Corrigé de Spé Économie approfondie du bac ES 2018

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Corrigé de Spé Économie approfondie du bac ES 2018

Le contenu du document



DISSERTATION SES

Depuis le 1er janvier 2018, le salaire minimum interprofessionnelle de croissance (SMIC) a été augmenté de 1,24%. Un travailleur en France devra donc être payé au minimum 1498,47€ sur une base de 35 heures hebdomadaires.

Le salaire est la rémunération du travail des actifs qui vendent leur force de travail à leur employeur. Sur le marché du travail, les offreurs sont donc les actifs occupés et inoccupés (travailleurs et chômeurs), qui mettent à disposition leur force de travail. Les demandeurs en force de travail sont les entreprises.

Le salaire est-il alors seulement déterminé par la rencontre de l’offre et de la demande comme l’explique l’analyse néoclassique ? N’existe-t-il pas d’autres déterminants à prendre en compte pour pouvoir comprendre la fixation du salaire ? Nous verrons dans une première partie que le salaire est déterminé par la rencontre de l’offre et de la demande sur le marché du travail si certaines hypothèses sont respectées. Nous mettrons ensuite en valeur dans une seconde partie qu’il existe d’autres éléments ayant une influence sur la détermination du salaire.

I. Le salaire est déterminé par la rencontre de l’offre et de la demande sur le marché du travail selon l’analyse néoclassique

1. Les déterminants de l’offre et de la demande sur le marché du travail

• Le bien échangé est la force de travail.

• Le prix est le salaire réel, c’est-à-dire salaire / inflation. Celui qui mesure le pouvoir d’achat.

• L’offre est déterminée d’après l’arbitrage travail / loisirs. Elle dépend du salaire réel. Plus le salaire réel est élevé, plus l’offre l’est également. L’offre est une fonction croissante du prix.

• La demande est déterminée par la comparaison entre salaire réel et productivité marginale du travailleur supplémentaire. Plus le salaire réel est élevé, plus la demande diminue. La demande est une fonction décroissante du prix.

Si salaire < productivité, l’entreprise embauche.

Si salaire > productivité, l’entreprise cesse les embauches.

2. Un marché du travail à l’équilibre fixe le salaire

• Les conditions nécessaires à l’équilibre sont celles de la CPP : atomicité, homogénéité des produits, transparence de l’information, mobilité des facteurs, libre entrée sur le marché.

• Si ces conditions sont respectées, l’offre et la demande se rencontrent et forment le point d’équilibre. Ce point d’équilibre détermine le prix d’équilibre et la quantité d’équilibre. Ici, le prix d’équilibre est le salaire réel d’équilibre.

II. Mais la fixation du salaire est également déterminée par d’autres facteurs

1. Le relâchement de certaines hypothèses remet en cause l’analyse néoclassique

• La théorie de la segmentation du marché du travail met en valeur que le salaire des travailleurs du « marché primaire » ne sont pas soumis systématiquement au salaire d’équilibre. Il existe une différenciation selon la force de travail. (Document 3)

• Les employeurs peuvent mettre en place un salaire d’efficience pour stimuler la productivité et l’implication de leurs travailleurs. Ce salaire est alors supérieur au salaire d’équilibre.

• L’existence des syndicats remet en cause l’atomicité du marché du travail. Ils ont alors une influence sur la fixation du salaire et deviennent des price-maker, c’est-à-dire des faiseurs de prix. (Document 1)

2. L’intervention de l’État impacte la détermination du salaire

• Les pouvoirs publics instaurent un salaire minimum, qui constitue un prixplancher en dessous duquel les entreprises ne peuvent pas rémunérer leurs travailleurs. Pour les travailleurs dont la productivité est la plus faible, ce salaire minimum est supérieur au salaire d’équilibre fixé par les néoclassiques. (Document 2)

• L’obligation annuelle pour les entreprises de rencontrer les travailleurs et leurs syndicats engendre régulièrement des augmentations de salaire ou des conditions spécifiques de rémunération. C’est le principe des conventions collectives.

Finalement, selon l’analyse néoclassique, la rencontre de l’offre et de la demande détermine l’équilibre sur le marché du travail, et ainsi le salaire d’équilibre. Pour que l’équilibre soit trouvé, cela suppose que le marché du travail réponde à cinq conditions, celles de la concurrence pure et parfaite. Les offreurs vont alors effectuer un arbitrage travail/loisirs avant de mettre à disposition leur force de travail. Les demandeurs vont eux effectuer une comparaison entre le salaire réel et la productivité marginale d’un travailleur supplémentaire. Toutefois, certaines hypothèses de l’analyse néoclassique ne sont pas toujours vérifiées. Il y a donc d’autres déterminants à la fixation du salaire.

La force de travail n’étant pas homogène, les salaires sont différenciés. De plus, pour minimiser l’aléa moral, les employeurs peuvent instaurer un salaire d’efficience supérieur au salaire d’équilibre. Enfin, l’existence des syndicats met à mal l’hypothèse d’atomicité et engendre des hausses de salaire, déconnectée du salaire d’équilibre. L’Etat impacte également le salaire. En effet, certaines obligations étatiques engendrent la détermination d’un salaire supérieur à celui de l’équilibre néoclassique. C’est le cas du salaire minimum et les conventions collectives.

ÉPREUVE COMPOSÉE

Partie 1 : Mobilisation des connaissances.

1. Montrez à l’aide d’un exemple que la croissance économique s’autoentretient

Pour les théoriciens de la croissance dite endogène, l’augmentation de la productivité globale des facteurs, qui constitue une source de la croissance, ne « tombe pas du ciel », au contraire des économistes classiques. Cette augmentation provient de l’accumulation de différents types de capitaux (notamment humain et technologique) par des agents économiques. On peut mettre en évidence deux raisons à ce phénomène. Tout d’abord, la productivité des agents qui accumulent ces capitaux augmente. En conséquence, d’autres agents économiques que ceux qui accumulent ces capitaux en bénéficient sans en payer le prix (externalité positive, comme par exemple dans le cas d’une entreprise qui embauche des salariés bien formés).

En outre, des rendements croissants apparaissent, puisque de nombreux agents économiques perçoivent ces externalités positives, ce qui permet une croissance à long terme et auto-entretenue : une augmentation de la production génère une hausse des revenus, donc davantage de moyens d’accumuler des capitaux, et par-là d’augmenter la production et la croissance. On peut par exemple montrer en quoi l’accumulation de capital humain par la hausse du niveau d’éducation et par une meilleure santé peut être à la source de la croissance.

Une population en meilleure santé et avec un bon niveau de formation sera davantage apte à travailler efficacement. En effet, le capital humain accumulé par les individus via la formation profite à d’autres agents économiques qu’eux-mêmes : les entreprises qui les embauchent (externalité positive). La présence d’externalités positives justifie par ailleurs que l’Etat prenne en charge une partie de cet effort d’éducation (ce qui explique par exemple la présence d’universités publiques). On pourrait appliquer un raisonnement similaire en ce qui concerne l’état de santé des individus.

2. Montrez à l’aide d’un exemple que les inégalités économiques et sociales peuvent être cumulatives

Les inégalités se définissent comme l’accès inégal, entre des individus ou des groupes, à certaines ressources socialement valorisées. Elles sont principalement de deux natures : économique (partage inéquitable des richesses avec des différences de revenus et de patrimoine entre les individus et les groupes) et sociales (culturelles, politiques, etc.). Le trait le plus important de ces deux types d’inégalités est qu’elles peuvent s’alimenter entre elles : on dit qu’elles peuvent être cumulatives. En effet, les inégalités en termes de revenus sont à l’origine d’inégalités d’épargne, ellesmêmes source d’inégalités de patrimoine. Ces inégalités économiques ont un effet sur les autres formes d’inégalités sociales, en introduisant par exemple d’importantes différences dans la réussite scolaire des enfants selon le revenu et le patrimoine des familles. Il a été montré que plus les revenus des parents étaient élevés, plus les risques de redoublement et d’échec scolaire étaient faibles. Le revenu des parents, en définissant les conditions matérielles d’existence, place l’enfant dans des conditions plus ou moins propices à la réussite scolaire.

Par exemple, le fait pour l’enfant de disposer d’une chambre individuelle favorise le travail dans un environnement calme, propice à la réussite scolaire. On peut également souligner que des revenus relativement élevés favorisent le recours au soutien scolaire, à l’achat de documents parascolaires, d’un ordinateur pour recherche d’informations… On voit donc bien ici en quoi les ressources financières définissent des modes de vie plus ou moins favorables et placent donc l’enfant dans des conditions plus ou moins propices à la réussite scolaire.

Partie 2 : Étude d’un document.

Le document qui nous est proposé ici présente les taux de croissance du commerce mondial en volume et du PIB réel (donc corrigés des variations des prix) sur la période 2007-2016 pour les pays de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui regroupe 164 Etats en 2018. Il a été élaboré par le service statistique de cette institution chargée d’élaborer les règles régissant le commerce international entre les pays. On constate une corrélation assez nette entre la croissance du commerce mondial de marchandises et la croissance économique, mesurée par la variation du produit intérieur brut (PIB). Ainsi, pour 2013, les deux taux avoisinaient les 2,5%. La croissance de la production s’explique en partie par l’ouverture commerciale.

En effet, à la suite de l’ouverture commerciale, les consommateurs bénéficient d’une offre de biens et de services plus abondante et variée qu’en autarcie, ce qui se traduit par des gains de pouvoir d’achat et de variété. Ce phénomène est renforcé par le fait qu’une offre plus variée crée davantage de concurrence entre les firmes, source de baisse des prix et d’innovation, donc d’une hausse de la consommation et par-là d’une augmentation des productions nationales.

Les producteurs, quant à eux, peuvent trouver des débouchés supplémentaires, se procurer à moindre coût les biens dont ils ont besoin pour produire (dans le cadre de la division internationale des processus de production), ou encore bénéficier de transferts de technologie (acquisition de brevets, achats de produits de haute technologie…). Tous ces phénomènes permis par l’ouverture commerciale favorisent la croissance économique.

Par ailleurs, on constate, jusqu’en 2010, que le commerce mondial suit une tendance amplifiée par rapport à la conjoncture. Ainsi, lors de la crise de 2009, le commerce mondial diminue environ cinq fois plus que la production des pays membres de l’OMC (12,5% contre 2,5% environ), ce qui peut être interprétée comme la conséquence d’une chute brutale de la consommation et de l’investissement, réduisant les importations des pays, ainsi que par un repli des entreprises sur leurs marché intérieur, favorisant une baisse des exportations. Ce phénomène va à l’encontre de plusieurs décennies d’ouverture commerciale et d’un taux de croissance supérieur du commerce mondiale largement supérieur à celui de la production, phénomène permis notamment par la libéralisation massive des échanges internationaux de biens et de services depuis 1945.

Depuis 2010, les deux taux croissent à des rythmes équivalents, avec toutefois une augmentation légèrement plus rapide du commerce mondial (4% contre 2,5%, prévision pour 2016), ce qui laisse présager une reprise de la confiance pour les années à venir, avec un retour à la tendance d’avant-crise.

Partie 3 : Raisonnement s’appuyant sur un dossier documentaire

À l’aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que les formes de solidarité ont évolué.

Eléments d’introduction : on définira les solidarités comme l’ensemble des liens sociaux et de dépendances réciproques entre des individus ainsi tenus au bien-être des autres, généralement des membres d’un même groupe liés par une communauté de destins (famille, village, entreprise, etc.).

Dans des sociétés où s’affirment le primat et l’autonomie de l’individu par rapport au groupe, quelle place pour les solidarités ? Quelles nouvelles formes de solidarités peuton mettre en évidence dans les sociétés contemporaines ?

I/ Des sociologues classiques ont mis en évidence une transformation des formes de solidarités…

A. Sociologue fondateur, Emile Durkheim s’interroge sur les transformations du lien social, après une révolution industrielle qui a bouleversé les formes de solidarités traditionnelles (De la division du travail social, 1893 [Document 1]). Selon lui, les sociétés anciennes sont caractérisées par une solidarité reposant principalement sur la similitude d’individus fort peu différenciés dans leur apparence, leur mode de vie, leur manière de penser.

Cette solidarité, qu’il nomme mécanique, se nourrit du partage des expériences (religion, vie quotidienne, travail), sur un très fort contrôle social et sur des modes de vie laissant peu de place à l’intime. Selon Durkheim, cette forme de solidarité fait progressivement place à la complémentarité née de la division du travail. Les individus ne peuvent plus être identiques, puisque l’efficacité du fonctionnement de sociétés complexes nécessite leur spécialisation, donc leur différenciation. Mais ils appartiennent chacun à des « organes » (groupes professionnels, équipes de travail…) complémentaires, chacun étant indispensable au fonctionnement de l’ensemble.

B. Dans les sociétés modernes, l’autonomie des individus progresse et tend ainsi à rendre les liens sociaux plus personnels, plus électifs et plus contractuels. Georg Simmel avait distingué les liens sociaux selon qu’ils se déployaient au sein des communautés ou au sein de la société. Dans le premier cas, l’étroitesse des relations interindividuelles est telle que la conscience de soi de l’individu se fond dans le groupe dont il revêt l’identité. Au contraire, dans la société, l’individu appartient à divers « cercles sociaux » vers lesquels ses aspirations et ses intérêts le conduisent. Plus le nombre de cercles est élevé et varié, plus il prend conscience de son individualité et mieux celle-ci se réalise. Dans la même optique, la multiplication des communautés d’intérêts, en partie au détriment des communautés traditionnelles, accentue le processus d’individualisation.

En effet, elles agrègent des individus qui, au-delà des intérêts qu’ils ont en commun, sont présents dans différents cercles sociaux (appartenances familiale, politique, religieuse, professionnelle, locale, associative, etc.). Ces entrecroisements de cercles sociaux, propres à chaque individu, font ressortir sa singularité. C’est cette analyse qu’applique Nicolas Hourcade lorsqu’il analyse les groupes de supporters ultras (2004 [Document 3]). Lorsque les cercles sociaux s’organisent selon un modèle concentrique, les différentes appartenances s’emboitent les unes dans les autres et se renforcent mutuellement, l’autonomie de l’individu reste limitée. En revanche, lorsque les différents cercles deviennent indépendants au point d’être juxtaposés les uns à côté des autres, l’indépendance de l’individu, alors maximale, lui assure une grande liberté et son identité s’enrichit de multiples dimensions. Au sein de ces différents cercles, la solidarité est donc forte car fondée sur des liens électifs. Cependant, ces sociologues admettent que les deux formes de solidarités doivent subsister, y compris dans les sociétés modernes.

II/ … bien que certaines instances restent fortement pourvoyeuses de solidarités

A. Instance fondamentale de la socialisation primaire, la famille est également à l’origine du lien de filiation qui constitue le fondement de l’appartenance sociale à travers l’expérience originelle de l’attachement. C’est également en mettant à la disposition de ses membres une série de ressources – affectives et morales, sociales et relationnelles, matérielles et monétaires – que la famille concourt à leur intégration sociale.

Ainsi, la fonction de solidarité qu’elle remplit contribue au lien social et reste une pourvoyeuse centrale de solidarités dans les sociales contemporaines. L’entraide familiale recouvre des dimensions variées et donne lieu à des flux de services, des flux de biens et des flux financiers relativement importants, comme le montre le l’INSEE. Ainsi, en 2011, 54% des personnes de 16 à 29 ont reçu au moins une forme d’aide de leurs proches (financières, matérielle ou morale) [Document 2].

B. L’école contribue à la solidarité et à la cohésion sociale de plusieurs manières. Elle transmet d’abord des normes et des valeurs qui servent de base à la culture commune. Elle diffuse ensuite des savoirs et des qualifications qui permettent aux individus de trouver une place dans la division du travail, conformément aux analyses de Durkheim (1893 [Document 1]). Enfin, elle participe également à leur épanouissement car, à travers les connaissances qu’elle délivre, elle accroît la compréhension qu’ils ont du monde et, partant, leur autonomie. L’école continue donc de jouer un rôle central dans les sociétés contemporaines, le creuset scolaire constituant une source de solidarité organique.

C. Instance clé d’intégration, le travail, en dépit de ses transformations, continue de contribuer à la solidarité organique. En effet, dans les sociétés à solidarité organique, le travail est une instance clé d’intégration. Le travail contribue à la construction de l’identité sociale au sein de laquelle l’identité professionnelle forme une composante importante. Les relations de travail remplissent une fonction de socialisation secondaire et influencent la sociabilité des individus. Par ailleurs, les relations professionnelles donnent accès à diverses formes de participation sociale (syndicats, associations professionnelles). Dans des sociétés confrontées à un pluralisme culturel croissant, le travail apparaît ainsi comme un facteur de cohésion décisif. En attribuant un statut social aux individus, le travail concourt à leur reconnaissance sociale, à leur dignité et à leur autonomie. En somme, conformément aux analyses de Durkheim, il rend compatibles le processus d’individualisation et la cohésion sociale.

Conclusion : On peut donc mettre en évidence, depuis la fin du 19ème siècle, une transformation des formes de solidarité, avec notamment le passage d’une solidarité mécanique, fondée sur la similitude et l’appartenance à une communauté (paroisse, famille…) à une solidarité organique, fondée sur une interdépendance croissance entre les individus. Néanmoins, la solidarité mécanique n’a pas complètement disparu, comme le montre par exemple l’importance des solidarités familiales. Ainsi, si elles se sont transformées, les formes de solidarités se sont surtout diversifiées dans les sociétés contemporaines.

 

ÉCONOMIE APPROFONDIE

Sujet A

La politique de la concurrence garantit que les entreprises se livrent une concurrence loyale, fondée sur les produits et les prix, sans qu’aucune ne bénéficie d’avantages injustifiés. Il s’agit de mettre fin à toute pratique anticoncurrentielle. Un cartel de producteurs est une situation de marché où les entreprises sont en collusion, en fixant notamment leurs prix et leurs quantités de manière coordonnée pour maximiser leurs profits communs.

Nous nous demanderons alors quel est le rôle de la politique de la concurrence face aux cartels de producteurs. Nous verrons dans une première partie que la politique de la concurrence a pour but de faire respecter les principes de la concurrence et ainsi, protéger les consommateurs. Dans une seconde partie, nous mettrons en valeur les moyens utilisés par les autorités pour parvenir à leurs fins.

1. Les autorités de la concurrence font respecter les principes de la concurrence loyale

Le rôle de la politique de la concurrence est de veiller à ce que les pratiques commerciales soient faites loyalement dans le respect d’un marché concurrentiel. L’Autorité de la Concurrence, qui supervise le comportement concurrentiel en Europe, surveille les pratiques anticoncurrentielles, les opérations de concentration et effectue l’expertise du fonctionnement du marché.

Leur objectif est avant tout de protéger les consommateurs. En effet, un marché imparfaitement concurrentiel pourrait avoir des conséquences sur le bien-être des demandeurs. Dans le cas des cartels de producteurs, les prix pratiqués sont supérieurs à ceux d’un marché concurrentiel. Cela impacte donc le pouvoir d’achat et le niveau de vie des acheteurs. De plus, dans certains cas, des quotas de production sont mis en place entre les entreprises de l’entente, empêchant les demandeurs d’avoir accès aux produits ou nécessitant de leur part un effort financier, puisque l’offre est rationnée. Ainsi, une étude en 2006, en analysant le fonctionnement de 248 cartels actifs entre 1990 et 2005 et condamnés à travers le monde, a constaté une hausse de prix moyenne des produits de 43%.

2. La politique de la concurrence vise à sanctionner les cartels

Pour mener à bien son objectif, les autorités de la concurrence ont la possibilité de sanctionner les cartels de producteurs. Elles sont en charge du respect des bonnes pratiques concurrentielles et doivent respecter les principes de la concurrence. Pour cela, elle a sa disposition deux moyens complémentaires.

Tout d’abord, en France, la clémence est un outil important utilisé par l’Autorité de la Concurrence. Par la politique de clémence, les entreprises sont incitées à révéler des ententes illicites car en échange, elles obtiennent l’immunité, c’est-à-dire qu’elles ne sont pas sanctionnées. Or, les amendes peuvent atteindre des sommes importantes.

Les autorités de la concurrence ont créé cette stratégie pour apporter une réponse à une imperfection de l’information puisqu’il est difficile pour les autorités de la concurrence de repérer toutes les ententes. De plus, lorsqu’un cartel de producteurs est découvert par les autorités de la concurrence, ces dernières vont lourdement sanctionner les entreprises impliquées dans la collusion. C’est une action a posteriori, qui vise au bon respect des règles de la concurrence pour les entreprises condamnées et qui, en même temps, sert d’exemple pour les entreprises qui seraient tentés de s’entendre sur les prix et/ou les quantités.

Finalement, les autorités en charge de la politique de la Concurrence veillent au bon fonctionnement des marchés. Elles s’assurent qu’aucun abus ne soit commis et que les marchés restent bel et bien concurrentiels. Elles évitent ainsi toute position dominante abusive, toute entente illégale afin de faire respecter les droits des consommateurs. Les prix et les quantités ne doivent pas être influencés par l’existence d’un cartel, par exemple. Les pouvoirs publics ont alors deux moyens principaux à leur disposition. Tout d’abord, la mise en place de la clémence incite les entreprises à révéler les ententes illégales. De plus, les cartels de producteurs sont lourdement sanctionnés lorsqu’ils sont découverts.

Sujet B

Une crise financière est le point de retournement de la conjoncture des marchés financiers, elle conduit à l’instabilité financière. Les marchés financiers ont alors du mal à trouver leur équilibre.

Nous verrons dans une première partie que l’opacité de l’information sur les marchés financiers engendre leur instabilité. Dans une seconde partie, nous constaterons que les comportements moutonniers des agents économiques vont être à l’origine de bulles spéculatives, susceptible de déstabiliser les marchés financiers.

1. L’opacité de l’information peut générer de l’instabilité sur les marchés financiers.

Comme l’a montré John Maynard Keynes et son concours de beauté, les individus n’agissent pas en fonction de leurs propres raisonnements, mais en fonction des anticipations qu’ils font concernant le comportement des autres agents économiques. Par conséquent ils ont tendance à s’imiter les uns les autres. L’asymétrie d‘information sur les marchés financiers engendrent le mimétisme. C’est parce qu’ils ne disposent pas tous de la même quantité et qualité d’informations que les agents économiques vont avoir tendance à être attentifs aux comportements des autres agents économiques. Leurs décisions ne sont donc plus systématiquement prises en fonction de données purement économiques, mais dépendent grandement de la crainte de ne pas suivre le « mouvement » et de subir les aléas des marchés opaques.

2. Les comportements grégaires engendrent des bulles spéculatives, pouvant ébranler les marchés financiers.

Ces comportements peuvent générer des bulles spéculatives. On parle de bulle spéculative, car le prix des titres est lié aux décisions d’achat et de vente des opérateurs de marché, qui espèrent tirer des plus-values de leurs opérations. Cette bulle se développe à cause d'anticipations auto-réalisatrices des opérateurs de marché : tous se procurent des titres en espérant qu'ils vont prendre de la valeur, la demande augmente, et les titres prennent effectivement de la valeur.

Au moment où ces anticipations se retournent, on parle d’éclatement de la bulle : les agents liquident leurs titres, qui perdent alors de la valeur. Ces comportements mimétiques engendrent de l’imitation, qui amplifie les tendances à la hausse (comme à la baisse) des cours. En période d’euphorie (expansion du crédit bancaire, conjoncture favorable), les agents économiques prennent davantage de risques et s’imitent. Cela pose problème lorsqu’a lieu un retournement. La prise de risque est d’autant plus importante que l’agent économique est « gros ». en effet, sachant que la banque centrale viendra les aider en cas de difficultés, certains agents économiques n’hésitent pas à prendre davantage de risque. C’est le problème de l’aléa moral.

Finalement, l’asymétrie d’information couplée aux comportements mimétiques engendre de l’instabilité sur les marchés financiers. Les décisions prises ne le sont plus de façon rationnelle, la crainte de ne pas suivre les autres agents économiques va engendrer des comportements grégaires qui vont avoir pour conséquence une déconnexion entre la sphère économique et la sphère financière.

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