Correction Sujet 2 Philosophie Bac ES Pondichéry 2017

Correction Sujet 2 Philosophie Bac ES Pondichéry 2017

Retrouvez la correction du sujet 2 de Philosophie du Bac ES de Pondichéry 2017 !

Pour rappel, le sujet portait sur la question : La loi suffit-elle à définir le juste ?

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Correction Sujet 2 Philosophie Bac ES Pondichéry 2017

Le contenu du document

 

Sujet n° 2 : La loi suffit-elle à définir le juste ?

 

AVANT-PROPOS

 

Il est avant tout primordial de comprendre que ces éléments de corrigé ne constituent en aucun cas un “corrigé type”, mais seulement des exemples de traitement possible de ce sujet d’explication de texte. 

En philosophie la démarche de pensée individuelle et la logique de l’argumentation est ce qui rendra un travail bon le jour de l’épreuve. 

Ce corrigé se veut donc avant tout une explication d’un texte et des attentes que suppose cette épreuve différente de la dissertation, et non un corrigé type comme on pourrait en trouver en sciences dures : mathématiques…

 

INTRODUCTION

 

Accroche :

Si, comme le pense Hobbes, « l’homme est un loup pour l’homme » alors la loi est un bienfait qui permet d’établir une identité de traitement entre les individus. En ce sens, elle semble absolument nécessaire pour établir une société juste.

 

Objection :

Pourtant des lois comme celles du IIIème Reich ou celles de la ségrégation raciale aux USA n’ont absolument pas établi ni respecté la justice. 

 

Reprise du sujet :

la loi suffit-elle donc à définir la justice ?

 

Problématique :

L’enjeu de la question sera de savoir si l’on peut vraiment considérer que la loi suffit à définir le juste, à dire ce qu’il est, en quoi il consiste, quelle est la nature de ce qui est juste.

 

Annonce du plan :

Il nous faudra dans un premier temps définir ce que signifie le terme justice. Dans un second temps nous analyserons également le terme de loi, car elle renvoie à des réalités à la fois semblables et distinctes. Enfin, après toutes ces distinctions conceptuelles, nous établirons que c’est un certain type de loi qui définit le juste, auquel toutes les autres doivent se soumettre. Ce type de loi est connu et mis en lumière par la raison. Il constitue le cadre de ce qui est juste

 

PARTIE 1 : Dans cette première partie nous définirons ce qu’est la justice :

a) Si le mot justice désigne aussi pour nous un ministère, il exprime le but de ce même ministère : rendre la justice. Mais qu’est-ce que la justice ? Pour le savoir, il faut s’appuyer sur le réel : or le réel nous oblige à constater cette base commune qu’est la nature humaine et le fait que nous l’exprimons chacun différemment. Nous aurons donc des désirs et des besoins communs avec les autres (manger, dormir, besoin d’intégration, de reconnaissance sociale etc…) mais également des désirs et des besoins propres à nous-mêmes (un tel a besoin de faire du sport pour être heureux, tel autre à besoin de la musique, tel autre aime se sentir entouré par ses proches, etc…) ainsi la justice devra prendre en compte le fait que nous avons chacun besoin de quelque chose de spécifique, tout en protégeant la vie sociale.

Pour Platon, la justice vise l’ordre et l’harmonie : « l’homme juste instaure un ordre authentique ».

 

b) Mais c’est Aristote qui détaille ce que signifie ce mot même : la justice est le fait de rendre à chacun ce qui lui est dû, en respectant donc ce qui est dû aux autres.  C’est une vertu morale, une disposition à agir selon la raison, l’intelligence. Or, la raison s’appuie sur le réel donc la justice aussi. La justice ne vise donc pas seulement l’égalité entre ceux qu’elle gouverne mais aussi et surtout l’équité, le fait de rendre à chacun ce qui lui est dû. La justice doit donc respecter ce qui est dû à l’homme : sa liberté de penser, d’agir, ses besoins sa nature. Bien sûr elle doit le faire en s’assurant de préserver l’ordre social, mais il apparait qu’elle ne peut en aucun cas passer outre à cette nécessité de respecter l’homme et ce qui lui est dû. Et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen essaye justement de rendre compte de ce fait : la justice est respect de la nature humaine, de ses besoins comme de ses facultés.

 

Transition : Après avoir défini le terme de justice, il nous faut analyser les différentes réalités qui se trouvent rassemblées sous le terme de loi, il nous faut lever l’équivoque pour répondre à la problématique :

 

PARTIE 2 : qu’est-ce que la loi ? Il faut ici faire une distinction essentielle entre la loi dite positive et la loi appelée communément naturelle

 

a) La loi positive est une nécessité imposée par la raison, dictée en vue du bien commun, par celui qui a la charge de la communauté. Elle désigne les lois mises en place par l’autorité d’une société. La loi a pour but de protéger un ordre. L’ordre est l’organisation qui permet à une société d’atteindre son but. Le but de la société est de permettre le bonheur de chacun des membres qui la compose. On appelle légal ce qui est en conformité avec la loi positive.

 

b) La loi naturelle : Kant explique dans les Fondements de la métaphysique des mœurs, que l’homme est une fin en soi et qu’il doit être respecté comme tel. La raison nous fait connaitre que l’homme n’est pas un moyen, mais une fin en soi. Il faudra donc agir de manière à traiter l’humanité en tout homme comme une fin. C’est un impératif pratique, imposé par la raison. Or cette idée que la raison peut connaitre le réel et agir de manière juste, c’est-à- dire en conformité avec lui, n’est pas propre à Kant. D’autres philosophes ont admis cette thèse. Pour Cicéron par exemple, nous sommes nés pour la justice et le droit est fondé sur la nature, la loi naturelle constitue un impératif pour tous les êtres raisonnables : « La droite raison est effectivement la loi vraie, elle est conforme à la nature, répandue chez tous les êtres raisonnables, ferme et éternelle » Cicéron, La République. 

On appelle légitime ce qui est en conformité avec la loi naturelle, connue par la raison.

 

Transition : Nous avons donc dit ce qu’était la justice et distinguer deux types de lois et il nous faut alors exposer le fait que c’est à la loi dite naturelle, celle qui est établie sur les observations de la raison, de définir le juste.

 

PARTIE 3 : En effet il y a une hiérarchie entre les lois.

 

a) Les penseurs de la loi naturelle soutiennent que la loi positive doit respecter le droit naturel, ne pas sortir du cadre qu’il pose.

« Le droit positif repose sur le droit naturel qui lui sert tout ensemble de fondement, de mesure et de limite. La loi suprême de toute loi positive est qu’elle ne soit pas contraire à la loi naturelle. » Victor Cousin (1792-1867) du Vrai, du Beau et du Bien. 

De même ils soutiennent une universalité de cette loi naturelle, et c’est exactement ce que veut exprimer Sophocle lorsqu’il fait dire à Antigone : « j’ai désobéi à ta loi car ce n’est pas Zeus qui l’avait proclamée, ce n’était pas la Justice,(…) et je ne pensais pas que tes décrets à toi fussent assez puissants pour passer outre à d’autres lois, aux lois  inébranlables, non écrites des dieux. Elles ne datent celles-là ni d’aujourd’hui ni d’hier, et nul ne sait le jour où elles sont apparues » Sophocle Antigone

Là encore, il semble que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen vise le même objectif : mettre en lumière une loi naturelle, constatable par la raison et universelle, c’est-à-dire valable pour tous les hommes.

 

b) Enfin il faut donc dire que c’est la loi naturelle qui définit le juste et que la loi positive ne doit pas sortir du cadre de cette dernière, afin de permettre à l’homme qui s’y soumet d’atteindre son bonheur. Et dès qu’une autorité dicte une loi qui est contraire au bien commun ou nocive à l’individu en tant que personne humaine, cette loi devient illégitime. C’est pourquoi on considère que les lois du IIIème Reich, ou celles qui permettaient l’esclavage par exemple, étaient légales mais non légitimes. Ainsi toutes les dictatures sont, de fait, illégitimes puisqu’elles dictent des lois par intérêt, non pas en vue du bien des personnes, ni du bien commun. Et, parfois, il peut donc être juste de désobéir à une loi, si celle-ci est illégitime donc contraire à la justice.

 

CONCLUSION 

 

Bilan :

A la lumière des définitions que nous avons données de la justice et de la loi, nous en avons conclu que seule la loi naturelle, fondée sur le réel et la raison, est capable de définir ce qui juste du point de vue universel. 

 

Réponse définitive :

Ainsi, même si la loi positive est nécessaire pour régler la vie quotidienne et permettre que personne ne soit lésé, même si elle contribue à établir une organisation juste, elle doit rester dans le cadre de la loi naturelle car c’est elle qui, in fine définit le juste.

 

Ouverture :

A la lumière de cette réflexion, il nous faudrait alors penser les liens entre politique et philosophie, car s’il revient à la politique d’établir la loi positive, c’est à la philosophie de l’éclairer sur la nature du juste et de la loi naturelle.

Fin de l'extrait

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