Corrigé de Philosophie : Sujet 1 - Bac ES Pondichéry 2016

Corrigé de Philosophie : Sujet 1 - Bac ES Pondichéry 2016

digiSchool Bac ES met à votre disposition le corrigé de Philosophie du Bac ES de Pondichéry 2016. Ce document est la correction du sujet n°1 : Y a-t-il des vérités indiscutables ?

La notion étudiée dans le sujet 1 de l'épreuve de philosophie du Bac ES de Pondichéry 2016 était la vérité. Ce corrigé a été rédigé par notre professeur de philosophie, et il n'est en aucun cas un "corrigé type".

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Corrigé de Philosophie : Sujet 1 - Bac ES Pondichéry 2016

Le contenu du document



CORRIGE DU SUJET N°1 DISSERTATION

Y A-T-IL DES VERITES INDISCUTABLES ?

Notion en jeu : la vérité.


AVANT-PROPOS

Il est avant tout primordial de comprendre que ces éléments de corrigé ne constituent en aucun cas un “corrigé type”, mais seulement des exemples de traitement possible de ce sujet de dissertation. 

En philosophie la démarche de pensée individuelle et la logique de l’argumentation est ce qui rendra un travail bon le jour de l’épreuve. 

Il n’y a pas un plan possible mais plusieurs. Ce corrigé se veut donc avant tout une explication du sujet et de ses attentes, et non un corrigé type comme on pourrait en trouver en sciences dures : mathématiques…


PRESENTATION DU SUJET 1 DE PHILOSOPHIE DE PONDICHERY 2016

Ce sujet, « Y a-t-il des vérités indiscutables ? », a trait à une notion classique du programme de terminale ES, la vérité, faisant partie du grand domaine ‟La raison et le réel”. Il s’agit donc d’un sujet à portée épistémologique, c’est-à-dire qui concerne notre connaissance, notre savoir, ses fondements et sa portée. Néanmoins, ce thème de la vérité peut aussi souvent être adossé à une dimension morale (mensonge et vérité), qui ne semble toutefois pas à retenir ici (il ne s’agit pas de parler de la vérité en rapport au mensonge ou au non-dit, mais de la vérité au sens de nos jugements de connaissance).


ANALYSE DU SUJET 1 DE PHILOSOPHIE DU BAC ES DE PONDICHERY 2016

Ce travail d’analyse correspond à ce que vous devez faire au brouillon pour vous approprier le sujet dans toute sa dimension. Ce travail est absolument indispensable pour vous permettre de cibler le sujet et de ne pas faire de hors-sujet.


1. Définition des termes

• y a-t-il : ici, le verbe avoir ne marque pas la possession, mais le constat d’une existence réelle. Lorsque je dis « il y a », j’atteste la réalité d’une chose, le fait que cette chose est dans le monde, bien réelle. C’est donc un état de fait. Se poser la question « y a-t-il » revient alors à se demander si telle ou telle chose existe de fait, de manière presque indiscutable.


• des vérités : vous repérez ici la notion du programme propre à ce sujet : la vérité. Mais attention à ne pas transformer le sujet ou à mal le comprendre, ici il est question de « vérités » au pluriel et non de la vérité en général. Donc, il va falloir distinguer entre plusieurs types de vérités, et en aucun cas répondre à la question : « la vérité est-elle indiscutable ? ». Votre cours de philosophie vous aura donné une typologie de vérités, plusieurs définitions de la vérité. C’est cela qu’il faudra remobiliser ici, en vous demandant lesquelles, parmi les vérités, peuvent prétendre avoir ce statut de vérité indiscutable. Attention aussi à ne pas traiter du coup le sujet suivant : « quelles vérités sont indiscutables ? ». Il faut vraiment se demander si parmi les vérités, certaines sont indiscutables.


• indiscutables : ce terme est très intéressant car il est très large. Il faut en tenir compte. Qu’est-ce qu’une chose indiscutable ? Ce qu’on ne peut pas discuter, c’est-à-dire mettre en doute ou contester. C’est donc quelque chose d’indubitable. La question revient donc à se demander si parmi les vérités, certaines sont absolument certaines. On touche là alors presque à un paradoxe : quelle serait donc la valeur d’une vérité si elle n’était pas indiscutable ou certaine ? Est-ce que donc toute vérité pour être une vérité digne de ce nom ne doit pas précisément être indiscutable ? Et du coup pour certaines vérités le seraient plus que d’autres ? D’où tiendraient-elles ce statut particulier ? Et quid des autres vérités : seraient-elle alors des vérités inférieures ?


2. Mise en tension du sujet et problématisation

Mettre en tension le sujet, c’est trouver deux réponses qui font faire un grand écart au sujet, qui le tirent dans un sens et dans l’autre comme on peut étirer un élastique vers deux extrémités. Sans mettre en tension le sujet, on ne peut pas le problématiser, c’est-à-dire voir le problème sous-jacent au sujet, le problème que pose la question même du sujet. Et si on ne voit pas ce problème, on se contente de répondre à la question posée, ou de reformuler le sujet, mais sans le problématiser. Alors on ne répond pas aux attentes de la dissertation de philosophie, qui suppose une aptitude à problématiser.


Pour mettre en tension le sujet, on va proposer deux réponses a priori opposées, l’une évidente, qui nous vient à l’esprit le plus spontanément, l’autre qui vient la réfuter ou en montrer les limites.

 

  • sujet : y a-t-il des vérités indiscutables ? 
  • réponse évidente : oui,  il y a des vérités indiscutables, et cela va même de soi car que serait donc une vérité qui manquerait de certitude, d’assurance, qui ne serait pas sûre et indubitable ?
  • réponse opposée qui réfute la première réponse ou qui en montre les limites : est-ce que cela va vraiment de soi qu’une vérité soit indiscutable, ou au contraire une vérité n’a-t-elle pas besoin de sans cesse être vérifiée et éprouvée – et donc discutée – pour montrer sa véracité ?


La tension est ici sensible : soit la vérité doit être indiscutable pour répondre aux critères de la vérité, soit au contraire elle doit être discutée.

Mais attention, ici le sujet parle bien de vérités au pluriel. Il va dons s’agir de s’interroger si la vérité admet cet alternative indiscutable / discutable, et de voir, le cas échéant, quelles vérités se rangent de quel côté, lesquelles sont indiscutables, donc, s’il y en a.


Cela amène alors la problématique : s’il y a des vérités indiscutables, cela suppose-t-il qu’il y a différents types de vérités, et quelle est la place, au sein de la vérité, des vérités indiscutables ? Est-ce là les vérités qui correspondent le plus à la nature de la vérité ?


PROPOSITION DE PLAN

I. Oui, il y a des vérités indiscutables, il s’agit même de la majorité des vérités, puisque par définition la vérité semble devoir être indiscutable.

1. Une vérité, par définition, c’est ce qui est universel et admis en tout lieu et tout temps, donc indiscutable.

Pour le sens commun, un énoncé vrai, donc une vérité, a pour critère de base d’être universelle, c’est-à-dire de valoir pour tout un chacun, ou qu’il soit et en tout temps. En effet, que serait donc une vérité si elle n’était pas consensuelle, partagée par tous les individus, indiscutable et indubitable pour tout un chacun ? Sur quels fondements adosser la connaissance des choses sans vérité indiscutable, s'il n'y a pas de points fixes ? 


2. Vérités contre opinions, vérités contre interprétations.

Ce qui est indiscutable est ce qui vaut pour tous, ce qui donc n’est pas sujet à interprétation, et donc à opinion. L’interprétation s’oppose à la vérité, au sens où il n’y aurait nullement de vérité universelle et objective, mais seulement des interprétations propres à chacun, donc des vérités subjectives. Cf. Nietzsche, « il n’y a pas de faits, il n’y a que des interprétations ». Alors il ne s’agirait pas vraiment de vérités, mais d’opinions, c’est-à-dire de jugements vraisemblables pour ceux qui en sont les défenseurs, mais intenables pour d’autres. L’opinion étant alors une vérité subjective, non valable pour tous, donc un degré moindre de vérité. 


↳ En étant indiscutables donc, les vérités accèderaient au degré ultime de la vérité, supérieure. Une vérité digne de ce nom semble devoir prétendre à être indiscutable, ce sans quoi elle perdrait précisément ce qui fonde son caractère véridique : sa certitude universelle. Alors oui, les vérités vraies et ultimes sont indiscutables, donc il y a bien des vérités indiscutables.


II. Mais en fait, si une vérité est indiscutable, alors elle devient dogmatique, du coup il serait bien plutôt nécessaire pour une vérité qu’elle soit discutable, vérifiable, prouvable, et c’est bien le cas des vérités que l’on dit scientifiques.

1.Le problème des vérités dogmatiques et obscurantistes.

L’obscurantisme est une position qui refuse de reconnaître comme vraies de nouvelles choses ou idées démontrées, ce faisant il pose des restrictions pour ce qui est du progrès du savoir et est contre la propagation de nouvelles théories.  À l’heure actuelle et dans d’autres contrées que les nôtres, certains groupuscules interdisent toute pensée innovante au nom d’une vérité indiscutable, et nous en pâtissons (terrorisme).

Le dogmatisme c’est considérer une affirmation comme incontestable et intangible par une autorité politique, philosophique ou religieuse qui emploiera dans certains cas la force pour l'imposer. 

Voilà les conséquences à vouloir que les vérités soient indiscutables ! 


2. La nécessité pour les vérités d’être discutées.

Si par nature, une vérité semble devoir prétendre à l’indiscutabilité, on a vu les dangers que cela supposait. De sorte qu’il y a nécessité bien plutôt pour les vérités d’être discutées. C’est d’ailleurs le paradigme des vérités scientifiques pour qui la vérité, en pratique, ne doit pas échapper à la discussion, au débat. Cf. Popper (Logique de la découverte scientifique) et le principe méthodologique de “falsifiabilité ” ou de “réfutabilité”. C’est-à-dire que pour Popper, une vérité doit toujours être éprouvée pour tenter d’être réfutée, pour que petit à petit elle atteigne une assise véridique de plus en plus solide. La vérité scientifique, si elle n’a plus pour critère d’être indiscutable n’est pas pour autant infondée : il s’agit simplement de l'interroger de manière permanente pour toujours la tester. Cf. Duhem et les vérités scientifiques comme strates, amoncellement de discours les uns sur les autres, à travers le temps (La théorie physique, son objet, sa structure).


III. Néanmoins, pour fonder la connaissance et la vie ensemble, il y a un besoin de vérités premières et axiomatiques indiscutables, desquelles toutes les autres découlent.

1. Le besoin anthropologique de vérités indiscutables.

La vérité est un véritable besoin au niveau anthropologique, au niveau de la vie des hommes en communauté. Nous avons besoin de partir de vérités partagées par tous et indiscutables pour fonder nos connaissances et une vie en communauté. Cf. Wittgenstein, De la certitude, qui explique que les propositions certaines ou vérités premières, indiscutables car admises par tous, sont le socle de notre savoir, le fond sur lequel on distinguera ensuite le vrai et le faux, l’arrière-fond de notre pensée et notre connaissance des choses, notre « image du monde », notre « mythologie ». Cf. aussi Nietzsche, dans Vérité et mensonge au sens extra-moral, qui explique que les mots sont des vérités indiscutables créés de toutes pièces par les hommes et admises par tous pour qu’une vie ensemble soit rendue possible. Les mots permettent aux hommes de fonder une société, avec des règles de vie éthiques, mais aussi un monde vivable par les vérités scientifiques qu’ils croient détenir. Ces vérités-là, indiscutables, et qu’elles soient vraies ou fausses, auraient pour but d’être un outil social. 


2. Le cas spécifique des vérités axiomatiques.

Les vérités premières et axiomatiques sont donc ces énoncés tenus pour vrais qui sont au fondement même de nos connaissances et certitudes, aussi diverses qu’elles soient. Ce type de vérités est comme un socle commun sur lequel la connaissance se construit, duquel les démonstrations découlent et les déductions se font. On les trouve de manière privilégiée en mathématiques ou en logique : il s’agit de ce qu’on appelle les axiomes, ces postulats admis au départ comme indémontrables mais d’où partent toutes les démonstrations. De là nous pouvons répondre que oui, il y a des vérités indiscutables, et qu’elles peuvent se trouver dans le socle commun de nos connaissances comme de manière privilégiée en mathématiques ou en logique, comme étant le point de départ - cf. les principes de Leibniz, « vérités innées » (Nouveaux essais) – de tous nos raisonnements.

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