Max Weber - Sciences Economiques et Sociales - Terminale ES

Max Weber - Sciences Economiques et Sociales - Terminale ES

Cette fiche de révision traite de Max WEBER (1864-1920), un économiste étudié au cours de l'année de Terminale ES.

Tout d'abord, une biographie de l'économiste vous sera donnée, puis la place de WEBER dans l'histoire de la pensée sera expliquée. Le document, pour finir, mettra en évidence le principe de rationnalité défendu par WEBER ainsi que le phénomène de stratification sociale et de pouvoir légitime.

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Le contenu du document

 

Max-weber-portrait-economiste

« Le capitalisme occidental est le seul régime qui produisit une organisation rationnelle du travail. » Histoire économique, 1891

 

BIOGRAPHIE 

Max Weber est né le 21 avril 1864 à Erfurt en Prusse. Il est issu d’une famille protestante, de la bourgeoisie industrielle. En 1882, il obtient l’équivalent du baccalauréat et fait ensuite de brillantes études dans des domaines variés (droit, économie politique, philosophie, histoire et théologie) dans plusieurs universités allemandes. En 1889, il soutient sa thèse de doctorat en droit ; en 1991, une thèse d’histoire économique, puis il obtient un poste d’enseignant à la faculté de Berlin. 

Parallèlement à ses recherches universitaires, Weber a toujours fait preuve d’un fort engagement politique. Ainsi, il a participé aux négociations du traité de Versailles au sein de la délégation allemande. En revanche, il n’a pas pu participer à la rédaction de la Constitution de la nouvelle République de Weimar. Certains lui reprochaient, vu la diversité de ses points de vue, de passer pour un opportuniste.

 

PLACE DE WEBER DANS L’HISTOIRE DE LA PENSEE

Max Weber est le premier sociologue à avoir très clairement revendiqué la spécificité de la sociologie en tant que science de la culture par opposition aux sciences de la nature (par exemple, la physique). Il soutient que chacune de ces deux sciences a ses propres méthodes : Contrairement aux sciences de la nature qui s’intéressent à des objets animés se prêtant à des expériences en laboratoire, les sciences de la culture se concentrent sur les actions des individus en société. Il est donc impossible de les répéter à l’identique dans des laboratoires pour en tirer des lois statistiques immuables. 

 

La sociologie, au sens wébérien, explique les phénomènes sociaux (par exemple, le capitalisme) comme les résultats d’actions (exemples, travailler, épargner …) motivées par un système de valeurs et de croyances (par exemple, l’éthique protestante). 

 

DEMARCHE 

Weber est donc le fondateur de la sociologie compréhensive et explicative. Il a tenté de définir une méthode scientifique propre aux sciences sociales, qui ne soit cependant pas considérée comme « inférieur » à la méthode expérimentale des sciences de la nature. 

En 1905, il publie « L’Ethique protestante et l’esprit du capitalisme », sa première véritable étude de sociologie, où il développe sa méthode d’analyse par "idéal-type". En 1919, il publie aussi « Le savant et le Politique », mais son ouvrage majeur demeure sans nul doute « Economie et société », publié en 1922, après sa mort. 

 

Les tenants de l’individualisme méthodologique voient en Max Weber un de leurs précurseurs. Ils opposent sa sociologie « individualiste » (de l’action sociale) à celle de Marx qu’ils qualifient de « holiste » (du fait social) car il explique les phénomènes sociaux par le fonctionnement d’un mode de production considéré comme une totalité.  

 

RATIONALITE AU CŒUR DE LA MODERNISATION 

LE TRIOMPHE DE LA RATIONALITE 

Weber est considéré donc comme l'initiateur du paradigme individualiste en sociologie.  Selon lui, il faut pratiquer une sociologie compréhensive, c'est-à-dire recherchant la signification des activités sociales des acteurs.  Pour cela, il construit une représentation stylisée de la réalité, l'idéal-type. Il distingue quatre grands types de motivation des activités : 

- traditionnelle

- affective

- rationnelle en valeur, 

- et rationnelle en finalité.  

Les activités motivées par la tradition sont, selon lui, prépondérantes dans les sociétés traditionnelles, alors que la rationalité en finalité qui caractérise les sociétés modernes.

 

LES AFFINITES ELECTIVES ENTRE L’ETHIQUE PROTESTANTE ET L’ESPRIT DU CAPITALISME

Weber explique que le protestantisme a favorisé le développement du capitalisme pour deux raisons : 

tout d’abord, il pousse à la formation d’une épargne ascétique, car le protestant doit accumuler toujours plus de richesse, mais sans pouvoir en jouir ; il est donc conduit à épargner, ce qui lui permet de financer l’investissement à la base du capitalisme. 

Mais surtout, le protestantisme crée un mode de vie ordonné, un état d’esprit en adéquation avec les besoins du capitalisme, une « culture préparatoire » en somme. Entre capitalisme et calvinisme, il existe donc des « affinités électives ».

 

Cependant, ce rôle décisif du protestantisme ne vaut que pour les origines du capitalisme : désormais, ce dernier s’est coupé de ses bases religieuses et s’est autonomisé.

 

LE DESENCHANTEMENT DU MONDE 

Les comportements rationnels inspirés par le protestantisme vont s'étendre à des domaines de plus en plus nombreux de l'existence.  Cette rationalisation, ou « intellectualisation », va concerner l'ensemble des activités humaines, les activités économiques - entreprise et administration - bien sûr, mais aussi la science, le droit, les pouvoirs publics, les arts, jusqu'aux façons de penser les relations humaines.  Progressivement, cette rationalité des comportements justifiée par la croyance en Dieu va s'orienter vers la réalisation de buts pour eux-mêmes.  La signification des activités sociales n'est plus à rechercher dans des croyances ou des valeurs ; ceci constitue ce que Weber appelle le « désenchantement du monde »

 

Concrètement, un entrepreneur va essayer de prévoir l’évolution de la demande et par conséquent il va rationaliser sa production en fonction de ses prévisions afin d’optimiser ses profits. Ces prévisions vont être réalisées, justement, sur des données objectives, rationnelles, d’ordre micro et macroéconomique. Il n’y a plus place donc aux explications irrationnelles.

 

EXEMPLE DE DOMINATION RATIONNELLE : LA BUREAUCRATIE 

Le modèle bureaucratique, présenté par Weber comme garantie de rationalité et d'efficacité, présente un certain nombre de dysfonctionnements.  Ceux-ci vont être étudiés par Robert King Merton (1910-2003, comportements ritualistes) et Michel Crozier (1922-2013, cercle vicieux bureaucratique).  De nombreux exemples contemporains attestent aussi de ce que la recherche de la rationalité peut provoquer l'apparition d'effets pervers parfois graves pour la santé publique et l'équilibre social et/ou écologique.

max-weber-cercle-vicieux-bureaucratie

 

QUELQUES RESERVES 

La thèse de Weber donne un rôle central, même s'il n'est pas unique, aux valeurs dans la transition vers les sociétés modernes.  Cette thèse ne s'est pas toujours avérée : En effet, les pays protestants ne sont pas les seuls à connaître un développement rapide ; les nouveaux pays industrialisés d'Asie du Sud-Est (NPI) de tradition hindouiste, pourtant, ont connu aussi un sort semblable ; mieux, des régions de tradition protestante aussi sont restées à l'écart de la croissance, à l’instar de l'Écosse.

 

On observe aussi paradoxalement que cette rationalisation des activités dans les sociétés modernes conduit de plus en plus d’individus à rechercher de nouvelles significations dans de croyances religieuses, mystiques, paranormales. Une rationalisation poussée à son extrême fait naître donc des comportements qui sont tout sauf rationnels.

 

LA STRATIFICATION SOCIALE : UNE ANALYSE TRIDIMENSIONNELLE 

Dans Économie et Société (1922), Max Weber montre que la société est structurée en trois niveaux : les classes sociales, les groupes de statut et les partis politiques. 

Les classes sociales sont fondées sur l’ordre économique. Les individus sont regroupés en fonction de leur situation de classe, c’est-à-dire du degré de monopole dont ils disposent sur les biens et services. Les classes possédantes (patrons de l’industrie) disposent d’un monopole sur les biens et les classes d’acquisition (banquiers, professions libérales...) sur les services. Le prolétariat ne détient aucun monopole et les classes moyennes (petite bourgeoisie) se situent à un niveau intermédiaire. 

Les membres d’une même classe n’ont pas forcément d’intérêt commun et encore moins de conscience de classe.

Les groupes de statut sont fondés sur le prestige ou l’honneur social. Leur définition est donc subjective. Les membres d’un groupe de statut se caractérisent par le même style de vie (mode de consommation, loisirs...) : intellectuels, militaires... 

Les partis politiques sont fondés sur l’ordre politique. Ils dépendent du système politique et du degré d’influence des individus.

 Ces trois modes de stratification étant indépendants, les hiérarchies sociales sont variables : un nouveau riche ne dispose ni de prestige social ni de pouvoir. Le schéma suivant décrit les trois niveaux de hiérarchie et leur indépendance :

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LEGITIMITES DU POUVOIR

LA SPECIFICITE DU POUVOIR POLITIQUE

Max Weber explique dans son ouvrage Economie et société que « le pouvoir est toute chance de faire triompher, au sein d’une relation sociale, sa propre volonté, même contre des résistances, peu importe sur quoi repose cette chance. » Ainsi, dans l’optique wébérienne, le pouvoir est une "relation sociale" qui permet à un individu ou un groupe d’individus d’imposer leur "volonté". 

 

Weber souligne la spécificité du pouvoir politique qui tient à son statut particulier ; il se caractérise en effet par « (…) un rapport de domination et de monopole de la violence légitime. » Aussi, une société sans coercition et sans différenciation entre des gouvernants et des gouvernés ne peut être analysée comme politique.

 

LES TROIS TYPES DE LEGITIMITE DU POUVOIR 

Max weber distingue, dans son ouvrage « Le Savant et le Politique » (1919), trois types de légitimité du pouvoir :

 

- Le pouvoir traditionnel : « l’autorité de l’"éternel hier", c’est-à-dire celle des coutumes sanctifiées par leur validité immémoriale et par l’habitude enracinée en l’homme de les respecter. »

- Le pouvoir charismatique : « l’autorité fondée sur la grâce personnelle et extraordinaire d’un individu ; elle se caractérise par le dévouement tout personnel des sujets à la cause d’un homme et par leur confiance en sa seul personne en tant qu’elle se singularise par des qualités prodigieuses, par l’héroïsme ou d’autres particularités exemplaires qui font le chef. »

- Le pouvoir légal : « l’autorité qui s’impose en vertu de la "légalité", en vertu de la croyance en la validité d’un statut légal et d’une compétence positive fondée sur des règles établies rationnellement (…). »  

 

Fin de l'extrait

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