe et les États-Unis puis les émergents comme la Chine, l’Inde ou le Brésil constituent alors les principaux partenaires commerciaux du continent. Néanmoins, cette exploitation par des FTN étrangères ne contribue que très peu au développement économique local.

Cette intégration à la mondialisation s’explique notamment car l’Afrique connaît aujourd’hui beaucoup moins de conflits que dans les années 1990, surnommées “la décennie du chaos” par la géographe Sylvie Brunel.

C. « Des » Afriques

Si un bouillonnement des sociétés africaines peut être observé depuis la décennie 2000, les fragilités demeurent et tous les États africains n’empruntent pas la même trajectoire.

Ainsi, quelques pays sont considérés comme émergents, au Nord (Maghreb comme le Maroc) et au Sud (Afrique du Sud et Botswana). Du continent, seule l’Afrique du Sud paraît réellement émerger à l’échelle mondiale comme en témoigne le fait qu’elle produise un tiers des richesses du continent.

DÉFINITION : Pays émergent. Pays dont la croissance économique est rapide grâce à une intégration récente dans les échanges mondiaux. Les principaux émergents sont la Chine, le Brésil et l’Inde.

De plus, de nombreux pays attestent d'une difficulté de développement : il s'agit de l'Afrique marginalisée, enclavée, au Sud du Sahara et notamment dans la région des Grands Lacs. 

Les situations sont plurielles au sein de l’Afrique subsaharienne qui concentre 33 des pays les moins avancés dans le monde sur 47 au total en 2017.

DÉFINITION : PMA. Pays les Moins Avancés. Les PMA sont les pays les plus en difficulté dans le monde, possédant un faible niveau de vie, un faible IDH et un manque de diversification économique.

Ils ont en commun une transition démographique tout juste débutée, une situation politique peu stable voire conflictuelle, une faible industrialisation (moins de 10% de leur PIB en moyenne) et une économie fondée sur la rente agricole (Côte d’Ivoire, Sénégal, Mali…) ou minière (RDC, Sierra Leone, Guinée…) ou encore pétrolière (Soudan et Soudan du Sud, Angola…). 

L’enclavement et la dépendance alimentaire ajoutent encore aux difficultés de ces pays. Ainsi, au Sud du Sahara, dans l’Afrique subsaharienne, 50% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour.

DÉFINITION : Transition démographique. Passage d'une situation où les taux de natalité et de mortalité sont très élevés à une situation inverse où les taux de natalité et de mortalité sont faibles. Dans les deux cas, l'accroissement naturel de la population est donc faible. Mais la chute du taux de mortalité précédant celle du taux de natalité, une importante croissance naturelle se produit au cours de la transition.

Des situations intermédiaires existent, celles des pays pétroliers (Nigeria, Gabon, Angola) dont la richesse souterraine n’est pas forcément synonyme de développement.

À grande échelle, ce sont les ruraux, habitants de bidonvilles et minorités ethniques et politiques qui sont les plus touchés, alors qu’une classe urbaine moyenne émerge progressivement dans les grandes villes, notamment des pays africains en cours d’intégration.

II. L’AFRIQUE FACE AUX DÉFIS DU DÉVELOPPEMENT

A. Le défi humain

1. Les problèmes liés à la transition démographique

En 2009, le continent africain a franchi la barre du milliard d’habitants et compte en 2017 près de 1,225 millions de personnes. La transition démographique a tout juste débuté dans une grande partie des pays d'Afrique. 

En effet, l'indice de fécondité reste très élevé : 4,6 enfants par femme en 2018 contre 2,5 au niveau mondial. La Tunisie est le pays le plus avancé dans cette transition avec un taux de fécondité de 2,2 enfants par femme en 2016 (alors qu'il était de 7,19 en 1964), identique à la France s’expliquant par un meilleur accès des femmes à l’éducation ainsi que la diffusion des modèles européens. 

Le Maroc et l'Algérie suivent avec respectivement 2,49 et 2,78 en 2016, montrant que la transition est encore en cours. Au contraire, l’Afrique subsaharienne affiche un taux de fécondité record dans le monde avec une moyenne de 4,8 enfants par femme, le Niger détenant le record mondial avec 7,24 enfants par femme (en 2016). 

Malgré tout, la fécondité a partout commencé à baisser, mais cette évolution n’empêche pas la population de croître étant donné l’importance de la population jeune en âge de procréer.

En effet, la population d'Afrique est jeune. Ainsi, en Afrique subsaharienne, la moitié de la population a 18 ans et moins, contre 26 ans pour le Maghreb, en 2013. Cependant, rares sont les États africains dont les finances permettent un investissement suffisant dans les infrastructures et le personnel éducatif afin d’offrir à ces jeunes un emploi. 

Ainsi, un autre défi de l'Afrique est de garder cette population jeune sur le continent, qui peut potentiellement émigrer pour trouver du travail ailleurs.

La transition démographique est un enjeu sanitaire majeur pour l’Afrique, notamment subsaharienne, qui cumule les moins bons indicateurs de santé au monde. En 2016, l’espérance de vie est de 60,4 ans à la naissance en Afrique subsaharienne contre 73,5 ans pour le Maghreb. 

Le taux de mortalité infantile et de mortalité maternelle montre le faible taux d’encadrement médical de la population. Ce mauvais état de santé s’explique par la prolifération des maladies qui s’avèrent meurtrières en Afrique telles les infections respiratoires, le paludisme, la rougeole ou d’autres qui s’accompagnent de symptômes contre lesquels on lutte mal en Afrique : diarrhées, déshydratation, forte fièvre… 

À ces vieilles pathologies s’ajoutent le fléau du VIH qui touche le continent africain comme aucun autre. Enfin, l’Afrique n’est pas non plus épargnée par les maladies des pays développés comme l’obésité, le cancer ou maladies cardio-vasculaires.

2. Le défi de l’alimentation

La sous-nutrition explique également ce mauvais état de santé de l’Afrique où près de 224 millions de personnes d'Afrique subsaharienne n’ont pas les 2500 calories minimums requises par jour en 2007, selon la FAO, organisme des Nations unies pour la nourriture et l’agriculture.

DÉFINITION : Sous-nutrition. État d’un individu qui ne mange pas en quantité (moins de 2500 calories par jour).

L’insuffisante modernisation des agricultures constitue un des facteurs les plus tangibles des difficultés rencontrées en la matière. 

Certains États comme le Mali, le Soudan ou le Burkina Faso ont réussi à passer le cap de l’autosuffisance alimentaire, mais au prix de l’acceptation de cultures OGM impliquant une dépendance future de ces pays à l’égard des grandes firmes transnationales de l’agroalimentaire telles Monsanto.

Ainsi, les productions de manioc, riz, fruits et légumes ont augmenté, mais inégalement selon les pays.

DÉFINITION : Autosuffisance alimentaire. L’autosuffisance alimentaire implique une sécurité alimentaire assurée par la production nationale, et donc l’indépendance alimentaire. 

La correspondance entre la géographie de la faim et celle des conflits constitue un deuxième facteur de crise alimentaire désorganisant l’agriculture et les approvisionnements, détournant l’aide alimentaire et utilisant l’arme alimentaire.

3. Le défi de l’urbanisation

L’urbanisation du continent africain a été aussi rapide qu’incontrôlée et pose aujourd’hui un vaste défi de gestion et de contrôle. 

Le manque ou l’absence d’infrastructures de transport, d’électricité mais surtout d’adduction d’eau (31% de la population en Afrique subsaharienne serait reliée à des installations sanitaires), d’évacuation des eaux usées et gestion des déchets laissent planer de grandes menaces sanitaires sur la plupart des métropoles multimillionnaires du continent.

B. Les défis économiques et environnementaux

L'Afrique est marquée par une faible part dans les échanges mondiaux, notamment parce qu'elle est en marge des grands réseaux de transports (seuls 3 ports d'Afrique du Sud se classent dans les 100 premiers mondiaux). 

Les échanges concernent en grande majorité des produits primaires non transformés (à 81%). Ainsi, les pays africains sont dépendants de l'évolution des cours.  Cependant, la croissance économique est assez forte en Afrique (5%).

Le modèle rentier et l’endettement massif des États africains ont contraint les pays d’accepter de la part du FMI et de la Banque mondiale des politiques structurelles inadaptées, des P.A.S. qui ont entravé, finalement, le développement. La libéralisation imposée s’est avérée désavantageuse pour des Africains non préparés.

DÉFINITION : P.A.S. Plan d’Ajustement Structurel. Programme de réformes économiques que le FMI et la Banque mondiale mettent en place pour permettre aux pays touchés par les grandes difficultés économiques de sortir de leur crise économique.

Par ailleurs, l'extraction des ressources primaires de l'Afrique provoque un autre défi, celui de l’environnement

En effet, les ressources sont exploitées de manière prédatrice, au mépris des normes, des hommes, engendrant pollutions et menaces sanitaires : fuites d’hydrocarbures dans le delta du Niger (7 000 marées noires de 1970 à 2000), la pêche industrielle au large des côtes ouest aurait fortement réduit les stocks et réduit à la pauvreté les pécheurs artisanaux, recyclage informel des déchets toxiques, déforestation plus rapide qu’en Amazonie, et progression de l’aridité au Sahel. 

Les puissantes FTN des pays développés avec la caution des régimes plus ou moins corrompus sont les premiers responsables de ce pillage environnemental qui hypothèque fortement la survie de certains milieux comme des populations.

Sous la pression des ONG, dans les années 1980-1990, des solutions ont tenté de concilier protection de l’environnement, intégration des populations locales et activités locales, comme c’est le cas pour les parcs naturels développant les safaris ou l’écotourisme, notamment dans la région des Grands Lacs (Tanzanie et Kenya).

C. Le défi politique

L'Afrique est marquée par des conflits, qui peuvent notamment s'expliquer par un État fragile et défaillant, un manque de démocratie, de la corruption et la confiscation des richesses par les élites. 

Il existe 4 zones de conflits : la Corne de l'Afrique (Somalie), la zone saharienne autour du Mali et du Niger (du fait de la présence d'AQMI), l'est du Congo (en République Démocratique du Congo) et le Soudan (en lien avec l'instabilité du Darfour).

Les États sont remis en cause, notamment lors des « printemps arabes » de 2010-2011, inaugurés par la Tunisie en novembre-décembre 2010 puis diffusés à l’Égypte (décembre-janvier 2011) et à la Libye (février-mai 2011). 

Même si les situations restent spécifiques, ces trois États ont usé durant des décennies des mêmes méthodes, celles des régimes dictatoriaux répressifs. 

Incapables d’offrir des emplois à leur jeunesse même si des progrès sociaux ont été indéniables, le népotisme (le fait d’avantager ses proches, sa famille, son clan) et le poids de l’armée ont empêché la population de profiter des fruits de la croissance issue d’une mondialisation partielle via le tourisme, la rente pétrolière ou l’industrie textile. 

La situation alimentaire dégradée a alors mis le feu aux poudres et poussé dehors les dictateurs en place depuis des décennies. 

Néanmoins, l’islamisme radical muselé dans ces pays refait surface à l’occasion de ces révolutions et laisse planer un doute sur la démocratisation réelle et complète de ces États en reconstruction, voire dans le chaos récent comme en Libye ou plus ancien comme en République Démocratique du Congo : là le taux d’analphabétisme atteint les 45% en 2013.

Le renouveau du continent implique la création d'une véritable union des pays : une nouvelle Union africaine naît en 2002, à la place de l'OUA formée en 1963, mais cette organisation reste aujourd'hui surtout un forum politique. 

Conclusion

Longtemps considérée comme le continent du mal-développement, l’Afrique aujourd’hui connaît de profonds changements sociaux et économiques à l’image de son ouverture progressive au monde. 

Néanmoins, les avancées demeurent fragiles et inégales selon les pays et les défis à relever tant humains, démocratiques, économiques qu’environnementaux restent nombreux. 

En effet, la croissance démographique est forte (environ 5% depuis une décennie) mais les bénéfices liés à l'activité économique ne permettent pas d'améliorer véritablement les conditions de vie de la population. 

Les espaces les mieux intégrés à la mondialisation (Maghreb, Afrique du Sud) connaissent un progrès dans les conditions de vie. Il existe donc un lien entre disparités de développement et inégale intégration à la mondialisation.

Le chapitre pour le bac

Il est possible d’avoir à traiter le jour du baccalauréat, pour toutes les sections, un sujet de composition : « Le continent africain face au développement et à la mondialisation », un croquis « Le continent africain : contrastes de développement et inégale intégration dans la mondialisation » ou une étude critique d’un ou de deux documents.

LE PETIT + DANS TA COPIE

  • Donner des chiffres précis, sur la démographie ou l'économie.  

POUR ALLER PLUS LOIN …

  • Regarder des épisodes de l'émission Le Dessous des Cartes, notamment celles intitulées « l'Afrique dans le maintien de la paix », « L'Afrique : zones de croissance », « Dynamiques africaines », « Que fait la Chine en Afrique ? », « l'Afrique du Sud : balle au centre »
  • Regarder le film Mon nom est Tsotsi, de Gavin Hood (2005) qui évoque l'histoire d'un jeune garçon en Afrique du Sud.
Fin de l'extrait

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Les avis sur ce document

FannyJ18
5 5 0
20/20

Bonjour, nous vous proposons un cours complet qui peut vous apporter tous les éléments pour la réussite de votre épreuve. Si vous le trouvez trop long, n'hésitez pas à faire des fiches de révisions plus courtes, à partir de notre document :)

par - le 22/05/2017
loulou2308
5 5 0
20/20

trop long.........................................

par - le 21/05/2017
amina2828
5 5 0
20/20

Trooo long vous rigolez j'espère ? Une odyssée !

par - le 04/06/2016
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