Correction Sujet 2 Philosophie - Bac ES 2017

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Le sujet de dissertation portait sur : Une oeuvre d'art est-elle nécessairement belle ? Voici un corrigé gratuit réalisé par notre professeur digiSchool !

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Correction Sujet 2 Philosophie - Bac ES 2017

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SUJET 2 : UNE ŒUVRE D’ART EST-ELLE NECESSAIREMENT BELLE ?

 

Notions en jeu : l’art

 

PRESENTATION

 

Ce sujet « Une œuvre d’art est-elle nécessairement belle ? » a trait à une notion classique du programme de terminale : l’art qui se rapporte au grand domaine « La culture ». L’énoncé cherche à questionner si l’œuvre d’art, la production de l’artiste est de façon nécessaire liée au concept du beau. Il faudra faire attention à n’émettre aucun jugement normatif et dogmatique et aller voir du côté des représentations. Il fallait aussi veiller à nourrir votre réflexion non seulement avec des références à la philosophie de l’art mais aussi à des œuvres d’art précises qui illustreraient votre propos. 

 

DEFINITION DES TERMES

 

Une œuvre d’art : la production de l’artiste. 

Le mot « art » vient du terme grec « technè » signifiant le « savoir-faire » de l’artisan, la maîtrise technique. 

Mais à partir du XVIIIème : les Beaux-arts, la création artiste (peinture, sculpture, littérature). 

Est-elle : le verbe « être » questionne l’existence, la définition même de l’art. Nécessairement : toujours, de façon nécessaire, non contingente. 

Belle : par opposition à ce qui est utile (objet technique), à ce qui est laid… le beau est ce qui plaît à l’œil. Le beau est un jugement énoncé, il a trait au jugement esthétique. 

 

PROBLEMATISATION 

 

A la question « Une œuvre d’art est-elle nécessairement belle ? » on serait spontanément tentés de dire « oui, une œuvre d’art est toujours belle. ». Il y a toujours un plaisir esthétique lié à la contemplation d’une œuvre. Ceci dit, cette position théorique serait aveugle à la pratique, à la réalité de l’expérience esthétique. 

Il arrive en effet que l’expérience esthétique ne soit pas satisfaisante, qu’elle puisse déplaire, faire éprouver du dégoût ou du malaise au spectateur. Ainsi, on voit apparaître un élément très important dans ce sujet : comme toute réflexion sur l’art, il invite à questionner le jugement de goût et la possible universalité du beau. Y-a-t-il une conception universelle du beau ? Le jugement goût n’est-il pas subjectif, relatif ?

Cela amène la problématique : la beauté est-elle ce qui définit l’œuvre d’art ? Une œuvre d’art doit-elle toujours plaire ? Est-ce que le plaisir esthétique est une nécessité dans l’art ? 

 

On s’attachera dans un premier moment à défendre la thèse proposée par l’énoncé : l’œuvre d’art est nécessairement belle. Cependant, on verra dans un second moment que le jugement de goût n’est pas universel et que l’œuvre d’art peut-être proprement déplaisante. Ceci dit, cela semble amener une redéfinition du Beau dans l’art. La beauté d’une œuvre d’art ne dépasse-t-elle pas les critères habituels du Beau ? 

 

PLAN

 

I. Oui, l’œuvre d’art a nécessairement trait au Beau. 

A. L’œuvre d’art, contrairement à l’objet technique a une finalité qui dépasse l’utile 

- Œuvre d’art ≠ objet technique 

- Habilité technique de l’artisan, « savoir-faire » ≠ création artistique 

 

B. Les règles de la création artistique visent le beau 

- Le beau comme Kanon : le « canon » c’est l’ensemble de règles données pour œuvrer à un contenu. Le canon est central dans l’art classique grec (Phidias) et dans l’art de la Renaissance (exemple : la perspective). La canonique c’est la mesure, l’harmonie. 

- Ces critères du beau sont garantis et fixés par l’Académie. 

 

C. Le beau comme concept universel 

- Kant, Critique de la faculté de juger : « le beau c’est ce qui plaît universellement sans concept », « le beau est représenté sans concepts, comme l’objet d’une satisfaction universelle. »

- L’œuvre d’art est nécessairement et universellement belle. 

 

II. Cependant, il arrive qu’une œuvre d’art puisse être considérée comme « laide ». 

A. La représentation du laid dans l’art 

- Peintures de Goya : couleurs sombres, visages décharnés

- Elephant Man de David Lynch 

- Le personnage de Quasimodo dans Notre-Dame de Paris, Victor Hugo ou encore le personnage de Gwynplaine dans l’Homme qui rit du même auteur (représentation de la monstruosité). 

 

B. La relativité essentielle du jugement de goût 

- Le jugement de goût est subjectif et non objectif, il correspond à des critères d’appréciation personnels et repose sur un plaisir. Ce que je trouve beau n’est pas nécessairement ce que mon voisin trouve beau. 

- L’œuvre d’art n’est donc pas nécessairement belle, elle est belle relativement à son spectateur et à ses critères d’appréciation. 

 

III. Cela amène une redéfinition du Beau dans l’art. 

A. L’œuvre d’art peut représenter le laid et pourtant nous sembler belle car elle permet une transfiguration du monde, une revalorisation de la laideur 

- Poésie du « prosaïque » : mise en valeur d ‘éléments laids dans la nature. Exemples : « Ode à la boue », Francis Ponge ou « L’Araignée et l’ortie », Les Contemplations, Victor Hugo

- L’œuvre d’art questionne et bouscule donc nos critères du beau, ce n’est pas ce qui est représenté qui importe (le fond) mais la manière de représenter (la forme). 

 

B. La volonté de déplaire, de surprendre, de ne pas correspondre au canon

- La création artistique peut viser à modifier les codes du beau, le canon et à choquer le spectateur. Exemple : Marcel Duchamp, Fontaines.

- La visée de l’art n’est donc peut-être pas premièrement d’être belle, au sens canonique, mais d’offrir une autre vision du monde, de faire réfléchir… 

 

Conclusion 

Le plaisir esthétique n’est donc pas un critère suffisant pour juger de la beauté d’une œuvre d’art. Le beau dans une œuvre d’art n’est pas seulement lié au goût que l’on peut éprouver à sa contemplation mais aussi à la vision du monde qu’elle offre.

Fin de l'extrait

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