Correction Sujet 1 Philosophie - Bac ES 2017 Washington

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Ce sujet, Peut-on devenir soi-même sans les autres ?,  était assez difficile mais très intéressant : à la limite entre psychologie et philosophie. Pour ce type de sujet, les élèves ont tendance à argumenter sur le registre de l’émotion, ce qui n’est pas mal en soi (l’homme est un être d’émotion !) mais c’est insuffisant. Il fallait des faits, des définitions objectives qui permettent d’expliquer en quoi nous avons besoin des autres pour devenir nous-mêmes.

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SUJET 1 : PEUT-ON DEVENIR SOI-MEME SANS LES AUTRES ?

AVANT-PROPOS

• Ce sujet était assez difficile mais très intéressant: à la limite entre psychologie et philosophie. Pour ce type de sujet, les élèves ont tendance à argumenter sur le registre de l’émotion, ce qui n’est pas mal en soi (l’homme est un être d’émotion !) mais c’est insuffisant. Il fallait des faits, des définitions objectives qui permettent d’expliquer en quoi nous avons besoin des autres pour devenir nous-mêmes.

• Il fallait absolument définir « devenir soi-même » et cela a pu être une vraie difficulté car c’est une expression complexe.

• Il ne fallait pas se contenter d’une réponse binaire, (répondre par oui ou par non) il fallait nuancer : dans quelle mesure avons-nous besoin des autres ? Quelle est la part qui ne revient qu’à nous ?

 

Accroche : Même les personnes qui sont les plus proches de nous ne nous comprennent pas toujours, ne comprennent pas nos désirs, nos espoirs ou nos peurs. L’homme semble confronté à une forme de solitude irréductible.

Objection : D’un autre côté, sans la patience d’un parent, l’écoute d’un ami, le soutien d’un professeur ou même le hasard d’une rencontre nous n’aurions sans doute pas développé les talents qui font de nous qui nous sommes.

Reprise du sujet : Alors peut-on donc devenir soi-même sans les autres ?

Problématique : L’enjeu de la question sera de savoir si l’individu, complètement unique quel que soit le point de vue (biologique, historique, ...) que l’on envisage, a besoin des autres pour développer cette singularité qui le caractérise ?

Annonce du plan : Il nous faudra dans un premier temps définir ce que l’on entend par « devenir soi-même ». Nous verrons dans un second temps que le contact et l’interaction avec autrui ne semble pas nécessaire pour développer notre singularité. Enfin nous dépasserons ce point de vue en considérant que l’homme est par nature un être sociable, que son milieu naturel est la société et que la relation avec autrui, si bien sûre elle est juste, est une condition nécessaire pour développer sa singularité.

 

PARTIE 1 : DANS CETTE PREMIERE PARTIE NOUS DEFINIRONS CE QUE L’EXPRESSION « DEVENIR SOI-MEME » SIGNIFIE

 

a) «Soi-même» tout d’abord. «Soi-même» désigne un homme qui bien que singulier, partage avec les autres la même nature : par exemple tous les hommes sont concernés par les besoins énumérés dans la pyramide de Maslow.

est le sujet en tant qu’il se connait comme source, principe des actions qu’il s’attribue. On peut lui reconnaitre trois caractères : L’unité : il est le lien entre tous les faits psychiques. Kant exprime cette idée dans son Anthropologie du point de vue pragmatique : l’homme « grâce à l’unité de conscience qui persiste à travers tous les changements auxquels il est sujet (...) est une seule et même personne. » L’identité : le fait de se sentir fondamentalement le même à travers le changement. L’activité autonome et responsable : le fait de n’être pas manipulé, déterminé, conscient de ses actes et de leurs conséquences.

b) Il semble que pour être heureuse, la personne a besoin, non seulement de répondre à ses besoins et ses désirs mais également de développer, de construire son unité, son identité, d’apprendre à être autonome et responsable, de trouver le sens qu’elle souhaite donner à son existence. En ce sens être soi-même est une tâche à accomplir et cela se fait toujours dans le temps. Friedrich Nietzsche a repris cette idée dans son œuvre le Gai savoir : « Que dit ta conscience ? –Tu dois devenir celui que tu es ». Ainsi il y a un véritable enjeu dans le fait de devenir soi-même : l’accès au bonheur. De fait, il apparait que ce n’est qu’à travers notre singularité que nous pouvons prétendre accéder au bonheur. D’ailleurs Socrate considérait la sagesse comme l’aptitude à se connaitre. Et Platon, son disciple, a également insisté sur la nécessité de se connaitre soi-même en reprenant la phrase inscrite au fronton du temple de Delphes : « Connais- toi toi-même. »

 

Transition : Il y a donc une réelle aspiration à être soi-même, authentiquement. Le bonheur de l’individu semble en dépendre. Mais les autres ne semblent pas être les mieux placés pour nous aider à devenir nous-mêmes.

 

PARTIE 2

a) Tout d’abord qui sont les autres? Les autres désigne autrui dans sa dimension de personne, des êtres uniques avec un corps propre, un psychisme propre, une existence propre. Ils ont donc leur vision du monde propre, influencée par leurs expériences personnelles, leur histoire ou leur talent. Les autres sont à la fois différent de moi (c’est une autre personne, que je ne suis pas.) et semblable à moi (comme moi, ils possèdent toutes les caractéristiques de la nature humaine : créativité, conscience, recherche de sens, besoins physiques et psychiques, etc...). Il y a une différence que même une longue et grande amitié ne pourra pas effacer : autrui reste lui-même et je reste moi-même, le ressenti et les faits de consciences sont incommunicables en tant que tels, même si, par le biais du langage, on peut essayer de faire saisir à l’autre notre monde intérieur.

b) Ainsi autrui ne semble pas être en mesure de m’aider à devenir moi-même car il ne peut pas connaitre et comprendre complètement ma singularité. Et d’ailleurs Sartre dit que « autrui me vole mon monde ». En effet, dès qu’autrui me regarde, je deviens objet pour lui et il transpose ses croyances et ses connaissances sur mon monde, il me vole la signification de ma singularité. Et pour le compagnon de Simone de Beauvoir, la relation à autrui est essentiellement conflictuelle.

 

Transition : Pourtant il nous faut dépasser ces arguments. En effet, même si les autres n’ont pas accès à notre singularité, comme nous n’avons pas accès à la leur, nous avons absolument besoin d’eux pour devenir qui nous sommes. Car, même si être nous-mêmes ne peut se faire sans nous, nous avons besoins de la relation avec les autres, des compétences des autres parce que nous sommes interdépendants avec eux.

 

PARTIE 3

a) Premièrement la société est le milieu naturel de l’homme, comme le souligne Aristote : « l’homme est par nature un animal politique », il doit vivre avec les autres car il ne peut pas répondre à ses besoins et à ses aspirations tout seul. Par le biais des autres, nous développons nos facultés, notamment celle de l’intelligence et de la liberté, or c’est par elle que nous pourrons donner du sens à l’expression : « devenir soi-même », faire le tri entre ce qui est nous, ce qui au contraire ne nous correspond pas. Et c’est pour cela aussi qu’Aristote continue en disant que celui qui vit hors société est soit un dieu soit un fou : « La cité fait partie des choses naturelles, et (...) l’homme est un animal politique, et (...) celui qui est hors cité, naturellement bien sûr et non par le hasard des circonstances, est soit un être dégradé soit un être surhumain » Aristote

b) La relation à autrui nous ouvre à l’objectivité. Avec autrui, je sors de ma subjectivité. Autrui me propose un regard neuf sur le monde et sur moi-même, un regard que je n’avais pas envisagé et qui peut pourtant me révéler quelque chose du réel. La relation à autrui est fondamentale au sens où elle nous ouvre à l’objectivité. J’ai la possibilité d’avoir une autre grille de lecture sur le réel qui peut, soit me conforter dans mon être ou dans mon agir, soit m’ouvrir à de nouvelles perspectives.

 

Sans ce contact avec autrui, nous restons dans une interprétation subjective du réel et de nous- même, qui peut être fausse ou insatisfaisante. La confrontation avec autrui nous permet d’évoluer dans ces interprétations que nous faisons. Et, en ce sens donc, je ne peux pas prétendre devenir moi-même en dehors de l’interdépendance avec les autres. On pourrait ajouter que le contact avec autrui m’aide à devenir authentiquement moi-même : en effet la différence d’autrui me permet de prendre conscience de mes spécificités, de ce que je veux vraiment pour moi-même.

 

CONCLUSION

Bilan : Ainsi l’homme a besoin des autres pour devenir lui-même.

Réponse définitive : Bien sûr les autres ne pourront jamais prétendre expliquer à quelqu’un qu’est-ce que ce « soi-même » authentique qu’il doit rechercher parce que ce serait illégitime. Mais sans l’action indirecte des autres, sans inter-action avec eux, il est impossible de développer ses facultés et donc de devenir soi-même.

Ouverture : A la lumière de cette réflexion, il nous faudrait alors penser la forme que doit avoir la juste relation avec autrui, celle qui nous permettrait de répondre à la fois à notre besoin de reconnaissance en tant que personne unique, et à notre besoin de sociabilité, d’avoir des relations avec les autres.

Fin de l'extrait

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Les avis sur ce document

FannyJ18
5 5 0
20/20

Bonjour, "Devenir soi-même" est un axe de réflexion et qui va aider à la compréhension du sujet. Il semble, pour nous, important de comprendre la problématique et d'y répondre. Si vous avez des idées ou des pistes de réflexion, n'hésitez pas à nous les transmettre, nous serons ravis :) !

par - le 13/06/2017
mf38
5 5 0
20/20

La correction ne correspond pas du tout au sujet qui est "Peut-on être soi-même sans les autres ?" et non pas devenir soi-même...cela fausse toute la réflexion...

par - le 09/06/2017

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