Corrigé de Philosophie : Sujet 3, Explication de texte - Bac ES Pondichéry 2016

Corrigé de Philosophie : Sujet 3, Explication de texte - Bac ES Pondichéry 2016

Notre professeur a rédigé pour vous le corrigé du sujet 3 de Philosophie du Bac ES de Pondichéry 2016.

Le texte étudié ici est un texte de Mill sur le rapport entre la société libérale et la liberté de l'individu. Les notions étudiées ici sont donc la liberté, la société et autrui. Ce corrigé de l'épreuve de Philosophie du Bac ES 2016 de Pondichéry n'est pas un "corrigé type" mais vous donne un exemple de réponse possible à ce sujet.

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Corrigé de Philosophie : Sujet 3, Explication de texte - Bac ES Pondichéry 2016

Le contenu du document



CORRIGE DU SUJET N° 3 EXPLICATION DE TEXTE

TEXTE DE MILL SUR LE RAPPORT ENTRE LA SOCIETE LIBERALE ET LA LIBERTE DE L’INDIVIDU

Notions en jeu : la liberté, la société, autrui.


AVANT-PROPOS

Il est avant tout primordial de comprendre que ces éléments de corrigé ne constituent en aucun cas un “corrigé type”, mais seulement des exemples de traitement possible de ce sujet d’explication de texte. 

En philosophie la démarche de pensée individuelle et la logique de l’argumentation est ce qui rendra un travail bon le jour de l’épreuve. 

Il n’y a pas un plan possible mais plusieurs, même s’il faut méthodiquement procéder de manière linéaire (expliquer ligne après ligne, du début à la fin, et montrer comment l’argumentation se déroule). Ce corrigé se veut donc avant tout une explication d’un texte et des attentes que suppose cette épreuve différente de la dissertation, et non un corrigé type comme on pourrait en trouver en sciences dures : mathématiques…


TEXTE A EXPLIQUER

Expliquer le texte suivant : 

« La seule raison légitime que puisse avoir une communauté pour user de la force contre un de ses membres est de l’empêcher de nuire aux autres. Contraindre quiconque pour son propre bien, physique ou moral, ne constitue pas une justification suffisante. Un homme ne peut pas être légitimement contraint d’agir ou de s’abstenir sous prétexte que ce serait meilleur pour lui, que cela le rendrait plus heureux ou que, dans l’opinion des autres, agir ainsi serait sage ou même juste. Ce sont certes de bonnes raisons pour lui faire des remontrances, le raisonner, le persuader ou le supplier, mais non pour le contraindre ou lui causer du tort s’il agit autrement. La contrainte ne se justifie que lorsque la conduite dont on désire détourner cet homme risque de nuire à quelqu’un d’autre. Le seul aspect de la conduite d’un individu qui soit du ressort de la société est celui qui concerne les autres. Mais pour ce qui ne concerne que lui, son indépendance est, de droit, absolue. Sur lui-même, sur son corps et son esprit, l’individu est souverain. »

MILL, De la liberté, 1859


La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question. 


PRESENTATION DU SUJET 3 DE PHILOSOPHIE DU BAC ES DE PONDICHERY 2016

Ce texte de Mill a trait à une notion classique du programme de terminale ES, la liberté, faisant partie du grand domaine ‟La morale”. Mais le texte est transversal et touche aussi les notions de société (grand domaine ‟Le politique”) et d’autrui (grand domaine ‟Le sujet”). 

Il s’agit donc d’un texte à portée morale et politique, qui questionne les droits et les pouvoirs de la société envers l’individu.


ANALYSE DU TEXTE DE MILL

• Une explication de texte doit répondre à des attentes précises : lorsque j’explique un texte je dois montrer quelle est la thèse de l’auteur sur un sujet précis (son point de vue) et quelle stratégie argumentative il met en place pour donner sa thèse (de quelle manière il s’y prend ? Quel type d’argumentation il choisit ? Quels procédés sont les siens ? etc.). 

 

• Il faut aussi voir si la position défendue par l’auteur est originale ou pas, et qu’est-ce que cela nous apprend sur le sujet. En effet, si la connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise, chaque extrait à expliquer fait partie d’un thème au programme de philosophie, qu’on est censé connaître. Ainsi, on peut faire dialoguer la position de l’auteur avec nos connaissances sur la question, afin de voir si sa thèse est subversive ou classique, originale ou non.

• L’idéal serait aussi de mettre en évidence un enjeu : manière par exemple que le texte a de faire résonner une question plus générale.

• Dans une première lecture du texte, afin de vous assurer que vous l’avez bien compris (et que vous pouvez donc commencer l’explication), il faut pouvoir répondre aux six attentes de l’Introduction, ce que nous allons donc faire ici.


1) Situation du texte 

Dans ce texte, extrait du livre De la liberté, Mill...

2) Thème du texte (de quoi cela parle, quel est le domaine général auquel il a trait) 

... s’intéresse au pouvoir de contrainte que la société est légitimement en droit d’avoir sur un individu.

3) Thèse du texte (point de vue défendu par Mill)

Pour Mill, ce pouvoir de la société est très relatif : elle n’a droit d’user de force et de contraindre un individu que pour l’empêcher de nuire à autrui, que pour une légitime défense, pourrait-on dire. Il s’agit du « principe du tort » ou « principe de non-nuisance ».

4) Problème du texte

Que cela signifie-t-il quant à la liberté de l’individu par rapport à la société ? Mill étant un penseur libéral, on voit que la marge de liberté laissée à l’individu par la société est très grande, cette dernière n’ayant aucun droit sur l’individu tant qu’autrui n’est pas mis en danger.

5) Enjeu

Une définition du rapport entre l’individu et la société non plus traditionnelle mais innovante car libérale, l’individu restant souverain et n’étant plus à comprendre sous les termes d’un holisme.

6) Annonce du plan (étapes par lesquelles Mill procède). 

Pour mener à bien son argumentation, Mill procède en deux temps. Dans un premier temps, le philosophe énonce le principe de non-nuisance et montre donc sous quelles conditions la société peut intervenir par la force pour contraindre un individu, savoir pour l’empêcher de nuire à autrui. Ceci étant posé, dans un second temps Mill en vient à montrer les conséquences que cela a sur la liberté de l’individu : l’individu dans une telle conception (libérale) reste indépendant et souverain.


PROPOSITION DE PLAN

I. Le principe de non-nuisance – à quelles conditions la société peut contraindre un individu ?

« La seule raison légitime que puisse avoir une communauté pour user de la force contre un de ses membres est de l’empêcher de nuire aux autres. »

↳ Enonciation du principe de non-nuisance : la société / la communauté ne peut contraindre par la force un individu que pour défendre un autre individu ou autrui, si ces derniers sont menacés par le premier individu. Mill insiste d’emblée, avec l’expression « seule raison légitime », qu’il s’agit là de l’unique possibilité pour une société de contraindre un individu. En dehors de ce champ donc, ce n’est plus légitime, ce n’est plus de l’ordre de ce qui se doit d’être fait (attention à bien différencier légitime et légal, légitime c’est au niveau moral, légal au niveau du droit et des lois).


« Contraindre quiconque pour son propre bien, physique ou moral, ne constitue pas une justification suffisante. » 

↳ Mill s’empresse d’illustrer son propos et de dénoncer la contrainte d’un individu faite pour d’autres raisons, qui sont selon lui injustifiées (et donc injustes). Notamment contraindre un individu même pour son propre bien. Autrement dit, tant que l’individu ne nuit pas à autrui, il a les pleins pouvoirs de faire ce qu’il veut, et d’être ce qu’il veut. Si nous exagérons la position de Mill, cela veut dire qu’un fou, par exemple, ne saurait être contraint et enfermé pour le danger vis-à-vis de lui-même qu’il constitue, ou encore qu’on ne pourrait empêcher par la force quelqu’un de se suicider.


« Un homme ne peut pas être légitimement contraint d’agir ou de s’abstenir sous prétexte que ce serait meilleur pour lui, que cela le rendrait plus heureux ou que, dans l’opinion des autres, agir ainsi serait sage ou même juste. »

↳ Mill exemplifie davantage son propos et montre que même si moral en soi, on ne peut absolument pas contraindre un individu son bien, quel qu’il soit. Notons le champ lexical des valeurs : « meilleur », « sage », « juste », et du bonheur : « heureux ». Même pour le meilleur donc, on ne doit pas contraindre l’individu tant qu’il ne touche pas à autrui.


« Ce sont certes de bonnes raisons pour lui faire des remontrances, le raisonner, le persuader ou le supplier, mais non pour le contraindre ou lui causer du tort s’il agit autrement. »

↳ Mill énonce toutes les actions légitimes qu’il est possible pour la société de faire par rapport à l’individu qu’elle voudrait perfectionner : « raisonner », faire appel à sa raison, « persuader », manipuler son opinion, « supplier », faire appel à son cœur ou à ses sentiments, mais en aucun cas, donc, « contraindre ».


II. La liberté totale laissée à l’individu. De la libéralité de la société et de ses conséquences sur la liberté des individus.

« La contrainte ne se justifie que lorsque la conduite dont on désire détourner cet homme risque de nuire à quelqu’un d’autre. »

↳ Rappel ici du principe de non-nuisance. Si Mill se répète, ce n’est pas par hasard, c’est qu’il va maintenant passer à un autre pan argumentatif. Il va non plus s’intéresser à la légitime contrainte que la société peut exercer sur un individu, mais à la définition de la liberté individuelle qui en découle. 


« Le seul aspect de la conduite d’un individu qui soit du ressort de la société est celui qui concerne les autres. »

↳ Mill précise que dans le principe de non-nuisance, ce n’est pas l’individu en tant que tel qui est concerné, mais l’individu en rapport avec autrui. L’individu seul lui est laissé libre.


« Mais pour ce qui ne concerne que lui, son indépendance est, de droit, absolue. Sur lui-même, sur son corps et son esprit, l’individu est souverain. »

↳ Mill peut donc conclure son texte sur une définition de la liberté individuelle comprise au sens fort : « indépendance », « absolue », « individu souverain ». Et Mill de préciser que cette indépendance absolue (indépendance signifiant ne dépendre d’aucune cause extérieure, attention à bien définir le terme ici) a trait à tous les aspects de l’individualité : « sur lui-même » donc l’individu comme tout, « sur son corps » donc l’individu physique, « sur son esprit » donc l’individu moral, volontaire, conscient.

Fin de l'extrait

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