Le désir - Philosophie - Terminale ES

Le désir - Philosophie - Terminale ES

Retrouve le cours de philosophie sur le désir sur digiSchool et télécharge-le en PDF pour y accéder n'importe où !

Dans ce cours, on dressera les contours d'une question tout à fait existentielle. D'abord en le départageant du strict besoin animal, ensuite en se demandant si le désir peut être maîtrisé, et s'il est bon ou mauvais. En fin, nous verrons quels sont les différents types de désir.

digiSchool t'accompagne toute l'année dans tes révisions du bac ! Retrouve le programme de Philosophie sur le chapitre du sujet en bas de la leçon ainsi que leurs quiz associés !

Le désir - Philosophie - Terminale ES

Le contenu du document

Dans ce cours sur le désir, il va s’agir de dresser les contours d’une question tout à fait existentielle. D’abord en le départageant du strict besoin animal, dont il est l’inverse absolu puisque lui est doté de conscience contrairement au besoin, mû par l’instinct. 

Ensuite, en se posant deux grandes questions : le désir, peut-on le maîtriser ? Et est-il bon ou mauvais ? Enfin, nous verrons quels sont les différents types de désir auxquels on a affaire. Le but est de voir en quoi le désir est essentiel à l’existence humaine et pourquoi il fait partie de la notion de « sujet », car il est bien le propre d’un être conscient.

PRÉREQUIS

Aucun prérequis, c’est un cours de débutant en philosophie, aucune crainte ! Il faut juste être vigilant quant aux distinctions conceptuelles employées et au vocabulaire spécifique utilisé.

OBJECTIFS

La double nature du désir, le désir comme chose mauvaise ou comme chose bonne (Platon), le désir comme élan vital (Spinoza), la maîtrise des désirs possible (le tetrapharmakon d’Épicure) ou impossible (la psychanalyse), les différents types de désirs (les trois libidines de Pascal, le désir de reconnaissance de Hegel, l’érotisme de Bataille).

Introduction

Savoir outrepasser ce qu’en disent les sciences !

Pour les sciences, le désir est une affaire de phéromones, ces substances chimiques qui agissent comme des messagers entre individus d'une même espèce transmettant aux autres organismes des informations jouant un grand rôle dans l’attractivité ou non.

Mais la philosophie est là pour montrer que cette réponse de la science est insuffisante et réductrice, tant le désir met d’autres choses en jeu. Il n’est donc pas qu’une histoire d’atomes crochus.

Mythologie et étymologie

C’est le mythe d’Eros. Eros est fils de Poros (l’abondance) et de Pénia (la pauvreté), cela en fait un « daimon », mi-Dieu mi-homme. De nature pour une part divine et pour une part indigente, il est désir, soit conscience d’un manque, mais manque lié à la quête d’être comblé.

Du latin desiderare, de sidus, “étoile” ; mot provenant de la langue des augures. Au sens étymologique, le désir est le regret d’un astre disparu, la nostalgie d’une étoile. Cf. le désir comme dés-astre, l’absence de l’astre, dont on parle chez Nietzsche (Ainsi parlait Zarathoustra).

REPÈRE. L'étymologie du désir apporte beaucoup, ce qui n’est pas autant le cas pour les autres notions de philo. Le désir, c’est le regret d’un astre disparu (des-siderare, de sidus, “étoile”), la conscience d’un manque fondamental et sa recherche tout au long de la vie. D’où aussi le mythe d’Éros qui l’explique comme manque qui aspire à être comblé.

Ce que nous apprend la psychanalyse

Elle nous apprend, contrairement aux sciences qui se bornent à une explication biologique, et qui donc confond désir et instinct animal, que le désir aussi affaire psychique. 

Lacan explique ainsi que le désir provient d’une image idéale de l’autre que nous aurions construite avec le temps, durant notre enfance via des modèles issus de nos parents.

Donc, déjà le désir apparaît plus complexe qu’il en avait l’air. Impossible à contraindre dans une explication biologique, il mêle le corps et l’esprit, les hormones et le psychisme.

Le désir n’est pas le besoin, de l’animalité à l’humanité

Parce que le désir n’est pas que corps, chair, mais a trait au spirituel, au psychisme, il est l’équivalent humain du besoin animal. Toutefois, leurs différences sont de taille :

  • le désir n’est pas l’instinct : je désire X, je ne lui saute pas sauvagement dessus (sauf si je suis psychopathe) ;
  • le désir n’est pas le besoin : tout humain a des besoins sexuels, mais le désir va au-delà, il n’est pas désir d’un corps, mais d’une personne tout entière ;
  • le désir est ainsi souvent jeu de courtoisie, de séduction, il peut devenir un véritable art, art dans lequel parfois toute notre rationalité peut être mise en jeu (tandis que chez les animaux il s’agit bien plutôt de montrer charnellement les choses, cf. le cri des chattes se pâmant de désir pour signifier qu’elles sont prêtes, cf. la parade du paon qui ne s’achèvera pas avant le coït, etc.).

Contrairement au besoin, le désir est insatiable

 À l’image de la célèbre citation de Lévinas, « le désir ne s’assouvit qu’en créant de nouvelles faims », le désir, précisément parce qu’il n’est pas besoin, ne peut jamais s’assouvir. 

Il est insatiable et l’accomplissement d’un désir en auto-génère quasi automatiquement un autre. Le désir, insatiable, infini, à la quête de quelque chose qui ne peut se trouver, comme l’étoile disparue de l’étymologie.

I. LE DÉSIR, C’EST BIEN OU C’EST MAL ?

A. Platon, du désir comme mal au désir duplice

1. Le désir comme mal

Platon fait d’abord du désir quelque chose de vil, de « terreux » (Phédon), il dit d’ailleurs que la philosophie c’est apprendre à mourir, soit mourir au corps et à ses désirs pour ne plus qu’aimer la vérité et sa quête. 

Dans la réincarnation des âmes après la mort, mythe final du Phédon, Platon soutiendra que selon notre rapport au corps durant notre vie notre âme se réincarnera en animal plus ou moins pur, ou en homme si elle a été sage… Le christianisme prendra chez ce Platon-là ses lettres de noblesse pour faire dire à un saint Paul, par exemple, « Vivez selon la chair et vous mourrez, vivez selon l’esprit et vous vivrez », ou encore à un saint Augustin que « nous sommes nés entre la fiente et l’urine ».

Aspect plus que péjoratif du désir, donc. Dans le Gorgias, cette thématique du désir vil et sale est développée via le mythe du tonneau des Danaïdes, mythe expliquant à quel point nous en sommes les esclaves : le désir est comme un tonneau percé, si on l’assouvit, il en demande encore plus, il doit être sans arrêt rempli (le tonneau) ou satisfait (le désir).

2. Le désir duplice

Des fois, Platon se fait moins manichéen et allie désir physique et désir de vérité (notamment dans le Banquet). Dans le monologue que Socrate relate comme étant celui d’une femme illustre, Diotime, le désir n’est plus si négatif que cela et ce pour la raison qui suit : il ne s’agit plus d’un désir strictement charnel, mais il se fait tremplin vers d'autres désirs plus élevés (c’est ainsi qu’il faut comprendre la célèbre phrase « La contemplation des beaux corps élève l’esprit »). 

Platon explique par-là que le désir charnel n'est qu'un tremplin vers le désir de la beauté pure qui est celle de la science et des vérités, ceci en passant par tout un tas d'intermédiaires.

REPÈRE. Le désir comme chose malsaine à combattre est une idée qui provient de Platon et de son héritière la chrétienté. Suspendue à l’idée que seul l’esprit fait l’homme, tout ce qui est corps en nous est à combattre, dont le désir, auquel il faut faire sourde oreille.

B. Spinoza, le désir comme élan vital

1. Le conatus

Contrairement à Platon, qui on l’a vu, fait d’abord du désir quelque chose de négatif quant à notre essence, Spinoza affirme quant à lui dans l’Ethique que le désir est le propre de l’homme. 

Ce désir, il l’appelle conatus, et cela équivaut à une puissance d’exister, un mouvement pour persévérer dans l’être, pour exister encore et toujours plus : « Le désir est l'essence même de l’homme, c’est-à-dire l’effort par lequel l’homme s'efforce de persévérer dans son être ».

2. La distinction désirs actifs / désirs passifs

Si le désir est persévérance dans l’existence, comment peut-il y avoir de mauvais désirs ? Le problème pour Spinoza est de comprendre pourquoi, plutôt que d’affirmer l’existence sur le mode de la « joie », soit de l’affirmation et de l’augmentation de la puissance d’agir, le désir puisse l’exprimer sous la forme de la « tristesse », soit de la négation et de la diminution de la puissance d’exister. 

Pour rendre ceci compréhensible, Spinoza en vient à distinguer le désir actif et le désir passif. Je suis passif lorsque mon affirmation ne procède pas de la nécessité de ma nature mais de la nécessité d’une nature extérieure à moi et qui agit sur moi. Je suis donc enclin, sous l’effet de cette passion, à me projeter vers des fins ou des objets qui peuvent m’attrister au lieu de me réjouir. Le désir est actif lorsqu’il exprime la nécessité de ma nature. 

Exemple : soumis à la séduction de telle personne je peux m’attacher à elle alors qu’elle me rend profondément triste. Le drame dans ces cas-là c’est que j’imagine que certaines choses sont bonnes pour moi alors qu’elles sont mauvaises. Je n’ai pas une « idée adéquate » de mon désir et je me fourvoie dans des expressions aliénées de ma puissance d’exister.

3. La solution rationnelle

La solution est de s’efforcer d’avoir une « idée adéquate » de mon propre désir, ce qui est possible grâce à la raison qui est une faculté de comprendre : « Chacun a le pouvoir de se comprendre lui-même et de comprendre ses affects d’une façon claire et distincte, sinon totalement, du moins en partie, et il a par conséquent le pouvoir de faire en sorte qu’il ait moins à les subir. » (Ethique). 

Seule une critique rationnelle de l’imagination permet donc au désir d’avoir une « idée adéquate » de lui-même d’être actif, c’est-à-dire d’accomplir la puissance d’exister sous la forme de la joie.

REPÈRE. Le désir comme élan vital est une notion phare en philosophie, qui a été abordée par Spinoza, qui a rompu des siècles d’appréhension et de pessimisme quant à cette notion. Spinoza rend le désir fondamental à nos existences, sans lui nous ne serions que des morts-vivants, avec lui nous maintenons un niveau de vitalité et de bonheur.

bd54450e-58b7-4291-b820-f32a473d3269

II. MAÎTRISER SES DÉSIRS, EST-CE POSSIBLE ?

A. La réponse d’Épicure : oui

1. Un des trois chemins vers la quête du bonheur 

Dans la Lettre à Ménécée, Épicure consacre un paragraphe, le numéro 4, aux désirs.  La maîtrise des désirs chez Épicure se trouve engagée au sein d’une réflexion sur la quête du bonheur. 

Quelles sont les conditions pour atteindre le bonheur, bien vivre, être heureux ? La réponse se trouve dans la connaissance : la condition suprême pour atteindre le bonheur est la science de la nature. De ce point de vue, seul le sage peut être heureux. Mais il existe deux autres conditions immédiates pour atteindre le bonheur :

  • l’absence de crainte, des dieux, de la mort ;
  • la discrimination des désirs.

2. En quoi consiste la discrimination des désirs ?   

Pour Épicure, le but de la vie c’est le plaisir. Le bonheur a pour signification la satisfaction non pas de tous les désirs mais de ceux dont la réalisation nous assure la plénitude du contentement.

Il suffit pour les reconnaître de vivre en accord avec la nature. Parmi les désirs, on trouve des désirs naturels et nécessaires, naturels et vains. Parmi les désirs nécessaires et naturels, il en est pour le bonheur, pour le bien-être et pour la vie elle-même. Parmi les désirs vains, on distingue les désirs vides et les désirs sans objets. En d’autres termes, Épicure dresse là une typologie des désirs que nous allons préciser.

3. La tripartition des désirs

Il y a des désirs de trois sortes :

  • les désirs naturels nécessaires, par exemple boire quand on a soif, manger quand on a faim ;
  • les désirs naturels mais non nécessaires, comme manger des mets délicieux et savoureux, ou satisfaire ce qu’Épicure appelle les « désirs du ventre » ;
  • et enfin les désirs non naturels et non nécessaires, comme désirer la fortune ou les honneurs).

Les premiers désirs sont faciles à satisfaire et procurent un plaisir parfait, parce que le plaisir est une qualité insusceptible de degré. 

Les deuxièmes sont plaisants à satisfaire mais peuvent générer des habitudes qui nous font dépendre des caprices du hasard : celui qui s’accoutume au luxe risque de souffrir, si les circonstances le privent de sa fortune. 

Les derniers désirs enfin sont illimités : celui qui veut la richesse n’en aura jamais assez et connaîtra une insatisfaction perpétuelle.

Qui recherche le plaisir véritable devra donc s’en tenir à la seule satisfaction des désirs naturels et nécessaires : il connaîtra alors un bonheur réel et durable.

B. La réponse de la psychanalyse : non

1. Pourquoi un non ?   

Parce que pour Freud (l’inventeur de la psychanalyse) et ses héritiers, en notre inconscient, la partie cachée et enfouie de notre cerveau, se trouveraient tous nos désirs enfouis. 

Enfouis parce que non adaptables à la société, non conciliables avec certaines de nos valeurs, non justifiables collectivement. Souvent ces désirs deviennent des fantasmes lorsqu'ils s'avèrent connus par l'imagination. 

Mais souvent on ne les connaît même pas, mais ils expliquent bien de nos actions qu'on ne peut s'expliquer rationnellement, comme le montrent notamment l'existence des lapsus, des actes manqués, des attraits irrésistibles vers certaines personnes ou œuvres d'art, des rêves si singuliers. 

Le désir pour Freud est le moteur caché de toutes nos actions et il est ce qui fonde notre être au monde sur une grande part de mystère (seule une analyse nous permettant alors de nous comprendre plus ou moins).

Mais alors pour la psychanalyse, maîtriser nos désirs serait de l’ordre de l’impossible.

2.   Lacan et notre désir archétypal

Le choix de l’objet du désir s’inspirerait de certaines images dont les prototypes remontent à la première enfance et qui sont dûs à des modèles parentaux ainsi qu’à la constitution inconsciente d’un moi idéal. « On aime l’autre à cause des perfections auxquelles on a aspiré pour le moi propre et qu’on voudrait maintenant se procurer par ce détour pour satisfaire son narcissisme. 

Ce en quoi un objet devient désirable, c’est-à-dire ce en quoi il se confond avec cette image que nous portons en nous, diversement, et plus ou moins constituée, archétypale, d’un moi idéal » (Lacan). Rien que par cela déjà peut se comprendre cet étrange sentiment de familiarité qui peut être éprouvé dans la rencontre d’un autre, l’instant d’avant inconnu, jamais vu, et pourtant d’emblée en quelque sorte, “reconnu”. 

Cet investissement par la libido, qui est selon Lacan marque de façon manifeste le caractère fondamentalement narcissique du phénomène de l’énamoration, soit de cette rencontre d’image dans une fascination du désir dont relève, dans son acmé, sa pointe extrême, ce que l’on appelle communément un “coup de foudre”. « Ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre ce qui est fait pour vous donner l’image de votre désir » (Lacan). 

Cette rencontre instaure alors une réciprocité totale entre le sujet et l’image fondamentale de son désir, et dans ce fonctionnement en miroir de l’amour, se provoque alors une conflagration. 

Dans la brusque rencontre de « ce quelque chose qui est la visée du désir », de ce point unique qui accentue un objet entre tous, fulgure le coup de foudre, comble de la passion, de la fascination du désir. Mais comme il s’agit de phénomènes et d’archétypes inconscients, il n’y a pas possibilité de contrôler cette pulsion, ce désir.

d1e42b8c-c9b6-4f2c-9d47-a8d746f54e5f

III. LE DÉSIR, MAIS QUEL DÉSIR ?

A. Les trois libidines de Pascal

Il y a trois désirs chez Pascal, ce que montre le fragment 458 des Pensées : « Tout ce qui est au monde est concupiscence de la chair ou des yeux ou de la vie. Libido sentiendi, libido sciendi, libido dominandi ».

Mais à quoi correspondent ces trois libidines ?

  • La libido sentiendi. Recherche de la satisfaction des désirs suscités par le corps. On pense de suite au plaisir charnel mais si l’on opère un rapprochement avec les péchés capitaux, on pourrait y inclure la paresse ou encore la gourmandise.
  • La libido dominandi. L’orgueil qui nous enjoint de nous dominer nous-mêmes mais aussi les autres. Ce désir va donc éloigner l’homme de la connaissance de lui-même et va entretenir son désir de supériorité, qu’elle soit sociale ou intellectuelle.
  • La libido sciendi. Littéralement, le désir de savoir. Il est donc à l’origine du péché originel puisque c’est l’envie de connaissance qui a poussé Adam et Ève à croquer la pomme.

B. Le désir de reconnaissance de Hegel

1. Le désir comme “désir du désir”

Hegel explique que l'on ne peut pas désirer des choses mais des personnes parce qu'il pense qu'au travers du désir nous ne désirons pas autre chose que le désir de l'autre. 

Le désir est alors désir de reconnaissance : lorsque l'autre me désire, je me sens reconnu(e), j'accède à un niveau de conscience supérieure. Le désir est donc désir d'être reconnu par un autre. Le désir est désir du désir, désir de reconnaissance.

2. La dialectique du maître et de l’esclave

Deux personnes s’affrontent dans une lutte de pur prestige. Chacun cherche la reconnaissance, c’est-à-dire veut que l’autre s’incline devant lui, admette sa valeur, renonce à la contester. 

Le combattant qui a été jusqu’au bout de son désir, sans faiblir devant la peur de la mort, devient le « maître » de celui qui n’a pas su faire la même preuve de sa liberté. 

Mais du coup, le maître est doublement lié à son esclave, par le désir de se faire durablement reconnaître comme libre, et par la nécessité d’interposer, entre lui et le monde, son serviteur dont le travail lui assure les moyens de se maintenir au-dessus des contingences de la vie.

REPÈRE. Le désir comme désir de reconnaissance a été théorisé par Hegel. Selon lui, impossible d’être soi sans être reconnu par un autre. Tout au long de notre vie, à tous les âges, nous cherchons cette reconnaissance par l’autre, parfois même jusque dans le duel (dialectique du maître et de l’esclave) où l’on défie l’autre jusqu’à la mort pour avoir encore et encore une once de reconnaissance.

C. L’érotisme de Bataille

1. L’érotisme comme départage de l’humanité et de l’animalité  

Les hommes se différencient des animaux par le travail, mais aussi parce qu’ils s’imposent des restrictions, des interdits. C’est-à-dire que l’homme sortit de l’animalité en travaillant, en comprenant qu’il mourait et en glissant de la sexualité sans honte à la sexualité honteuse, dont l’érotisme découla. 

La transgression diffère du retour à la nature : elle lève l’interdit sans le supprimer. L’expérience érotique mène à la transgression achevée, réussie, qui, maintenant l’interdit, le maintient pour en jouir. « La nature exige que les animaux cèdent, qu’ils se ruent : la possibilité humaine dépend du moment où, se prenant d’un vertige insurmontable, un être s’efforce de répondre “non” ».

2. La transgression des interdits

 Pour Bataille, le désir se définit comme la transgression même des interdits. Dans son livre L'Érotisme, il explique en effet le jeu pervers inhérent au désir : s'il y a un interdit, je désire, du coup l'érotisme ne se mettra en œuvre que sur des jeux d'obstacles, etc. Pourquoi ? C’est très simple : on ne désire pas la facilité, mais ce qui nous semble interdit donc impossible et inaccessible. On en revient toujours à notre définition première du désir comme quête d'une étoile disparue, donc impossible, donc interdite...

f8b8f5b2-3988-4361-83c4-d86281ac3a53

Conclusion

La notion de désir est complexe et révèle des problématiques assez diverses, dont les trois grands moments de ce cours tentent de mettre en évidence. À retenir que le désir est le propre de l’homme, qu’il se traduit par l’équation besoin + conscience, que donc il se distingue du besoin animal qui n’est ni volontaire ni conscient, mais instinctif.

LE PETIT + DANS TA COPIE

Lorsque vous dissertez sur le désir, vous devez absolument reprendre cette idée qu’il est le propre de l’homme. À cet égard, ce n’est pas un hasard s’il se trouve dans la partie « SUJET » du programme de philosophie, le sujet étant un être conscient... L’avantage d’un tel thème c’est qu’il est concret, existentiel et parle à tous. 

Mais attention à ne pas pour autant tomber dans des exemples personnels triviaux. Les références sont importantes et dans ce cours vous en trouvez une petite dizaine à investir.

POUR ALLER PLUS LOIN …

  • Lire absolument le dialogue du Banquet où Platon et ses pairs donnent chacun une définition particulière du désir, dont celle de Diotime, mythologique, donnant la dualité de ce concept (pauvreté et abondance).
  • Ne pas hésiter à voir tous les sujets tombés au bac dans les corrigés de digiSchool, cette notion étant classique, elle tombe fréquemment.
Fin de l'extrait

Vous devez être connecté pour pouvoir lire la suite

Télécharger ce document gratuitement

Donne ton avis !

Rédige ton avis

Votre commentaire est en attente de validation. Il s'affichera dès qu'un membre de Bac ES le validera.
Attention, les commentaires doivent avoir un minimum de 50 caractères !
Vous devez donner une note pour valider votre avis.

Nos infos récentes du Bac ES

Communauté au top !

Vous devez être membre de digiSchool bac ES

Pas encore inscrit ?

Ou identifiez-vous :

Mot de passe oublié ?