Quelles sont les sources de la croissance économique ? - SES - Terminale ES

Quelles sont les sources de la croissance économique ? - SES - Terminale ES

digiSchool Bac ES met à votre disposition ce cours de SES pour le Bac ES, rédigé par notre professeur, et consacré au 1er chapitre du programme de Terminale ES : Quelles sont les sources de la croissance économique ? Une fois que tu as bien lu et compris le cours on t'invite à tester tes connaissances sur le quiz associé.

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Le contenu du document

Le premier thème en SES porte sur la croissance et ses fluctuations. Le premier chapitre de ce thème aborde la question de la croissance, de son calcul et de son origine.

PRÉREQUIS

Aucun prérequis n’est nécessaire.

OBJECTIFS

En s'appuyant sur le programme de première, on s'interrogera sur l'intérêt et les limites du PIB.

L'étude de séries longues permettra de procéder à des comparaisons internationales. À partir d'une présentation simple de la fonction de production, on exposera la manière dont la théorie économique analyse le processus de croissance. On fera le lien entre la productivité globale des facteurs et le progrès technique et on introduira la notion de croissance endogène en montrant que l'accumulation du capital, sous ses différentes formes, participe à l'entretien de la croissance.

On mettra l'accent sur le rôle des institutions et des droits de propriété.

Maîtriser les notions suivantes : PIB, IDH, investissement, progrès technique, croissance endogène, productivité globale des facteurs, facteur travail, facteur capital.

I. LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE ET SA MESURE

A. Qu’est-ce que la croissance économique ?

Selon l’économiste français François Perroux (1903-1987), la croissance économique correspond à « l'augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues d’un indicateur de dimension, pour une nation, le produit global net en termes réels ».

DÉFINITION : Croissance économique. Augmentation soutenue de la production de biens et services d’un pays sur une période longue.

À court terme, on parle d’expansion.

DÉFINITION : Expansion. Augmentation de la production de biens et services sur une période courte.

La croissance économique est donc un phénomène quantitatif, à ne pas confondre avec le développement qui est, quant à lui, un phénomène qualitatif qui recouvre l’ensemble des transformations de l’environnement social nécessaires à la croissance. François Perroux définit le développement comme « la combinaison des changements mentaux et sociaux d’une population qui la rend apte à faire croître, cumulativement et durablement, son produit réel global ».

Ainsi la croissance économique est, pour un pays, un enjeu de première importance, car c’est elle qui conditionne l’amélioration du niveau de vie de ses habitants. Elle représente dès lors l’objectif principal de la politique économique des pouvoirs publics.

B. Le PIB comme mesure de l’activité économique

1. Intérêts du PIB comme mesure

La croissance se mesure grâce au PIB. En effet, pour obtenir le taux de croissance, il faut calculer l’évolution du PIB d’une année sur l’autre pour un pays. L’outil mathématique utilisé est alors le taux de variation.

DÉFINITION : Taux de croissance.

Le taux de croissance se calcule ainsi : 
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Exemple : Calcul du taux de croissance 2019

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On distingue le PIB marchand et le PIB non-marchand :

  • Le PIB marchand correspond à la somme des valeurs ajoutées de toutes les unités de production résidentes sur le territoire national en un an.
  • Le PIB non-marchand correspond à la valeur de la production non marchande, c’est-à-dire disponible gratuitement ou quasi-gratuitement. La production non-marchande recouvre essentiellement les biens et services produits, qui ne font pas l’objet d’un échange sur le marché. Exemples : École publique, carte d’identité, police…

À partir du PIB global, on peut calculer le PIB par habitant en le rapportant à l’effectif total de la population du pays. Le PIB par habitant nous fournit alors une évaluation assez grossière du niveau de développement du pays.

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2. Les limites du PIB

Le PIB présente, cependant, des insuffisances en tant qu’indicateur de niveau de vie et de développement.

  • Premièrement, son utilisation pose des problèmes au niveau des comparaisons internationales. En effet, pour pouvoir comparer les PIB par habitant de différents pays, il faut d’abord les traduire en une unité monétaire commune. Or, le cours des monnaies entre elles sont instables et fluctuent sans cesse.
  • Deuxièmement, le PIB reste un indicateur imparfait du niveau de richesse d’un pays. En effet, une partie de la production n’est pas prise en compte. Ainsi, les activités non rémunérées (comme le bénévolat, le travail domestique, …) ne font pas l’objet d’une évaluation comptable. L’économie souterraine, qui comprend essentiellement les activités légales non déclarées (travail au noir) et les activités illégales (les trafics), échappe également à la comptabilisation. Par exemple, en 2008, l’économie souterraine était estimée à 5,9% des emplois en France, et à 26,9% en Grèce.
  • Enfin, le PIB va inclure dans son calcul ce qu’on appelle les activités de « réparation » de dégâts économiques et sociaux qui accompagnent l’activité économique. Par exemple : accidents de la route, pollution, drogue, … Ainsi, lorsqu’un drame écologique survient, le PIB va comptabiliser les activités permettant de réparer les dégâts environnementaux causés. Toutefois, il ne prend pas en compte la perte des ressources naturelles et les atteintes irréversibles à l’environnement. Exemple : marée noire.

3. Des indicateurs complémentaires

Dès le milieu des années 1970, des économistes ayant pris conscience des insuffisances du PIB, ont proposé des indicateurs complémentaires pour mieux évaluer le niveau de développement des pays.

L’Indice de Développement Humain (IDH) est le plus connu. Il a été élaboré par Amartya Sen, prix Nobel d’économie. L’IDH est calculé depuis le début des années 1990 par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

Cet indicateur est composé de trois dimensions : la santé (espérance de vie à la naissance), le niveau de vie (revenu national brut par habitant) et l’éducation (durée de la scolarisation). L’IDH est compris entre 0 et 1. Le niveau de développement est d’autant plus élevé que l’on se rapproche de 1. En 2017, les pays qui occupaient les premières places du classement étaient la Norvège, la Suisse et l’Australie, tandis que le Niger et la Somalie étaient aux derniers rangs. L’IDH français de 2017 est de 0.901.

DOCUMENT 1. L’IDH : 3 dimensions et 4 indicateurs.

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D’autres indicateurs ont également été proposés, certains mettant l’accent sur l’importance de la pauvreté (IPH) ou sur la plus ou moins grande amplitude des inégalités sociales, d’autres visant à intégrer la dimension écologique comme critère d’évaluation de la qualité de la croissance (PIB vert).

II. LES SOURCES DE LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE

A. Croissance extensive ou croissance intensive ?

Les deux principaux facteurs de production sont le facteur « travail » et le facteur « capital ».

DÉFINITION : Facteur travail. Ensemble des travailleurs participant à la production d’un bien ou d’un service.

DÉFINITION : Facteur capital. Ensemble des machines et biens d’équipements nécessaires à la production d‘un bien ou d’un service.

La croissance économique, c’est-à-dire l’augmentation de la production, peut s’expliquer par la hausse des quantités de facteurs de production utilisées, mais également par la hausse de la qualité des facteurs de production. La quantité de la production dépend des facteurs de production, soit Y = f (K, L). Y représente la production, K le capital et L le travail (Labour en anglais).

1. Croissance extensive

Lorsque la croissance économique résulte de l’utilisation d’une plus grande quantité de facteurs de production (travail et capital), on parle de croissance extensive. Exemple : L’entreprise Yollo dispose d’un employé et d’un four. Elle produit 1 pizza par jour. Si elle souhaite doubler sa production (donc 2 pizzas), on suppose qu’il lui faudra deux employés et/ou deux fours.

Toutefois, la croissance extensive fait face à la loi des rendements décroissants. La loi des rendements décroissants met en valeur que plus on ajoute des nouveaux facteurs de production, plus leur efficacité est faible et à terme, leur productivité est presque nulle. Autrement dit, la croissance extensive est envisageable à court et moyen terme pour augmenter la production, mais ne sera plus efficace à long terme.

Il faut donc envisager un autre moyen d’augmenter la croissance sans augmenter les quantités de facteurs.

2. Croissance intensive

La croissance intensive résulte, quant à elle, de l’augmentation de la productivité des facteurs de production. Ces derniers peuvent être plus productifs, autrement dit plus efficaces. Cela correspond à une amélioration de la qualité des facteurs de production. Exemple : L’entreprise Yollo dispose d’un employé et d’un four. Elle produit 1 pizza par jour. Si elle souhaite doubler sa production (donc 2 pizzas), on suppose qu’il lui faudra former son employé pour le rendre plus efficace ou investir dans un four plus performant.

B. Le progrès technique

L’économiste américain Robert Solow en 1956 a montré qu’une partie de la croissance ne s’expliquait pas par l’augmentation des quantités de facteurs de production utilisées. Il appelle « résidu » cette part inexpliquée de la croissance.

Ce résidu correspond, en réalité, à ce qu’on appelle le « progrès technique ». Il recouvre tous les éléments qui permettent d’améliorer la productivité globale des facteurs de production. Par exemple : technologies plus efficaces, amélioration de l’organisation du travail, connaissances scientifiques accrues….

DÉFINITION : Progrès technique. Ensemble des innovations (de produits, de procédés, organisationnelles…) améliorant la productivité globale des facteurs.

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C. La théorie de la croissance endogène

1. Accumulation de capital

La théorie de la croissance endogène explique comment la croissance peut s’auto-entretenir grâce à l’accumulation de capital. Il peut s’agir :

  • de capital technologique, comme le progrès technique ;
  • de capital physique, comme de nouvelles machines ;
  • de capital humain, comme la formation et la qualification des travailleurs ;
  • de capital public, comme les infrastructures mises en place par l’État.

2. Externalités positives, rendements d’échelle croissants

Selon la théorie de la croissance endogène, il existe des facteurs qui permettent à la croissance de s’auto entretenir.

Le modèle de croissance endogène met en valeur l’existence de rendements d’échelle croissants et d’externalités positives pour l’ensemble de l‘économie. En effet, en investissant dans certains domaines, l’État (ou les agents) à l’origine de cet investissement vont générer des bienfaits pour l’ensemble des agents économiques.

DÉFINITION : Externalités positives. Conséquence involontaire positive de l’action d’un agent économique sur le bien-être d’un ou plusieurs autres agents économiques.

DÉFINITION : Rendements d’échelle croissants. Relation entre la quantité produite d’un bien et la quantité de facteurs de production utilisée. Les rendements sont croissants lorsque la quantité produite augmente plus vite que les quantités de facteurs utilisés.

3. Les théoriciens de la croissance endogène

Trois auteurs sont connus pour leur apport à la théorie de la croissance endogène. Chacun explicite un facteur contribuant à générer des externalités positives et de la croissance auto-entretenue.

Paul Romer met en valeur l’importance d’investir dans la recherche et développement pour obtenir les innovations de demain et générer une croissance sur le long terme.

Robert Lucas explique qu’il est nécessaire d’investir dans le capital humain. La formation continue et la qualification de la main d’œuvre sont une des clés d’une croissance durable.

Robert Barro met l’accent sur la nécessité d’investir dans le capital public, c’est-à-dire les infrastructures publiques. Selon lui, une économie disposant de lignes de chemin de fer, de routes, de ponts… est beaucoup plus productive.

III. L’IMPORTANCE DU CADRE INSTITUTIONNEL

Pour que l’activité économique se développe au mieux, il est nécessaire qu’elle se situe dans un cadre institutionnel favorable.

Ce cadre institutionnel va comprendre des administrations publiques compétentes, le respect et la protection de droits juridiques tels que les droits de propriété. Ainsi, la mise en place de brevets protège la propriété intellectuelle des agents et constitue donc une condition favorable à l’innovation et à la croissance économique.

L’intégrité du système politique, c’est-à-dire des gouvernements, est également une condition favorable à la croissance économique. En effet, dans les pays qui sont instables politiquement (par exemple, les pays en guerre ou les pays gangrénés par la corruption), l’environnement institutionnel est défavorable à la croissance économique. Amartya Sen a mis en valeur que le régime politique le plus favorable à la croissance économique était la démocratie.

LE PETIT + DANS TA COPIE

La difficulté de ce chapitre réside dans la technicité des notions à maîtriser. Des notions, telles que croissance extensive, intensive, endogène doivent être acquises et utiliser à bon escient dans votre copie. Elles ne sont pas toujours évidentes au premier abord, mais vous seront utiles dans ce chapitre comme dans le chapitre sur les fluctuations de la croissance.

Vous devez absolument connaître la définition de la croissance. Il est difficilement envisageable pour un élève ayant étudié les SES de ne pas savoir définir cette notion clé et centrale... en tout cas aux yeux d’un correcteur.

Il est aussi conseillé d’avoir une idée des principales données économiques françaises. Par exemple :

  • PIB 2018 : 2200 milliards d’euros ;
  • Taux de croissance 2018 : +1.5% ;
  • IDH 2017 : 0.901.

POUR ALLER PLUS LOIN …

Quelques lectures assez techniques peuvent vous aider à approfondir le chapitre :

  • Les nouveaux indicateurs de richesses, collection « Repères », 2007
  • Productivité, croissance, emploi, collection « Circa », 2005.

On vous encourage aussi à regarder le film documentaire Sacrée croissance (2014), qui a reçu de très bonnes critiques.

PROGRAMME COMPLET DE SES

Accède à toutes les fiches du programme de Sciences économiques et sociales ci-dessous. Notre professeur t'a préparé une leçon pour chacune notion du programme pour réviser ton bac de SES ! Télécharge la fiche gratuitement en créant ton compte pour réviser n'importe où.

  1. Quelles sont les sources de la croissance économique ?
  2. Comment expliquer l'instabilité de la croissance ?
  3. Quels sont les fondements du commerce international et de l'internationalisation de la production ?
  4. Quelle est la place de l'Union européenne dans l'économie globale ?
  5. La croissance économique est-elle compatible avec la préservation de l'environnement ?
  6. Comment analyser la structure sociale ?
  7. Comment rendre compte de la mobilité sociale ?
  8. Quels liens sociaux dans des sociétés où s'affirme le primat de l'individu ?
  9. La conflictualité sociale : pathologie, facteur de cohésion ou moteur du changement social ?
  10. Comment les pouvoirs publics peuvent-ils contribuer à la justice sociale ?
  11. Comment s'articulent marché du travail et gestion de l'emploi ?
  12. Quelles politiques pour l'emploi ?

Fin de l'extrait

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Les avis sur ce document

mima88
5 5 0
20/20

C'est un site très productif je vous encourage !!

par - le 05/11/2017
Lelyceen91
5 5 0
20/20

Fiche très instructive ,elle me sera utile pour préparer mon entre en premier ES

par - le 26/08/2017
lilirose02
4 5 0
16/20

Bonne synthèse de cours mais il manque le point sur la croissance endogène ce qui est assez embêtant puisque c'est une des notions plutôt complexe de ce chapitre.

par - le 08/02/2017
Plus d'avis (13)

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