Correction Bac Blanc de Philosophie - Bac ES

Correction Bac Blanc de Philosophie - Bac ES

Voici la correction écrite de ce Bac Blanc #2 de Philosophie de Terminale ES.

Retrouvez le sujet de Philosophie qui portait sur "Obéir, est-ce renoncer à être libre ?"

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Correction Bac Blanc de Philosophie - Bac ES

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CORRECTION

 

INTRODUCTION :

Accroche : Au cours de l’histoire, un très grand nombre de personnes et de peuples se sont révoltés contre l’autorité en place pour reprendre ce qui leur avait été illégitimement enlevé : leur liberté. De Spartacus au 1er siècle de notre ère à Hans et Sophie Scholl en Allemagne nazie, ils n’avaient qu’un seul but : récupérer leur liberté.

 

Objection : Pourtant, parmi toutes ces personnes qui ont lutté pour leur liberté, beaucoup ont accepté d’obéir à un chef pour mener ce combat, de se soumettre à son autorité.

Reprise du sujet : alors obéir est-ce vraiment renoncer à être libre ?

 

Annonce de la problématique : l’enjeu de la question sera donc de savoir dans quelle mesure obéissance et liberté sont compatibles. Lorsque j’obéis, est-ce que je perds obligatoirement ma liberté ? et l’obéissance peut-elle me faire renoncer temporairement à ma liberté pour en obtenir une plus grande ?

 

Annonce du plan : Il faudra dans un premier temps définir ce qu’est la liberté, nous verrons ensuite qu’il semble qu’obéissance et liberté sont incompatibles. Enfin nous verrons que finalement, à certaines conditions, non seulement l’obéissance ne nous fait pas renoncer à notre liberté mais la développe.

 

QU’EST-CE QUE LA LIBERTE ?

 

a) La liberté est un terme général qui désigne la capacité de se mouvoir par soi-même, de choisir. Elle touche tous les aspects de la vie humaine : physique, civile, intellectuelle, politique…Elle est une faculté inhérente à la nature humaine et l’homme ne pourra pas être heureux sans l’exercer. Aristote dit même que le bonheur réside dans le fait d’exercer librement son talent.  Alors que les animaux sont déterminés par leurs instincts, l’homme possède un pouvoir de choix et de décision. Pour Sartre elle est même l’essence de l’homme qui est « condamné à être libre ».

 

b) Ce pouvoir, cette liberté se fonde sur la capacité d’intelligence et la capacité de volonté de l’homme. En effet quand je ne sais pas ce qu’implique une chose ou une autre, je ne peux pas choisir librement. De même quand je n’ai pas les moyens de vouloir (sous la menace par exemple) ou quand ma volonté est « endormie » (coma, ivresse …), je ne suis plus pleinement libre. Pour être libre, il faut en avoir les moyens.  Un jeune enfant n’est pas aussi libre qu’un adulte car il n’a pas développé toutes ses capacités intellectuelles et morales, et donc certains choix lui échappent. On peut dire que l’enfant (comme la personne dans le coma ou celle qui doit, par exemple, se soumettre à une dictature) possède la liberté en puissance mais pas en acte.

 

c) La liberté humaine n’est pas un état, une faculté figée, mais un dynamisme, un devenir, une croissance, une puissance appelée à devenir acte. 

  La liberté humaine est donc une faculté constatable. Elle est :

- Motivée (elle s’appuie sur des raisons d’agir)

- Incarnée (elle s’appuie sur les pouvoirs du corps)

- Conditionnée (elle n’est pas un absolu, elle doit se conquérir, elle s’exerce en relation avec l’intelligence et la volonté)

 

Transition : alors si la liberté, c’est la capacité de choisir ses actes, il semble qu’obéissance et liberté ne soient pas compatibles puisque l’obéissance implique justement de renoncer à ce que je voudrai faire.

 

 

 LIBERTE VS OBEISSANCE

 

a) Quand nous obéissons, notre volonté, sur laquelle se fonde notre liberté, se soumet aux ordres d’un autre ; en effet je me soumets à une autre autorité, une autre décision, un autre jugement que le mien. Comment donc pourrai-je être encore libre, puisque ce n’est pas moi l’auteur de mes actes ? Pire encore il est de nombreux cas où, si je refuse d’obéir, je m’expose à une punition, ce qui me contraint davantage à obéir.

 

b)  L’autorité d’autrui n’est pas toujours légitime. Il peut nous faire obéir par la force ou la contrainte, au détriment de notre bonheur, contre notre volonté. Il peut même exiger de nous que nous fassions ce qui est illégitime : tous les totalitarismes ont encouragé la délation pour savoir qui n’obéissait pas à leur autorité. L’obéissance ici irait contre ma volonté et ma liberté mais aussi contre mon intelligence et ma conscience morale. 

 

c) De plus je dois souvent renoncer à exercer ma liberté pour obéir à la nécessité de la vie sociale. Rousseau disait d’ailleurs que « l’homme est né libre mais que partout il est dans les fers ». J’obéis alors aux exigences financières ou administratives et je renonce à la liberté d’en être exempté. Encore une fois, même si je trouve que ces directives insensées ou stériles, je dois m’y soumettre sous peine d’être puni.

 

Transition : Pourtant, l’obéissance semble nécessaire pour la vie individuelle comme pour la vie en société. Individuellement j’ai besoin des compétences d’autrui (parents, médecin par exemple) pour me développer donc je vais devoir lui « obéir ». 

Socialement : il faut penser une obéissance politique afin que chacun puisse conserver sa vie et ses biens. C’était l’idée de Hobbes dans le Leviathan.  Sans cette obéissance, il n’y a pas de liberté individuelle seulement une loi du plus fort.

 

Il faut reconnaitre qu’en obéissant, je ne renonce pas toujours à ma liberté. En effet, à certaines conditions non seulement l’obéissance ne nous fait pas renoncer à notre liberté mais la développe. 

 

     a) En effet une autorité juste et compétente sait où est notre bien. Cette compétence s’appuie sur la sagesse et la prudence : elle connait les règles qui mènent aux bons résultats et sait les appliquer avec intelligence selon les exigences du moment. Elle est ainsi capable de respecter la liberté de chacun même en donnant des ordres. Ainsi il semble que, parfois, la contrainte libère. Obéir à une telle autorité fait que, même si je renonce à exercer ma liberté temporairement, j’en gagne sur le long terme en développant mes facultés. 

 

b) De plus si dans le cas de l’enfant il ne peut pas comprendre qu’il y a un bien à retirer de cet obéissance, l’adulte lui peut avoir des motivations intellectuelles qui le pousse à obéir. Que ce soit à la loi pour le bien commun, à son patron pour le bien de son entreprise, à son médecin pour se soigner, à lui-même aussi pour atteindre ses objectifs. En écho à cette idée, Rousseau écrit dans le Contrat Social : « l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté. » Ainsi l’obéissance juste requiert le concours de la volonté mais aussi de l’intelligence.

c) Obéir est plus une preuve de liberté que d’un renoncement à cette liberté. Ainsi il apparait clairement que lorsque mon obéissance est forcée par une autorité bienveillante et compétente, ou motivée par mon intelligence, alors même si je renonce temporairement à exercer ma liberté, je reste libre dans ce renoncement. En effet l’homme étant libre, il n’obéit pas pour le plaisir mais pour un bien car le but de l’homme est toujours le bonheur. Comme le dit Pascal, « tout homme recherche le bonheur même celui qui va se prendre ». 

 

CONCLUSION 

 

Bilan : Finalement l’obéissance peut être une soumission à la crainte, la menace et dans ce cas, elle est renoncement à l’exercice de sa liberté. Mais lorsque cette obéissance est forcée par une juste autorité ou par des raisons justes, elle n’est pas renoncement à la liberté mais plein épanouissement de celle-ci : je choisis librement de renoncer à user de certaines de mes libertés pour mon bonheur et celui des autres.

 

Réponse finale : Donc l’obéissance légitime, non seulement n’est pas un renoncement à sa liberté mais en plus elle est une des conditions qui rendent possible et la vie en société et l’épanouissement de soi. 

 

Ouverture : Ainsi, individuellement ou socialement, l’obéissance à des directives justes est une condition du développement de soi. Il est alors nécessaire de penser le terme « juste » afin d’en expliciter le sens et de comprendre quels sont les critères du commandement juste.

Fin de l'extrait

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