Corrigé de Philosophie : Étude de texte - Bac ES Washington 2018

Corrigé de Philosophie : Étude de texte - Bac ES Washington 2018

Retrouvez dès la fin de l'épreuve le corrigé de l'Étude de texte de Philoshophie du Bac ES Amérique du nord 2018, réalisé par un professeur de l'Éducation nationale !

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Corrigé de Philosophie : Étude de texte - Bac ES Washington 2018

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SUJET 3 : ALAIN, PROPOS, 1932

 

L’objectif d’une explication de texte est tout d’abord de repérer les principaux thèmes du sujet ; deuxième étape : repérer le problème, la difficulté à laquelle se confronte l’auteur ; troisième étape : reformuler la thèse de l’auteur, c’est-à-dire la réponse qu’il essaye d’apporter à la difficulté précédemment soulevée ; quatrième étape : annoncez le plan du texte, c’est-à-dire les principales étapes de l’argumentation de l’auteur.

Rappel : l’explication de texte doit être linéaire, ce qui signifie qu’elle doit suivre les étapes de l’argumentation de l’auteur ; l’objectif est d’expliquer la progression de l’auteur : pourquoi passe-t-il de telle idée à telle autre ? Dans quel but ?

Le thème central de ce texte : la justice.

L’auteur se confronte à un problème soulevé par ce thème : comment comprendre que la justice à la fois une « utopie » mais également ce qui constituer un modèle, une référence pour les hommes ? N’est-ce pas précisément le rôle de l’utopie que de constituer un modèle, une référence ? Afin de se confronter à ce problème, l’auteur développe une thèse, qu’il soutiendra grâce à une argumentation.

La thèse de l’auteur : la justice en elle-même est une utopie, et tous nos contrats sont des tentatives pour rejoindre un tel idéal, qui est « régulateur », ce qui signifie qu’il nous guide dans nos actions, dans nos contrats, car nous nous efforçons de rejoindre cet « idéal » de justice, cette « utopie ». L’auteur commence par comparer la justice à des vérités mathématiques, le cercle, l’ellipse ; le cercle et l’ellipse peuvent être considérées comme des « vérités » mathématiques car on peut parvenir à établir objectivement, à démontrer rationnellement, leurs propriétés. La justice n’est « pas si différente » de telles vérités ; mais comment peut-on affirmer que la justice possède le statut d’une vérité ? N’est-ce pas paradoxal ? En effet, les hommes débattent sans cesse afin de savoir ce qu’est la justice et ils défendent bien souvent des conceptions de la justice qui s’opposent les unes aux autres ; si la justice est une vérité, elle n’est donc pas possédée par tous les hommes ? Est-elle seulement possédée par certains d’entre nous ?

Alain prend l’exemple de deux frères : dans la pratique, lorsque l’on fait des parts, « les parts ne seront jamais égales », on ne parviendra jamais à des parts égales car chacun sera tenté de s’approprier la plus grande part. Mais ces parts « devraient être » égales : ici Alain évoque l’idéal de justice ; idéalement, ce qui est juste, c’est de parvenir à l’égalité ; l’égalité serait donc un idéal de justice.

Cet idéal est une véritable « utopie » (vous pouviez donner des exemples d’utopies, par exemple l’El Dorado dans Candide, de Voltaire, ce qui permettait de montrer au correcteur que vous aviez saisi ce que signifie une « utopie »), c’est-à-dire une idée qui correspond à une certaine perfection ; cette perfection n’est pas « dans la nature », c’est-à-dire qu’elle n’existe pas, elle n’est pas réelle : de même que le cercle est une figure géométrique qui est construite abstraitement par le géomètre, de même il n’y a pas une telle égalité dans la nature. Il y a certes des objets qui ont la figure d’un cercle, mais le cercle en tant que tel n’existe pas dans la réalité, c’est une figure construite mentalement, représentée par le géomètre sur un tableau, mais qui n’existe pas « dans la nature ».

L’utopiste sait que ce qu’il veut n’existe pas ; c’est le propre de l’utopie d’être du côté de l’idéal : l’utopie est une perfection qui ne correspond à rien de réel. Alain prend l’exemple d’un « contrat » qui est une transaction injuste puisque l’un des hommes est lésé, trompé par l’autre homme. Ce n’est pas un « contrat » au sens propre du terme car, comme l’affirme Alain, seul ce qui est validé par le juge peut être considéré comme un « contrat » ; au contraire, ce qui est invalidé par le magistrat ne peut être considéré comme un véritable contrat. Seulement, ce « contrat » imparfait (cet échange injuste) a été réformé par le juge car celui-ci possède dans son esprit l’idée de justice ; la justice est un certain idéal qui n’existe pas « dans la nature » mais, comme le cercle, « dans l’esprit », ce qui signifie que la justice est bel et bien une utopie, au sens où c’est une idée qui ne correspond à rien de réel (dans la réalité, il n’y a que de l’injustice, de l’inégalité).

L’égalité qui est visée, et d'après laquelle le juge réforme ce qui lui semble inégal, est un idéal; l’inégalité est un fait ; on retrouve ici l’opposition entre idéal et fait (au sens de ce qui est réel). L’idée n’existe pas que dans l’esprit de certains hommes (les juges), elle existe « dans l’esprit de tous », ce qui signifie qu’elle est possédée de manière innée (c’est-à-dire possédée par tous dès la naissance, en tous les cas de manière universelle, c’est-à-dire par tous les hommes) ; rappelez-vous la distinction entre inné (ce qui est possédé dès la naissance) et acquis (ce qui est obtenu grâce à l’éducation, tout au long de la vie). L’idée de justice est universellement répandue ; mais les hommes ont beau posséder cette idée, ce n’est pas pour autant qu’ils concrétisent cette idée, car bien souvent ils trouvent des avantages à commettre l’injustice.

La justice demeure une simple idée, elle ne devient pas une réalité. L’idée de justice (qui n’existe que dans l’esprit des hommes) sert de modèle, de référence, elle permet de savoir – si l’on se réfère à elle – ce qui sépare l’événement (telle ou telle injustice) de l’idée de justice ; la justice est donc un idéal régulateur, c’est- à-dire une certaine idée qu’on possède en nous d’après laquelle on va juger de tel ou tel événement : on considèrera que tel événement est injuste, grâce à l’idée de justice que nous avons en nous ; on déterminera qu’il est plus ou moins éloigné de l’idée de justice que nous possédons dans notre esprit. Le cercle imparfait est qualifié d’ « imparfait » car nous possédons l’idée du cercle « parfait », de la figure parfaite ; de même, nous qualifions tel contrat d’ « imparfait » relativement à l’idée de contrat « parfait » que nous possédons dans notre esprit : c’est parce que j’ai une certaine idée de ce que doit être un contrat « parfait » que je peux qualifier tel ou tel contrat d’imparfait; si nous qualifions telle ou telle chose d’ « imparfaite », c’est toujours relativement à une certaine idée de perfection que nous avons en tête.

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