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Les mémoires - Le rapport des sociétés à leur passé

Les mémoires - Le rapport des sociétés à leur passé

Cette fiche de révision du programme de terminale conçue par notre professeur est consacrée au chapitre sur les mémoires et le rapport qu'ont les sociétés à leur passé. Grâce à cette fiche de cours, toutes les notions essentielles sont à votre portée et vous pourrez vous assurer de tout connaître pour votre épreuve du Bac ES !

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Quiz de Histoire Géo :

Quels pays se partagent les territoires de l'empire Ottoman par mandats via le traité de Sèvres ?

  • A.Allemagne, Angleterre, Syrie
  • B.Liban, France, Irak
  • C.Arabie Saoudite, Jordanie, Syrie
  • D.France, Angleterre, Arabie Saoudite
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Le contenu du document

INTRODUCTION
Qu'entend-on par « les mémoires » ? Qu'est-ce qu'une mémoire d'un point de vue historique ? Il faut faire attention avant tout à ne pas confondre une mémoire et l'histoire d'une part, et une mémoire et la mémoire d'autre part.
Tout d'abord, la différence entre les mémoires et l'histoire. L'histoire est, par définition, ce qu'il s'est réellement passé, ce qu'il s'est déroulé dans le passé et qui est donc forcément univoque. En un mot, l'histoire est objective. A contrario, une mémoire est subjective. Pour autant, il ne faut pas retirer son importance aux différentes mémoires d'un fait historique : comme l'indique leur nom, c'est grâce à elles que l'on se souvient de ce fait, et qu'il peut donc être recomposé. Ainsi, une première problématique se dessine quant aux mémoires et l'histoire : en quoi une mémoire peut-elle être constitutive d'une histoire ? Jusqu'à quel point peut-on donner une importance à une mémoire ? Y a-t-il des mémoires plus « valables » que d'autres ?
Ensuite, il ne faut pas confondre non plus les mémoires et la Mémoire : la nuance est certes subtile, mais essentielle. Par le terme «  les mémoires », ce sont vraiment toutes les mémoires qui sont englobées, avec n'importe quelle prise de position. «  La Mémoire », en revanche, reflète plutôt un « état d'esprit collectif du moment », une mémoire plus admise qu'une autre à une certaine époque (phénomène du à certaines raisons, comme une volonté politique de rassembler un peuple autour d'une mémoire collective, ou bien parce que le fait historique est trop proche et les blessures encore trop vives, ce qui traduit un manque de recul par rapport à l'histoire). Ainsi, une autre problématique apparait : comment s'effectue l'évolution de la mémoire ?
Pour résumer, la question des mémoires a 3 enjeux distincts :
  • La multiplicité des mémoires : même si une mémoire peut être privilégiée à une autre durant une période donnée, on peut identifier différentes mémoires sur un évènement historique
  • La construction des mémoires : cela va avec la question précédente : s'il y plusieurs mémoires, mais qu'une peut être mise en avant, comment se construisent les mémoires de telle sorte qu'elles se rapprochent de plus en plus à l'histoire, notre société moderne étant de plus en plus attachée à l'objectivité historique ?
  • L'historicisation des mémoires : c'est en quelque sorte la « dernière étape » des mémoires : quand est-ce qu'une mémoire devient histoire ?
ORGANISATION DE LA FICHE
Le programme officiel de l'Education Nationale dit que pour ce chapitre, il y a 2 applications possibles : Les mémoires de la Deuxième Guerre mondiale en France, et Les mémoires de la guerre d'Algérie. Les deux sujets seront traités ci-après, tous deux suivant une organisation plus ou moins similaire, c'est-à-dire de manière historique :
  • Dans un premier temps, les mémoires qui suivirent immédiatement l'évènement
  • Ensuite, le temps des mémoires en débat
  • Enfin, en ce qui concerne les mémoires de la Deuxième Guerre mondiale en France, le temps de l'historicisation et ses limites.

I - Les mémoires de la Deuxième Guerre Mondiale en France

1 - La mémoire consensuelle : le résistancialisme (1945 - années 1970)

1 - Le mythe pour une unité nationale

  • Le résistancialisme est une forme de mémoire dont son importance est fortement due au Général de Gaulle. Selon le résistancialisme, durant la Deuxième Guerre mondiale, tous les Français ont été résistants, ils ont tous participé à l'effort de guerre contre les Allemands pour libérer la France et ramener la paix, tous sans exception.
  • Ce mouvement a plusieurs causes, ainsi que plusieurs réalisations : la principale cause de ce mouvement est le traumatisme de l'occupation sous la guerre : en effet, la France et les Français ont été divisés sur plusieurs points. Ainsi, au sortir de la guerre, c'est l' « union nationale » qui prédomine. D'un point de vue plus politique, ce mouvement a permis a certaines personnes de ressortir « vainqueurs » de cette guerre : de Gaulle a pu asseoir plus aisément sa légitimité, le Parti Communiste en a profité pour montrer ses efforts durant la guerre (« le Parti des 75 000 fusillés »), etc.
  • Le résistancialisme n'est pas seulement un mouvement d'après-guerre ; au contraire, il va s'inscrire dans la durée, connaissant son paroxysme en 1958 quand de Gaulle prendra les rennes du pouvoir. En 1964, les cendres du résistant Jean Moulin seront même transférées au Panthéon.

2 - Le traitement du régime de Vichy pour garder l'unité nationale

  • Les actes même du régime de Vichy sous la guerre sont minimisés pour garder cette « unité nationale » : en effet, de nombreux résistants furent d'abord des fonctionnaires et des préfets sous Vichy (par exemple, François Mitterrand). De même, il existait toujours des personnes plutôt favorables à ce régime.
  • Enfin, on a tenté de réhabiliter la mémoire de Pétain, cherchant plus à se souvenir de l'homme de 14-18 plutôt que l'homme de Vichy. Aussi l'a-t-on défendu lors de son procès par la fameuse image du « glaive et du bouclier », de Gaulle étant le glaive pourfendant l'ennemi, pendant que Pétain était le bouclier protégeant du mieux qu'il pouvait les Français. Ainsi, alors qu'il avait été condamné à mort en 1945, de Gaulle a voulu changer cette peine, aussi n'a-t-il été « que » condamné à perpétuité.

2 - Le débat des mémoires

1 - La fin du mythe de la mémoire unique

  • Après que Charles de Gaulle ait quitté le pouvoir en 1969 et sa mort en 1970, le mythe du résistancialisme s'effondre : on observe à partir de cette époque une certaine multiplication des mémoires en France de la Deuxième Guerre mondiale. Par exemple, le film Le Chagrin et le Pitié : ce film-documentaire de 4h (sorti en 1971) relate la vie d'un village sous l'Occupation entre 1940 et 1944, sans parti pris. Ce film fut un succès grâce au bouche-à-oreille notamment.
  • Enfin, l'œuvre qui a sûrement marqué de manière définitive les mémoires en France est l'ouvrage de Paxton, chercheur étatsunien, La France de Vichy (sorti en France en 1973). Dans ses recherches, Paxton a montré le rôle du gouvernement de Vichy durant la guerre, notamment la collaboration avec l'Etat nazi sur certains points. Ce livre a eu l'effet d'une « révolution » une fois sorti en France ; en effet, il marque la fin définitive du mythe du résistancialisme, qui faisait de chaque Français un résistant. Paxton a démontré que ce n'était qu'un mythe, et que nombre de Français avaient collaboré avec l'ennemi.

2 - La mémoire juive

  • C'est aussi en parallèle (voire grâce) à la fin du résistancialisme que la mémoire juive a pu être mise à jour : en effet, au lendemain de la guerre, de Gaulle œuvrait pour retrouver une unité nationale, d'où la mise en place du résistancialisme. Ainsi, après la découverte des camps en Allemagne, l'accent a été plutôt mis sur l'héroïsme des résistants ayant survécu plutôt que sur les Juifs qui avaient été enfermés. Mais à partir des années 1960, la mémoire juive commence à apparaitre : par exemple, le procès d'Eichmann en 1961 condamné pour crimes contre l'humanité.
  • Malgré tout, la mémoire juive n'est pas acceptée par tous : avec la « naissance » de la mémoire juive apparaissent les thèses négationnistes : ces thèses prônent la non-culpabilité de l'Etat français de Pétain, ainsi que la non-réalité de la Shoah : pour les personnes soutenant ces thèses, la déportation des Juifs n'aurait été qu'un simple mythe, une histoire gonflée pour attiser la pitié. Pour exemple, on peut citer la phrase malheureuse de Jean-Marie Le Pen, annonçant que les chambres à gaz n'ont été « qu'un détail de l'histoire ».

3 - Mémoires acceptées et historicisation

1 - Le temps des grands procès

  • Il faudra tout de même attendre les années 1980 et 1990 pour que de telles mémoires soient réellement admises par l'ensemble de la population française. C'est aussi durant ces années-là que d'anciens responsables nazis ou collaborateurs ont été retrouvés et jugés : le cas le plus célèbre est le procès filmé de Klaus Barbie en 1987, durant lequel il n'exprime aucun sentiment face à ses actes. Pour citer d'autres procès, on peut parler de celui de Touvier (1994), ou encore celui de Maurice Papon (1997-1998)

2 - La reconnaissance officielle

  • Parallèlement aux procès, on a pu observer une certaine reconnaissance officielle de la part du gouvernement français. En 1995, le président Jacques Chirac reconnait le rôle de l'Etat français dans la Rafle du Vel'd'Hiv' le 16 juillet, reconnaissance réaffirmée par le président François Hollande en 2012.
  • De même, pour lutter contre les négationnistes, des lois mémorielles ont été votées en 1990, punissant de telles thèses.
  • Malgré tout, certains historiens ont récemment mis en garde pour garder une certaine objectivité de l'histoire, notamment de la Deuxième Guerre mondiale : ne pas favoriser la mémoire d'un groupe, plutôt qu'un autre, et ne pas se servir de ces mémoires à d'autres fins.

II - Les mémoires de la Guerre d'Algérie

Les mémoires concernant cette guerre sont différentes par rapport à celles de la Deuxième Guerre mondiale : en effet, étant plus proche temporellement de nous, il s'agit de mémoires encore très vives pour certains, et donc un certain parti pris.
De même, d'un point de vue plus pratique : il faut noter que l'intitulé ne stipule pas les mémoires dans un pays précisément, aussi faut-il traiter dans les 2 pays.

1 - Les mémoires sélectives d'après-guerre

1 - La France, encline à l'oubli

  • La France ayant perdu ce conflit, s'est senti humiliée. Plus qu'un conflit perdu, il s'agit aussi de 3 départements français perdus. Aussi, la France a tenté de faire oublier cette guerre du mieux qu'elle le pût, ou tout du moins à la minimiser. C'est ainsi que dans les Accords d'Evian (18 mars 1962), le mot « guerre » n'apparait même pas. Il s'agit d'un véritable problème psychologique pour la France et les Français.
  • De même, on peut aussi remarquer qu'aucune commémoration n'a été faite quant à cette guerre, ni même établie, des censures ont été mises en place pour qu'on ne parle pas de la défaite de la France, les soldats de guerre « oubliés », etc.
  • Malgré tout, il y a un début de travail universitaire quant à la guerre d'Algérie (par exemple, le travail intitulé Guerre d'Algérie en 1982)

2 - L'Algérie, pour une mémoire « héroïque »

  • De son côté, l'Algérie agit complètement différemment : cette défaite pour la France/victoire pour l'Algérie est vécue comme une « libération » selon les mots employés, cet événement est commémoré à outrance, l'histoire officielle de l'Etat l'instituera même comme un événement fondateur de l'histoire algérienne. Les personnes ayant combattu sont considérés comme des héros ayant participé à la grandeur de l'Algérie.
  • Malgré tout, cette mémoire, ce point de vue de l'événement n'est pas le seul que les Algériens aient pu avoir. Mais le gouvernement algérien a lui aussi procédé à des censures sévères : aucune autre mémoire n'est autorisée mise à part celle officielle de l'Etat.

2 - Les mémoires en débat

1 - Le réveil français

  • La France n'est pas restée éternellement dans le dénigrement de sa propre histoire : avec le temps est apparue une nouvelle génération d'historiens, moins proches historiquement de l'évènement, donc avec un certain recul. C'est ainsi qu'on observe depuis une multiplication de travaux universitaires, de témoignages toujours plus nombreux, de documents, de films, de mémoriaux, surtout depuis les années 2000. En 1999, l'Assemblée Nationale a même rendu officielle le terme de « guerre d'Algérie ».
  • Malgré tout, un débat particulier s'installe en France : le réveil n'est-il pas trop grand ? Les appels des Indigènes sont toujours plus nombreux, la France toujours accusée d'être un Etat colonial encore aujourd'hui, les demandes pour que la France s'excuse sont toujours plus nombreuses, etc. Par exemple, on peut citer l'attente de la part de certaines personnes quant au voyage de François Hollande en Algérie en décembre 2012.

2 - Le changement d'attitude algérien

  • En 1999, le gouvernement algérien a lancé un débat sur l'identité algérienne, ce qui a provoqué un certain malaise dans la société algérienne. Ce malaise est doublé par les questionnements des Algériens qui cherchent à comprendre pourquoi il y a eu occultation de l'histoire.
  • Mais la censure est toujours très présente, les archives de guerre inaccessibles, les historiens ne sont pas libres de leurs recherches,
  • Enfin, l'Algérie ne se pose plus en héro, mais plutôt en victime : création de fondations pour prouver la position de victime, la demande incessante d'excuses de la France, etc.
Fin de l'extrait

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Les avis sur ce document

debs92
5 5 0
20/20

c'est excellent ça va beaucoup m'aider pour mon bac blanc!!

par - le 25/01/2017
fatigue
5 5 0
20/20

Très comprehensible on comprend mieux qu'en classe desormais je restererai connecté

par - le 10/09/2015
Nathan67110
5 5 0
20/20

Fiche excellente, une aide plus que bienvenue ! Merci !

par - le 12/06/2015
Plus d'avis (9)

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