Correction Philosophie Sujet 2 Bac ES 2017 Polynésie

Correction Philosophie Sujet 2 Bac ES 2017 Polynésie

Retrouvez la correction de Philosophie (sujet 2) du Bac ES 2017 de Polynésie.
➜ Voir le sujet, la correction du sujet 1 et la correction du sujet 3.

Le Sujet 2, pour rappel, portait sur la dissertation : Peut-on travailler pour rien ?

Téléchargez gratuitement ce corrigé du Bac ES 2017 Polynésie de Philosophie.

Correction Philosophie Sujet 2 Bac ES 2017 Polynésie

Le contenu du document


SUJET 2 : PEUT-ON TRAVAILLER POUR RIEN ?

 

Notions en jeu : travail et technique, désir, devoir, bonheur, art

 

Présentation du sujet

 

Ce sujet « Peut-on travailler pour rien ? » a trait à une notion au cœur du programme de terminale économique et sociale, le travail qui se rapporte au domaine d’étude « La culture ». Se demander s’il ou peut travailler pour rien revient à interroger la visée du travail. Pourquoi travaille-t-on ? On s’interrogera sur les objets que vise le travail, sur l’intérêt qu’il le motive et qu’il peut apporter. Il faudra être très attentif à bien définir le « pour rien » compris dans l’énoncé. 

 

Définition des termes 

 

« peut-on » : du verbe « pouvoir », cet opérateur questionne la possibilité, il faudra se demander si oui ou non il est possible de « travailler pour rien » et à quelles conditions, à quels degrés. 

« travailler » : verbe qui vient du terme « travail » que l’on peut définir comme l’action que l’homme entreprend afin de transformer la nature pour l’adapter efficacement à ses besoins. Le travail, dans la société actuelle, est une activité réglée qui vise la production de quelque chose et implique une rémunération. 

« pour » : préposition qui signifie « au motif de », « dans le but de », « afin de » 

« rien » : exprime l’absence, le néant. Toute la difficulté du sujet réside dans la spécification de ce terme.

 

Problématisation

 

La problématisation est sans doute l’étape clé de votre dissertation. Il s’agit de montrer ce qui pose problème dans le sujet, à l’aide de la définition des termes effectuée précédemment. Attention, problématiser ce n’est pas simplement reformuler l’énoncé, c’est mettre en tension les termes pour montrer l’intérêt philosophique de la question. 

 

À la question « Peut-on travailler pour rien ? » on a spontanément envie de répondre : « bien sûr que non ». En effet il semblerait que l’on soit toujours motivé par quelque chose pour travailler. On travaille toujours pour créer quelque chose, pour quelqu’un (un supérieur ou soi-même) et pour y gagner quelque chose (argent, satisfaction personnelle…). Le travail est par son essence même une activité qui vise un objet, qui a un but. 

 

Mais ce serait réducteur de ne pas voir que, dans la pratique, il arrive que l’on « travaille pour rien ».  Le travail peut être immotivé, le travailleur ne peut éprouver aucun intérêt à son activité, parce qu’il n’en tire aucune satisfaction personnelle. 

Cela amène la problématique : si le travail semble être une activité toujours orientée vers un but, il n’est pas certain qu’il ne puisse être immotivé. Pourquoi travaille-t-on ? La réflexion sur les objets visés par le travail n’amène-t-elle pas à une redéfinition du travail ? 

 

Par définition, le travail est une activité motivée par quelque chose.

 

Par la production d’un objet 

Par son essence même, le travail est une activité de production. On peut penser ici au travail artisan, où le producteur entretient un lien intime avec son « savoir-faire » et l’objet qu’il crée : le boulanger avec le pain, le menuisier avec les ouvrages de bois, le forgeron avec ceux de métaux. On travaille pour un but ultime, une cause finale qui est la réalisation de quelque chose, la création d’un nouvel objet.

 

Par le gain, la rétribution qu’on peut y gagner 

Le travail est une activité proprement intéressée. On ne vise pas seulement la production mais aussi le gain associé à cette production. D’après l’expression populaire, « tout travail mérite salaire » ; ce qui indique bien que le travail est motivé par la rétribution souvent financière que l’on peut en obtenir. 

 

Par le contexte socio-économique

En dernière instance, on travaille parce que la société nous influence à le faire. Nous sommes conditionnés à travailler. En effet, le travail permet de s’assurer des moyens de subsistance, de satisfaire notamment nos besoins alimentaires, de logement et de loisir. Il y a aussi une pression sociale liée au travail car les représentations sociales condamnent celui qui chôme, qui ne « fait rien ». Le travail assure une condition sociale plus ou moins qualitative là où l’inoccupation n’assure aucune garantie quant à la satisfaction des besoins. 

 

Toutefois, ces arguments restent assez théoriques et l’observation de l’histoire, de la matérialité de la condition du travailleur nous font réaliser que oui, le travail peut être immotivé. 

 

Cependant, la pratique indique que le travail est parfois une activité immotivée 

 

Travail et aliénation 

On se réfère ici à Marx, Capital. Dans son ouvrage, Marx s’attache à critiquer la condition faite au travailleur dans le monde capitaliste du XIXe. Marx explique qu’avec la naissance de l’industrie et avec elle du travail à la chaîne, le prolétaire, le travailleur ouvrier s’est trouvé dépossédé de lui-même. En effet, la systématisation et la standardisation du travail a coupé le travailleur de l’objet qu’il produisait. Contrairement à l’artisan, l’ouvrier n’exécute plus toutes les tâches liées à la production de l’objet, mais seulement une ou quelques-unes. Il n’assiste pas au processus dans son intégralité et se retrouve donc aliéné par le système de production capitaliste qui exploite sa force de travail. Le travailleur ne vend plus quelque chose mais il se vend lui-même. Ainsi, il travaille « pour rien » car n’est plus libre et ne trouve plus d’intérêt interne à son activité.  

 

L’inutilité au travail 

Il est également possible de ne travailler « pour rien » lorsque l’on éprouve plus aucun intérêt à son travail, qu’il est source d’ennui ou d’un sentiment d’inutilité. 

Dans l’histoire, il y a eu des travaux proprement « inutiles ». On peut penser ici aux camps de travail forcé dans lesquels les juifs ont été déportés pendant la Shoah. Les nazis faisaient transporter aux déportés des sacs d’un endroit à un autre, puis leur faisaient effectuer la tâche inverse. Certains rescapés ont pu évoquer dans leurs témoignages comme l’inutilité de leur travail rajoutait à l’horreur de l’expérience qu’ils ont vécue. 

 

Comme on a pu le voir dans ce second moment de réflexion, le travail peut être immotivé mais l’absence de but ou de satisfaction au travail est néfaste pour l’individu. Cela appelle donc une revalorisation du travail et de ces visées. Quels sont les objets qui peuvent faire du travail une activité « haute » ? N’y-a-t-il pas des visées autres que purement matérielles liées au travail ? 

 

Revalorisation du travail : on travaille toujours pour quelque chose mais surtout pour soi-même. Travailler participe de l’élévation de l’homme. 

 

Travail et devoir 

Travailler c’est accomplir son devoir. Lorsque l’on travaille, on poursuit la reconnaissance d’autrui liée à la notion de mérite. Le travail apporte la satisfaction d’être reconnu socialement, non seulement par ses pairs mais aussi par sa famille. 

On peut penser ici à la thèse soutenue par Pierre Bourdieu dans son ouvrage les Héritiers. Le travail est motivé par l’obtention d’un certain capital social. En général, les enfants recherchent le maintien du capital social observé chez leurs parents ou encore son dépassement. 

 

Travail et liberté 

Travailler c’est aussi être libre. En effet, si l’on oppose souvent le travail ou loisir, on peut aussi voir que le travail permet le loisir. Tout d’abord il permet de s’assurer les moyens de ce loisir. Et surtout, il donne au loisir toute sa valeur. En effet, il n’est pas certain que l’on apprécierait une vie de vacance car l’on perdrait sans doute le plaisir que lui est associé. 

Pour éprouver cette liberté liée au travail, il faut aussi avoir une motivation interne. On travaille parce que l’on apprécie son activité, qu’elle correspond à nos valeurs et qu’elle permet notre élévation personnelle. On sort de l’aliénation lorsque l’on travaille avant tout pour soi. 

 

Travail et bonheur 

Le travail est une activité qui peut nous rendre heureux. On travaille car c’est un moyen d’accès au bonheur. On peut penser ici au bénévolat. Le travail bénévole est un cas intéressant car désintéressé, financièrement parlant, tout du moins. Le bénévole fait don de sa personne et de son temps pour travailler. Cela montre donc bien qu’il le fait parce qu’il y gagne quelque chose d’autre que de l’argent, il le fait pour lui-même, car il croit à la cause qu’il défend (don du sang, association humanitaire…). 

Autre piste de réflexion que l’on pouvait aborder ici : le travail de l’artiste. En effet, le travail de l’artiste est un cas de travail désintéressé lié au bonheur de l’activité elle-même. L’artiste travaille pour la création d’une œuvre parce qu’il est porté par une inspiration, par un désir de créer. L’artiste se définit par son travail, par son œuvre qui est pour lui un moyen d’expression personnel. Pour finir avec un exemple édifiant, Honoré de Balzac, l’auteur de la Comédie Humaine, a fini sa vie à 51ans, criblé de dettes. Il a laissé derrière lui l’une des œuvres romanesques les plus imposantes de la littérature française et a continué à travailler toutes les nuits en buvant des litres de café pour se tenir éveillé, cela jusqu’à la fin de sa vie, seulement pour son art et la création de son incroyable univers de lettres. 

Fin de l'extrait

Vous devez être connecté pour pouvoir lire la suite

Télécharger ce document gratuitement

Donne ton avis !

Rédige ton avis

Votre commentaire est en attente de validation. Il s'affichera dès qu'un membre de Bac ES le validera.
Attention, les commentaires doivent avoir un minimum de 50 caractères !
Vous devez donner une note pour valider votre avis.

Nos infos récentes du Bac ES

Communauté au top !

Vous devez être membre de digiSchool bac ES

Pas encore inscrit ?

Ou identifiez-vous :

Mot de passe oublié ?