Civilisation : Cesare Pavese - Italien - Bac ES

Civilisation : Cesare Pavese - Italien - Bac ES

digiSchool Bac ES met à votre disposition ce cours d'Italien, rédigé par notre professeur, qui entre dans le cadre du thème "Civilisation". Cette fiche est consacrée à Cesare Pavese.

Dans un premier temps, vous découvrirez qui est Cesare Pavese à travers une rapide biographie, puis vous étudierez la particularité de ses ouvrages. Enfin, vous en saurez un peu plus sur son recueil de 3 romans : Le Bel Été, Le diable sur les collines et Entre femmes seules.

Téléchargez gratuitement ci-dessous ce cours d'Italien sur Cesare Pavese, issu du thème "Civilisation".

Civilisation : Cesare Pavese - Italien - Bac ES

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VIE

Il représente le passage fondamental entre la culture des années ’30 à celle de l’après guerre. 

« L’appel de la nouveauté est pulsion de vie. Quand ce sentiment fait défaut- prison, maladie, habitude, stupidité- on voudrait mourir »  

Cesare Pavese nait le 9 septembre 1908 à Santo Stefano Belbo, village près de Cuneo, mais il est obligé de déménager à Turin avec sa famille. Le jeune Cesare regretta toujours la sérénité et l’insouciance du petit village où il est né. 

La vie de Pavese est bouleversée par un évènement traumatique, qui portera des séquelles dans le caractère de l’auteur : La mort de son père en 1914 (il n’avait que 6 ans !).  Il était un jeune très introverti et timide, amant de la littérature et la nature. De ce fait il préférait les longues promenades dans les bois plutôt que des sorties avec des amis. Dès la période de son adolescence, on voit en Pavese une certaine attirance envers le suicide, que lui même définira « Un vizio assurdo » (=Un vice absurde). On s’en aperçoit en lisant les lettres qu’il écrivait à son ami Mario Saturani. Mais le profil « psychologique » de Pavese bouge entre deux pôles : d’un côté le désir de solitude, de l’autre le besoin de l’autre. 

Il fréquenta le Lycée d’Azeglio à Turin où il aura comme professeur Augusto Monti, un des hommes plus importants dans le monde antifasciste italien. Pavese commence donc à se rapprocher du monde antifasciste. 

Aimant la littérature américaine, avec Italo Calvino et Elio Vittorini, Cesare Pavese participe à la diffusion des auteurs américains en Italie, auteurs qui voient l’Amérique comme la terre de la liberté. 

Pavese s’occupa aussi des traductions de plusieurs auteurs anglophones (Melville, Dickens, Defoe, Joyce etc.) 

En 1931 sa mère meurt. Il vit donc une période difficile, de temps à autre il arrive à enseigner dans les écoles mais sa condition de travail est très précaire. 

En 1933 il publie des articles sur la littérature américaine dans la revue Cultura. 

En 1935 Pavese n’était pas inscrit au parti fasciste, il fut accusé d’antifascisme et fut donc emprisonné, suite au procès il est condamné à l’exil. Il doit passer 3 ans exilé à Brancaleone Calabro il ne reste que jusqu’à la fin du 1936 (juste 1 an !) Pendant cette période d’exile il commence à écrire un journal intime Le métier de vivre (publié en 1952). 

Lorsqu’il rentre à Turin il publie son premier recueil de poésies Travailler fatigue ouvrager qui passe inaperçu par la critique italienne. 

Pendant la Guerre Pavese se cache chez sa sœur à Monferratto dont il parle dont il narrera dans La casa in collina. 

Comme on l’a énoncé quelques ligne plus haute, Cesare Pavese était fasciné par le suicide, en effet il fait sa première tentative de suicide lorsqu’il découvre que la femme qu’il aimait s’était mariée pendant son absence (exil et période à Monferratto).

Après la Guerre il s’inscrit au pari communiste Italie (PCI). 

En 1950 il publiera La lune et le feu et Le bel été avec qu’il gagne le prix Strega  mais malheureusement le 27 aout 1950, Pavese se donne la mort dans une chambre de l’Hôtel Roma à Turin en absorbant beaucoup de somnifères. Dans cet hôtel il laissa son dernier poème « La mort viendra et elle aura tes yeux » 


LES OUVRAGES 

Ce qui frappe lorsqu’on lit ses ouvrages, notamment dans la lecture du Métier de vivre c’est la découverte du monde intime de l’auteur. 


LE METIER DE VIVRE

C’est un journal intime qui ne recueil pas que des extraits de la vie privée de Pavese mais aussi ses poésies. Ce journal raconte la solitude et la difficulté d’entretenir des rapports avec les femmes. 

« La compagnie d’une personne aimée fait souffrir et vivre dans un état violent. Il faut choisir la compagnie de celle qui nous est indifférente, mais alors notre rapport avec elle est plein de restrictions mentales et on désire continuellement rester seul, et au-dedans de nous on la supprime »

Pavese commence ce journal le 6 octobre 1935 pensant les jours d’exile politique jusqu’au 18 août 1950 (9 jours avant sa mort). Ce journal est une ouverture au monde intérieur de Pavese, on y trouve des souvenirs, l’image qu’il a de sa terre natale, mas surtout les choses qui avaient brisé son existence. Cet ouvrage se traduit, aux yeux du lecteur, comme réflexion sur l vie. 


TRAVAILLER FATIGUE

Pavese écrit ses poésies comme si elles étaient des nouvelles, il écrit de long vers. Les thèmes traités sont presque toujours les mêmes, ceux qu’on retrouvera aussi dans d’autres ouvrages. Ils se divisent toujours entre vie à la campagne et vie en ville. La première paraît être l’environnement naturel de l’homme, où il peut se laisser aller à ses instincts vitaux ; dans le deuxième l’homme est perturbé par la ville et son chaos. Ce qu’on retrouve aussi dans le roman « Paesi tuoi » où la campagne est un mythe, un monde primitif. 


LA LUNE ET LE FEU

Il s’agit d’un livre « final » il résume et raconte la vie de Pavese, il incarne le sentiment de l’auteur juste avant de mourir.

« Tu as terminé le cycle historique de ton temps »

Ce roman porte en soi une signification importante, il paraît comme une ligne qui raconte son histoire. 

Cesare Pavese, lui même définit ce roman comme « realità simbolica » (=réalité symbolique) ce qui veut dire qu’il avait sans doute réussi à raconter la réalité mais aussi d’en ajouter les significations « mythiques » 

ATTENTION ! Pour Cesare Pavese SYMBOLE et MYTHE sont synonymes 

Ce roman raconte l’histoire d’Anguilla, un enfant adopté qui voyage d’Amérique (où il vit) à son pays d’origine pour retrouver les lieux de son enfance et affronter sa solitude interne, en termes spatiales on situe ce roman dans la vallée du Belbo, même si ce n’est pas précise on peut reconnaître que Pavese parle de Santo Stefano Belbo; du point de vue temporel ce roman se déroule pendant le deuxième après-guerre. 

L’ouvrage est divisé en 32 chapitres où Anguilla, le protagoniste, parle avec Nuto, Cinto, Irene, Silvia et Santa, personnages qui lui racontent des événements réels du fascisme et de la résistance. 

Parmi ces personnages Anguilla rencontre Cinto, un jeune garçon avec qui il revit toute son enfance.

Le roman se termine avec 2 incendies : 

1) Le père de Cito décide de mettre le feu à sa maison en faisant mourir toute sa famille 

2) Le feu du corps de Santa

Anguilla vit très tragiquement ces épisodes car pour lui ces feux ( = falò) dans les souvenirs d’enfance étaient quelque chose de positif (le bois qui brulait et qui accompagnait des traditions de la vie à la campagne) alors que ceux qu’il vit à la fin du roman représentent l’horreur de l’histoire (les guerres et l’impossibilité de retourner à l’enfance) face à ces évènements Anguilla décide de repartir car il ne se reconnaît pas dans ces lieux ni il les reconnaît comme les lieux « paisibles » de son enfance. 

On pourrait définir cet ouvrage une sorte de mythe de Peter Pan traumatiques et tragique. 


LE BEL ETE

Il s’agit d’un recueil de 3 romans, autonomes l’un de l’autre :

Le bel été 

Le diable sur les collines 

Entre femmes seules

Ces trois romans ne sont pas reliés les uns aux autres, il s’agit de trois histoires différentes qui, par contre, tournent autour de concepts communs : La période de passage de l’adolescence à l’âge adulte, les phases de découverte suivie par la délusion et la sensation d’impuissance. 

Dans les trois romans le protagoniste est quelqu'un de jeune et inexpert, faible mais qui à l’âge adulte, en total opposition avec sa jeunesse, vit à la limite de la transgression jusqu’au « vice absurde », la tentative de suicide.  La thématique de la crise identitaire est donc centrale dans ces romans. Le fait de vivre des expériences difficiles, qui leurrent le personnage et qui le déçoivent. 

Dans ces romans aussi, comme dans ceux précédents on perçoit l’opposition entre vie à la campagne (une vie saine avec des valeurs) et vie en ville (une vie urbaine, hypocrite avec des faux valeurs). 

«A quei tempi era sempre festa. Bastava uscire di casa e traversare la strada, per diventare come matte, e tutto era così bello, specialmente di notte, che tornando stanche morte speravano ancora che qualcosa succedesse, che scoppiasse un incendio, che in casa nascesse un bambino, e magari venisse giorno all’improvviso e tutta la gente uscisse in strada e si potesse continuare a camminare camminare fino ai prati e fin dietro le colline. - Siete sane, siete giovani, - dicevano, - siete ragazze, non avete pensieri, si capisce-. Eppure una di loro, quella Tina che era uscita zoppa dall’ospedale e in casa non aveva da mangiare, anche lei rideva per niente, e una sera, trottando dietro gli altri, si era fermata e si era messa a piangere perché dormire era una stupidaggine e rubava tempo all’allegria. Ginia, se queste crisi la prendevano, non si faceva accorgere ma accompagnava a casa qualche altra e parlava parlava, finché non sapevano più cosa dire. »


Traduction : 

« A cette époque on faisait toujours la fête. Il suffisait de sortir de la maison, traverser la rue, pour devenir des dingues, et tout était aussi beau, surtout la nuit, lorsqu’on rentrait chez nous tellement fatiguées qu’on espérait encore que quelque chose puisse nous arriver, un incendie, la naissance d’un bébé, et peut être que soudain il fasse jour et tout le monde sorte dans les rues, qu’on puisse marcher et marcher jusqu’aux prairies jusque derrière les collines. “Vous êtes saines, vous êtes jeunes” on nous disait, “vous êtes des filles, vous n’avez pas de pensée qui flottent dans votre tête, ça se comprend”. Pourtant l’une d’entre elles, cette Tina qui était née boiteuse et que chez elle n’avait pas à manger, même elle riait pour rien, et une soir, en marchant dernier les autres, elle s’était arrêté et commença à pleurer parce que dormir c’était une bêtise, cela volait du temps à la joie. Gina, si elle aussi était prise par ces crises elle ne se faisait pas remarquer, elle essayait d’accompagner chez elle quelque copine et elles bavardaient jusqu’à ce qu’il n’y avait plus rien à se dire. » 

(traduit par L. Bottiglieri) 

Fin de l'extrait

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