Corrigé Sujet 2 Philosophie - Bac ES 2017 Washington

Corrigé Sujet 2 Philosophie - Bac ES 2017 Washington

Notre professeur vous propose le corrigé du sujet 2 de Philosophie du Bac ES 2017 de Washington (Amérique du Nord).

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Ce sujet, Le droit est-il seulement ce qui limite ma liberté ?, mettait en jeu deux notions : droit et liberté, et il fallait impérativement connaitre les philosophes politiques modernes (Hobbes, Locke, Montesquieu, Rousseau) pour pouvoir répondre de manière complète. Il fallait connaitre et expliquer la distinction entre droit naturel et droit positif, et ne pas oublier de définir complètement la liberté.

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Corrigé Sujet 2 Philosophie - Bac ES 2017 Washington

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SUJET 2 : LE DROIT EST-IL SEULEMENT CE QUI LIMITE MA LIBERTE ?

AVANT-PROPOS

• Ce sujet était relativement facile et attendu pour une filière économique et sociale.

• Il mettait en jeu deux notions : droit et liberté, et il fallait impérativement connaitre les philosophes politiques modernes (Hobbes, Locke, Montesquieu, Rousseau) pour pouvoir répondre de manière complète.

• Il fallait connaitre et expliquer la distinction entre droit naturel et droit positif, et ne pas oublier de définir complètement la liberté.

• L’écueil principal était de transformer le sujet en «l’état est-il compatible avec ma liberté ? » qui est un sujet proche et auquel on pouvait faire allusion, mais en restant centré sur le droit.

 

Accroche : le droit encadre et régule notre vie quotidienne. Dès notre naissance, et même si nous n’en prenons conscience que bien des années plus tard, nous sommes soumis aux lois qui régissent la société dans laquelle nous vivons.

Objection : Or force est de constater que, même dans un état de droit où notre liberté est plus grande qu’au sein d’une dictature, nous sommes souvent contraints à ne pas faire ce que nous désirons (porter des armes par exemple ou rouler à la vitesse qui nous plait) et à faire ce que nous ne souhaitons pas (payer des impôts, etc...)

Reprise du sujet : Alors le droit est-il seulement ce qui limite ma liberté ?

Problématique : L’enjeu de la question sera de savoir si l’on peut vraiment considérer que la fonction du droit positif, mis en place par l’autorité d’une société, se réduit à limiter la liberté des citoyens.

En effet le droit n’a-t-il pas d’autres fins, d’autres buts que seulement de chercher à limiter notre liberté pour préserver le bien commun ? Ne serait-il pas plus une garantie qu’une limite pour la liberté individuelle ?

Annonce du plan : Il nous faudra dans un premier temps définir ce que signifie le terme liberté et en quoi elle devrait être limitée. Dans un second temps nous observons qu’en effet, le droit semble se limiter à encadrer notre liberté, à lui poser des limites et des obligations. Enfin nous dépasserons ce point de vue en observant que, finalement, la vocation du droit est bien plus de garantir la justice et la liberté que de limiter cette dernière.

 

PARTIE 1 : DANS CETTE PREMIERE PARTIE NOUS DEFINIRONS CE QU’EST LA LIBERTE, ET NOUS CHERCHERONS A SAVOIR EN QUOI ELLE DEVRAIT ETRE LIMITEE :

a) La liberté est un terme général qui désigne la capacité de se mouvoir par soi-même, de choisir. Il faut préciser que la liberté humaine s’accompagne du libre-arbitre qui désigne précisément cette capacité de choisir ses actes propres.

La liberté doit être comprise en tant que faculté intégrée à un tout nommé HOMME. Elle n’est pas détachée de l’intelligence, de la volonté, ni même de l’influence des émotions et ressentis. La liberté est le propre de l’homme et Rousseau va jusqu’à dire que, dans le Contrat social que : « renoncer à sa liberté, c’est renoncer à sa qualité d’homme ». Pour lui, on ne peut pas enlever sa liberté à un homme parce que c’est illégitime, contre-nature et que cela n’aurait aucun sens. Si l’on suit la logique rousseauiste, accepter un système qui limiterait trop notre liberté, ce serait accepter un système qui réduirait voire détruirait notre humanité.

b) Mais il faut prendre en compte un aspect important de la liberté : nous l’avons dit la liberté, le pouvoir de choisir ses actes, est inter-dépendante avec les facultés d’intelligence et de volonté. Comme elles, et même à travers elles, elle doit se développer, passer de la puissance à l’acte selon les termes d’Aristote. En un mot la liberté est une faculté naturelle qui doit être éduquée. L’homme doit apprendre à exercer sa liberté afin de poser des actes qui soient bénéfiques non seulement pour lui mais également pour ceux qui l’entourent. Il y a donc un lien entre morale et liberté : la liberté semble devoir être encadrée, limitée par des valeurs de bien et de mal, au bénéfice de l’individu et de son entourage. C’est en un sens ce que cherche à signifier la devise française « liberté, égalité, fraternité ».

Transition : Après avoir défini le terme de liberté, il nous faut observer qu’en effet le droit semble se réduire à limiter notre liberté.

 

PARTIE 2 : TOUT D’ABORD IL NOUS FAUT DEFINIR LE DROIT.

a) Le terme droit désigne un ensemble de règles qui encadrent les actions humaines.

On peut distinguer deux types de droit : le droit naturel et le droit positif dont nous avons déjà parlé.

 

Dans la pensée des philosophes antiques comme Aristote ou Cicéron, le droit naturel désigne des règles de fonctionnement liées à la nature, qui sont universelles et que l’homme peut connaitre grâce à son intelligence. Mais ce n’est pas ce sens qui nous intéresse ici. Il nous faut prendre « droit naturel » dans le sens donné par les penseurs dits modernes : Hobbes, Locke, Montesquieu, Rousseau. Pour eux, le droit naturel désigne le droit en vigueur dans « l’état de nature ». Exemple : Hobbes dit que, en dehors de la société civile (c’est-à-dire dans l’état de nature), chacun possède une très grande liberté. Ce droit naturel devra être prolongé par le droit positif.

On appelle droit positif les règles mises en place par l’autorité d’une société (roi, assemblée, consul...) auxquelles les citoyens doivent obéir sous peine de sanction.

b) Ainsi, si dans l’état de nature, la liberté de l’homme semble relativement absolue, dans la société civile, elle est plutôt limitée et encadrée assez strictement par le droit, garanti lui-même par un système de sanctions. Les dictatures du XXème siècle ont utilisé le droit et les sanctions dans l’unique but de limiter et même de conditionner les libertés individuelles.

Et, même si les démocraties modernes tentent de préserver ces libertés, il reste que le droit vient limiter la liberté du citoyen, quitte à le sanctionner s’il déroge à la prescription imposée. C’est pourquoi Rousseau écrit que « l’homme est né libre mais partout il est dans les fers » Contrat social. Le droit semble donc être simplement ce qui limite la liberté.

Transition : Pourtant, même si Rousseau constate que le droit semble enchainer la liberté, en quelque sorte, il écrira aussi dans ses Lettres sur la montagne qu’ « il n’y a point de liberté sans loi ».

Comme lui, il nous faut dépasser l’opposition droit et liberté pour admettre que la finalité du droit n’est pas simplement de limiter la liberté.

 

PARTIE 3 : EN EFFET LE DROIT N’EST PAS SIMPLEMENT UNE LIMITE, IL EST AUSSI UNE GARANTIE.

a) En effet si le droit nous contraint, il nous protège aussi. Il permet de réguler la vie en société, dont nous avons absolument besoin pour nous développer car comme l’écrit Aristote dans sa Politique « l’homme est par nature un animal politique », c’est-à-dire fait pour vivre en société. Ainsi le droit est aussi une garantie pour notre liberté et une recherche de justice.

Nous pouvons également ici rappeler ici l’idée de Hobbes dans son « De Cive » : si en dehors de la société organisée, (c’est-à-dire dans l’état de nature en fait) l’homme possède une liberté entière, dans la société il possède aussi la propriété, la sécurité, la réponse à ses besoins et une vie plus douce.

b) Enfin il nous faut ajouter que le droit ne peut pas être considérer comme légitime s’il vient à dépasser ce pourquoi il est fait : rechercher la justice et la paix civile. Qu’il ne peut pas non plus aller contre ce qui est légitime, conforme à la nature humaine. C’est pourquoi le droit imposé par les dictatures était complètement illégitime. Si le droit peut limiter la liberté ce n’est que pour la garantir et la protéger, absolument pas pour la nier. Il faut donc considérer qu’un droit qui aurait pour seul but de limiter la liberté est illégitime.

 

CONCLUSION

Bilan : Ainsi il nous apparait que si le droit limite de fait la liberté individuelle, il ne se réduit pas pour autant à cela.

 

Réponse définitive : S’il limite la liberté individuelle, il doit aussi en être la garantie. Car sa finalité est la recherche de la justice, afin de rendre possible la vie en société sans laquelle l’homme ne peut s’épanouir.

Ouverture : Ainsi le droit est à la fois un outil nécessaire comme il peut être l’occasion d’un abus de pouvoir. C’est à l’autorité politique de veiller à ce qu’il reste toujours légitime, et pour se faire elle doit être compétente et rechercher la justice.

Fin de l'extrait

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