Correction SES - Bac ES 2017

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Vous trouverez ici toutes les réponses aux questions qui vous ont été posées, de manière rédigée : la dissertation "Les instances d’intégration sont-elles toujours source de cohésion sociale ?", les questions de la mobilisation des connaissances, l'étude documentaire où vous deviez présenter le document proposé et caractériser les inégalités de salaire qu'il met en évidence, ainsi que la partie raisonnement qui vous demandait de montrer que les choix de localisation de firmes multinationales répondent à différentes logiques.

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Correction SES - Bac ES 2017

Le contenu du document

 

DISSERTATION 

Les instances d’intégration sont-elles toujours source de cohésion sociale ?

Alors que la loi Taubira autorisant le Mariage homosexuel a été adoptée en 2013 dès le début du quinquennat de François Hollande, la loi sur l’adoption d’un enfant par un couple homosexuel se confronte à de fortes réticences. Les plus réfractaires à l’homoparentalité appuient leur raisonnement sur un argument principal : la prise en compte de l'intérêt de l'enfant. Bien qu’elles soient difficilement comptabilisables, le nombre de familles homoparentales a fortement augmenté au cours du XXIe siècle. 

La famille constitue une des instances d’intégration principales pour l’individu. Une instance d’intégration est un groupe social permettant à l’individu de partager des normes et des valeurs communes avec l’ensemble des individus, lui permettant ainsi de s’intégrer et de générer de la cohésion sociale au sein de la société. La cohésion sociale décrit une société où les liens sociaux existants entre les individus permettent à cette dernière d’être homogène et de former un ensemble cohérent et dans une certaine mesure, sans conflit. La famille n’est toutefois pas la seule à générer une certaine cohésion sociale, l’école et le travail sont également facteur de liens sociaux. Cependant, toutes les instances d’intégration ont connu récemment des évolutions.

Il s’agira alors de s’interroger sur la capacité des groupes sociaux à transmettre à l’individu des normes et des valeurs communes à l’ensemble de la société malgré leurs dernières évolutions. La famille, l’école et le travail sont-ils toujours à même de créer des liens sociaux entre les individus et d’engendrer une société homogène ?

Nous verrons, dans une première partie, que les instances d’intégration jouent effectivement leur rôle intégrateur auprès de l’individu. Puis, nous constaterons dans une seconde partie, que les récentes évolutions de ces instances de socialisation mettent à mal la cohésion sociale.

 

I. Les instances d’intégration permettent aux individus de tisser des liens et sont à l’origine d’une certaine cohésion sociale

A. La famille est la principale instance de la socialisation primaire

Document 3

→ Transmission de normes et de valeurs pendant l’enfance et l’adolescence

→ Soutien affectif et matériel

 

B. L’Ecole véhicule un socle de valeurs citoyennes et de connaissances éducatives favorables à la cohésion sociale

Document 4

→ Transmission de normes citoyennes pour former une Nation unie

→ Obtention de connaissances et de diplômes utiles à l’obtention d’un travail

 

C. Le travail est la principale instance de la socialisation secondaire

Document 2

→ Transmission de normes et de valeurs pendant l’âge adulte

→ Source de sociabilité et d’un réseau social

 

II. Toutefois, les récentes évolutions des instances de socialisation engendrent des difficultés pour l’intégration des individus, menaçant la cohésion sociale

A. Les nouveaux modèles familiaux déstabilisent l’individu

Document 2

→ Mutations de la famille : augmentation des divorces, des naissances hors mariage, baisse du nombre de mariages, hausse des familles recomposées, monoparentales et homoparentales

→ Accroissement du risque de précarité et de pauvreté

 

B. Les modifications à l’Ecole la rendent moins efficace à l’intégration

→ Elitisme de l’école : favorable principalement aux classes supérieures (Bourdieu)

→ Diplômes moins rentables : paradoxe d’Anderson et augmentation chômage

 

C. Les évolutions du marché du travail mettent à mal le rôle intégrateur de l’emploi

Documents 1 et 2

→ Progression des emplois atypiques : processus de disqualification sociale (Paugam) et de désaffiliation (Castel) de l’individu

→ Emplois instables : revenus irréguliers, droits à la protection sociale remis en question

 

Finalement, la famille, l’école et le travail sont des instances de socialisation qui jouent un rôle primordial dans l’intégration des individus et dans la formation d’une société homogène et cohérente, générant ainsi de la cohésion sociale. La famille transmet des valeurs et des normes qui seront le socle de base pour l’enfant. Elle est également le premier soutien affectif et matériel, via les aides intergénérationnelles. L’école a pris en charge la transmission de valeurs citoyennes afin d’assurer une certaine unité et de former une Nation. Enfin, le travail reste l’instance de socialisation principale pendant la socialisation secondaire. Il est également le moyen pour l’individu de créer un réseau social et une sociabilité notable. Toutefois, toutes ces instances d’intégration ont été confrontées à des profondes mutations, qui mettent dans une certaine mesure en péril leur rôle intégrateur. Les nouvelles formes de structure familiales peuvent engendrer une exposition beaucoup plus conséquente à la précarité et à la pauvreté. La massification et la démocratisation à l’école n’ont pas non plus réussi à intégrer tous les individus de la même manière. Les diplômes ne protègent plus aussi bien du chômage et génère la peur du déclassement. Enfin, les évolutions au travail, notamment la hausse des emplois précaires, ont généré une plus grande vulnérabilité des actifs. Ces derniers sont alors confrontés à des revenus beaucoup plus irréguliers et le travail n’assure plus autant leur sécurité financière, remettant également en cause leur bonne intégration et la cohésion sociale.

On pourrait alors s’interroger sur les moyens mis en place par l’Etat pour permettre aux individus de faire face à ces mutations et assurer leurs besoins primaires ?

 

COMMENTAIRE COMPOSE

PREMIERE PARTIE 

1. En quoi l’analyse des classes sociales de Max Weber se distingue-t-elle de celle de Karl Marx ? (3 points)

L’analyse en termes de classes est une thématique récurrente de l’analyse fournie par les sociologues afin d’expliquer la composition de l’espace social. Dès le XIXème siècle, Karl Marx propose une analyse basée sur la lutte des classes. 

En effet, selon le sociologue allemand, la société se compose de deux classes. L’une, la classe capitaliste, celle qui détient les moyens de production, exploite la classe laborieuse (le prolétariat). Cette classe dominée est celle qui accepte de vendre sa force de travail en échange d’une rémunération. Dans le prolongement de son analyse, Marx considère que les membres d’une classe développent une conscience de classe. Cette dernière apparaît lorsqu'il y a l’apparition de la classe en soi et de la classe pour soi. Ceci signifie qu’un individu qui revendiquera des actions pour défendre les intérêts de sa classe tout en ayant le sentiment d’appartenir à ce groupe spécifique pourra alors faire l’exercice de la conscience de classe.

Au début du XXème siècle, Max Weber, dépassera cette analyse quelque peu déterministe et proposera une vision plus individualiste. En effet, l’individu n’appartient plus nécessairement à une seule classe. La théorie wébérienne repose avant sur la volonté pour l’individu de rechercher du prestige social. Weber distingue trois ordres dans la société qui encadrent les individus. Nous pouvons signaler la présence d’un ordre économique, la fonction productive, d’un ordre social, le lieu de résidence par exemple (The Street) ainsi qu’un ordre politique, le vote pour un parti. Ces trois ordres peuvent différer les uns des autres en fonction des groupes de statut auxquels peuvent se référer les individus. 

 

2. Présentez deux limites écologiques auxquelles se heurte la croissance économique. (3 points)

La croissance économique, phénomène de production de type capitaliste, engendre de forts impacts sur l’environnement. La volonté de production de richesses va nécessairement de pair avec la destruction d’une partie du capital naturel disponible. C’est dans cette perspective, que certains théoriciens ont proposé une analyse portant sur la notion de soutenabilité forte. Le capital technologique, l’ensemble des connaissances humaines, ne peuvent remplacer certains biens détruits. En effet, il paraît d’imaginer pouvoir substituer l’oxygène ou l’eau par l’apparition d’une innovation. 

De plus, la croissance a aussi un impact sur le quotidien des agents économiques. En effet, parmi les externalités négatives, nous pouvons signaler la pollution qui touchent la plupart des pays industrialisés. Les conséquences de cette pollution peuvent parfois être dramatique au niveau de la santé des habitants de certaines villes. Elle a aussi un impact économique étant donné le fait que bon nombre de nations ont adopté un système d’Etat Providence. Ceci signifie qu’il va y avoir une augmentation du niveau des dépenses publiques afin de traiter les maladies liées à l’impact de la croissance sur l’environnement.

 

DEUXIEME PARTIE : ETUDE D’UN DOCUMENT 

Vous présenterez ce document puis vous caractériserez les inégalités de salaire qu’il met en évidence.

Ce document est un tableau statistique qui s’intéresse à la distribution du revenu salarial annuel par sexe ou catégorie socioprofessionnelle sur l’ensemble des salariés en 2011. Le revenu est exprimé en euro courant. Ceci signifie qu’il y a une prise en compte de la variation de l’euro par rapport au niveau de change international. Les données présentes dans le tableau ont été fourni par l’INSEE en 2016. 

L’esprit général du texte cherche à démontrer les inégalités de salaires qui peut exister en France. 

Au niveau du sexe, les femmes sont moins rémunérées que les hommes. Cette constatation est valable autant pour les 10% de la population ayant le niveau de rémunération le plus élevé et les 10% le moins élevé (cf. utilisation du terme décile). Il y a en moyenne un écart de revenu de 1000 euros annuels pour les revenus les plus faibles et de 10000 euros pour les 10% les plus élevés. 

Nous pouvons désormais constater l’écart existant à l’intérieur des catégories socio professionnelles. En effet, nous pourrions signaler les écarts pouvant exister entre le D1 des ouvriers et le D9 toutefois, il semble plus pertinent de s’intéresser à l’écart entre le D1 ouvrier et le D9 cadres. D1 ouvrier : 1910 euros D9 cadres : 66230. Comme nous sommes sur la variable des revenus annuels, nous pouvons voir qu’il y a un écart de 64320 euros à l’année. Si nous multiplions ce chiffre par 42 ans (quota de travail avant d’atteindre la retraite), le résultat équivaut à 2 701 440 euros. Au cours de son existence, un cadre du D9 aura gagné 2 701 440 euros de plus qu’un ouvrier du D1. En d’autres termes, pour une vie de travail du cadre, l’ouvrier du D9 aurait dû travailler plus de 2 millions d’années… 

 

TROISIEME PARTIE

À l’aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que les choix de localisation des firmes multinationales répondent à différentes logiques.

Si le fondement du commerce international repose avant tout sur un échange de biens et services entre les nations, on peut observer une évolution dans la répartition des échanges internationaux. En effet, depuis les années 70 et l’achèvement du processus de colonisation, les échanges sont désormais dominés par les firmes multinationales. Une firme multinationale peut être définie de la manière suivante : « entreprise qui possède des unités de production à l’étranger. Le groupe est composé d’une société mère et d’au moins une filiale située à l’étranger et détenue à au moins 50% par la société mère. » 

Durant ce raisonnement, nous verrons si la volonté d’implantation d’un centre de production à l’étranger est uniquement motivée par l’aspect financier ? Dans un premier temps, nous analyserons la logique de recherche de compétitivité prix puis celle qui anime la compétitive hors prix. 

 

I. La recherche de la compétitivité prix : La captation d’une main d’œuvre bon marché

a) L’avantage comparatif détermine la logique d’IDE

- Doc 1 : Recherche d’un marché intérieur conséquent : capter une demande globale importante. 

- L’absence de protectionnisme + pratique de dumping économique ou social pour attirer les IDE.

 

b) L’impact du théorème HOS

- La dotation factorielle et le théorème HOS permet aux FMN de pouvoir bénéficier de pays ateliers. Exemple : Chine main d’œuvre en abondance, spécialisé dans le facteur travail et la production de biens manufacturés affinée réduire les coûts de production.

- Doc 3 : une augmentation des entrées d’IDE à destination des économies en développement (2000 : 17,1% 2015 : 43,4 %)

 

II. La différenciation par la compétitivité hors-prix 

a) La recherche d’une productivité 

- Doc 2 : Dans la production automobile, la productivité des travailleurs allemands a augmenté ce qui engendre une forte compétitivité des FMN ayant des centres de production en Allemagne. 

-  La logique d’externalisation qui permet aux entreprises de faire appel à des entreprises spécialisées dans certains secteurs de services qui requiert un capital humain et technique élevé. 

 

b) Des produits à haute valeur technologique ont une production mondialisée

- L’impact de la DIPP et de la DIT : exemple de l’IPhone. On observe le besoin de capter une main d’œuvre qualifiée dans certains types de produits bien précis. Les IDE sont souvent effectués en direction des économies développées. Même si les entreprises sont en concurrence on observe l’émergence d’un commerce intra firme.

 

Conclusion

Les stratégies d’implantation des FMN rejoignent une logique similaire à celles théorisées par Smith puis Ricardo. En effet, la recherche d’avantages comparatifs explique en partie la volonté d’IDE. Deux logiques s’affrontent et expliquent la répartition mondiale de la production. La compétitivité prix est principalement effectuée dans les économies en développement pratiquant du dumping ou bénéficiant d’une main d’œuvre en abondance et bon marché. Lorsqu’un FMN souhaite développer un produit nécessitant un niveau de qualification élevé ou une productivité importante, les IDE sont en direction des économies industrialisées. Cette nouvelle redéfinition du commerce international, dominée par des entreprises, permet-elle à toutes les nations de pouvoir augmenter leur niveau de richesses ?

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