La conflictualité sociale : pathologie, facteur de cohésion ou moteur du changement social ? - SES - Terminale ES

La conflictualité sociale : pathologie, facteur de cohésion ou moteur du changement social ? - SES - Terminale ES

Nous mettons à votre disposition ce cours de SES de Terminale SES rédigé par notre professeur. Ce chapitre fait partie du thème "Intégration, conflit, changement social" et concerne la conflictualité sociale. Une fois que tu as bien lu et compris le cours on t'invite à tester tes connaissances sur le quiz associé.

Vous vous intéresserez tout d'abord aux conflits, mouvements sociaux et aux actions collectives, puis notre professeur vous explique que la lutte des classes est un conflit permanent qui a marqué l'Histoire. Vous verrez également les liens entre conflits, solidarité et intégration sociale. Enfin, vous aborderez les nouveaux mouvement sociaux qui ont fait leur apparition.

Téléchargez gratuitement ci-dessous ce cours de SES pour le Bac ES intitulé "La conflictualité sociale : pathologie, facteur de cohésion ou moteur du changement social ?".Consultez le cours de SES suivant : Comment les pouvoirs publics peuvent-ils contribuer à la justice sociale ?

Document rédigé par un prof La conflictualité sociale : pathologie, facteur de cohésion ou moteur du changement social ? - SES - Terminale ES
Télécharger gratuitement

18.00/20

4.5000 5 0

2 Avis > Donne ton avis

10126 téléchargements

Le contenu du document

Le cinquième thème en SES est un thème sociologique. Il s’intéresse aux conflits au sein d’une société. L’enjeu est de comprendre si le conflit est « normal » entre les individus ou s’il est le signe d’une société « malade ». 

De plus, le conflit peut parfois être à l’origine des changements profonds et durables, mais il est également la démonstration d’une résistance aux changements.

PRÉREQUIS

Aucun prérequis n’est nécessaire.

OBJECTIFS

On montrera que les conflits peuvent être appréhendés à partir de grilles de lecture contrastées : comme pathologie de l'intégration ou comme facteur de cohésion ; comme moteur du changement social ou comme résistance au changement. 

On s'intéressera plus particulièrement aux mutations des conflits du travail et des conflits sociétaux en mettant en évidence la diversité des acteurs, des enjeux, des formes et des finalités de l'action collective.

Notions à maîtriser : Conflits sociaux, mouvements sociaux, régulation des conflits, syndicat.

I. LE RÔLE DES CONFLITS SOCIAUX AU SEIN DE LA SOCIÉTÉ

A. Conflits et mouvement sociaux, action collective

DÉFINITION : Conflit social. Affrontement entre des individus ou des groupes dont les intérêts ou les idées divergent.

Les conflits sociaux s'expriment notamment lors de mouvements sociaux.

DÉFINITION : Mouvement social. Type particulier d'action collective qui s’inscrit dans la durée et cherche à imposer des changements dans la société. Le mouvement social suppose l’identification d’un adversaire et comporte une dimension protestataire. Exemples : mouvement ouvrier, féministe, écologiste...

DÉFINITION : Action collective. Ensemble d’acteurs sociaux se rassemblant afin d’atteindre un objectif commun. L’action collective ne suppose pas systématiquement l’identification d’un adversaire. Ainsi, le mouvement social est une forme spécifique de l’action collective, mais il n’est pas la seule forme.

B. Les conflits sociaux : facteur de cohésion ou signe d’une pathologie ?

1. Le conflit, signe de pathologie

Émile Durkheim voit le conflit comme le signe d’un dysfonctionnement de la société. En effet, lors du passage de la solidarité mécanique à la solidarité organique, les individus souffrent d’un affaiblissement transitoire des règles à suivre au sein de la société. 

Pendant cette période appelée « anomie » par Durkheim, les conflits sont nombreux et violents, ce qui nuit à la cohésion sociale et à l’intégration des individus. Dans ce contexte, le conflit est donc perçu comme une pathologie, le signe d’une société malade. Exemple : grève des ouvriers en 1936, émeutes de 2005…

2. Le conflit, facteur de cohésion et d’intégration sociale

D’autres sociologues, à l’instar de Georg Simmel et Lewis Coser, sont d’avis que les conflits sont au contraire facteur de cohésion et d’intégration entre les individus.

Tout d’abord, les conflits sont « normaux » dans une société dans la mesure où tous les individus n’ont pas les mêmes intérêts, les mêmes idéaux et les mêmes valeurs. Il existe donc des dissonances entre eux sans que cela remette en cause leur bonne intégration.

De plus, le conflit permet de générer des nouvelles relations sociales. D’une, avec les individus partageant les mêmes convictions ; mais également avec l’adversaire rencontré lors des mouvements sociaux. Participer à des conflits sociaux est un facteur d’intégration sociale, dans la mesure où cela renforce le sentiment d’appartenance à un groupe.

Les conflits peuvent également être à l'origine de changements sociaux, qui contribuent à une plus grande cohésion sociale. En effet, l'évolution des normes et des valeurs permet d'éliminer des sources de mécontentement, de tensions, ce qui est source de stabilité. Le conflit social joue donc un rôle de « soupape de sécurité » en permettant aux groupes insatisfaits de faire entendre leurs revendications.

C. Les conflits sociaux : facteur de changement social ou frein aux changements ?

1. Le conflit, facteur de changement social

Selon Karl Marx, la lutte des classes est l’histoire de toute société. C’est grâce à cette lutte entre bourgeoisie et prolétariat, que les principaux changements sociaux devraient voir le jour et notamment l’abolition du système capitaliste.

De manière générale, le conflit peut être perçu comme un moyen de générer des changements profonds et durables au sein de la société. C’est le moyen par lequel les individus et les groupes sociaux expriment leurs revendications, font part de leur mécontentement et aspirent à de nouvelles règles plus en adéquation avec leurs idéaux et leurs valeurs.

Les grandes luttes sociales qui ont marqué le XXe siècle (1936 et mai 1968) ont apporté beaucoup de protections au statut de salarié (congés payés, repos hebdomadaire, protection maladie). 

Des droits importants ont été conférés aux salariés, comme les congés payés, le repos hebdomadaire, la protection maladie... Mais c’est également vrai pour dans la sphère personnelle, avec l’acquisition de droits comme le droit de vote, à l’avortement ... Au XXIe siècle, droit au mariage pour les homosexuels.

2. Le conflit, résistance aux changements

Les luttes collectives peuvent également être la source d’une résistance au changement social. Alors que les conflits étaient principalement offensifs, c’est-à-dire pour l’acquisition de nouveaux droits, ils deviennent de plus en plus défensifs, c’est-à-dire pour la protection de droits déjà acquis.

Désormais, les conflits marquent une résistance au changement et visent à s'opposer à des transformations sociales jugées défavorables ou peu souhaitables. Ex : contre la fermeture d'une usine, contre la réforme des retraites etc.

Certains peuvent vivre les nouvelles réformes ou propositions de loi comme une menace pour leur équilibre (personnel, financier…), une entrave à leurs valeurs. Exemple : la Manif pour tous opposé au mariage homosexuel.

II. LES MUTATIONS DES CONFLITS SOCIAUX

A. Disparition ou évolution des conflits au travail

1. Une diminution des conflits au travail ?

On observe, ces dernières années, de nombreuses évolutions dans les conflits liés au travail.

Le premier constat porte sur la baisse significative du taux de syndicalisation dans les entreprises.

DÉFINITION : Syndicats. Les syndicats sont des associations qui représentent les travailleurs et qui défendent leurs droits.

La baisse du taux de syndicalisation s’explique par la désindustrialisation de notre société. Les ouvriers sont effectivement souvent syndiqués, mais la tertiarisation de l’économie conduit la PCS « ouvriers » à décliner et engendre une baisse du taux de syndicalisation des travailleurs.

Le deuxième élément expliquant une baisse des conflits du travail est la diminution du nombre de journées chômées au travail (jours de grève). En France, ce sont les JINT (journées individuelles non travaillées), qui sont comptabilisées et qui fournissent à l’État les données officielles.

2. De nouvelles formes de conflits au travail

Ces constats n’indiquent pas pour autant que les conflits au travail ont diminué. Au début des années 2000, les conflits dans les entreprises de plus de cinquante salariés ont été plus nombreux que pendant les années 1990.

D’une part, la forme des actions collectives évolue. Les grèves de plus de deux jours baissent, mais de nouveaux modes de revendications sont nés : les pétitions, débrayages, refus d’effectuer des heures supplémentaires. La précarisation croissante du travail pousse les acteurs du travail à trouver de nouvelles méthodes pour exprimer leurs désaccords, les grèves étant coûteuses pour un salarié.

Les conflits sont également en évolution, car le contexte change. En effet, on constate une augmentation des licenciements, des menaces sur l’emploi. Les revendications sont donc fortement liées à ces évènements et portent davantage sur les salaires, la sauvegarde des emplois dans les secteurs où l’activité est en baisse.

De plus, les conflits sociaux se sont relativement pacifiés dans le temps.  Cela est principalement dû à la mise en place de procédures d’expression des désaccords entre représentants des salariés et patronat. La régulation des conflits permet l’organisation de négociations entre les différents partenaires sociaux.

DÉFINITION : Régulation des conflits. Mise en place de règles et d’institutions qui permettent aux acteurs d’exprimer leurs revendications et d’organiser les négociations entre les partenaires sociaux pour aboutir à un accord.

Ces négociations débouchent souvent sur des modifications du droit du travail et sont bien souvent arbitrés par les pouvoirs publics. Il n’est donc plus systématiquement « nécessaire » d’arriver au conflit pour trouver une solution entre les parties.

B. La diversification des conflits sociaux

1. De nouveaux acteurs

Pendant la période des Trente Glorieuses, les conflits se trouvent principalement à l’intérieur de l’entreprise, ils sont menés par les travailleurs et notamment les ouvriers, soutenus par les syndicats.

Aujourd’hui, les conflits concernent l’ensemble de la population selon l’enjeu : étudiants, femmes, écologistes, population la plus démunie.

2. De nouveaux enjeux

Pendant la période des Trente Glorieuses, les conflits portent sur l’amélioration des conditions de travail (congés payés, sécurité, salaires…). Les travailleurs défendent des valeurs dites matérialistes selon Ronald Inglehart.

Aujourd’hui, les différents acteurs portent davantage leur attention sur des valeurs post-matérialistes, c’est-à-dire sur la qualité de vie. Les conflits peuvent être engagés au nom de la défense des droits individuels, en vue d’un plus grand épanouissement personnel, de la liberté. Exemples : mariage pour tous, écologistes, féministes etc.

3. De nouvelles formes

Les conflits du travail étaient dominés par les journées de grève (comptabilisées en journées individuelles non travaillées) et pétitions. Désormais, de nouvelles formes de conflits dans l’entreprise font leur apparition : grève perlée, débrayage, grève inférieure à 1 journée…

DÉFINITION : Grève perlée. Fait de travailler en ralentissant son efficacité (travailler au ralenti). 

 

DÉFINITION : Débrayage. Arrêt de travail de courte durée.

Dans la sphère publique, les conflits sont beaucoup plus mis en scène. Les acteurs utilisent l’espace public pour interpeller l’opinion publique et les pouvoirs publics, en utilisant l’impact et l’influence des médias. Exemples : simulation d’un avortement dans une église par les Femen, parachutiste atterrissant dans une centrale nucléaire par Greenpeace etc.

LE PETIT + DANS TA COPIE

Ce chapitre se prête bien à des sujets débats (« oui, mais… ») …

  • Soit le débat peut porter sur le conflit comme signe d’une société malade.
  • Soit il peut porter sur le conflit comme moteur ou résistance au changement.
  • Soit il peut s’agir de la disparition ou de l’évolution des conflits au travail.

La dernière partie du chapitre pourrait davantage trouver sa place dans l’épreuve 3 de l’épreuve composée. Il s’agira alors de montrer les principales évolutions des conflits (acteurs, enjeux, formes).

Ce chapitre n’a de sens que si la théorie est illustrée par des exemples récents. Vous pouvez citer les mouvements écologistes (Greenpeace), les mouvements féministes (Femen), mais également depuis 2018, les Gilets Jaunes. Veillez toutefois à rester neutre et à ne pas prendre position dans votre copie.

POUR ALLER PLUS LOIN …

  • Le documentaire Démonstration illustre la grève générale en Espagne de 2012 suite à des décisions gouvernementales. 32 étudiants filment ces deux jours de grève.
  • Le documentaire H&M Histoire d’une grève s’intéresse à la grève des usines H&M en 2004.
  • Erik Neveu, Sociologie des mouvements sociaux, 2002

PROGRAMME COMPLET DE SES

Accède à toutes les fiches du programme de Sciences économiques et sociales ci-dessous. Notre professeur t'a préparé une leçon pour chacune notion du programme pour réviser ton bac de SES ! Télécharge la fiche gratuitement en créant ton compte pour réviser n'importe où.

 

  1. Quelles sont les sources de la croissance économique ?
  2. Comment expliquer l'instabilité de la croissance ?
  3. Quels sont les fondements du commerce international et de l'internationalisation de la production ?
  4. Quelle est la place de l'Union européenne dans l'économie globale ?
  5. La croissance économique est-elle compatible avec la préservation de l'environnement ?
  6. Comment analyser la structure sociale ?
  7. Comment rendre compte de la mobilité sociale ?
  8. Quels liens sociaux dans des sociétés où s'affirme le primat de l'individu ?
  9. La conflictualité sociale : pathologie, facteur de cohésion ou moteur du changement social ?
  10. Comment les pouvoirs publics peuvent-ils contribuer à la justice sociale ?
  11. Comment s'articulent marché du travail et gestion de l'emploi ?
  12. Quelles politiques pour l'emploi ?

 

Fin de l'extrait

Vous devez être connecté pour pouvoir lire la suite

Télécharger ce document gratuitement

Les avis sur ce document

Nsmjd
4 5 0
16/20

Assez bonne fiche cependant je pense qu'il manque les point de vue d' E.Durkheim , le conflit comme pathologie de l'intégration et ceux de G.Simmel & L.Coser ; le conflit comme facteur de cohesion

par - le 29/05/2016
RomainPSG
5 5 0
20/20

Fiche de cours très complète avec les définitions a la fin

par - le 11/02/2016

Donne ton avis !

Rédige ton avis

Votre commentaire est en attente de validation. Il s'affichera dès qu'un membre de Bac ES le validera.
Attention, les commentaires doivent avoir un minimum de 50 caractères !
Vous devez donner une note pour valider votre avis.

Nos infos récentes du Bac ES

Communauté au top !

Vous devez être membre de digiSchool bac ES

Pas encore inscrit ?

Ou identifiez-vous :

Mot de passe oublié ?