Quelle est la place de l'Union Européenne dans l'économie globale ? - SES - Terminale ES

Quelle est la place de l'Union Européenne dans l'économie globale ? - SES - Terminale ES

Nous vous proposons un cours de SES niveau Terminale ES, rédigé par notre professeur, sur le chapitre "Quelle est la place de l'Union Européenne dans l'économie globale ?". Une fois que tu as bien lu et compris le cours on t'invite à tester tes connaissances sur le quiz associé.

Dans un premier temps, vous aborderez la construction européenne avec le processus d'intégration régionale, puis les politiques conjoncturelles et structurelles dans l'Union Européenne. Vous étudierez par la suite l'UE et l'économie globale à travers sa puissance économique et son poids démographique, mais aussi à travers sa puissance commerciale. Enfin, vous étudierez les limites de l'Union Européenne (faible croissance, mauvaise corrdination économique et crise de la dette). Notre professeur vous donne les définitions des notions à connaître de ce chapitre, telles que l'intégration régionale, l'europe sociale, le marché unique, etc

Téléchargez gratuitement ce cours de SES sur la place de l'Union Européenne dans l'économie globale ! Consultez le cours de SES suivant : La croissance économique est-elle compatible avec la préservation de l'environnement ?

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Le contenu du document

Le deuxième thème en SES porte sur la mondialisation et l’intégration européenne. Le second chapitre de ce thème aborde la construction européenne en tant que puissance économique. 

Nous verrons les étapes d’intégration qui ont conduit à a monnaie unique, mais également les difficultés auxquelles se heurtent les États membres.

PRÉREQUIS

La maîtrise des notions de politiques conjoncturelles et d’économie d’échelle sera un véritable atout, même si elles seront rappelées dans ce chapitre.

OBJECTIFS

Sans entrer dans le détail des évolutions historiques, on rappellera qu'en se dotant d'un grand marché intérieur et d'une monnaie unique, les pays européens mènent une expérience originale d'intégration plus étroite de leurs économies. 

On montrera que l'union monétaire revêt une importance particulière dans le contexte monétaire et financier international, et qu'elle renforce les interdépendances entre les politiques macroéconomiques des États membres. 

On s'interrogera sur les difficultés de la coordination des politiques économiques dans l'Union européenne.

Notions à maîtriser : Euro, union économique et monétaire.

I. LA CONSTRUCTION EUROPÉENNE

A. Une intégration progressive

La construction européenne est issue d’un processus qui a débuté à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cette période correspond au début des Trente Glorieuses, période marquée par un développement économique et social sans précédent. 

Le développement de la mondialisation des économies et l’accélération des échanges internationaux ont favorisé la construction de l’Europe.

Les finalités de la construction européenne sont d’abord politiques. En effet, le continent a été secoué par des guerres fratricides terribles. L’urgence était alors de garantir une paix durable. Ensuite, les États européens ont développé des objectifs économiques et monétaires.

L’Union européenne n’est pas seulement une entente économique. Les pays membres sont en effet dotés d’institutions politiques communes, qui mettent en place certaines lois ou obligations pour tous les États.

Différentes étapes ont permis la construction de cette Union européenne, résultants de différents traités :

  • 1957 : Le traité de Rome, qui a permis l’émergence de la communauté économique européenne (CEE). Ce traité a été conclu entre la France, l’Allemagne, l’Italie, la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas.
  • 1992 : Le traité de Maastricht qui a permis la mise en place du passage à la monnaie unique, l’Euro.
  • 1997 : Le traité d’Amsterdam, instituant la mise en place du pacte de stabilité et de croissance, permettant la coordination des politiques budgétaires des pays membres.

Toutes ces étapes ont permis de favoriser une intégration économique régionale européenne.

DÉFINITION : Intégration économique régionale. Processus par lequel plusieurs nations s'accordent pour faciliter les échanges entre elles.

L’UE à 28 et la première économie au monde (le plus fort PIB), devant les États-Unis. Pourtant, isolés, chaque pays européen pèse un poids négligeable sur la scène économique mondiale.

B. Une intégration originale

1. Une intégration dans le « désordre »

Il existe plusieurs degrés dans l'intégration régionale mis en évidence par Bela Balassa. Selon cet économiste hongrois, on compte cinq stades consécutifs. Avoir franchi le premier stade permet d’accéder au second etc. jusqu’à la dernière étape qu’est l’UEM.

DÉFINITION : Intégration régionale. Processus par lequel plusieurs nations s’accordent pour faciliter les échanges entre-elles.

DÉFINITION : UEM. Union Économique et Monétaire. Cette union permet la libre circulation des marchandises, capitaux, services et personnes, complétée par une harmonisation des politiques économiques et sociales. Certains pays peuvent utiliser une monnaie unique. C’est le dernier stade d’intégration selon Balassa.

Or, dans le processus d’intégration européen, les étapes n’ont pas été respectées dans l’ordre, ce qui fait de l’intégration une expérience « originale ».

Ainsi, il existe des politiques économiques communes dès la signature du Traité de Rome en 1957 - notamment la Politique Agricole Commune (PAC) - alors que la libre circulation des marchandises et des facteurs de production n'est réalisée qu'en 1993. Il y avait donc des éléments d'union économique (étape 4) avant même la mise en place du marché commun (étape 3).

2. Europe à plusieurs stades d’intégration

L’originalité de l’intégration européenne se trouve également dans la différence de vitesse d’intégration entre les pays de l’UE.

En effet, l’Union européenne se construit à plusieurs vitesses, dans la mesure où certains pays sont déjà au stade 5 de l’intégration et forment une UEM ; alors que d’autres pays membres sont au stade 4 et ne sont « que » une union économique.

En janvier 2019, l’UE compte 28 pays (27 à partir du 31 mars 2019 avec la sortie de la Grande-Bretagne). La zone euro est quant à elle composée de 19 pays.

C. Les avantages attendus…

1. …d’un marché unique.

Grâce à son intégration économique et monétaire, l’Union européenne joue aujourd’hui un rôle majeur dans le commerce mondial. Elle est l’une des premières zones au monde en matière d’échanges de biens et services, et également la première destination en termes d’investissements directs étrangers (IDE).

  • Les bénéfices pour les entreprises.

Le marché unique a permis aux entreprises de produire à plus grande quantité, ce qui leur a permis de réaliser des économies d’échelle. En effet, une ouverture des frontières engendre un accroissement de la taille des marchés. Les entreprises peuvent donc augmenter leur production puisqu’elles ont désormais une clientèle européenne. 

Or, une augmentation de la production génère des économies d’échelle. Plus une entreprise produit à grande échelle, plus le coût unitaire baisse. Ce qui lui permet :

  • soit de baisser ses prix et donc de gagner en compétitivité prix ;
  • soit d’augmenter son profit et d’investir dans de nouvelles machines plus performantes pour gagner ensuite en compétitivité hors-prix.

DÉFINITION : Marché unique. Libre circulation des marchandises, services, capitaux et personne au sein de l’UE.

DÉFINITION : Économie d’échelle. Baisse du coût unitaire de production en raison de l’augmentation des quantités produites.

DÉFINITION : Compétitivité prix. Proposer des produits moins chers que ceux des concurrents

DÉFINITION : Compétitivité hors-prix. Proposer des produits différenciés (design, technologie, innovation) de ceux des concurrents.

  • Les bénéfices pour les consommateurs.

Quant aux consommateurs de l’UE, ils bénéficient d’une plus grande diversité de biens et de services. Ils peuvent également profiter de prix plus bas et plus innovants grâce à la concurrence existante entre les pays, qui pousse les entreprises à gagner en compétitivité prix (en baissant leur prix) ou en compétitivité hors-prix (en différenciant leurs produits).

On constate que la majeure partie des échanges s’effectue entre les pays membres de la zone. Au sein de l’UE, deux tiers des exportations européennes se font entre pays de l'Union européenne, moins d'un tiers des échanges de l'Europe se fait avec le reste du monde.

2. …d’une monnaie unique.

Le passage à une monnaie unique a comme principal objectif d’intensifier les échanges entre pays de la zone euro.

  • Diminuer les coûts de transaction.

À chaque transaction, il faut prévoir des coûts de change. En effet, quand une monnaie est convertie en une autre, cela engendre des frais supplémentaires.

La monnaie unique permet de ne pas avoir à faire de conversion. Cela engendre une baisse des coûts pour l’entreprise.

  • Empêcher les dévaluations compétitives.

La monnaie unique empêche certains pays de mener une politique de dévaluation compétitive. Une dévaluation compétitive consiste à diminuer la valeur d’une monnaie par rapport aux autres. L’avantage attendu d’une dévaluation compétitive est de réduire les prix à l'exportation et ainsi de devenir plus compétitif que les pays concurrents.

La création de l'euro a donc permis d’éviter les logiques de non-coopération entre les État-membres.

  • Éviter les fluctuations des changes.

Les fluctuations des changes sont la variation du « prix » d’une monnaie par rapport à une autre. La monnaie unique fait disparaître ces variations.

Ainsi, qu’un bien soit acheté aujourd’hui ou dans trois mois, le « prix » de la monnaie n’aura pas de conséquence sur le prix final puisqu’il sera le même.

NB : pour le « prix d’une monnaie », on parle de cours d’une monnaie.

II. L’UNION EUROPÉENNE ET L’INTERDÉPENDANCE DES POLITIQUES MACROÉCONOMIQUES

L’intégration européenne engendre une interdépendance entre les pays membres. En effet, les décisions économiques, politiques, sociales d’un pays ont des conséquences sur les autres pays.

 Le passage à la monnaie unique n’a fait qu’accentuer cette interdépendance, notamment en ce qui concerne les politiques conjoncturelles des pays adhérents.

DÉFINITION : Politique conjoncturelle. Ensemble de mesures prises sur le court/moyen terme pour faire face à un déséquilibre macroéconomique (inflation, déséquilibre extérieur, chômage, absence de croissance).

Il existe deux types de politiques conjoncturelles : la politique budgétaire et la politique monétaire.

A. La politique budgétaire

Chaque État membre dispose de sa propre politique budgétaire. Chaque gouvernement est donc libre de mener ses actions dans le but d’aider son pays à faire face à des déséquilibres économiques. Cela laisse penser qu’il n’y a pas interdépendance entre pays membres.

Toutefois, tous les pays ayant choisi l’Euro comme monnaie unique ont signé le pacte de stabilité et de croissance, qui les engage à respecter un certain nombre de critères. Leur politique budgétaire n’est donc pas totalement libre de toutes contraintes.

Les deux principaux critères sont les suivants :

  • le déficit public ne doit pas excéder 3% du PIB ;
  • la dette publique ne doit pas excéder 60% du PIB.

B. La politique monétaire

Contrairement à la politique budgétaire, il n’existe qu’une politique monétaire unique pour l’ensemble de la zone euro. Les décisions sont prises à l’échelle des 19 pays membres sans distinction.

Les pays n’ont plus qu’à leur disposition la politique budgétaire. Ils doivent s’en remettre à une institution supranationale pour gérer leur politique monétaire. En effet, la politique monétaire est conduite par la Banque Centrale Européenne (BCE), qui est indépendante des pouvoirs politiques des États membres. Autrement dit, aucun pays ne peut avoir une influence sur les décisions prises par la BCE.

III. LES LIMITES DE L’UNION EUROPÉENNE

A. Une Europe à deux vitesses

L’Union Européenne a permis aux pays membres de se développer économiquement, une puissance économique européenne a pu émerger grâce à l’intégration économique et monétaire. Cette puissance est malgré tout relative car elle n’est pas égale. En effet les pays ont majoritairement rattrapé leurs retards économiques, mais il subsiste de grandes différences de développement entre ces différents pays.

De plus, le nombre croissant de pays membres de l’Union européenne rend difficile les prises de décision communes.  En effet, il est complexe et long de mettre 28 pays d’accord sur les mêmes objectifs politiques, sociaux et économiques, alors que chaque pays rencontre ses propres problématiques.

Il existe même des stratégies de non-coopération entre les États. C’est le cas du dumping fiscal et social mis en place par certains pays européens au détriment de leurs voisins :

  • Le dumping fiscal consiste à mettre en place une très faible imposition dans son pays pour attirer les entreprises étrangères et les inciter à s’implanter sur le territoire. Cela nuit aux emplois des pays subissant ces délocalisations.
  • Le dumping social consiste à établir une faible protection sociale des travailleurs baissant ainsi le coût du travail. Les entreprises peuvent alors avoir tendance à délocaliser leur production pour diminuer leur coût. Une fois encore, cela peut entraver la croissance et augmenter le chômage dans les pays subissant ces délocalisations.

DÉFINITION : Dumping. Le dumping permet de tirer des avantages de différences de règlementations sociales et de coûts du travail inférieurs entre différents pays, de différence de fiscalités (impôts) entre les pays de l’UE.

B. Crise de la dette

Les crises financières (exemple : crise des subprimes en 2008) et l’importance de la dette souveraine imposent à l’UE des mesures à définir rapidement.

DÉFINITION : Dette souveraine. Emprunt contracté par un État pour faire face à son déficit excessif.

Ces mesures doivent permettre de mettre en place une gouvernance économique efficace pour pallier les difficultés rencontrées et œuvrer pour une meilleure coordination des politiques économiques des pays membres. L’objectif étant de faire converger dans le bon sens les économies des pays membres.

Mais cette gouvernance rencontre deux principales difficultés. Tout d’abord, les prises de décision ne sont pas toujours assez rapides pour faire face efficacement aux chocs économiques et financiers rencontrés par les États.

De plus, l’endettement profond de certains pays de la zone euro (exemple : Grèce…) plonge l’euro dans une situation difficile. Les dettes souveraines des pays membres empêchent ceux-ci de régler le montant qu’ils doivent à leurs créditeurs. 

La Banque Centrale Européenne est obligée d’intervenir financièrement pour prêter des fonds aux pays en difficulté. Cette posture remet en cause l’indépendance de cette autorité financière vis à vis des États membres.

C. L’Euro, une zone monétaire non optimale ?

Selon la théorie des « zones monétaires optimales (ZMO) » de Robert Mundell, un ensemble de pays (ou de régions) a intérêt à mettre en place une monnaie unique si certains critères sont respectés. Dans ce cas, les pays ayant opté pour une monnaie unique en tireront plus de bénéfices que de coûts.

 Certains économistes soulignent que deux critères mis en valeur par Mundell ne sont pas respectés au sein de la zone euro. Tout d’abord, le facteur de production travail n’est pas assez mobile entre les États. 

De plus, le budget de la zone euro se limite à 1% du PIB de la zone, ce qui limite grandement la capacité des institutions supranationales à réagir et à aider les États en cas de crise.

Il y a donc une interrogation sur l’intérêt d’avoir mis en place l’Euro et sur sa capacité à apporter des avantages aux pays membres.

D. Solutions envisagées

Un Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF) a été mis en place, il vise à garantir la stabilité financière en Europe en fournissant une aide financière aux États de la zone euro en difficulté. 

Il a été remplacé en 2012 par le Mécanisme Européen de Stabilité (MES), qui peut accorder des prêts à un État en difficulté.

Le pacte de stabilité et de croissance (PSC) a quant à lui été renforcé pour garantir une discipline budgétaire de tous les pays européens.

LE PETIT + DANS TA COPIE

  • Même si les dates importantes marquant la construction européenne ne sont pas attendues par le correcteur puisqu’elles ne sont pas au programme, elles vous permettront de situer les principales évolutions économiques de l’intégration européenne. Par exemple : Traité de Rome, de Maastricht, apparition de l’Euro…
  • Vous pouvez utiliser les acronymes UE et UEM dans votre copie, MAIS vous devez avoir donné au moins une fois leur signification.
  • Vous n’avez pas à connaître les cinq stades d’intégration de Bela Balassa, mais vous devez savoir définir le cinquième stade : l’UEM !
  • Attention à la Suisse qui ne fait pas partie de l’Union Européenne, ainsi que le cas délicat du Brexit.

POUR ALLER PLUS LOIN …

  • Pour information, l’hymne européen est l’Ode à la joie de Beethoven.
  • Le site https://europa.eu/european-union/index_fr contient toutes les informations sur l’Union européenne pour approfondir vos connaissances. Certaines ressources sont en anglais.

PROGRAMME COMPLET DE SES

Accède à toutes les fiches du programme de Sciences économiques et sociales ci-dessous. Notre professeur t'a préparé une leçon pour chacune notion du programme pour réviser ton bac de SES ! Télécharge la fiche gratuitement en créant ton compte pour réviser n'importe où.

 

  1. Quelles sont les sources de la croissance économique ?
  2. Comment expliquer l'instabilité de la croissance ?
  3. Quels sont les fondements du commerce international et de l'internationalisation de la production ?
  4. Quelle est la place de l'Union européenne dans l'économie globale ?
  5. La croissance économique est-elle compatible avec la préservation de l'environnement ?
  6. Comment analyser la structure sociale ?
  7. Comment rendre compte de la mobilité sociale ?
  8. Quels liens sociaux dans des sociétés où s'affirme le primat de l'individu ?
  9. La conflictualité sociale : pathologie, facteur de cohésion ou moteur du changement social ?
  10. Comment les pouvoirs publics peuvent-ils contribuer à la justice sociale ?
  11. Comment s'articulent marché du travail et gestion de l'emploi ?
  12. Quelles politiques pour l'emploi ?

 

Fin de l'extrait

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Les avis sur ce document

Iskante
5 5 0
20/20

Je vous remercie vos eminents professeurs. Les cours sont excellents un grand merci à vous tous

par - le 12/05/2017
ineslms
5 5 0
20/20

Un grand merci ! Cela reprend parfaitement mon cour!

par - le 03/04/2016
SaraG
5 5 0
20/20

Excellent ! Merci à vous ! Une fiche de révision très constructive !

par - le 21/01/2015

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