Correction Bac Blanc de Philosophie - Bac ES Décembre 2017

Correction Bac Blanc de Philosophie - Bac ES Décembre 2017

digiSchool Bac ES vous propose un corrigé pour le Bac Blanc de Philosophie de Terminale ES, réalisé par notre professeur.
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Ce sujet portait sur le désir et le bonheur, et on vous demandait de répondre à la question suivante : Désir et bonhur sont-ils conciliables ? Notre professeur vous propose sa correction détaillée.

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Correction Bac Blanc de Philosophie - Bac ES Décembre 2017

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POUR VOUS AIDER

Les questions à se poser :

Tous nos désirs sont-ils raisonnables ? Devons-nous céder à tous ? Pourquoi ? Est-ce qu’ils durent tous dans le temps ? Qu’est-ce que le bonheur (attention à l’idée qui veut que le bonheur mène à l’ennui, bonheur est incompatible avec le concept même d’ennui !)

Les auteurs :

Epicure, les Stoïciens, Schopenhauer et l’image de la pendule, Descartes et sa célèbre citation « mieux changer ses désirs que l’ordre du monde », Pascal « tout homme recherche d’être heureux même celui qui va se pendre »

L’actualité :

La société de consommation, la pub, la mode qui nous font toujours désirer de nouvelles choses en nous promettant plus de bonheur (pensez aux slogans de pub « ouvre un coca, ouvre du bonheur » « sodebo, c’est so good » … Le but n’est de faire une critique mais de constater que la pub notamment a très bien compris la puissance de notre désir si l’on sait le susciter, son caractère volatile, et elle sait notre aspiration à être heureux)

Conseils méthodologiques :

Un bon plan repose sur une bonne problématique ! Attention la question du sujet n’est pas la problématique. Le problème réside dans le fait qu’il ne peut pas y avoir de question tranchée, binaire à cette question : on ne peut répondre par oui ou par non, il faudra apportée une réponse NUANCEE.

Autres conseils :

Beaucoup d’élèves stressent à cause du plan : pas de panique. Si le sujet vous bloque contentez-vous, dans un premier temps, de noter au brouillon TOUT ce qui vous vient à l’esprit concernant le sujet : les idées qui vous viennent, les questions que vous vous posez. Essayez de formuler une réponse personnelle à la question. Ensuite essayez de trouver quelques arguments. Ne craignez pas de perdre du temps : un brouillon bien fourni c’est 50% de chance en plus de réussir ! Nous verrons ensemble comment réaliser un plan pour ce sujet. 

Enfin ne vous mettez pas la pression de la réussite ici, c’est un simple exercice d’entrainement pour le jour J. 


CORRECTION

Introduction

Accroche : Le bonheur est le but de l’homme. Au sens général, il désigne un état stable où l’homme est satisfait, comblé. Une sorte d’état que les penseurs Grecs de l’Antiquité nommaient « ataraxie » en le définissant comme une absence de trouble de l’âme et du corps.

Objection : Or nos désirs sont changeants et instables, ils nous font toujours miroiter quelque chose à acquérir qui semblerait nous rendre plus heureux. Ils ne nous laissent jamais au repos et nous donne le sentiment de n’être jamais comblés. Alors faudrait-il essayer d’effacer ses désirs, de les ignorer pour espérer être heureux ?

Reprise du sujet : Alors désir et bonheur sont-ils conciliables ?

Annonce de la problématique : L’enjeu de la question sera de savoir en quoi consiste réellement le bonheur de l’homme et alors, à quelles conditions les désirs de l’homme et bonheur sont conciliables. 

Annonce du plan : Nous mettrons en lumière, dans une première partie, la nature complexe du désir. Dans une deuxième partie nous chercherons à définir le bonheur pour ensuite établir qu’entre bonheur et désir il faut une faculté capable de faire le lien : la raison. 


I. Qu’est-ce que le désir ?

A) Désirer c’est tendre vers un objet avec l’intention de le posséder. C’est une passion (≠ action), on subit le désir, l’attirance qu’un objet exerce sur nous. Il peut générer en nous des émotions : joie, colère, crainte. Le désir est illimité, puissant, instable, parfois même contradictoire (je peux vouloir deux choses contradictoires). Il évolue avec le temps qui passe, notre histoire, nos expériences.  Et en ce sens il semble incompatible avec le bonheur : il ne nous laisse jamais au repos, jamais satisfait. A cause de cette instabilité du désir, la tendance générale de la philosophie sera plutôt méfiante à l’égard du désir : Platon va considérer le désir comme la puissance la plus basse de l’âme humaine (Rép IX, 584 e) et le courant des Stoïciens (Sénèque, Cicéron, Épictète, Marc Aurèle) sera extrêmement méfiant considérant que le désir est à l’origine d’autres passions problématiques : l’instabilité, la haine, l’agressivité, la colère, l’emportement, le ressentiment !!! De ce point de vue, désir et le bonheur semblent difficilement conciliables 

B) Enfin il faut nous arrêter sur l’argument du philosophe Schopenhauer qui considère que « tout désir nait d’un manque, d’un état qui ne nous satisfait pas ; donc il est souffrance, tant qu’il n’est pas satisfait. Or nulle satisfaction n’est de durée ; elle n’est que le point de départ d’un désir nouveau » et il en conclut que la vie oscille entre souffrance et ennui : je souffre de ce que je n’ai pas et je m’ennuie quand je n’ai plus rien à désirer : « qu’une prompte satisfaction vienne à enlever [à la volonté] tout motif de désirer et les voilà tombés dans un vide épouvantable, dans l’ennui » Alors, comment penser les liens entre désir et bonheur puisque Schopenhauer sous-entend que le bonheur est impossible, notamment et surtout à cause de notre capacité à désirer tandis que les philosophes grecs  regardent le désir avec méfiance ?

 

Transition : Pourtant il est clair que l’homme aspire naturellement au bonheur, désire le bonheur, c’est pourquoi Pascal écrit que « tout homme recherche d’être heureux jusqu’à ceux qui vont se pendre ». La question de savoir si bonheur et désir sont conciliables peut alors sembler paradoxale : nous désirons naturellement être heureux mais cette même faculté de désirer rendrait impossible l’obtention du bonheur ! Il nous faut dès lors chercher à définir le bonheur afin de pouvoir résoudre ce paradoxe.


II. Qu’est-ce que le bonheur alors ?

A) On constate, notamment grâce au travail de Maslow, que la nature humaine présente un ensemble de besoins. Or il semble juste de dire que le bonheur peut difficilement se concevoir si on ne répond pas à ces besoins. Ces besoins sont physiologiques (manger, boire, se vêtir...) mais aussi psychiques (s’accomplir, être en relation avec les autres...). Donc l’homme n’est pas seulement motivé par ses désirs, il a aussi des besoins qui désigne ce dont il ne peut pas se passer pour vivre de façon complètement humaine : la nourriture par exemple ou le fait d’être intégré à une société, nous l’avons dit.

De même on peut constater que chacun est unique, particulier. Donc la réponse aux besoins de chacun sera personnelle tout comme les désirs sont aussi propres à ce que nous sommes. Ainsi le bonheur de chacun a des aspects purement subjectifs comme, par exemple, le sens de son existence. 

B) Enfin Aristote écrit « Exercer librement son talent, voilà le vrai bonheur ». Presque 25 siècles plus tard, Viktor Frankl fait écho à son idée en écrivant que le bonheur réside dans le fait d’avoir trouvé un sens à sa vie ; il donne un exemple tiré de son vécu : « Dans les camps de concentration nazis, les plus aptes à survivre étaient les prisonniers qui avaient une tâche à remplir après leur libération ». Finalement le bonheur c’est faire ce pourquoi l’on pense être fait, c’est agir vers un but qui nous comble.

Et il apparait ainsi que l’on ne peut pas réduire le bonheur au plaisir ni à la possession de biens matériels mais si ces deux choses font partie de l’ensemble de ce que l’on peut appeler le bonheur. Et il ne peut donc pas non plus se réduire à satisfaire tous ces désirs.

D’abord on peut constater qu’au bout d’un certain temps, le plaisir devient addictif : on ne peut plus s’en passer. On devient alors esclave de sa recherche constante de plaisir.

Et ensuite, même s’il est évident qu’être heureux suppose d’avoir de quoi vivre et vivre bien, le bonheur ne peut pas être dans l’accumulation des biens matériels. Les biens matériels répondent à certain de nos besoins mais ne peuvent pas nous combler. Le bonheur ne peut se réduire à l’avoir, il vise d’abord l’être et l’être en acte, c’est-à-dire en train de se réaliser.

Donc il semble juste de définir le bonheur comme un dynamisme qui respecte un équilibre complexe, où les besoins de l’homme, liés à sa nature, sont satisfaits : ces besoins sont autant matériels qu’intellectuels. L’Homme a autant besoin de se nourrir que de savoir pourquoi il vit, pour quelle raison il est sur terre.


Transition : le bonheur semble donc une dynamique, un mouvement, mais un mouvement orienté vers un but : la réalisation de soi au sein et en accord avec notre milieu naturel qui est la société. Le désir semble quant à lui changeant, puissant, instable et jamais comblé mais en même temps, comme l’écrit Hegel, il est le moteur de l’homme « Rien de grand ne se fait sans passion ». Comment donc les concilier ?


III. C’est la raison qui seule, peut concilier désir et bonheur, sans en nier aucun, ce qui serait nocif pour l’homme.

A) La raison est la faculté qui nous permet de connaitre et de juger. Grâce à elle, nous jugeons de ce qui est bon pour nous, à court terme comme à moyen terme. Elle peut donc nous aider à opérer un tri dans nos désirs. Elle nous apprend à distinguer ce que l’on peut appeler le Désir avec une grand D, qui porte sur le bonheur, et les désirs, qui portent sur les moyens d’y parvenir. Elle nous permet de connaitre et comprendre quel est notre bonheur, en quoi il consiste et ainsi nous aide à choisir les meilleurs moyens d’y parvenir. Elle nous apprend aussi à constater que certaines choses ne dépendent pas de nous et qu’il est plus sage, si l’on veut être heureux, de « changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde » comme le disait Descartes s’inspirant des Stoïciens.

B) Enfin, même si le désir est une passion, même si on désire de manière involontaire, rien ne nous empêche de tenter de maitriser ce désir, de le raisonner. Non dans le but de nous contraindre inutilement, car le désir n’est pas mauvais en soi : c’est une faculté naturelle pour l’homme de désirer.  Mais plutôt dans le but de nous protéger des conséquences dommageables que peut avoir sur nous le fait de répondre à tous nos désirs, même à ceux qui sont contradictoires entre eux ! Par exemple, il ne semble pas irrationnel de réfréner notre désir d’aller faire un bon match de foot ou une séance shopping avant un examen important car on sait que l’échec à cet examen pourrait avoir des conséquences que nous désirons justement éviter. Ou bien de maitriser son désir de manger avant une anesthésie générale pour éviter des conséquences malheureuses. C’est exactement la tentative d’Epicure qui opère un tri dans les désirs afin de se prémunir de ceux qui pourraient lui nuire.


Conclusion

Bilan : La nature du désir et celle du bonheur nous montrent donc que l’homme doit effectuer un travail de maitrise de son désir, sans pour autant chercher à le nier, pour espérer atteindre son but final qui est le bonheur.

Réponse définitive :  Or cette attitude exige de l’homme un acte de l’intelligence, un regard critique sur sa vie (qu’est-ce que je suis ? qu’est-ce que je possède ? Pourquoi ? qu’est-ce qui est bon pour moi ?) et une capacité à poser des choix réfléchis pour savoir ce que l’on veut continuer à posséder. Ainsi il apparait que le désir doit se penser, se satisfaire ou se maitriser en relation avec l’intelligence qui connait et nous donne les raisons d’agir ou non. Ce qui permet à l’homme de mettre son désir au service de son bonheur, et non pas sa propre personne au service de son désir. Ce n’est qu’à cette condition semble-t-il que désir et bonheur peuvent se concilier sans se nier ou se nuire.

Ouverture : Il s’agira alors de penser la morale (science indiquant le meilleur comportement pour l’homme en tant qu’individu sociable) comme conciliant justement désir et bonheur, sans nier aucun de ses aspects de la nature humaine.

Fin de l'extrait

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