Correction Philosophie Sujet 1 Bac ES 2017 Polynésie

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Correction Philosophie Sujet 1 Bac ES 2017 Polynésie

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SUJET 1 : N’Y-A-T-IL DE VERITE QUE DANS LA SCIENCE ? 

 

Notions en jeu : la vérité, la matière et l’esprit, le vivant, la démonstration, l’histoire.

 

Présentation du sujet

 

Ce sujet « N’y-a-t-il de vérité que dans la science ? » a trait à une notion classique du programme de terminale : la vérité qui se rapporte au grand domaine « La raison et le réel ». L’énoncé cherche à questionner si la science est le seul domaine où l’on peut atteindre la vérité, si la vérité se limite au domaine scientifique. Comme toute réflexion sur la notion de vérité, elle implique une interrogation de la valeur absolue ou relative de celle-ci et une réflexion sur l’avancée de la connaissance humaine. Il fallait aussi veiller à élargir les champs et ne pas restreindre votre dissertation aux seules sciences dures (mathématiques, physique, biologie…) mais penser aussi aux sciences sociales : histoire, géographie, sociologie, psychanalyse…. 

 

Définition des termes

 

N’y a-t-il (…) que : le verbe « avoir » marque une appartenance entre deux éléments, ici entre la science et la vérité. Ce qu’il est important de remarquer c’est la négation et la valeur limitative du « que ». Cet opérateur indique qu’il faut se demander si la vérité est restreinte ou non au champ scientifique et invite donc à pluraliser les champs d’inscription de la réflexion (penser à d’autres domaines où l’on pourrait atteindre la vérité ou du moins la rechercher). 

De vérité : on peut se référer à la définition donnée par St Thomas d’Aquin : « adequatio rei et intellectus » qui signifie « adéquation de la chose et de l’intellect ». Plus simplement, cela veut dire que la vérité serait un rapport d’équivalence entre le réel et la connaissance humaine sur ce dernier. Mais la vérité reste une notion transcendantale, non définissable en tant que telle. Il s’agira donc de faire évoluer sa définition au cours de votre travail, entre vérité absolue, relative ou valeur que la connaissance humaine poursuit. 

Dans la science : la « science » renvoie au domaine scientifique (traité dans le programme dans le champ « la raison et le réel) lui-même divisé entre différentes disciplines comme les mathématiques, la biologie, la physique, l’astronomie… La science se caractérise par son processus particulier de recherche de la vérité. On associe souvent ce qui est « scientifique » à ce qui est « vrai » car la science a une méthode fondée sur des observations objectives vérifiables et des raisonnements rigoureux qui recherche des connaissances à valeur universelle sur le réel. 

 

Problématisation 

 

La problématisation est sans doute l’étape clé de votre dissertation. Il s’agit de montrer ce qui pose problème dans le sujet, à l’aide de la définition des termes effectuée précédemment. Attention, problématiser ce n’est pas simplement reformuler l’énoncé, c’est mettre en tension les termes pour montrer l’intérêt philosophique de la question. 

 

A la question « N’y-a-t-il de vérité que dans la science ? » on serait tenté de dire oui, la science est le domaine privilégié de la vérité, c’est par le processus scientifique réglé par des méthodes de recherche objectives car reproductibles et vérifiables (observation, expérimentation) que l’on peut obtenir des connaissances proprement « vraies ». Cela dit, ne serait-il pas réducteur de ne pas considérer d’autres champs où l’on pourrait atteindre la vérité ? Par exemple, la démarche historique n’est-t-elle pas guidée elle aussi par la recherche de la vérité ? Les sciences dites « molles » (sciences sociales notamment contrairement aux « sciences dures ») ne sont-elles pas elles aussi guidées par l’idéal du vrai ? On voit ici apparaître un second problème lié à la diversification des champs d’inscription du vrai qui est celui du degré de vérité que l’on peut atteindre. Le sujet comprend ici une partie définitionnelle : qu’est-ce qui peut être dit « vrai » ? 

 

Cela amène alors la problématique : peut-on limiter la vérité au seul domaine scientifique ? La pluralité des domaines de recherche du vrai n’appelle-t-elle pas une redéfinition de la vérité ? 

 

 

La science est le domaine de prédilection de la vérité 

Le lien entre science et philosophie à l’origine de la suprématie des sciences dans la recherche de la vérité 

Dans l’antiquité, la science première était la philosophie. Elle était intimement liée aux autres sciences mais elle était considérée comme la science « suprême », moyen d’accès à la connaissance véritable. Comme l’illustre la ligne épistémologique (ou encore l’allégorie de la caverne) dans la République de Platon, c’est la réflexion philosophique seule qui peut permettre de dépasser l’expérience sensible trompeuse et illusoire pour parvenir à la vérité, à l’essence des choses. Les autres sciences, la physique notamment, recevaient d’elle leurs fondements et notamment ce lien tenu avec la recherche de la vérité. La philosophie a cependant peu à peu été déclassée au profit des sciences dites « dures » avec le développement progressif de la méthode expérimentale. 

 

La méthode scientifique : un moyen privilégié d’accès au vrai 

La science peut être considérée comme hégémonique dans le domaine de la recherche de la vérité de par sa méthode. En effet la science parvient à la vérité par un processus réglé dont les étapes sont les suivantes : observation, expérimentation, mise en théorie. Le rapport que la science entretient au réel est guidé par l’objectivité. C’est à dire que la communauté scientifique cherche à se départir de la subjectivité, notamment en créant des expériences reproductibles donc vérifiables et à adopter un point de vue critique envers ses productions. 

 

Les théories scientifiques : des connaissances vraies 

On peut penser ici d’abord au savoir mathématique. Les mathématiques sont un système de signes qui ont trait à l’abstraction. Appliqués au réel (penser ici aux lois physiques), ils permettent d’expliquer le fonctionnement du réel de façon systématique. Les mathématiques sont guidées par la logique de la démonstration et les énoncés mathématiques sont donc vrais s’ils sont logiques. On peut penser ici aux théorèmes de Thalès ou de Pythagore. 

 

On s’attachera dans un second moment à voir si la science est véritablement hégémonique dans le domaine de la vérité. N’y-a-t-il pas d’autres champs où l’on peut atteindre le vrai ? 

 

Mais on ne peut limiter la vérité au seul domaine scientifique 

Les erreurs de la science

Cependant, l’on peut douter du potentiel absolu de la science dans la connaissance du vivant par exemple. Contrairement au champ mathématique, la biologie n’est pas abstraite. La matière qu’elle étudie, le vivant, est par définition changeante, plurielle et échappe souvent à la connaissance.

Pour ce qui est de l’astronomie, on peut penser aux erreurs qui ont été faites par le passé. On a d’abord pensé que la Terre était plate ou encore que le Soleil tournait autour de la Terre. Il a fallu attendre que nos moyens techniques d’observation progressent (exemple : télescopes) pour pouvoir élaborer des théories vraies. 

En ce qui concerne la science médicale, on peut aussi observer quelques errances comme la théorie des 4 fluides d’Hippocrate ou la pratique très dangereuse des saignées qui a perduré très longtemps et causer souvent plus de mal que de bien aux patients sur lesquels on la pratiquait. 

La vérité historique : le travail de l’historien est guidé par l’objectivité 

Il est donc peu certain que la science soit hégémonique dans la recherche de la vérité. D’autres domaines, comme l’histoire, ont une méthode qui leur permet d’élaborer des connaissances dites « vraies ». L’historien est guidé par l’objectivité. Cela s’exprime notamment par la confrontation des sources (archéologiques, archives, témoignages) qui est au cœur de son travail. Cela dit, cette méthode historique a été définie assez récemment, par l’école des Annales, une école d’historien qui a fixé les principes de la recherche historique rigoureuse, dite « scientifique ». L’histoire a longtemps été « hagiographique » c’est à dire qu’elle visait a mettre en valeur le fait de grands hommes (rois, saints) qui faisaient commande à des historiens. La vérité historique n’est donc pas absolue, ce qu’on voit aussi dans l’histoire des mémoires de la 2nde guerre mondiale ou de la guerre d’Algérie. 

 

La vérité dans les autres sciences sociales 

La sociologie ou encore la psychanalyse sont d’autres domaines qui ne sont pas purement scientifiques mais où des méthodes de recherche ont été mises en place pour permettre d’élaborer des connaissances vraies car observables, vérifiables et objectives. 

 

Cet élargissement des domaines nous a conduit à observer la relativité de la notion de vérité. Quel que soit le champ où elle s’inscrive, la vérité semble ne pas être absolue, simplement donnée mais liée au progrès des méthodes de connaissance. On pourrait dire qu’une « scientifisation » des champs de la connaissance humaine est à la source du progrès vers la vérité. 

 

 

Redéfinition de la vérité : un fil d’Ariane pour l’ensemble des connaissances humaines 

 

La science elle-même ne peut atteindre la vérité absolue

Comme l’explique l’épistémologue Karl Popper dans son ouvrage Conjectures et réfutations la connaissance scientifique progresse vers la vérité par un processus de falsification successive. Les théories sont toujours mises à l’épreuve. Elles ne peuvent pas être vérifiées mais falsifiées. La falsification est le critère du vrai. Si une théorie ne résiste pas à cette mise à l’épreuve, alors elle est fausse, au contraire, si elle y résiste, alors elle peut être considérée comme vraie. On parlera alors non pas de vérité mais de « véracité », c’est à dire qu’une théorie scientifique est vraie à un instant T du processus de connaissance scientifique, dans un contexte précis où l’on possède certaines connaissances et certains moyens techniques. 

 

La connaissance humaine comme progrès vers la vérité 

Toutes les connaissances humaines, qu’elles appartiennent aux « sciences dures » ou aux « sciences molles » sont guidées par le même idéal, le même fil d’Ariane qu’est la vérité. C’est la valeur suprême au cœur du processus de connaissance. Ce qui importe donc, ce n’est pas dans quel domaine l’homme peut atteindre la vérité mais quelles sont les méthodes pour l’atteindre. Face à la difficulté que présente la recherche de la vérité c’est la rigueur méthodique mais aussi le pluralisme critique (confrontation des savoirs, doute) qui sont essentiels. La connaissance humaine, peu importe son objet, est toujours progrès vers la vérité. 

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