Les États Unis et le monde depuis les 14 points du Président Wilson (1918) - Histoire Géographie - Terminale ES

Les États Unis et le monde depuis les 14 points du Président Wilson (1918) - Histoire Géographie - Terminale ES

Révisez votre séquence sur les chemins de la puissance au travers de cette fiche consacrée aux Etats-Unis et le monde depuis les 14 points du président Wilson (1918). Cette fiche de révision porte sur un cours du programme de terminale et a été rédigée par notre professeur ! N'hésitez pas à la télécharger gratuitement pour préparer votre épreuve du Bac ES.

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Lorsque les États-Unis entrent en guerre lors de la Première Guerre mondiale, cela bouscule toutes les règles de leur diplomatie puisque le pays a toujours refusé de s'engager dans une guerre européenne. Pour justifier cette action, le président Woodrow Wilson énonce ses « 14 points » qui s'appuient sur des grands principes de la démocratie américaine. Dès cet instant, l'engagement des États-Unis dans les affaires mondiales s'appuie constamment sur les valeurs qui représentent la « défense du monde libre ». Grâce à ces principes, les États-Unis peuvent justifier leur engagement de plus en plus marqué dans le monde et bénéficient en parallèle d'un accroissement très important de leur puissance. 

Comment la notion de puissance est-elle modelée et transformée au XXe siècle par les États-Unis ?

 

DEUX GUERRES MONDIALES POUR CONSTRUIRE UNE SUPERPUISSANCE (1918-1945)

LA PREMIERE GUERRE MONDIALE : L'ENTREE EN SCENE DES ETATS-UNIS

  • Rompre avec l'isolationnisme

 

Depuis la mise en place de la doctrine Monroe en 1823, les États-Unis rejettent l'intervention des européens en Amérique et surtout, refuse de se mêler aux affaires européennes. Néanmoins, les américains sont déjà très présents dans le monde grâce à deux choses : l'administration des Philippines (concession espagnole après leur défaite en 1898 dans la guerre hispano-américaine), et leur économie libérale de marché. Pour répondre à la guerre sous-marine allemande (U-boot allemand qui a coulé le navire Lusitania) et surtout au risque d'une hégémonie germanique, les États-Unis entrent en guerre aux côtés de l'Entente (France, Royaume Uni, Russie) en Avril 1917. 

 

  • Les « 14 points Wilson »

 

L'entrée en guerre doit être justifiée par le président en démontrant que l'engagement est conforme aux valeurs de la Constitution des États-Unis et ne relève pas d'une volonté hégémonique. Le 8 Janvier 1918, Wilson s'exprime devant le Congrès et énonce quatorze points qui résument les conditions à l'établissement d'une paix durable en conformité avec la démocratie américaine : droit des peuples à disposer d'eux même, refus d'une guerre de conquête, création d'une organisation internationale pour régler les conflits futurs, liberté commerciale, fin de la diplomatie secrète.

 

  • De nouveaux rapports entre les nations

 

La puissance des États-Unis est renforcée à la fin du conflit. Sur le plan économique, ils possèdent un tiers du stock d'or mondial grâce aux emprunts des européens. Lors de la signature des traités de paix, Wilson veut intégrer les quatorze points au traité de Versailles mais se heurte aux rivalités entre les puissances européennes. Le poids politique des États-Unis n'est pas encore suffisant, seul le projet d'une organisation internationale est retenu (Société des Nations) alors que Wilson juge le traité trop dur envers l'Allemagne.

 

L'ENTRE-DEUX GUERRES : UN RETOUR A L'ISOLATIONNISME ?

  • Le rejet de la SDN

 

Alors que la création de la SDN relève d'une idée américaine, le Congrès s'oppose vivement à l'entrée des États-Unis dans cette organisation. La politique de Wilson est très critiquée par les Républicains et n'est pas soutenue par l'opinion publique. En 1920, le Sénat refuse également de ratifier le traité de Versailles et par là, d'entrer dans la SDN. Wilson et les démocrates sont battus aux élections de 1920 qui voient triompher Warren Harding et son « America First ». Jusque 1932 avec les présidences républicaines de Coolidge et Hoover, les États-Unis mettent en place des mesures protectionnistes et imposent des quotas d'immigration (protéger les emplois). Cette politique est soutenue par les mouvements pacifiste et nativiste (défendre les valeurs américaines menacées par l'immigration) qui se développent après la guerre.

 

  • Un engagement mondial persistant

 

Les facteurs économiques (réparations, équilibre monétaire…) poussent les États-Unis à maintenir leurs engagements en Europe. L'isolationnisme assumé des discours ne reflète pas la réalité. Les États-Unis dominent l'Amérique latine, défendent leurs multinationales (Pacifique et Moyen Orient), « diplomatie du dollar » menée en Europe avec les plans Dawes (1924) et Young (1929) (imposent l'allègement des réparations dues par l'Allemagne). Le but est d'empêcher une nouvelle guerre européenne néfaste à leurs intérêts économiques. Le « modèle américain » se diffuse également, de plus en plus fondé sur l'image d'une société de consommation néanmoins remise en question avec la crise des années 1930. Enfin, face à la montée des totalitarismes, le Congrès vote trois NeutralityActs entre 1935 et 1937 qui interdisent la vente d'arme, de matières premières, des prêts aux pays concernés. 

 

UNE PUISSANCE MONDIALE ETABLIE PAR LA SECONDE GUERRE MONDIALE

  • Le contexte

 

En 1937, lorsque le Japon envahi la Chine, le président Roosevelt met en garde le Congrès contre la menace de l'Axe : tandis que l'expansionnisme japonais menace les intérêts américains dans le Pacifique, l'Italie fasciste et l'Allemagne nazie menacent la stabilité européenne et mondiale. Cependant, l'opinion américaine reste à 95% favorable à l'isolationnisme en 1937. Dès le déclanchement du conflit en 1939, Roosevelt convainc le Congrès d'accorder la vente d'armes à la France et au Royaume-Uni. La défaite française de 1940 surprend l'opinion américaine et suite à sa réélection la même année, Roosevelt réaffirme le rôle des États-Unis comme « arsenal des démocraties ». La loi « LendLease » du 11 mars 1941 autorise le pays à prêter de l'armement pour tous pays dont la défense est nécessaire à la sécurité des États-Unis c'est-à-dire au Royaume-Uni puis à l'URSS après l'offensive allemande de juin 1941. Le 12 Août 1941, Roosevelt et Churchill signe la Charte de l'Atlantique qui réaffirme les quatorze points et condamne l'Axe.

 

  • Les États-Unis en guerre

 

L'attaque japonaise sur Pearl Harbour le 7 décembre 1941 précipite les États-Unis dans la guerre qui s'engagent aux côtés de la Grande Bretagne et de la France Libre. Leurs armées sont présentent sur tous les continents.

L'apport de la puissance américaine fait la différence : son territoire est inaccessibles aux attaques de l'Axe et permet la production de masse des armes Alliées qu'elle exporte largement : l'économie américaine domine le monde.

En 1945, les forces armées américaines sont présentes partout. Les États-Unis possèdent une zone d'occupation en Allemagne et en Autriche et occupent le Japon. Ils possèdent aussi deux tiers du stock d'or ce qui en fait le centre économique du monde. Enfin, ils ont le monopole de l'arme atomique depuis 1945 qu'ils utilisent à Hiroshima et Nagasaki.

 

LES ÉTATS-UNIS, LEADER DU "MONDE LIBRE" (1945-1991)

UN MODELE ECONOMIQUE, POLITIQUE ET CULTUREL

  • La première puissance économique

 

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis possèdent 65% du stock d'or mondial, et plus de la moitié de la production industrielle mondiale. Les accords de Bretton Woods en 1944 rendent le dollar seule monnaie convertible en or, et créent le FMI ainsi que la Banque mondiale permettant aux États-Unis de dominer l'ordre économique. Les accords du GATT en 1947 favorisent le libre-échange et bénéficient surtout aux multinationales américaines.

 

  • Une domination politique et diplomatique

 

La fin de la guerre marque également un tournant diplomatique puisque ce sont désormais les États-Unis qui imposent leur volonté politique : après la création de l'ONU en 1945, son siège est installé à New York.

1945 marque également la fin de l'alliance avec l'URSS qui laisse sa place à une opposition idéologique marquant toute la deuxième moitié du XXème siècle. Face au communisme, le président Truman met en place la doctrine du containment (endiguement) en proposant une dualité mondiale : le « monde libre » défendu et représenté par les États-Unis, face au communisme totalitaire. Cette « doctrine Truman » est mise en place  par l'intermédiaire du Plan Marshall : aide économique proposée à tous les pays d'Europe qui souhaitent rester libre. Cette aide est refusée par l'URSS et les démocraties populaires.

La diffusion du modèle passe par l'«American Way of Life » : un modèle de consommation et de mode de vie occidental relayé par une industrie puissante : Hollywood.

 

  • L'ingérence dans les affaires mondiales

 

Dès le début de la guerre froide, les États-Unis interviennent partout afin de défendre le monde contre l'extension communiste. Cela passe par la création de l'OTAN suite à la crise de Berlin (1948-1949) et une intervention militaire pendant la guerre de Corée (1950-1953). Le président Eisenhower met en place le « roll back » (refoulement) alors que chinois et soviétiques possèdent l'arme atomique. Les États-Unis concluent des alliances défensives (OTASE, ANZUS, Pacte de Bagdad, Pacte de Rio), c'est la « pactomanie ». Ils arrivent à s'imposer dans tous les domaines, y compris la course à l'espace pourtant dominée jusqu'au début des années 1960 par les soviétiques. En 1962, Kennedy contraint les soviétiques à reculer suite à la crise de Cuba, malgré l'échec du débarquement à la baie des cochons et la tentative d'élimination ratée du régime de Fidel Castro. 

 

UNE DOMINATION CONTESTEE : DES ANNEES 1960 AUX ANNEES 1980

  • L'ébranlement de la suprématie

 

On assiste à une poussée communiste en Asie (Vietnam, Laos, Cambodge) et en Afrique. Des guérillas castristes éclatent en Amérique latine et les États-Unis soutiennent les dictatures militaires afin d'éviter l'arrivée des régimes communistes. En 1979, l'URSS entre en Afghanistan pour soutenir le pouvoir prosoviétique contre les guérillas islamiques : Jimmy Carter prend des mesures de représailles contre l'URSS et interrompt les négociations sur la limitation des armes. Mais il est affaibli par la prise en otage de l'ambassade américaine à Téhéran, il est impuissant face au régime islamiste.

 

  • Apogée et limites du modèle américain

 

L'American Way of Life ne dissimule par les problèmes sociaux aux États-Unis dans les années 1960. La pauvreté touche des dizaines de millions d'individus surtout chez les minorités noire et hispanique ; la ségrégation entraine des mouvements contestataires pacifiques (Martin Luther King) ou radicaux (Malcom X et le mouvement Black Panthers) ; la jeunesse rejette la guerre du Vietnam ; elle rejette aussi le mode de vie américain et se retrouve marginalisée (hippies). 

Au début des années 1970, le scandale du Watergate contraint Nixon à démissionner. La crise sociale est doublée d'une crise politique et surtout économique : le leadership américain est remis en cause. Le modèle fordiste est terminé, le modèle libéral est vivement dénoncé comme étant un facteur de troubles économiques et financiers. Jusqu'au début des années 1980, on multiplie les analyses sur le déclin américain (monétaire, production, commerce)

 

« AMERICA IS BACK » (REAGAN): LES ANNÉES 1980

Ronald Reagan (1981-1988) rejette les politiques keynésiennes au profit d'une politique libérale, tout en menant une politique de fermeté. Le chômage diminue et le pays redevient un modèle (Margaret Thatcher fait la même chose). Les États-Unis reprennent leur croisade contre « l'Empire du Mal » et imposent leur supériorité technologique. Reagan augmente les dépenses en armement et lance l'IDS (Initiative de Défense Stratégique) aussi nommé Star Wars.

En Amérique latine, en Afrique et en Asie, Reagan soutient les guérillas hostiles aux gouvernements prosoviétiques (résistants afghans contre l'Armée Rouge). La « doctrine Reagan » entraine en 1983 une intervention militaire à Grenade contre un gouvernement de « gangsters gauchistes ». 

L'URSS ne peut plus suivre dans cette nouvelle course aux armements et Gorbatchev négocie des accords sur le contrôle des armes nucléaires (Genève en 1985 puis Washington en 1987). En 1989, les régimes communistes d'Europe de l'Est s'effondrent, puis l'URSS éclate en 1991. Les États-Unis deviennent la seule superpuissance mondiale, le modèle semble triompher.

 

UNE « HYPERPUISSANCE » REMISE EN QUESTION APRES LA GUERRE FROIDE

UNE PUISSANCE « GENDARME DU MONDE » ?

  • La Pax Americana, 1991-2001

 

Sur cette période, les États-Unis apparaissent comme la seule superpuissance qualifiée d'« hyperpuissance » afin de montrer que la suprématie américaine s'exprime aussi bien sur l'économie, la monnaie, la technologie, les domaines militaires que sur les modes de vie, la langue et les produits culturels de masse. Ils sont ainsi le seul pays à bénéficier du soft power et du hard power.

 

  • Les interventions

 

Ils s'engagent contre les « États parias » soupçonnés de vouloir se doter d'armes de destruction massive ou violant les droits de l'Homme. Ces actions se font surtout sous le mandat de l'ONU : première guerre du Golfe en 1991 (l'opération Tempête du désert, destinée à libérer le Koweït envahi par l'Irak, est la première opération militaire décidée par une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU depuis 1950), Somalie (1992) ; ou de pair avec l'OTAN comme en Bosnie (1993) et au Kosovo (1999). Ils facilitent aussi le processus de paix entre Israël et la Palestine. On les surnomme les « gendarmes du monde ». 

Leur rapprochement avec la Chine conduit à la création d'une organisation mondiale du commerce (1995) traduisant la volonté de Clinton de pacifier le monde en intégrant le plus d'États dans le libre-échange. Néanmoins, le Sénat revient à une forme d'isolationnisme en refusant de ratifier le traité sur l'interdiction des essais nucléaires (1996), les accords de Kyoto (1997) et le traité de Rome instituant une Cour pénale internationale (1998)

 

UNE PUISSANCE CONTESTEE DEPUIS LE 11 SEPTEMBRE

Dès les attentats du 11 Septembre 2001 contre le World Trade Center de New York, le président George W. Bush se lance dans une nouvelle guerre contre « l'axe du mal » et entreprend une seconde guerre du Golfe contre l'Irak (sans mandat de l'ONU).

Les engagements américains sont souvent critiqués par l'opinion qui accuse la défense des intérêts américains surtout pour pouvoir contrôler le Moyen Orient. En Amérique latine, l'hégémonie américaine est contestée notamment par Hugo Chavez (président du Venezuela) qui crée une alliance regroupant neuf pays d'Amérique latine. De plus, la place croissante de la Chine dans l'économie mondiale pose la question de la place des États-Unis dans un monde multipolaire.

 

CONCLUSION : UNE PUISSANCE ENCORE BIEN REELLE

Les États-Unis sont le seul pays à disposer d'une puissance militaire déployée sur toute la planète et la moitié des dépenses militaires mondiales leur revient. De plus, le soft power, bien que contesté, demeure. Les produits américains restent les plus diffusés, son marché et son potentiel d'innovation restent les premiers du monde.

La présence des États-Unis dans le monde a répondu à la fois à des idéaux et à la défense de leurs propres intérêts. Leur place sur l'échiquier mondial reflète une puissance sans cesse réajustée en fonction du contexte international.

Ouverture : Dans un monde multipolaire les États-Unis doivent repousser leurs limites afin de conserver un leadership économique concurrencé par une puissance économique nouvelle : la Chine.

Fin de l'extrait

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Les avis sur ce document

Maxouu787
5 5 0
20/20

faut il faire des fiches de ce cours ou ce sont deja des fiches ?

par - le 28/04/2017
Carlou98
5 5 0
20/20

Très pratique j'utilise essentiellement vos fiches pour passer mon bac, mes propres cours ne sont pas aussi clairs..

par - le 07/04/2017
cookieH
5 5 0
20/20

Vos cours sont des merveilles, ils m'ont vraiment aidée! Merci....

par - le 09/11/2016
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