Correction Sujet 2 Philosophie - Bac ES 2017 Liban

Correction Sujet 2 Philosophie - Bac ES 2017 Liban

Voici le corrigé du sujet 2 de Philosophie du Bac ES 2017 du Liban.
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Notre professeur vous propose une correction détaillée du sujet 2 de Philosophie qui était "Peut-on justifier une injustice ?". Préparez-vous à l'épreuve de la dissertation de Philosophie grâce à ce corrigé complet.

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Correction Sujet 2 Philosophie - Bac ES 2017 Liban

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PEUT-ON JUSTIFIER UNE INJUSTICE ?


Accroche : Certaines situations semblent justifier des actions apparemment illégitimes. Par exemple un état pourrait justifier la répression de ses opposants politiques pour conserver la stabilité et la paix civile nécessaires au bien commun.

Objection : Pourtant la liberté semble être un droit fondamental pour l’homme. 

Reprise du sujet : Peut-on alors justifier une injustice ?

Problématique : L’enjeu de la question sera de savoir l’on peut vraiment justifier une injustice, c’est-à-dire en en rendre raison et ainsi annulé, effacé son caractère injuste ? Et si oui au nom de quoi ?

Annonce du plan : Il nous faudra dans un premier temps considérer les arguments qui nous font dire que, parfois en effet, il semblerait qu’on puisse justifier une injustice. Dans un second temps nous répondrons à ces arguments et les dépasserons. Enfin nous définirons la notion même de justice et montrerons en quoi une injustice n’est jamais justifiable et reste toujours un mal pour celui sur qui elle s’exerce.


Partie 1 : Il semble que, dans certains cas, l’injustice est justifiable :

a) Du point de vue de l’intérêt publique : en effet le bien du plus grand nombre semble prioritaire sur le bien être ou les exigences d’une seule personne ou d’un seul petit groupe de personne. Et il semblerait absurde de mettre en danger l’ordre d’un pays entier pour satisfaire quelques personnes. De ce point de vue, exercer une répression sur des opposants pourrait sembler justifiable. 

Platon pour sa part voulait même aller jusqu’à pratiquer l’eugénisme (sélection d’individus considérés comme bons, suppression « sociale » voire physique des autres, les Nazis feront exactement la même chose concernant le meurtre des personnes jugées non conformes aux exigences du IIIème Reich- voir aussi le film The Giver) car pour lui c’était le moyen de construire une cité idéale. Aussi au nom de l’avènement de la cité idéale, la disparition de certaines personnes (Platon dit qu’il faut « les cacher dans un endroit secret ») semble justifiable !


b) Du point de vue de l’état :

Si la paix et la stabilité sociale sont nécessaires alors il faut un état stable pour les protéger. C’est pourquoi Machiavel affirme que le Prince, c’est-à-dire celui qui dirige la cité peut faire preuve de cruauté si cela est nécessaire. Et de toute façon, Machiavel précise que celui qui gouverne n’a pas à se soucier des préceptes moraux tels que le bien ou la justice, il doit utiliser les moyens nécessaires pour conserver son pouvoir.


Transition : Après avoir considéré ces arguments, il faut y répondre et les dépasser :


PARTIE 2

a) Il faut bien prendre en compte ici le fait que ce ne sont pas des inégalités dont nous parlons, mais plus précisément des injustices.

Les inégalités ne sont pas toutes des injustices et elles peuvent être justifiables. Par exemple, il est normal qu’un enfant ne soit pas traité de la même manière qu’un adulte. L’injustice est bien plutôt le fait d’ôter ou ne pas attribuer à quelqu’un ce dont il a besoin, ou ce que sa nature exprime. Par exemple, Kant explique dans les Fondements de la métaphysique des mœurs, que l’homme est une fin en soi et qu’il doit être respecté comme tel. La raison nous fait connaitre que l’homme n’est pas un moyen, mais une fin en soi. Il faudra donc agir de manière à traiter l’humanité en tout homme comme une fin. C’est un impératif pratique, imposé par la raison. Or cette idée qu’il faut agir en conformité avec sa raison, n’est pas propre à Kant.


b) D’autres philosophes ont admis cette thèse.

Pour Cicéron par exemple, nous sommes nés pour la justice et le droit est fondé sur la nature, la loi naturelle constitue un impératif pour tous les êtres raisonnables : « La droite raison est effectivement la loi vraie, elle est conforme à la nature, répandue chez tous les êtres raisonnables, ferme et éternelle » Cicéron, La République. Ainsi il semble tout à fait problématique de considérer qu’une injustice est justifiable : que ce soit dans le cadre de la loi naturelle, car l’état deviendrait alors totalitaire et illégitime ou dans le cadre de la loi positive (celle qui est décidée par l’autorité d’une société) car l’injustice semblerait être alors du favoritisme, elle nuirait au bien commun et à la paix civile. 


Transition : Nous avons donc vu que l’injustice semble injustifiable. Il nous faut donc nous arrêter sur le concept de justice afin de compléter notre argumentation et de montrer en quoi l’injustice est injustifiable


PARTIE 3

a) Si le mot justice désigne aussi pour nous un ministère, il exprime le but de ce même ministère : rendre la justice.

Mais qu’est-ce que la justice ? Pour le savoir, il faut s’appuyer sur le réel : or le réel nous oblige à constater cette base commune qu’est la nature humaine et le fait que nous l’exprimons chacun différemment. Nous aurons donc des désirs et des besoins communs avec les autres (manger, dormir, besoin d’intégration, de reconnaissance sociale etc…) mais également des désirs et des besoins propres à nous-mêmes (un tel a besoin de faire du sport pour être heureux, tel autre à besoin de la musique, tel autre aime se sentir entouré par ses proches, etc…) ainsi la justice devra prendre en compte le fait que nous avons chacun besoin de quelque chose de spécifique, tout en protégeant la vie sociale. 


b) Mais c’est Aristote qui détaille ce que signifie ce mot même : la justice est le fait de rendre à chacun ce qui lui est dû, en respectant donc ce qui est dû aux autres. 

C’est une vertu morale, une disposition à agir selon la raison, l’intelligence. Or   la raison s’appuie sur le réel donc la justice aussi. La justice ne vise donc pas seulement l’égalité entre ceux qu’elle gouverne mais aussi et surtout l’équité, le fait de rendre à chacun ce qui lui est dû. La justice doit donc respecter ce qui est dû à l’homme : sa liberté de penser, d’agir, ses besoins sa nature. Bien sûr elle doit le faire en s’assurant de préserver l’ordre social, mais il apparait qu’elle ne peut en aucun cas passer outre à cette nécessité de respecter l’homme et ce qui lui est dû. Et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen essaye justement de rendre compte de ce fait : la justice est respect de la nature humaine, de ses besoins comme de ses facultés.


CONCLUSION

Bilan : Ainsi il apparait clairement que rien ne semble pouvoir justifier une injustice. 

Réponse définitive : Cela est vrai du point de vue de la loi naturelle, comme du point de vue de la loi positive, l’injustice reste toujours un mal, un manque de justice que rien ne peut venir justifier.

Ouverture : À la lumière de cette réflexion, il nous faudrait alors penser les liens entre politique et philosophie, car s’il revient à la politique d’établir la loi positive, c’est à la philosophie de l’éclairer sur la nature du juste et de la loi naturelle.

Fin de l'extrait

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