Corrigé Sujet 2 Philosophie - Bac ES Washington 2016

Corrigé Sujet 2 Philosophie - Bac ES Washington 2016

Nous mettons à votre disposition le corrigé du sujet 2 de philosophie du Bac ES de Washington 2016.

"Les hommes vivent-ils en société par intérêt ?" est le second sujet de philosophie du Bac Es de Washington 2016. La notion en jeu est donc la société. Dans cette correction, vous trouverez la présentation et l'analyse du sujet, la définition des termes clés, ainsi qu'une proposition de plan répondant au sujet.

Téléchargez gratuitement ci-dessous la correction du sujet 2 de philosophie du Bac ES de Washington 2016.

Corrigé Sujet 2 Philosophie - Bac ES Washington 2016

Le contenu du document


SUJET 2 : LES HOMMES VIVENT-ILS EN SOCIETE PAR INTERET ?

Notion en jeu : la société.


AVANT-PROPOS

Il est avant tout primordial de comprendre que ces éléments de corrigé ne constituent en aucun cas un “corrigé type”, mais seulement des exemples de traitement possible de ce sujet de dissertation. 

En philosophie la démarche de pensée individuelle et la logique de l’argumentation est ce qui rendra un travail bon le jour de l’épreuve. 

Il n’y a pas un plan possible mais plusieurs. Ce corrigé se veut donc avant tout une explication du sujet et de ses attentes, et non un corrigé type comme on pourrait en trouver en sciences dures : mathématiques…


PRESENTATION DU SUJET

Ce sujet, « Les hommes vivent-ils en société par intérêt », a trait une notion classique du programme de terminale ES, la société, faisant partie du grand domaine ‟la politique”. Sujet très intéressant, qui interroge la dimension intéressée de la vie en collectivité, et qui de ce fait part d’un présupposé couramment admis : le collectif n’est pas spontané ni altruiste à la base, mais part toujours d’un intérêt individuel quelconque. C’est ici ce présupposé qu’il va s’agir d’interroger.


ANALYSE DU SUJET

Ce travail d’analyse correspond à ce que vous devez faire au brouillon pour vous approprier le sujet dans toute sa dimension. Ce travail est absolument indispensable pour vous permettre de cibler le sujet et de ne pas faire de hors-sujet.


DEFINITION DES TERMES

• les hommes : il s’agit là des êtres humains en général, dans leur majorité. Il est intéressant de noter qu’il n’y a pas de dimension universelle ici, sinon l’intitulé du sujet aurait été « l’homme vit en société par intérêt ? », et non le pluriel « les hommes vivent-ils en société par intérêt ? ». Ce qui signifie que le sujet suppose que des exceptions confirment la règle (l’altruisme en effet peut exister partout, chez des individus exceptionnels).


• vivre : ici, c’est le verbe “vivre” au sens le plus large d’“évoluer”. Pas de dimension biologique qui couperait avec le caractère politique du sujet. On pourrait toutefois distinguer au sein du développement entre ce que la vie biologique humaine implique, et ce qu’il en est de sa vie en société...


• société : c’est un ensemble organisé, qui règle par des normes et des lois, les relations entre les individus sur un territoire défini.

Par extension, vivre en société signifie vivre ensemble, en collectivité, par opposition à une vie solitaire.


• intérêt : l’intérêt, c’est le souci de ce qui est avantageux, notamment pour soi (intérêt individuel). Le contraire de l’intérêt, c’est la gratuité. Ses synonymes, c’est l’utilité, l’avantageux, le bénéfique. L’intérêt est ce qui donc vise une fin bien définie et ce qui met souvent en place un calcul.


MISE EN TENSION DU SUJET ET PROBLEMATISATION

Mettre en tension le sujet, c’est trouver deux réponses qui font faire un grand écart au sujet, qui le tirent dans un sens et dans l’autre comme on peut étirer un élastique vers deux extrémités. Sans mettre en tension le sujet, on ne peut pas le problématiser, c’est-à-dire voir le problème sous-jacent au sujet, le problème que pose la question même du sujet. Et si on ne voit pas ce problème, on se contente de répondre à la question posée, ou de reformuler le sujet, mais sans le problématiser. Alors on ne répond pas aux attentes de la dissertation de philosophie, qui suppose une aptitude à problématiser.


Pour mettre en tension le sujet, on va proposer deux réponses a priori opposées, l’une évidente, qui nous vient à l’esprit le plus spontanément, l’autre qui vient la réfuter ou en montrer les limites.

  • sujet : les hommes vivent-ils en société par intérêt ?
     
  • réponse évidente : non, spontanément il ne semble pas les hommes vivent en société par intérêt, tant la vie sociale et collective semble contraire à leurs instincts premiers, et donc contre-nature. Tout se passe comme si la vie sociale les contraignait et s’imposait bien plutôt à eux qu’autre chose.
     
  • réponse opposée qui réfute la première réponse ou en montre les limites : et pourtant, le contrat social, ce pacte passé par les hommes avec la société et les faisant sortir de l’état de nature, n’est-il pas qu’un calcul d’intérêts ayant pour finalité la garantie des intérêts individuels de tout citoyen ? En ce sens, les hommes ne vivent-ils pas en société, contre les apparences, pour les intérêts propres ?

 

↳ La tension est ici sensible : soit les hommes vivent en société par intérêt, soit ils ne vivent pas en société par intérêt mais pour une autre raison.


Cela amène alors la problématique : comment les hommes pourraient-ils vivre en société par intérêt, alors qu’à l’état de nature ils assouvissent tous leurs penchants égoïstes ? L’intérêt ne serait-il pas à comprendre comme un calcul d’intérêts, leur permettant de garantir leurs positions à l’état social ? Mais la vie en société n’est-elle alors mue que par l’intérêt individuel des hommes entre eux, n’est-elle suspendue qu’à une fin aussi égoïste ? L’homme ne trouve-t-il pas dans la vie collective une dimension de son existence autre qu’égoïste et individuelle qui viendrait motiver et corroborer cette vie en société ?


PROPOSITION DE PLAN

I. Non, les hommes ne vivent pas en société par intérêt, la société étant plus ou moins contraire à l’individualité.

1. L’état de nature ou la pleine liberté

Dans l’état de nature, l’homme vit selon ses envies propres, ne voyant que son intérêt et son égoïsme. Il jouit de toute liberté, aux dépens des autres. La loi du plus fort y règne, et aucune limite n’est donnée aux volontés de chacun. Seule la force et la débrouillardise contraignent les désirs des uns ou des autres. En somme donc, dans l’état de nature, l’homme fait ce qu’il veut comme il peut, selon ses strictes capacités individuelles.


2. La société, contre nature ?

Ce qui différencie l’état de nature de l’état social, c’est la présence de normes, de règles et de lois à respecter, caractéristiques de la société. Or obéir à une loi, c’est contre-nature pour l’homme, ce pourquoi la loi ne s’impose qu’avec force et contrainte : si on ne lui obéit pas, on est puni. Coercition de la société pour que l’homme se discipline. Cf. Hobbes, Léviathan, l’homme par nature est un homme qui suit ses passions, la société l’en empêche et le martyrise pour ne plus qu’il s’épanche. La société comme redressement de l’homme et sortie de son autarcie égocentrique, mais de manière autoritaire et non forcément voulue par les hommes. Contre nature, fondamentalement. Cf. l’insociabilité naturelle de l’homme décrite par Kant (Idée d’une histoire universelle d’un point de vue cosmopolitique).


↳ La société n’apparaît-elle pas comme absolument contraire aux penchants de l’homme ? Mais alors qu’est-ce qui fait que l’homme entre en société ? Pourquoi l’homme vit-il en société alors que pour ses intérêts particuliers, il semble plus bénéfique de rester à l’état de nature ?


II. Et pourtant, c’est bien l’intérêt individuel qui pousse les hommes à entrer en société...

1. Le contrat social comme garantie de nos intérêts individuels

« Homini lupus est », l’homme est un loup pour l’homme, à l’état de nature (Hobbes, De cive), de sorte que les hommes sont en guerre permanente pour assouvir leurs intérêts propres. Ainsi donc, quand bien même l’état de nature s’apparente à un état de totale liberté, l’homme y est incessamment menacé et en danger. Le contrat social intervient alors comme un calcul d’intérêts, où l’homme perd certes en liberté absolue, il ne pourra plus faire ce qu’il entend aux dépens des autres, mais gagne en sécurité et en garantie de ses intérêts individuels, qui ne seront plus menacés par autrui, puisque les uns comme les autres seront soumis à des lois et tenus par ces dernières. L’entrée en société se fait donc par strict souci de pérennisation des intérêts individuels.


2. Un mal pour un bien, le principe d’utilité

Spinoza, Traité théologico-politique, chaque individu a comme tendance naturelle de voir les choses selon le principe de l’utilité, selon le schème de l’efficacité. L’entrée en société ne déroge pas à la règle : si les hommes choisissent l’état social, c’est parce qu’ils y trouvent un plus grand intérêt, une plus grande utilité, au sens où associés, assemblés, ensemble, les hommes atteignent un plus grand bien. Cf. Adam Smith (De la richesse des nations) et l’utilité de la division du travail et de la spécialisation : seul, je ferais une épingle en une journée, associé à d’autres, c’est l’équivalent de 20 000 épingles que je ferais en une journée, par la force de la coopération, de la spécialisation. Pour un rendement maximal et pour vivre mieux, l’homme ne peut pas vivre en solitaire mais doit intégrer une vie sociale.


↳ Même si cela peut paraître contre nature aux velléités libertaires des hommes, c’est bien l’intérêt qui pousse les hommes à vivre en société. Mais n’est-ce que l’intérêt ou y a-t-il autre chose qui motive ce passage à l’état social ?


III. Nous vivons en société par intérêt individuel et par intérêt collectif, nous ne vivons donc en société que par intérêt !

1. L’intérêt collectif de la raison

Aristote, Les politiques, explique qu’il y a au fondement de la vie sociale un intérêt commun qui outrepasse l’ensemble des intérêts individuels. Cet intérêt commun n’est pas de l’ordre de l’égoïsme individuel, de désirs à assouvir, mais bien plus dans l’actualisation de notre essence d’ « êtres rationnels ». Or, la vie en société permet une des expressions de notre raison, par la mise en œuvre notamment de la justice et de la moralité, inexistantes à l’état de nature. Cf. Hegel, la distinction entre l’état de nature amoral et immoral, et l’état social moral (Propédeutique philosophique). 


2. La volonté générale

Rousseau, du Contrat social, distingue entre « agrégation » et « association ». L’intérêt commun ne doit pas être un simple « agrégat » d’intérêts particuliers, ce sans quoi sans cesse la société se trouverait menacée de dissolution, si c’est l’individuel qui prédomine. 

D’où la « volonté générale », non pas à entendre comme la somme des volontés individuelles (« volonté de tous ») mais qui suppose un accord de tous les hommes sur ce qui est raisonnable, qui est donc l’expression de la raison humaine transcendée des intérêts particuliers. 

Entre intérêts particuliers puis intérêt collectif, il semble bien que les hommes ne vivent en société que par intérêt.

Fin de l'extrait

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