Correction Explication de texte - Philosophie Bac ES 2017 Washington

Correction Explication de texte - Philosophie Bac ES 2017 Washington

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Il ne fallait pas se tromper ici : la thèse de l'auteur ne portait pas sur le bien-fondé ou non de la guerre mais sur le danger que représente une opinion qu’on transforme en vérité. Ce texte opposait opinion et vérité, des notions au programme. Ce sujet pouvait être assez difficile : il nécessitait de bien maitriser les définitions des termes philosophiques pour en comprendre toute la portée et pouvoir l’expliquer.

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Correction Explication de texte - Philosophie Bac ES 2017 Washington

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EXPLICATION DE TEXTE

ALAIN, MARS OU LA GUERRE JUGEE 1921

AVANT-PROPOS

• Il ne fallait pas se tromper ici : la thèse de l’auteur ne portait pas sur le bien-fondé ou non de la guerre mais sur le danger que représente une opinion qu’on transforme en vérité. Ce texte opposait opinion et vérité, des notions au programme. 

• Il fallait impérativement s’arrêter sur les termes que vous avez dû étudier dans la cadre de votre année de philosophie : vérité, jugement, opinion.

• Ce sujet pouvait être assez difficile : il nécessitait de bien maitriser les définitions des termes philosophiques pour en comprendre toute la portée et pouvoir l’expliquer.


Accroche : Le terme opinion désigne cet état d’esprit consistant à penser qu’une assertion est vraie tout en admettant le caractère incertain de cette affirmation.

Objection : Or bien souvent les opinions sont défendues comme si elles représentaient des vérités observées et démontrées.

Problématique : L’enjeu de ce texte, tiré de Mars ou la guerre jugée d’Alain, est précisément de savoir quelle est la valeur de l’opinion, peut-elle avoir un rapport avec la vérité ?

Thèse de l’auteur : la thèse d’Alain est claire : les hommes, par paresse intellectuelle, ont tendance à produire des vérités à partir de leurs opinions et cette tendance est problématique voire dangereuse.

Annonce du plan : Nous expliquerons donc ce texte en suivant l’ordre que l’auteur y a mis lui-même : dans une première partie nous étudierons les arguments exposés par Alain pour expliquer comment l’opinion devient une vérité construite de toutes pièces. (Ligne 1 à 10). Nous verrons en deuxième partie quelles sont les conséquences problématiques que l’auteur voit à une telle mutation. (Ligne 10 à 16) Enfin nous proposerons une analyse critique en troisième partie.


PARTIE 1 : DANS CETTE PREMIERE PARTIE, ALAIN PART DE L’EXEMPLE DE LA GUERRE POUR CONSTRUIRE SON RAISONNEMENT.

a) Le premier constat d’Alain est le suivant : la guerre est une spécificité humaine. De fait, on ne peut pas trouver de guerre civile, de rébellion organisée ou d’art militaire chez les animaux. Les hommes sont les seuls à étudier « l’art de la guerre » pour reprendre l’expression du célèbre stratège chinois Sun Tsu. Alain complète ce constat en ajoutant immédiatement que toutes les causes des guerres sont de l’ordre de l’opinion. Et là encore, l’opinion est propre à l’homme, il est le seul être capable d’un retour sur lui-même, ce qu’illustre le cogito cartésien, et lui seul peut être dans cet état d’esprit qui se situe à la limite de la certitude et du doute. Le fait de souligner que l’homme est le seul et à faire la guerre et à avoir des opinions n’est pas un choix anodin de la part de l’auteur, ce parallèle est clairement un choix argumentatif qui lui permet d’arriver là où il voulait mener son lecteur : certaines opinions sont dangereuses et celles portant sur la guerre plus encore. C’est en deuxième partie qu’il traitera de la dangerosité, il va tout d’abord axer son propos sur le caractère vrai attribué « d’office » à l’opinion voulait que la guerre soit « imminente » et « inévitable ». 


b) Alain en vient à son idée centrale : la véracité des opinions nuisibles, notamment celle sur la guerre, tient dans le fait que beaucoup ont considéré que ces opinions étaient vraies. Elles sont devenues vraies à cause du nombre de personnes qui les ont considérées comme tel, et non en elles-mêmes. De fait, dire que l’on considère la guerre comme « imminente » et « inévitable » ne contient rien en soi qui puisse faire dire que cette opinion soit vraie ou fausse. La vérité dépend donc du nombre et pas des faits. 

Alain désigne le responsable de cette mutation illégitime de l’opinion en vérité : la paresse intellectuelle. A cause d’elle, les individus ne s’inquiètent plus de savoir sur quoi repose la véracité de leur jugement, ils la construisent eux-mêmes. Et c’est l’idée majeure d’Alain ici, ce qu’il cherche à démontrer : dans les choses spécifiquement humaines comme la guerre, les hommes ont tendance à « faire » la vérité et non à la « constater ». Il faut définir ici le terme « vérité » pour comprendre la critique d’Alain. Par « vérité » on entend l’égalité, l’adéquation entre notre intelligence et les choses. Ainsi deux plus deux feront toujours quatre et si je conçois que cela fait cinq, je suis dans l’erreur. Donc la critique d’Alain ici est forte : les hommes ne se soucient pas de la cohérence entre leurs opinions et le réel, ils considèrent que les choses sont telles qu’ils les jugent.


Transition : Alain vient donc de dénoncer les vérités artificielles, concernant les choses humaines, admises par la majorité. Il va prolonger son raisonnement sur la nature des jugements fondés sur l’opinion et sur leurs conséquences désastreuses.


PARTIE 2 : JUGEMENT ET CONSEQUENCES.

a) Alain écrit que : « ainsi il n’y a point seulement à connaitre, mais à juger, dans toute la force de ce beau mot. » et s’il prend la peine de souligner le mot « juger » il nous faut nous y arrêter. Qu’est-ce que juger ? Juger c’est attribuer une qualité ou non à quelque chose. C’est donc, dans le texte d’Alain, attribuer la qualité de vrai à une opinion. Mais le professeur de philosophie va plus loin dans sa critique : il considère clairement qu’il s’agit pour l’exemple qu’il donne, à savoir la guerre, d’un jugement arbitraire, qui n’a pas de preuves, qui est de l’ordre de la décision individuelle et non d’une réflexion appuyée sur des preuves. Une preuve est une opération amenant l’intelligence, d’une manière convaincante, à reconnaitre la vérité d’une proposition. Et c’est exactement ce que sous-entend Alain : quand les individus jugent du pour ou du contre de la guerre, cela n’implique en rien une opération de réflexion qui pourrait les convaincre rationnellement dans un sens ou dans l’autre. C’est au contraire de l’ordre de l’opinion, de la décision, du jugement arbitraire qui attribue la qualité de vrai à ce qui ne l’est pas forcément.


b) De par les termes qu’il choisit, la critique d’Alain est très forte et ses reproches sont précis : l’erreur de ces personnes est de se contenter d’une opinion et de jugements arbitraires. Il va s’arrêter ensuite sur ce qu’il appelle « une situation particulière », un effet notable du travestissement de l’opinion en vérité. Quand une personne a admis pour vrai le fait que la guerre est « inévitable » et « imminente », quand elle a transformé son opinion en vérité, elle est logiquement conduite à voir des preuves qui vont dans le sens de son jugement, dont sa propre décision. Ainsi partant de son opinion, cette personne a bien construit artificiellement sa vérité. Et Alain souligne la conséquence désastreuse d’une telle construction « c’est parce que vous l’avez prévu que c’est arrivé ». 


Transition : Ainsi nous pouvons faire plusieurs remarques pour éclairer et expliciter cet extrait :


PARTIE 3 : ANALYSE CRITIQUE

a) Tout d’abord cette critique d’Alain sur l’opinion ne peut que faire penser à celle de Platon qui opposait doxa et logos, l’opinion et la raison. Pour Platon, l’opinion n’est qu’un point de départ dont on se sépare à mesure que l’on approche du vrai. Et finalement on pourrait dire que, avec presque vingt-cinq siècle d’écart, Platon et Alain s’accordent sur la nécessité de sortir de la caverne. De la caverne des apparences sensibles pour Platon, de la caverne de l’opinion pour Alain. Cet effort conditionne l’accès à la vérité pour Platon mais également pour Alain. Et ne pas produire cet effort, c’est se condamner à rester prisonnier de l’erreur, erreur qui peut avoir des conséquences dramatiques comme la guerre.


b) Une autre remarque intéressante doit être faite : Alain critique ici un mimétisme irrationnel : parce que « des milliers » pensent la guerre « imminente » et « inévitable », les individus ont tendance à accepter cette opinion comme une vérité. Or la vérité d’une idée ne tient pas dans le nombre de personne qui la partagent. Et cette tendance à imiter peut de fait s’avérer problématique. Finalement Alain semble vouloir alerter sur l’importance de la réflexion personnelle qui fonde liberté individuelle. Sans cette « intelligence paresseuse » qui fait de l’opinion en vogue une vérité, l’homme retrouve la possibilité d’accéder à ce qui est vrai. Il y a donc, sous-jacentes à ce texte, au moins deux exigences : 

- Faire un effort de réflexion pour essayer de constater la vérité et non de la construire.

- Ne pas céder par paresse à un mimétisme dangereux, mais rassurant dans le sens où il produit ce qu’il avait prévu.


CONCLUSION 

Bilan : Nous avons donc vu qu’ici la question est de savoir si la simple opinion peut être source de vérité.

Thèse de l’auteur : Pour Alain, la réponse est claire, comme sa critique est précise, l’opinion en elle-même est insuffisante. Pire, elle peut conduire à des conséquences réellement désastreuses. 

Intérêt du texte/Ouverture : Cet effort de réflexion, dont Alain critique l’absence, cette quête de vérité a marqué toute l’histoire de la philosophie. La vérité n’a laissé aucun philosophe indifférent, même pour un penseur comme Nietzsche qui ne voyait en elle non pas une réalité, mais simplement une valeur parmi d’autres.  

Fin de l'extrait

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