La croissance économique est-elle compatible avec la préservation de l'environnement ? - SES - Terminale ES

La croissance économique est-elle compatible avec la préservation de l'environnement ? - SES - Terminale ES

Notre professeur a rédigé pour vous ce cours de SES niveau Terminale ES, et aborde ici un nouveau thème : Économie du développement durable. Ce cours répondra à la question suivante : La croissance économique est-elle compatible avec la préservation de l'environnement ?

Vous aborderez tout d'abord les limites écologiques de la croissance : activités économique générant des externalités négatives, soutenabilité de la croissance... Par la suite, vous verrez que le développement durable est un concept en débat : en effet, le développement et le bien-être d'une population sont la conséquence de l'interaction de plusieurs types de capitaux (naturel, social, physique, humain...) ; Enfin, vous verrez qu'il existe plusieurs conceptions possibles de la soutenabilité du développement.

Téléchargez gratuitement ci-dessous ce cours de SES de Terminale ES sur la croissance économique et la préservation de l'environnement !
Consultez le cours de SES suivant : Quels sont les différents instruments utilisés par les pouvoirs publics pour mener des politiques climatiques ?

Document rédigé par un prof La croissance économique est-elle compatible avec la préservation de l'environnement ? - SES - Terminale ES
Télécharger gratuitement

16.00/20

4.0000 5 0

9 Avis > Donne ton avis

15204 téléchargements

Le contenu du document

 

LES LIMITES ECOLOGIQUES DE LA CROISSANCE

LES ACTIVITES ECONOMIQUES GENERENT DES EXTERNALITES NEGATIVES

Rappelons d’abord que la croissance économique correspond, selon Perroux, à « l'augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues, d’un indicateur de dimension pour une nation, le produit global net en termes réels ». La croissance économique est donc synonyme d’augmentation de la production de richesses, c’est-à-dire de biens et services, afin de satisfaire les besoins humains.

Les activités économiques provoquent cependant des externalités négatives. On définit une externalité négative comme une situation dans laquelle les actions d’un agent économique ont des conséquences négatives sur le bien-être d'autres agents sans que ces impacts ne soient pris en compte dans le prix ni n’entraînent de contrepartie financière pour celui (ou ceux) qui en est victime. 

Ainsi, la croissance économique provoque l’épuisement de certaines ressources énergétiques, comme en témoigne l’évolution des stocks de pétrole ou de gaz, ressources naturelles non renouvelables, laissant entrevoir une probable augmentation du coût de l’énergie au cours du siècle en cours.

Autre exemple symbolique d’une activité économique générant une raréfaction des ressources : la pêche. L’épuisement des stocks de nombreuses espèces dans certains océans (morue, saumon, haddocks ...), conséquence de la surpêche à l’œuvre depuis des décennies, a aussi des conséquences sur l’ensemble de l’écosystème marin (oiseaux prédateurs, flore sous-marine…).

Ces ressources halieutiques peuvent être considérées d’un point de vue économique comme des biens communs, c’est-à-dire des biens collectifs qui sont rivaux et non exclusifs. La caractéristique de rivalité renvoie au fait que la consommation de ce bien par un agent réduit la consommation d’un autre. La caractéristique de non-exclusion désigne le fait qu’on ne peut exclure personne de l’utilisation de ce bien, y compris celui qui n’a pas contribué à son financement.

Aussi, le processus de déforestation actuelle et la disparition de forêts primaires (Amérique Latine, Afrique, Indonésie) sont également un signe supplémentaire des atteintes à l’environnement comme conséquences des activités économiques. Pensons par exemple ici à la déforestation en cours de forêts primaires en Indonésie pour planter de la palme, nécessaire à la production d’huile de palme avec les conséquences négatives sur la faune et la flore locale.

Enfin, les conséquences des activités humaines sur le climat avec la multiplication de catastrophes climatiques plus ou moins destructrices (inondations, tempêtes, températures extrêmes), l’augmentation de la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère sont autant de phénomènes qui nous montrent les limites écologiques de la croissance.

Les principales activités émettrices de gaz à effet de serre sont les activités de transport puis l’agriculture et le logement, viennent ensuite les activités industrielles.

 

LA QUESTION DE LA SOUTENABILITE DE LA CROISSANCE

L’ensemble des éléments évoqués précédemment amène à réfléchir à la question de la soutenabilité de la croissance économique. Autrement dit, étant donné nos modes de production et de consommation et leurs conséquences en termes d’épuisement de nombreuses ressources et d’altération de notre environnement, il est nécessaire d’envisager l’impossibilité de poursuivre notre développement dans ces conditions-là. 

Les économistes utilisent l’indicateur de l’empreinte écologique, correspondant à la surface dont un individu a besoin pour vivre à son niveau de vie actuel. Ils ont établi que depuis les années 1980, l’empreinte écologique de l’humanité a dépassé la surface de la planète, sous l’effet de la croissance démographique et de la montée en puissance des pays émergents qui connaissent des rythmes de croissance à deux chiffres. 

Depuis 1972 et la publication par le Club de Rome du rapport « Halte à la croissance », puis suite aux travaux de la commission Brundtland (du nom du premier ministre norvégien) et du rapport publié en 1987 «  Notre avenir à tous », cela aboutira à la conceptualisation du développement durable. Ce dernier se définit comme le développement répondant « aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». 

Dans le rapport Brundtland, l’accent est mis sur « les besoins essentiels des plus démunis auxquels il convient de donner la plus grande priorité » et sur les « limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir ».

Ainsi, le rapport Brundtland engage les décideurs politiques à prendre, d’une part des mesures de réduction des inégalités et de la pauvreté au bénéfice des plus pauvres et, d’autre part à agir pour faire en sorte de concilier la croissance économique avec la préservation des possibilités de développement pour les générations futures.

 

LE DEVELOPPEMENT DURABLE, UN CONCEPT EN DEBAT

LE DEVELOPPEMENT ET LE BIEN-ETRE D’UNE POPULATION SONT LA CONSEQUENCE DE L’INTERACTION DE PLUSIEURS TYPES DE CAPITAUX

Le bien-être humain repose sur la combinaison et l’interaction de différentes formes de capitaux : le capital naturel, le capital physique, le capital humain, le capital social et le capital institutionnel.

Le capital naturel regroupe les ressources de la nature susceptibles d’être valorisés par les entreprises pour produire ou par les ménages pour consommer (ressources halieutiques, minerais, matières premières brutes, …). On peut distinguer les ressources renouvelables et non renouvelables donc épuisables.

Le capital physique correspond aux biens produits dans le passé et utilisés comme facteur de production aujourd’hui (bâtiments, matériels…). 

Le capital humain regroupe les capacités physiques et intellectuelles d’un individu ou d’une population. La formation, la profession exercée et les compétences acquises au cours de sa vie permettent à l’individu d’augmenter son capital humain. 

Le capital social représente le réseau de relations sociales d’un individu ou d’une population (on parlera alors de réseau social).

Enfin, le capital institutionnel correspond à l’ensemble des règles et des cadres qui organisent la société et le fonctionnement de ses institutions.

Ainsi, les différentes formes de capitaux peuvent interagir et concourir à l’amélioration du bien-être d’une population par le biais d’externalités positives réciproques. Le bien-être des générations futures dépend également du volume et de la composition du stock de capital (naturel, physique, humain, social et institutionnel) qui leur sera transmis par les générations actuelles. 

 

IL EXISTE PLUSIEURS CONCEPTIONS POSSIBLES DE LA SOUTENABILITE DU DEVELOPPEMENT

Un débat existe sur la définition et la portée du concept de développement durable. Ce débat repose à la fois sur le degré de substituabilité des capitaux évoqués précédemment ainsi que le rôle du progrès technique.

On peut distinguer deux approches du développement durable selon qu’on opte pour une conception faible ou forte de la soutenabilité du développement.

D’une part, dans une perspective néoclassique, on se situe dans une conception faible de la soutenabilité. Il est donc envisageable de poursuivre la croissance sans se soucier des limites écologiques qu’elle rencontre ou provoque. En effet, dans cette approche, la destruction de capital naturel et la dégradation de l’environnement sont possibles, à condition que le stock total de capital continue de croître. Deux raisons principales peuvent alors être mobilisées : d’une part, le progrès technique et les innovations permettent d’apporter les solutions techniques et technologiques contribuant à trouver des solutions nouvelles afin de poursuivre la croissance économique en utilisant d’autres types de facteurs de production, et, d’autre part il est possible de remplacer le capital naturel utilisé par du capital physique ou humain. On sous-entend ici qu’il y a une forte substituabilité des capitaux entre eux.

Pour illustrer cette première approche, on peut mobiliser des exemples comme le remplacement du pétrole par des sources d’énergies alternatives (hydrogène, électricité) qui permettront dans le futur de continuer à utiliser les moyens de transport et de déplacement ou encore l’élevage de poissons qui permet de remplacer les ressources halieutiques naturelle qui s’épuisent.

Pour les tenants de cette approche, loin d’opposer croissance économique et environnement, ils estiment que le progrès technique et l’innovation, moteurs de la croissance, peuvent être la solution aux dégâts écologiques et à la diminution du capital naturel. 

 

D’autre part, dans une conception forte de la soutenabilité, il apparaît inenvisageable de substituer du capital physique au capital naturel. Pour les tenants de cette ligne, les différentes formes de capitaux sont complémentaires et non substituables. Ils considèrent que les dégâts de la croissance économique sur l’environnement et la destruction de capital naturel sont, en grande partie, irréversibles, notamment car certaines ressources naturelles sont épuisables et irremplaçables. 

Dans cette approche, le progrès technique et les innovations ne peuvent suffire à repousser les limites de la croissance économique. Le rythme d’extraction des ressources non renouvelables doit donc être contrôlé et la consommation de ressources renouvelables ne doit pas excéder le rythme naturel de régénération de ces ressources. 

Certains économistes, dont le Français Serge Latouche, vont encore plus loin et formulent des propositions de rupture avec nos modes de consommation et de production actuelle en prônant la décroissance. Cette dernière serait la seule possibilité pour réduire l’empreinte écologique et les gaspillages et ainsi préserver le capital naturel pour les générations futures.

Fin de l'extrait

Vous devez être connecté pour pouvoir lire la suite

Télécharger ce document gratuitement

Les avis sur ce document

5 5 0
20/20

20/20 Adorable et c'est pour facilité la tâche a les étudiants.

par un utilisateur supprimé - le 14/01/2018
FannyJ18
5 5 0
20/20

Bonjour à tous,  pour rappel, nos cours digiSchool sont là pour compléter les cours de vos professeurs. Ils sont à lire dans le but d'apporter de la matière à vos leçons :) Bonne journée à tous :)

par - le 30/12/2016
Pauline51170
1 5 0
4/20

Franchement pas terrible, je suis très déçue de la qualité de ce cours, il est cours et peu précis

par - le 30/12/2016
Plus d'avis (6)

Donne ton avis !

Rédige ton avis

Votre commentaire est en attente de validation. Il s'affichera dès qu'un membre de Bac ES le validera.
Attention, les commentaires doivent avoir un minimum de 50 caractères !
Vous devez donner une note pour valider votre avis.

Nos infos récentes du Bac ES

Communauté au top !

Vous devez être membre de digiSchool bac ES

Pas encore inscrit ?

Ou identifiez-vous :

Mot de passe oublié ?