Comment expliquer les crises financières et réguler le système financier ? - Spé Economie Approfondie - Terminale ES

Comment expliquer les crises financières et réguler le système financier ? - Spé Economie Approfondie - Terminale ES

Retrouve notre fiche sur les crises financières pour réviser ton épreuve de spé économie approfondie du bac es 2019, cette fiche est rédigée par un professeur certifié.

Le troisième thème en économie approfondie porte sur la globalisation financière. Le deuxième chapitre de ce thème apporte une présentation générale des mécanismes conduisant aux crises financières, ainsi qu’aux moyens mis en œuvre pour régulation l’instabilité financière.

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LE PROGRAMME D'ÉCONOMIE APPROFONDIE

Clique sur les liens suivants pour accéder aux différentes fiches du programme d'EA du Bac ES :

Comment la dynamique démographique influe-t-elle sur la croissance économique ?

Quel est l'impact des variables économiques et démographiques sur le financement de la protection sociale ?

Dans quelles circonstances les entreprises peuvent-elles exercer un pouvoir de marché ?

Quel est le rôle de la politique de la concurrence ?

Qu'est-ce que la globalisation financière ?

Comment expliquer les crises financières et réguler le système financier ?

Le troisième thème en économie approfondie porte sur la globalisation financière. Le deuxième chapitre de ce thème apporte une présentation générale des mécanismes conduisant aux crises financières, ainsi qu’aux moyens mis en œuvre pour régulation l’instabilité financière.

PRÉREQUIS

Le premier chapitre du troisième thème d’économie approfondie permet d’avoir les notions de base (globalisation financière, marchés financiers) pour saisir l’enjeu du chapitre deux.

OBJECTIFS

On présentera les mécanismes susceptibles d'engendrer un choc systémique, en insistant particulièrement sur les déséquilibres macro-économiques, les anticipations mimétiques et l'aléa moral. L'exemple d'un marché permettra d'illustrer les problèmes posés par la volatilité des cours. On présentera quelques instruments de régulation des marchés financiers : réglementation prudentielle, contrôle des agents et activités soumis au risque de conflits d'intérêts (agences de notation, titrisation), mesures visant une plus grande transparence des marchés.

Notions à maîtriser : Aléa moral, risque systémique, comportement mimétique, régulation.

I. LES PRINCIPAUX MÉCANISMES SUSCEPTIBLES D’ENGENDRER DES CRISES FINANCIÈRES

A. Les déséquilibres macroéconomiques

Depuis les années 1980, l’interdépendance des économies nationales et des marchés financiers s’est accentuée, notamment sous l’influence de l’ouverture des pays au reste du monde et du processus des 3D.  

Cette interdépendance favorise les risques « systémiques ». C’est-à-dire qu’un agent ou une nation en difficulté peut « déséquilibrer » l’ensemble des agents.

Les déséquilibres macroéconomiques peuvent générer une instabilité financière. En effet, l’excédent de la balance courante de la Chine génère une grande quantité d’épargne. Or, cette épargne est utilisée pour les placements financiers mondiaux.

De plus, le déficit de la balance courante américaine encourage une croissance par l’endettement. Les ménages et entreprises américains vont alors pouvoir consommer en faisant appel à des emprunts. Ces emprunts vont alors encourager certaines prises de risque sur la sphère financière.

DÉFINITION : Balance des transactions courantes. La balance des transactions courantes est un document comptable qui retrace l’ensemble des échanges de biens et de services entre un pays et le reste du monde.

B. Les anticipations mimétiques

Le comportement des agents sur les marchés financiers est également une cause d’instabilité financière. En effet, on constate des tendances au mimétisme. Les agents adoptent alors des comportements moutonniers.

Si quelques agents anticipent la hausse d’un actif, ils vont alors acheter cet actif, faisant augmenter sa valeur. Les autres agents vont alors acheter à leur tour pour « profiter » de cette augmentation. 

Peu à peu, la valeur de cet actif croît de façon exponentielle en se déconnectant de sa « vraie » valeur sur le marché. C’est la formation d’une « bulle spéculative ».

Mais les anticipations à la baisse vont devenir de plus en plus présentes et la bulle va éclater. En effet, certains agents vont commencer à vendre cet actif, suivis de très près par l’ensemble des agents détenant cet actif. La valeur de l’actif va alors s’effondrer, déstabilisant ainsi les marchés financiers.

C’est le principe de la prophétie auto réalisatrice : les anticipations des agents se réalisent, notamment par leurs comportements moutonniers.

C. L’aléa moral

L’instabilité sur les marchés financiers peut également naître en raison du développement de nouveaux instruments financiers, à l’instar de la titrisation, technique massivement utilisée par les banques à partir des années 2000. 

La titrisation permet en effet de transformer des crédits bancaires en titres négociables, cédés ensuite à d’autres investisseurs avec les risques qu’ils comportent. Le risque est alors « dilué » auprès d’un grand nombre d’investisseurs favorisant les risques systémiques.

De plus, certains acteurs financiers adoptent des comportements relativement risqués, car ils savent que les conséquences seront ensuite assumées par la collectivité. C’est notamment le cas de certaines banques, qui ont conscience que les Banques Centrales (BCE, Fed…) joueront leur rôle de prêteurs en dernier ressort en cas de difficultés. 

Certaines banques vont alors être moins rigoureuses et prêtent à des agents dont la solvabilité est parfois faible. Ce fut notamment le cas pour la banque américaine Lehman Brothers, qui fit faillite le 15 septembre 2008 et qui provoqua la crise des subprimes.

Lorsqu’un agent sait qu’il n’assumera pas la totalité des conséquences de ses actes (par exemple, s’il est assuré contre certains risques), il a tendance à prendre davantage de risques. C’est le principe de l’aléa moral.

D. La volatilité des cours à travers l’exemple d’un marché des matières premières

Le prix des matières premières a tendance à augmenter depuis plusieurs décennies. En effet, la demande en matières premières est supérieure à l’offre.

De plus, l’apparition de contrats d’ « assurance » a renforcé la volatilité des cours sur certains marchés. Pour expliquer la volatilité des prix, on évoque généralement le rôle de la spéculation financière qui se reporte sur ce type de marchés en période de crise avec l’émergence du marché des produits dérivés.

DÉFINITION : Produits dérivés. Les produits dérivés sont des instruments financiers dont la valeur varie en fonction du prix d’un actif appelé sous-jacent. Le sous-jacent peut être de différentes natures.

Ici, il s’agit de produits agricoles : blé, maïs, etc.

Le produit dérivé va permettre de pouvoir profiter des fluctuations de l'actif sans avoir à l'acheter ou le vendre lui-même. Ces produits reproduisent (à la hausse et/ou à la baisse) les variations du sous-jacent.

Ces instruments financiers ont été créés à l’origine pour se protéger des risques financiers (évolutions des prix matières premières, évolutions des taux de change des monnaies…), mais elles sont aujourd’hui un moyen fréquent de spéculation. La volatilité des prix agricoles a ainsi été mise à l’agenda des réunions du G20 puisqu’elle est de nature à mettre en péril la sécurité alimentaire dans les pays du Sud et à aggraver les inégalités mondiales.

II. LES INSTRUMENTS DE RÉGULATION DES MARCHÉS FINANCIERS

DÉFINITION : Régulation. La régulation est l’ensemble des mesures permettant à un système de fonctionner correctement à long terme. 

A. La règlementation prudentielle

DÉFINITION : Règle prudentielle. Une règle prudentielle est une règle visant à éviter ou à limiter la prise de risque par les banques et les agents financiers.  

Suite à la crise des subprimes de 2008 et à l’émergence de nouveaux procédés financiers (produits dérives, titrisation…), les États ont voulu renforcer la régulation du secteur financier, soit l’ensemble des règles juridiques qui organisent et encadrent le secteur financier.

La réglementation financière doit permettre de limiter l’instabilité financière.

On parle ici essentiellement des accords de Bâle (I puis II puis III) qui visaient à imposer un rapport minimal de solvabilité aux banques par rapport aux crédits octroyés. Actuellement les banques doivent avoir un rapport entre les crédits octroyés et leur fonds propres de 6 %.

La nouvelle réglementation, dite de « Bâle III », doit s’appliquer à toutes les banques internationales d’ici 2019. Les banques doivent détenir un certain montant de liquidités pour faire face à leurs engagements.

Mais, ces règles sont difficiles à mettre en œuvre, car :

  • Il existe un manque de coordination entre les pays. 
  • Certains pays ne souhaitent pas adhérer, notamment les paradis fiscaux.
  • Les nouvelles règles ne sont que des « recommandations », car il n’existe pas une institution mondiale ayant le pouvoir d’imposer ces normes aux États.

B. Le contrôle des agents et des activités

Les débats sur la réglementation financière ont aussi évoqué le rôle de certains acteurs importants, comme les agences de notation.

DÉFINITION : Agence de notation. Une agence de notation est une entreprise privée chargée de noter la qualité des emprunteurs pour permettre aux prêteurs de mesurer le risque de leurs placements. Créées suite à la crise de 1837, elles proposent aux emprunteurs et aux prêteurs un avis (une note) sur la solvabilité des agents concernés.

Les agences les plus importantes sont les deux agences américaines, Standard and Poor’s et Moody’s, et l’agence européenne Fitch.

Toutefois, pour être notée, une entreprise doit payer cette prestation, il faut donc rester prudent sur l’exactitude de la notation puisque les notés sont également les clients de l’agence.

L’agence est employée par l'acteur de marché qui souhaite être noté, ce qui soulève la question de l’indépendance de l'agence dans le processus de notation. Leur objectivité est remise en cause.

La confiance des marchés financiers repose donc sur la réputation des agences de notation qui a été ébranlée par la crise des subprimes de 2007.

C. Les mesures pour accroître la transparence sur les marchés

Une meilleure transparence des marchés pourrait ainsi passer par l’obligation pour les paradis fiscaux de fournir davantage d’informations sur leurs activités et la provenance des capitaux de leurs clients.

LE PETIT + DANS TA COPIE

Pour être à l’aise sur ce chapitre, il est important de comprendre le processus de titrisation et de spéculation. La crise de 2008 est un exemple récent et probant des failles du système financier actuel.

POUR ALLER PLUS LOIN …

La chaîne Youtube « Fondation Croissance responsable » propose des vidéos explicatives sur l’économie, notamment sur les marchés financiers, la spéculation etc.

  • La chaîne :
  • Qu’est-ce que la spéculation ? 
Fin de l'extrait

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