La Vérité - Philosophie Terminale

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Dans ce cours sur la vérité rédigé par un professeur certifié, il va s’agir de penser la dualité de cette notion.

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Dans ce cours sur la vérité, il va s’agir de penser la dualité de cette notion. 

En effet, la vérité s’entend d’abord théoriquement, ce qu’on appelle épistémologiquement, elle est avant tout une affaire quasi scientifique : est vrai tel énoncé s’il est adéquat à la réalité (“le ciel est bleu” est vrai si c’est le cas dans le réel, “2 + 2 = 4” si l’expérience le prouve). 

Alors il va s’agir de définir et voir les tenants et aboutissants de la vérité au sens épistémologique et d’interroger son critère premier d’universalité (une vérité vraie serait valable pour tous). 

Mais nous verrons par la suite l’importance de la vérité dans le champ moral : finalement, si elle a cette importance théorique, c’est ni plus ni moins parce qu’elle permet la vie ensemble, en ce que les individus ont alors la même base de donner pour communiquer. 

La question morale surgit alors : dois-je toujours dire la vérité, ou bien puis-je mentir ? Ou cela remet-il en question la vie ensemble et la notion même de vérité ?

PRÉREQUIS

Aucun prérequis, c’est un cours de débutant en philosophie, aucune crainte ! Il faut juste être vigilant quant aux distinctions conceptuelles employées et au vocabulaire spécifique utilisé.

OBJECTIFS

La dualité du concept de vérité : théorique et pratique, épistémologique et morale ; La double étymologie de la vérité : adéquation et droiture ; Le problème de la distanciation et du langage ; L’interprétation de Nietzsche ; La falsifiabilité de Popper ; La stratification de Duhem ; La vérité, outil de communication ; Le devoir de vérité de Kant ; Le droit de mentir de Constant.   

Introduction

A. Définition

Au sens classique, la vérité correspond à la conformité entre un jugement, ou plus généralement une pensée affirmant quelque chose à propos de quelque chose, et la réalité à laquelle cela renvoie. C’est donc plus ou moins l’adéquation entre l’idée et le réel, entre ce qu’il se passe dans l’esprit et ce qu’il en est dans la réalité.

L’étymologie latine du mot, veritas, donne une double dimension à la vérité, en la faisant signifier à la fois l’exactitude du jugement porté (domaine épistémologique, champ de la connaissance) et la droiture, la justesse (domaine de la morale).

L’origine grecque du mot, alethéia, insiste sur l’idée que ce qui est saisi comme vrai est mis en lumière, rendu manifeste, sorti de l’oubli (a = hors, léthé = oubli). D’où les termes voisins de la vérité qui ont cette connotation de l’apparaître et de la mise en lumière, comme l’évidence, la clarté, la révélation, la révélation, l’illumination, la certitude.

B. Mots contraires

Parmi les contraires de la vérité, on peut compter l’erreur, l’illusion, le mensonge, l’inauthenticité, l’hypocrisie, l’affabulation, la fausseté. Ces antonymes montrent bien qu’il faut distinguer entre deux grands sens de la notion de vérité. 

Ainsi, erreur et fausseté ont trait au domaine épistémologique, illusion et affabulation au domaine psychologique, hypocrisie et mensonge au domaine moral...

REPÈRE. Il faut bien distinguer deux sens au mot “vérité”. Un sens épistémologique, qui est l’adéquation du jugement à la chose. Un sens moral, qui est l’authenticité et la droiture d’un discours non fallacieux.

C. Le problème de la distanciation : pas de vérité hors langage

Rien ne semble plus simple que la vérité au sens où il suffirait de dire ce qui est et de décrire la réalité. Mais la vérité impose une distanciation de la réalité précisément parce qu’elle la dit, parce qu’elle passe par le langage. 

De sorte que la vérité porte sur les représentations que nous nous faisons d’une chose et non sur cette chose même. Ce n’est pas le contenu d’une proposition qui est vrai ou faux, mais c’est seulement la proposition que nous pouvons qualifier de vraie ou de fausse.

Ce pourquoi nous ne pouvons pas confondre vérité et réalité. La vérité n’est pas inscrite dans la réalité des choses mais dans les jugements portés sur cette réalité, la difficulté sera de juger la pertinence de ces jugements sur le réel alors que nous ne pouvons jamais avoir accès au réel. 

Ce sera la question épistémologique du cours. La seconde question sera morale : est-il bon de devoir toujours dire la vérité ?

I. LA VÉRITÉ AU SENS ÉPISTÉMOLOGIQUE. QU’EN EST-ELLE ? QUE SUPPOSE-T-ELLE ? EST-ELLE À COMPRENDRE AU SENS DE « VÉRITÉ GÉNÉRALE » COMME ÉTANT DÉFINITIVE ?

A. La vérité, quelque chose d’universelle et de définitif, à priori

Pour le sens commun, un énoncé vrai, donc une vérité, a pour critère de base d’être universel, c’est-à-dire de valoir pour tout un chacun, ou qu’il soit et en tout temps. 

En effet, que serait donc une vérité si elle n’était pas consensuelle, partagée par tous les individus, et si elle ne traversait pas le temps et l’espace sans rester indemne ? Sur quels fondements adosser la connaissance des choses ? S'il n'y a pas de points fixes, les vérités dont on parle ne seraient que liées à l'interprétation des faits qui nous entourent et non à une quelconque véracité. 

Ainsi l’interprétation s’oppose à la vérité, au sens où il n’y aurait pas une vérité valable pour tous mais seulement des interprétations propres à chacun, donc des vérités subjectives. « Il n’y a pas de faits, il n'y a que des interprétations », explique à cet égard Nietzsche dans La volonté de puissance.

En fait, si un tel jugement tenu pour vrai changeait rapidement avec le temps ou n’était admis que par quelques individus seulement, il ne s’agirait pas d’une vérité, mais d’une opinion, vraisemblable pour ceux qui en sont les défenseurs, mais intenables pour d’autres.

On le voit donc d’emblée, et ce quels que soient les domaines d’étude, une vérité digne de ce nom doit prétendre à être définitive, ce sans quoi elle perdrait précisément ce qui fonde son caractère véridique. 

Tout cela à l’exemple des vérités axiomatiques ou premières, ces vérités à partir desquelles tout le reste est fondé. Si elles n’étaient pas fiables, le champ entier de notre connaissance en serait perturbé.

B. Pourtant, la vérité doit se vérifier pour être fiable

Si par nature, une vérité semble devoir prétendre à la durabilité, des scientifiques sont revenus sur cette prétention et pensent plutôt que la vérité, en pratique, ne doit pas échapper à l’érosion du temps si jamais celle-ci doit advenir.

Il s’agit même là, selon Popper, dans la Logique de la découverte scientifique, d’un principe méthodologique appelé la “falsifiabilité ” ou encore la “réfutabilité”. C’est-à-dire que pour Popper, une vérité doit toujours se vérifier par l’épreuve du temps, sans cesse. 

Il faut tenter de la réfuter, de montrer qu’en réalité elle est fausse, pour que petit à petit elle atteigne une assise véridique de plus en plus solide. La vérité scientifique, si elle n’a plus pour critère de devoir être définitive, n’est pas pour autant provisoire : il s’agit simplement de l'interroger de manière permanente pour toujours la tester. 

On part donc toujours de l’idée selon laquelle une vérité scientifique peut-être fausse et doit se vérifier en se confrontant à de nouvelles expériences. C’est le seul moyen à ce qu’elle accède à la fiabilité.

REPÈRE. La falsifiabilité c’est le principe selon lequel toute vérité doit inlassablement être testée, éprouvée, et résister à ces tests, pour prouver sa véridicité.

C. La vérité comme amoncellement de strates, construction

Toujours dans cette idée que la vérité ne devrait pas, coûte que coûte, être définitive pour être tout à fait véridique ou même valable, et dans la continuité de Popper, la vérité se fabrique avec le temps, et se modifie, se précise, au fil du temps. 

Ainsi, une vérité serait moins définitive que toujours adaptée et sans cesse précisée, eu égard aux évolutions scientifiques et aux avancées techniques. Évidemment, les types de vérités concernées sont les vérités scientifiques, celles qui peuvent évoluer et s’affiner, se construire au travers du temps. 

Ainsi Duhem, dans La théorie physique, son objet, sa structure, explique qu’une vérité n’est pas simple, mais complexe, qu’elle a plusieurs dimensions, selon l’époque à laquelle on la considère. 

Une vérité est faite de « strates » qui se chevauchent les unes les autres, parce qu’elle s’affine au cours du temps ou évolue. Comme un rocher qui s’érode et dont on voit à l’œil nu les différentes couches.

La recherche de la vérité, pour être toujours au point et légitime, interdit que l’on considère les vérités comme définitives, comme donc des dogmes intouchables. 

Procéder de cette manière dogmatique serait finalement contre-productif et pourrait être compris comme un frein dans la recherche de la vérité, puisque cela empêcherait la progression du savoir au nom d’une connaissance admise une fois pour toutes.

D. La vérité, plus pratique que théorique …

La vérité donc, alors que par définition, elle appelle à être définitive, dans la pratique, elle ne peut pas l’être et ne doit pas l’être, sans quoi sa légitimité se trouve remise en question. Mais l’important n’est peut-être pas tant dans la véridicité d’une vérité, que dans ce qu’elle permet au niveau anthropologique, au niveau de la vie des hommes en communauté. 

Dans Vérité et mensonge au sens extra-moral, Nietzsche explique ainsi que toutes les vérités sont des illusions, des mensonges, des inventions créées par les hommes et admises par tous pour qu’une vie ensemble soit rendue possible. 

Les mots mêmes, selon Nietzsche, sont faux. Il est impossible pour lui que le mot désigne tout à fait la chose (or la vérité est bien l’adéquation d’une idée à une chose), parce que le mot vient de l’homme et non la chose. 

Mais le fait de mettre en œuvre des semblants de vérité est ce qui permet aux hommes de fonder une société, avec des règles de vie éthiques, mais aussi de fonder un monde vivable où l’homme, par les vérités scientifiques qu’ils croient détenir, peut agir sur le monde et comprendre au minimum la nature qui l’entoure. 

Une vérité, quelle qu’elle soit, qu’elle soit fausse ou vraie, aurait finalement pour but, au travers sa durabilité, d’être un outil social. En ce sens elle, doit être définitive pour que les hommes s’entendent entre eux et fondent un monde vivable.

La vérité a donc davantage un sens pratique, au final, que théorique. Nous pouvons donc nous demander quelle est sa valeur en matière de morale.

II. VÉRITÉ ET MENSONGE. VÉRITÉ AU SENS MORAL. DOIT-ON TOUJOURS DIRE LA VÉRITÉ ?

A. La vérité, socle des relations humaines

La vérité est ce sur quoi se fondent les relations humaines, qui reposent sur la confiance, la fidélité, la loyauté. Un menteur s’expose à rompre toute confiance possible avec ses interlocuteurs et menace ainsi les relations intersubjectives et humaines. 

Car une fois que l’on sait que quelqu’un nous a menti, tout se passe comme si le contrat de confiance était définitivement rompu. « Ce qui me bouleverse ce n’est pas que tu m’aies menti, c’est que désormais je ne pourrai plus te croire », écrit ainsi Nietzsche.

Le paradoxe du menteur ou paradoxe d’Épiménide. Le menteur est toujours plongé dans un paradoxe de crédibilité : outre le fait qu’une fois son mensonge reconnu, on ne lui fera plus confiance dans l’avenir, lorsqu’il parle ses dires s’auto-détruisent eux-mêmes et se réfutent, puisqu’on ne sait jamais s’il dit ou non la vérité. 

Le paradoxe du menteur provient d’un contemporain d’Aristote, le crétois Épiménide. Il s’énonce ainsi : 

« Tous les Crétois sont des menteurs ». Épiménide étant un menteur, il semble se réfuter lui-même : s’il dit vrai, tous les Crétois sont des menteurs, mais dans ce cas, puisqu’il est lui-même Crétois, c’est un menteur et il ne pourrait donc dire vrai... paradoxe ; mais s’il ment, il est faux que tous les Crétois sont des menteurs, mais pour autant rien ne permet de conclure qu’aucun Crétois n’est menteur puisque Épiménide l’est. Paradoxe encore.

Ce paradoxe peut se formuler autrement : « Actuellement je mens ». Cet énoncé se réfute à nouveau lui-même : si celui qui la prononce dit la vérité (qu’il ment), il est vrai qu’actuellement il ment et ne dit pas la vérité, on ne peut donc aucunement trouver de sens clair à cette phrase ; s’il ment, il n’est pas vrai qu’en disant cette phrase il mente, par conséquent il dit la vérité mais en tant que menteur, cela est paradoxal. Cela contredit le fait qu’il mente toujours.

Tout cela pour dire à quel point le mensonge peut nuire aux relations sociales et plonger les interlocuteurs d’un menteur dans le doute.

B. Le devoir de vérité

La vérité alors semble bien ne pas être seulement un idéal de connaissance, épistémologique, mais aussi un véritable devoir, quelque chose de moral, donc. 

Elle s’oppose au mensonge, à la mauvaise intention de falsifier le vrai et à la duplicité. Pour que les mots continuent à faire sens sans tomber dans le paradoxe, et pour que les relations humaines soient viables, nous devons dire la vérité.

Mais s’il y a un devoir de vérité, il y a un manichéisme à l’œuvre. Le manichéisme, c’est ce qui oppose le bien et le mal. Avec le devoir de vérité, on dit que la vérité c’est bien, que le mensonge c’est mal, et que c’est là la seule alternative possible. 

En ce sens, dire toujours la vérité est de l’ordre de l’impératif moral, on fauterait à ne pas le faire, ce serait mal.

REPÈRE. Le manichéisme est, en morale, la tendance à dissocier le bon du mauvais, à être donc dualiste : il y a d’un côté le bien, d’un autre côté le mal...

C. La réponse de Kant, oui il faut dire la vérité à tout prix

Kant fait de la véracité un devoir absolu et considère qu’un mensonge est une injustice contre quelqu’un en particulier (l’interlocuteur du menteur) mais aussi à l’égard de l’humanité en général, car alors on ne respecte plus les hommes. 

La vérité est un impératif absolu de sorte qu’on ne peut vouloir moralement le devoir, et ce quelles que soient les circonstances. Kant le dit : 

« Être véridique dans les propos qu’on ne peut éluder, c’est là le devoir formel de l’homme envers chaque homme, si grave que soit le préjudice qui puisse en résulter pour lui ou pour autrui. Et même si, en falsifiant mon propos, je ne cause pas de tort à celui qui m’y contraint injustement, il reste qu’une telle falsification, qu’on peut nommer également pour cette raison un mensonge, constitue, au regard de la partie la plus essentielle du devoir en général un tort : car je fais en sorte, autant qu’il est en mon pouvoir, que des propos ne trouvent aucun crédit et par suite que tous les droits qui sont fondés sur des contrats deviennent caducs et perdent toute leur force, ce qui est tort commis à l’égard de l’humanité en général." 

Donc, si on ne définit le mensonge que comme la déclaration (faite à autrui) qu'on sait n'être pas vraie, il n'est pas besoin d'y ajouter qu'il doive nuire à autrui, comme les juristes l'exigent de leur définition (« un mensonge est un discours faux qui nuit à autrui »). 

Car le mensonge nuit toujours à autrui : même s'il ne nuit pas à un autre homme, il nuit à l'humanité en général et rend vaine la source du droit. » (D’un prétendu droit de mentir par humanité). Il faut pour Kant toujours dire la vérité sinon toute relation intersubjective est soumise au discrédit, à la méfiance, et s’écroule donc d’elle-même.

D. La réponse de Constant : non, il ne faut pas forcément dire la vérité, il y a un droit de mentir …

Constant, contre Kant, dans Des réactions politiques, refuse de prendre le devoir de vérité au sens strict pour trois raisons :

  • Si le devoir de vérité était pris au sens strict comme devoir absolu et inconditionné ne souffrant aucune exception, il rendrait toute société humaine impossible. Il y a des cas où le devoir commande de mentir, par humanité, par politesse, pour sauver une vie, pour éviter un plus grand mal.
  • Un devoir n’existe que là où existe un droit réciproque. Où il n’y a pas droit à la vérité, il n’y a pas non plus devoir de vérité.
  • Je ne dois la vérité qu’à celui qui la mérite, qui en est digne, qui me respecte et ne me nuit pas. À celui qui contrarie mon bonheur, je peux – voire dois – refuser la vérité. Pour Constant, dire la vérité n’est pour moi un devoir qu’envers celui qui a droit, selon moi, à la vérité, c’est-à-dire celui qui ne s’oppose pas à mon bien. Tous n’ont donc pas également droit au vrai. Seuls certains en sont dignes. Constant arrache le devoir de véracité à l’universalité rigoureuse que Kant lui attribue. Il veut une morale souple, adaptable aux divers cas. Face à l’implacable nécessité de l’impératif catégorique moral kantien, il réclame une morale malléable et casuistique. Par exemple, l’hôte doit-il mentir à l’assassin venu tuer son ami afin de sauver la vie de ce dernier ? Ce cas invite, au nom du bon sens, à sacrifier le devoir de véracité et à renoncer à toute prétention à des principes supposés valoir toujours et partout. Constant oppose ainsi au rigorisme kantien l’impossibilité d’ériger la prohibition du mensonge en principe absolu, sous peine d’armer le bras de l’assassin.

Ainsi Constant écrit-il que « nous en avons la preuve dans les conséquences directes qu'à tirées de ce dernier principe un philosophe Allemand qui va jusqu'à prétendre qu'envers des assassins qui vous demanderaient si votre ami qu'ils poursuivent n'est pas réfugié dans votre maison, le mensonge serait un crime [...] Dire la vérité est un devoir. Qu'est-ce qu'un devoir ? L'idée de devoir est inséparable de celle de droits : un devoir est ce qui, dans un être, correspond aux droits d'un autre. Là où il n'y a pas de droit, il n'y a pas de devoirs. Dire la vérité n'est donc un devoir qu'envers ceux qui ont droit à la vérité. Or nul homme n'a droit à la vérité qui nuit à autrui. »

Ainsi selon Constant, le principe moral que dire la vérité est un devoir, s’il était pris de manière absolue et isolée, rendrait toute société impossible.

E. Théorie contre pratique

 Parce que le devoir de vérité n’est jamais seul et parce qu’il entre parfois en conflit avec un devoir d’humanité par exemple, il semble bien y avoir des exceptions (pratiques) au devoir (théorique) de toujours dire la vérité.

 Il peut arriver ainsi que le médecin (un malade peut être tenu en ignorance d’un diagnostic grave dans son intérêt), ou l’État (secret d’État) ou même chacun d’entre nous soit amené à mentir pour de bonnes raisons. 

Dans certaines circonstances particulières, dire la vérité serait tellement brutal que cela risquerait de retourner le manichéisme et de faire plus de mal que de bien.

Conclusion

Finalement, il y a deux types de vérité, mais qui sont indissociablement liées. La vérité, c’est d’abord une affaire épistémologique, l’adéquation d’un jugement à la réalité. Cette vérité-ci a des ambitions universelles, que vaudrait-elle, si nul ne s’accordait sur elle ? 

Néanmoins, la vérité, certes théorique, a une immense valeur pratique, elle est avant tout le socle communicatif qui permet la vie ensemble. La question morale l’emporte alors : “doit-on toujours dire la vérité ?”, en théorie oui car c’est mal de mentir, en pratique, distorsion là encore : certains devoirs, comme celui de l’humanité, sont supérieurs au devoir de vérité.

LE PETIT + DANS TA COPIE

Lorsque tu dissertes sur la vérité, il faudra donc à tout prix préciser dans quel type de vérité tu te situes : les sujets sont soit à tendance épistémologique (théorique) soit à tendance morale (pratique), soit les deux. 

Mais dans les trois cas, il faudra faire usage de distinctions conceptuelles pour montrer à votre correcteur que vous avez bien compris dans toute sa densité cette notion de vérité.

POUR ALLER PLUS LOIN …

Cherche des exemples précis et personnels de différents types de vérité (un axiome mathématique, une vérité religieuse, un mensonge d’État, une vérité historique, etc.) afin d’étayer ta copie de cas concrets !

Fin de l'extrait

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emiliabnl
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8/20

trop peu de contenu, une majorité de définition, mais pas de réflexion

par - le 18/04/2016

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