Correction Sujet 1 Philosophie Bac ES 2017 Pondichéry

Correction Sujet 1 Philosophie Bac ES 2017 Pondichéry

Retrouvez la correction du sujet 1 de Philosophie du Bac ES de Pondichéry 2017 !

Pour rappel, le sujet portait sur la question : Une société peut-elle se passer d'art ?

Téléchargez gratuitement ce corrigé de Philosophie (sujet 1Bac ES Pondichéry 2017. Vous pouvez retrouver gratuitement le sujet de Philosophie série ES Pondichéry 2017, la correction du sujet 2 ainsi que la correction du sujet 3.

Correction Sujet 1 Philosophie Bac ES 2017 Pondichéry

Le contenu du document

 

SUJET N° 1 : UNE SOCIETE PEUT –ELLE SE PASSER D’ART ?

 

AVANT-PROPOS 

 

Il est avant tout primordial de comprendre que ces éléments de corrigé ne constituent en aucun cas un “corrigé type”, mais seulement des exemples de traitement possible de ce sujet de dissertation. 

En philosophie la démarche de pensée individuelle et la logique de l’argumentation est ce qui rendra un travail bon le jour de l’épreuve. 

Il n’y a pas un plan possible mais plusieurs. Ce corrigé se veut donc avant tout une explication du sujet et de ses attentes, et non un corrigé type comme on pourrait en trouver en sciences dures : mathématiques…

 

INTRODUCTION

 

Accroche :

L’art, quel qu’il soit (musique, peinture, architecture…) semble inutile à résoudre les problèmes majeurs et graves qui peuvent affecter une société : famine, guerre, épidémie, crise. 

 

Objection :

Pourtant même au sein des sociétés les plus pauvres, on trouve un art propre à chacune, qui participe à leur identité et à la cohésion de leurs membres.

 

Reprise du sujet :

une société peut-elle donc se passer d’art ?

 

Problématique :

L’enjeu de la question sera de savoir si la société peut réellement prétendre se passer de l’art, si vraiment on peut considérer que la société n’a pas besoin de l’art, qu’il ne lui est pas nécessaire. Mais dans la mesure où il y a des traces d’art dans toutes les sociétés, cette thèse semble difficile à admettre. 

 

Annonce du plan :

l nous faudra dans un premier temps définir ce que signifie le terme art. Dans un second temps nous analyserons les arguments qui considèrent que l’art n’est pas nécessaire à une société, qu’elle peut s’en passer. Enfin nous dépasserons ces arguments en étudiant le fait que la société a impérativement besoin de l’art, que ce soit du point de vue de l’individu constituant cette société comme du point de vue de la communauté toute entière.

 

PARTIE 1 : Dans cette première partie nous définirons ce qu’est l’art :

 

a) Art : Activité humaine visant à produire une œuvre selon un certain ordre et une certaine harmonie (art classique) ou ayant pour but de choquer, d’interpeller afin de provoquer la réflexion (art moderne). 

            Cette activité implique compétence et maitrise technique dans l’art classique, moins, voire pas du tout, dans l’art moderne. L’art est une forme de langage, et il semble vouloir se placer autant sur le terrain de l’intelligence que sur celui des émotions. Il semble vouloir s’adresser aussi bien à l’intelligence, par le message qu’il cherche à faire passer, qu’à nos émotions. La musique est sans doute l’exemple approprié pour illustrer cette réalité. 

L’importance et le statut noble de l’art n’a pas cessé d’être mis en avant par les philosophes : Nietzsche va jusqu’à écrire que l’art est « la bénédiction, la divinisation de l’existence. », Platon considère lui que la Divinité a choisi les poètes comme ministres et parle à travers eux. L’art est finalement un don divin pour lui.

 

 

b) Il faut noter les trois dimensions essentielles de l’œuvre d’art :

Elle a pour but d’être contemplée. Elle est en dehors du cadre de ce qui est utile, ce qui sert à répondre à nos besoins matériels.

Elle délivre un message. L’art dit quelque chose :il y a toujours un sens à l’œuvre. De même l’œuvre d’art a valeur de symbole pour exprimer le sacré. Et souvent ce qui nous plait, ce qui nous touche, nous touche autant par le message, le sens de l’œuvre que par la compétence que l’œuvre a exigée et l’harmonie qu’elle dégage.

 

Elle recherche le beau ou à provoquer la réflexion. 

L’art classique cherche à atteindre la perfection (harmonie, symétrie…), avec toujours un sens à l’œuvre. Ce qui compte c’est le résultat par rapport à l’idéal de perfection (des proportions, des couleurs, etc…).  Ici l’art contemporain se sépare de l’art au sens classique car il refuse de faire du beau son but. 

 

Transition : Après avoir défini le terme d’art, il nous faut étudier les arguments selon lesquels une société pourrait vivre sans art afin de les comprendre et de les dépasser :

 

PARTIE 2 : la société sans art

 

a) Comme nous l’avons déjà dit, il semble que l’art ne serve à rien. Parce qu’il est inapte à résoudre les problèmes majeurs que peut rencontrer la société : il est complètement inutile du point de vue de la survie physique de l’homme et de la société.

Contrairement à la technique qui nous donne les moyens de répondre à nos besoins vitaux grâce à une certaine maitrise de l’environnement, l’art ne nous est absolument pas utile de ce point de vue. De plus l’art semble se désintéresser complètement des problématiques sociales cruciales telles que l’écologie et le respect du milieu naturel de l’homme, l’inégalité et l’injustice que l’on est obligé de constater au sein des sociétés, comme en Inde par exemple où les bidonvilles se construisent au pied des buildings et appartements de luxe. Même s’il peut essayer de dénoncer ces situations, il est inapte à les résoudre.

 

b) De plus l’art a souvent été un moyen de propagande comme un autre. Et si les totalitarismes du XXème siècle en ont usé sans scrupules, ce ne sont pas les seuls.  La propagande est un outil à la disposition d’un pouvoir politique qui lui permet d’influencer sa population dans l’exercice de sa gouvernance, qui lui permet de toucher l’opinion publique voire de la modifier. Et l’art, parce qu’il cherche à exprimer un message pas seulement intellectuel mais aussi émotionnel, est un moyen facile, ludique et agréable de propagande.

On pourrait aussi proposer une autre critique : finalement l’art est un moyen de gagner de l’argent comme un autre. L’art obéit aux lois du marché. En effet, certaines œuvres de Picasso comme Dora Maar au chat ont battu des records de prix de vente. L’art n’est-il pas finalement qu’un produit consommable comme les autres ? 

 

Transition : Ces arguments doivent être pris en compte car ils montrent les dérives possibles de l’art. Mais il faut y répondre : si l’art est de fait inutile dans l’ordre de la réponse à nos besoins vitaux, il est absolument nécessaire pour exprimer ce que nous sommes, pour dire le monde tel que nous le voyons et même tel que nous le voulons. Et cela est vrai au niveau de l’individu comme de la société. Enfin les mauvaises utilisations de l’art ne justifient pas qu’on l’abandonne car il répond à une réelle aspiration de l’homme.

 

PARTIE 3 : La société ne semble pas pouvoir se passer d’art, ni du point de vue de l’individu, ni du point de vue de l’ensemble de la communauté qui souhaite « faire société ».

a) Du point de vue de l’individu : pour ce qui est des besoins biologiques, ceux qui assurent la survie du corps (boire, manger, dormir…) l’homme n’a pas besoin d’art. Il peut survivre sans. Mais on est obligé de constater que l’homme a toujours cherché à faire de l’art. Les grottes de Lascaux ont 17000 ans. Et que dire des pyramides et de leurs peintures et sculptures !

L’homme a besoin de l’art, non pas pour assurer la survie de son corps, mais pour être heureux. 

 C’est un être d’émotions, il a besoin de les exprimer pour être heureux et l’art est un moyen privilégié de le faire. L’art permet également à l‘homme de se dire lui-même, d’exprimer son ressenti, d’affirmer sa singularité personnelle au milieu des autres, de partager une perception du   monde, une manière de voir le réel. 

Enfin on pourrait parler du besoin du beau : Le beau nous procure du plaisir intellectuel ou sensible. L’harmonie d’une musique, d’un tableau nous influence positivement. 

« Vivre dans la beauté plutôt que la laideur est tout aussi nécessaire pour l’homme […] que la nourriture pour un ventre affamé ou le repos pour un organisme épuisé » explique Abraham Maslow, grand psychologue du XXème siècle. Platon, dans le Banquet, explique lui aussi l’importance de la Beauté : c’est elle qui donne un sens à l’existence.

 

b) Du point de vue de la société enfin : L’art soude un peuple. Il est l’expression de la culture commune et permet d’en célébrer les valeurs. Il apparait que l’homme a besoin de l’art comme moyen d’exprimer son appartenance à une communauté, un attachement aux valeurs qui la constituent. L’art est un langage et Baudelaire va jusqu’à dire qu’une belle peinture est un long discours.  Il a valeur de symbole pour exprimer ce qui est sacré au sein d’une société. 

Il peut être aussi provocation pour faire réfléchir, pour bousculer un point de vue comme le revendique le courant de l’art contemporain. L’art a donc une vraie dimension sociale : il est mis au service de la vie sociale, des valeurs en vigueur, des croyances religieuses parce qu’il dit toujours quelque chose, parce qu’il donne du sens à la vie sociale. L’art en ce sens peut être perçu comme un moyen d’éducation : il permet à l’adulte en devenir de comprendre certains éléments fondateurs de la culture à laquelle il appartient. On peut penser à Versailles ou encore à Notre-Dame de Paris qui, s’ils racontent l’histoire de France, célèbrent aussi le rayonnement de la culture française au cours de l’Histoire.

 

CONCLUSION  

 

Bilan :

Ainsi l’art est un moyen d’expression pour l’homme, tant intellectuel qu’émotionnel et il répond à cette aspiration en lui à dire quelque chose, de lui-même ou du monde. 

 

Réponse définitive :

Une société ne peut absolument pas prétendre se passer de l’art, il apparait comme une aspiration essentielle de l’homme même s’il est inapte à répondre à nos besoins matériels et vitaux. Aristote dit que la conquête du superflu donne une excitation spirituelle plus grande que la conquête du nécessaire. En effet il y a dans le superflu une forme de liberté et de réalisation plus personnelle qu’il n’y a pas dans le besoin. Et c’est exactement ce que permet l’art.

La société ne peut non plus se passer d’art car il lui permet de dire, d’enseigner, de célébrer ce qu’elle est, dans ses valeurs ou son histoire. Et c’est ce qui fonde en partie la cohésion de ses membres. Finalement l’art répond à un besoin structurel de la société : l’unité et la cohésion de ses membres.

Ouverture :

A la lumière de cette réflexion, il nous faudrait alors penser les liens entre l’art et la politique : si l’art est nécessaire à la société, la politique doit-elle chercher à le maitriser voire le censurer si besoin ? Et si oui, au nom de quoi ?

Fin de l'extrait

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